Anne-Geneviève de Bourbon-Condé

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Anne-Geneviève de Bourbon-Condé
Anne Geneviève de Bourbon-Condé (peintre inconnu)
Anne Geneviève de Bourbon-Condé (peintre inconnu)

Titre Duchesse de Longueville
Biographie
Dynastie Maison de Condé
Naissance
Château de Vincennes
Décès (à 59 ans)
Couvent des Carmélites de Paris
Père Henri II de Bourbon-Condé
Mère Charlotte Marguerite de Montmorency
Conjoint Henri II d'Orléans-Longueville
Enfants

Coat of arms of Anne Geneviève de Bourbon as Duchess of Longueville.png

Anne Geneviève de Bourbon, duchesse de Longueville ( - ), à Vincennes est la seule fille d'Henri II de Bourbon, prince de Condé, et de son épouse Charlotte Marguerite de Montmorency, et la sœur du Grand Condé et du prince de Conti. Elle joua un rôle important parmi les frondeurs durant la minorité de Louis XIV.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Elle nait dans la prison du château de Vincennes le 28 août 1619 où sa mère a rejoint son père emprisonné pour s'être opposé au maréchal d'Ancre, le favori de Marie de Médicis régente pendant la minorité de Louis XIII.

Anne Geneviève vit ses jeunes années à Paris auprès de sa mère avec son frère cadet Armand, alors que Louis reste auprès de son père à Bourges. Elle est éduquée strictement par les jésuites au couvent des Carmélites, rue Saint-Jacques à Paris où elle manifeste un goût certain pour la littérature[1]. Ses premières années sont assombries par l'exécution du cousin de sa mère, le comte François de Montmorency-Bouteville pour s'être battu en duel en 1627, puis par celle d'Henri II, duc de Montmorency, le seul frère de sa mère, pour intrigue contre Richelieu en 1632. Ses parents font la paix avec Richelieu et, introduite dans la société en 1635, elle devint bientôt l'une des personnalités des salons, notamment auprès de Catherine de Rambouillet.

Fiancée officiellement, mais sans suite, dès l'âge de six mois à François, fils aîné de Charles, duc de Guise, son père envisage de la marier avec un neveu de Richelieu, Jean-Armand de Maillé. Le cardinal satisfait d'un premier mariage entre sa nièce Claire-Clémence avec Louis de Condé décline habilement l'honneur « une demoiselle peut bien épouser un prince, mais un prince ne doit pas épouser un simple gentilhomme[2] ». En définitive, Anne Geneviève épouse le 2 juin 1642, un veuf du double de son âge, Henri II d’Orléans, duc de Longueville, gouverneur de Normandie pendant quarante ans. Le duc représente un meilleur parti que le neveu-gentilhomme par son ascendance capétienne. Il descend en effet en droite ligne masculine de Jean de Dunois fils naturel légitimé de Louis Ier d'Orléans et petit-fils du roi Charles V.

Premières années de Régence[modifier | modifier le code]

Après la mort de Richelieu et de Louis XIII, son père devient le chef du Conseil de régence pendant la minorité de Louis XIV. Son frère Louis remporte la bataille de Rocroi en 1643 et devient chef du Conseil de régence. La duchesse devient alors une interlocutrice politique importante. Elle accouche le 12 janvier 1646 de son fils Jean-Louis, naissance qui la réconforte de la perte récente de sa fille aînée. En juillet 1646, elle rejoint son mari à Munster, où il a été envoyé l'année précédente par Mazarin comme négociateur pour mettre fin à la guerre de Trente ans. Elle est accompagnée de sa belle-fille Marie, fille d'un premier mariage du duc, bien que les deux femmes ne s'apprécient guère[3]. Anne Geneviève charme les diplomates de toutes nationalités qui négocient le traité de Westphalie et est célébrée comme la « déesse de la Paix et la Concorde ». Elle fait une incursion dans les Provinces-Unies où elle a l'occasion de rencontrer la célèbre érudite Anne Marie de Schurman[4]. La mort de son père Henri II l'amène à anticiper son retour à Paris alors qu'elle est enceinte de son troisième enfant.

C'est à cette époque qu'elle devient la maîtresse du prince de Marcillac, futur duc de La Rochefoucauld et auteur des fameuses Maximes.

La Fronde[modifier | modifier le code]

Portrait d’Anne Geneviève de Bourbon-Condé en déesse Cérès par Mignard.
Article détaillé : Fronde (histoire).

En 1648, associée à Gondi, elle pousse Armand de Bourbon-Conti, son second frère, et son mari à opter pour le parti des frondeurs et à s'enfermer dans Paris. Mais elle n'arrive pas à convaincre Condé de rallier le mouvement. Pendant cette période, toujours accompagnée de sa belle-fille, elle s'installe à l'Hôtel de Ville où elle accouche d'un fils Charles-Paris dont la paternité est attribuée à La Rochefoucauld[5]. La paix de Rueil ne la satisfait pas.

Après l'arrestation le 18 janvier 1650 de Condé, Conti et de son mari le duc de Longueville, la duchesse s'enfuit en Normandie, mais échoue dans sa tentative de soulever la province. Poursuivie par les troupes royales, elle parvient à rejoindre La Haye sur un vaisseau hollandais, puis de là Stenay où elle se réfugie auprès de Turenne en mars 1650. Elle va rester un an à Stenay, négociant avec les Espagnols et poussant Turenne à se révolter contre le cardinal Mazarin.

La chute de ce dernier au début de l'année 1651 est le résultat de l'alliance des deux frondes. Elle a conduit à la libération des princes, à la restitutions des honneurs, mais aussi à des accords matrimoniaux notamment entre Conti et Charlotte-Marie de Chevreuse, fille de la duchesse de Rohan. Anne-Geneviève use de son influence sur Condé pour casser cette promesse. À la fin de l'été, la situation de Condé se dégrade, Il quitte Paris à la veille de la majorité de Louis XIV et rejoint la Gascogne accompagné de sa famille et ses partisans. C'est au cours du voyage que la duchesse de Longueville serait devenue la maîtresse du duc de Nemours[6].

Le 24 mars 1652, Condé se dirige vers Paris laissant la garde de Bordeaux à Conti, Anne-Geneviève et sa femme Claire-Clémence. La ville où sévit le parti de l'Ormée est en état d'insurrection. De plus des dissensions se produisent entre Conti et sa sœur. La ville se rend aux troupes royales en juillet 1653.

Les dernières années[modifier | modifier le code]

Abandonnée et en disgrâce à la cour, elle est assignée à résidence à Montreuil-Bellay puis à Moulins avant de rejoindre son mari en Normandie. Elle se tourne vers la religion, le jansénisme et la charité. Elle devient, jusqu'à sa mort, la protectrice de l'abbaye de Port-Royal des Champs, qui n'eut rien à craindre du pouvoir royal tant qu'elle fut en vie.

Elle meurt le 15 avril 1679 à Paris, au couvent des Carmélites.

La famille[modifier | modifier le code]

Ascendance[modifier | modifier le code]

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Le 2 juin 1642, Anne Geneviève de Bourbon-Condé, sœur du grand Condé, épouse Henri II d'Orléans-Longueville, prince de France, pair de France, duc de Longueville. Ils eurent 4 enfants :

  • Charlotte Louise (1644-1645).
  • Jean Louis Charles d'Orléans-Longueville (1646-1694), duc de Longueville et d'Estouteville, comte de Dunois, sans alliance. Son état mental le poussera à rester cloitré dans l'abbaye de Saint-Georges de Boscherville à Rouen, où il mourra.
  • Marie Gabrielle (1647-1650).
  • Charles Paris (1649-1672), comte de Saint-Pol et duc de Longueville, dont le père est l'amant de la duchesse, François de la Rochefoucauld (1613-1680), auteur des Maximes, sans postérité légitime.

Dédicaces[modifier | modifier le code]

Madeleine de Scudéry a dédicacé deux de ses romans à clé à la duchesse de Longueville :

Dans le premier la personnalité de la duchesse est reconnaissable dans le personnage de Mandane.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arlette Lebigre, La Duchesse de Longueville, Paris, Perrin, 2004, p. 27, 303 p., (ISBN 9782262016135).
  2. Lebigre, op. cit., p. 52.
  3. Lebrigue op. cit., p. 86-96.
  4. Lebigre op. cit., p. 100.
  5. Lebigre op. cit., p. 132.
  6. Lebigre, op. cit., p. 217.