Anne Boquet

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Anne Boquet, née le 19 mars 1952 à Bellac (Haute-Vienne), est un haut fonctionnaire français, ancienne haut-commissaire de la République en Polynésie française et ancienne préfète des départements de l’Indre, des Yvelines, de la Côte-d'Or et de la région Bourgogne. Elle est actuellement directrice générale des services (DGS) de la métropole Nice Côte d'Azur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Anne Boquet étudie le droit et les sciences politiques ; titulaire d’une maîtrise, elle fréquente l’Institut d'études politiques de Paris, puis intègre l’École nationale d'administration, promotion « Diderot » (1984). À sa sortie de l’ENA, en 1984, elle est nommée administrateur civil de deuxième classe au ministère de l'intérieur et de la décentralisation, puis sous-directrice. Elle y défend notamment le préfet Bernard Bonnet, dans l'affaire des paillotes[1].

Elle est nommée préfète de l'Indre le 17 juillet 2000[1].

En septembre 2005, elle devient Haut-commissaire de la République en Polynésie française[2]. Elle y est confrontée à une situation politique complexe entre les indépendantistes, animés notamment par Oscar Temaru, alors président de la Polynésie française, et les partisans de Gaston Flosse, fondateur du Tahoeraa huiraatira, parti politique polynésien opposé à l'indépendance, et historiquement proche des mouvements gaullistes de la métropole. Désireux de reconquérir le poste de président de la Polynésie française, Gaston Flosse prend appui sur des revendications sociales et est à l'origine de grèves et d'occupations de bâtiments publics, amenant le Haut-Commissaire à réagir[3]. Une tension se crée ainsi entre Anne Boquet, représentant l’État français alors présidé par Jacques Chirac, et Gaston Flosse, ami historique de Jacques Chirac, et, plus étonnant encore, un rapprochement ponctuel entre la représentante de l'État français et les mouvements indépendantistes. Un proche de Gaston Flosse, Édouard Fritch, déclare : « c'est maintenant Oscar Temaru, nouveau monarque de Tahiti Nui, qui remet notre pays dans les mains de l'héritière de l'amiral Dupetit-Thouars et lui fait allégeance. »[4]. Alors que, quelques mois auparavant, Anne Boquet avait rabroué Oscar Temaru pour des prises de position critiques vis-à-vis de la métropole, sa réitération de ses vœux d'un territoire indépendant, l'inauguration d'une stèle aux victimes des essais nucléaires[note 1], et son absence, symbolique, aux cérémonies du 14 juillet[5].

Le 13 juin 2008, elle revient en métropole comme préfète des Yvelines[6]. Elle est amenée en particulier à déclarer Pierre Bédier démissionnaire d'office de son mandat de conseiller général, suite à une condamnation de cet élu à six ans d'inéligibilité[7]. Le 24 novembre 2010, elle est nommée préfète de la région Bourgogne, préfète de la Côte-d'Or[8] ; elle prend officiellement ses fonctions le 3 janvier 2011[9].

Le 16 novembre 2011, à sa demande, et sur proposition du ministre de l'Intérieur, le Conseil des ministres la nomme préfète hors cadre[9],[10]. Elle quitte son poste de préfète le 2 décembre 2011[11] et est nommée par Christian Estrosi le 12 décembre 2011, à la tête de la direction générale des services de la communauté urbaine Nice Côte d'Azur[12]. Cette dernière évoluant en métropole Nice Côte d'Azur le 31 décembre 2011, Anne Boquet devient la première directrice générale des services de la toute première métropole créée en France[13]. Au sein de la métropole, Anne Boquet a sous sa direction plus de 11 000 agents[11],[14].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pour rappel, la reprise des essais nucléaires, à Mururoa, en Polynésie française, avait été une des premières mesures du premier mandat présidentiel de Jacques Chirac, sujet délicat politiquement puisque, outre les retombées pour la santé des habitants des îles de ces essais, cette mesure avait déclenché une désapprobation de la communauté internationale. Oscar Temaru s'efforce ainsi de raviver une pression internationale favorable aux revendications de son mouvement.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Catherine Pégard, « Les carnets de Catherine Pégard », Le Point,‎ 23 juin 2000 (lire en ligne)
  2. « Anne Boquet », Le Point,‎ 15 septembre 2005 (lire en ligne)
  3. « Les manifestants occupant des bâtiments publics évacués à Papeete », Le Monde,‎ 24 octobre 2006 (lire en ligne)
  4. Sémir Al Wardi, Tahiti Nui: : ou les dérives de l'autonomie, Éditions L'Harmattan,‎ 2008, 266 p.
  5. « Polynésie : la représentante de l’État s'en prend à Temaru », Libération,‎ 19 juillet 2006 (lire en ligne)
  6. Décret du 13 juin 2008. Consulté le 16/09/2009.
  7. Michel Seimando, « Yvelines: la succession de Bédier au centre d'une lutte à couteaux tirés », Le Point,‎ 22 mai 2009 (lire en ligne)
  8. « Michel Jau, nouveau préfet des Yvelines », Préfecture des Yvelines (consulté le 29 novembre 2010).
  9. a et b F.M, « La préfète de région, Anne Boquet, nommée directeur général de la métropole Nice-Côte-d'Azur », Le Bien public, 16 novembre 2011.
  10. [PDF] Compte-rendu du Conseil des ministres sur elysee.fr, le site de la Présidence de la République, 16 novembre 2011.
  11. a et b Emmanuel Hasle, « L’au-revoir ému de la préfète de région Anne Boquet », Le Bien public, 3 décembre 2011.
  12. Renato Ferrari, « Anne Boquet, Préfète, nommée Directrice Générale des Services de la Communauté Urbaine Nice Côte d’Azur », Nice Premium, 17 novembre 2011. Consulté le 2 janvier 2012.
  13. Christiane Navas, « Nice Côte d'Azur devient la première métropole en France », Les Échos, 2 janvier 2012.
  14. « Christian Estrosi : “La métropole, c’est un potentiel de 50 000 emplois sur dix ans” », Nice-Matin, 2 janvier 2012.
  15. Décret du 30 janvier 2008 publié au JORF du 31 janvier 2008.
  16. Décret du 13 mai 2005 publié au JORF du 15 mai 2005.
  17. Arrêté n°2223 PR du 24 juin 2008 publié au Journal officiel de la Polynésie française du 3 juillet 2008.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]