Anne-Marie Garat

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Anne-Marie Garat

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Anne-Marie Garat (2011)

Naissance 1946
Bordeaux
Langue d'écriture français
Genres roman
Distinctions Prix Femina (1992)
Prix Marguerite Audoux (2000)

Anne-Marie Garat est une romancière française. Elle a obtenu le prix Femina pour son roman Aden en 1992 et le prix Marguerite Audoux pour son roman, Les Mal Famées en 2000. De juin 2007 à juin 2009, elle est présidente de la Maison des écrivains et de la littérature.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est née en 1946 à Bordeaux où elle a fait des études de lettres. Elle a un DEA de cinéma à l'université de Paris I. Elle vit à Paris où elle enseigne le cinéma et la photographie. Elle a été chargée de mission, auprès de Jack Lang, pour l'enseignement du cinéma à l'école.

Elle a publié de nombreux romans, dans lesquels les personnages féminins ont une importance très grande et une psychologie très fine.

Ces romans se passent souvent à diverses époques du XXe siècle (les années 1910 pour Dans la main du diable, la Seconde Guerre mondiale pour Les Mal Famées) sans que la volonté de reconstitution historique soit trop pesante comme dans beaucoup de romans historiques[1].

Après Dans la main du diable qui se déroule avant la Guerre de 1914, Anne-Marie Garat poursuit en 2008, avec L'Enfant des ténèbres, sa magistrale fresque sur le XXe siècle, en évoquant les années 1930 et la montée des dictatures totalitaires.

Dans la foulée de ce roman à tonalité antifasciste marquée, Anne-Marie Garat a pris, en décembre 2008, une position publique contre ce qu'elle juge être des dérives liberticides du gouvernement français. Elle y dénonce le sort réservé aux sans-papiers, les brutalités policières et l'interpellation d'un journaliste, évoquant :

« Criminalisation systématique de qui s'insurge, dénis de justice, inhumanité érigés en principe de gouvernement. Presse paillasson, muselée par ses patrons, industriels des armes. Intimidations, contrôles au faciès, humiliations, brutalités, violences et leurs dérapages – quelques précipités du balcon, quelques morts de tabassage accidentel –, sitôt providentiellement dilués dans le brouhaha des crises bancaires, de l'affairisme et du sensationnel saignant[2]. »

Le 17 janvier 2014, elle est élue membre du jury du Prix Femina, en remplacement de Paule Constant, démissionnaire après son élection à l'Académie Goncourt[3].

Citation[modifier | modifier le code]

« Le roman est très contagieux. Vivace, coriace, tout neuf en son vieil âge ; si prodigieux dans ses ressources, si fécond et généreux. Cette machine à histoires est à ressorts inoxydables. C'est merveille d'emprunter les conventions du genre, les procédés éprouvés. La coïncidence, la rencontre, les secrets à tiroirs, intrigues et passions. Laisser venir à soi toutes les voix, les réminiscences et images, les emprunter et les nouer ensemble veut de l'énergie, un investissement monomaniaque de longue durée. Écrire un tel roman, c'est se faire le dépositaire d'autres livres, mais c'est aussi devenir, dans l'impulsion de l'écriture, son premier et propre lecteur : fomenter sa propre surprise de page en page, d'épisodes en chapitres. »

Anne-Marie Garat, Photos de familles, Seuil, Paris, 1994 (ISBN 2020220016)

« Par exemple une porte ouverte sur un jardin.
L’intérieur de la maison est sombre, on n’y voit goutte. Seule la découpe rectangulaire d’une fenêtre sur un fouillis végétal, inondé de lumière, qui peut connaître la surexposition, aveuglante de blancheur, avant de délivrer des formes, des couleurs. D’abord scintillement de poudre, de grains en suspension, de neige. Il neige. Un dedans, un dehors, la tension très grande entre ce dedans, ce dehors. L’appel de la profondeur. Et aussi, latéralement, ce qui peut surgir dans le cadre, venir s’y inscrire, écrire. Quelqu’un. Un bruit, une voix. Derrière, dans ce noir de la maison, ce qui va se mettre à bouger, dans ses chambres, parler. Par exemple, une fenêtre brouillée de pluie, un orage d’été, un baquet d’anguilles abandonnée à l’eau du ciel. Ou bien cet homme assis sous une lampe. Il fait nuit, il me tourne le dos. Il écrit. »

Anne-Marie Garat, Dans la main du diable, Actes Sud, Paris, 2006 (ISBN 2742760512)

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • L'Homme de Blaye, Flammarion, 1984
  • Voie non classée, Flammarion, 1985
  • L'Insomniaque, Flammarion, 1987
  • Le Monarque égaré, Flammarion, 1989 ; Seuil, 1996
  • Chambre noire, Flammarion, 1990
  • Aden, Seuil, 1992, prix Femina
  • Photos de familles, Seuil, 1994
  • Merle, Seuil, 1996
  • Dans la pente du toit, Seuil, 1998
  • L'Amour de loin, Actes Sud, 1998
  • Itsvan arrive par le train du soir, Seuil, 1999
  • Les Mal Famées, Actes Sud, 2000 ; Babel no 557 Prix Marguerite Audoux
  • Nous nous connaissons déjà, Actes Sud, 2003 ; Babel no 741
  • La Rotonde, Actes Sud, 2004
  • Un tout petit cœur, Actes Sud junior, 2004
  • Une faim de loup. Lecture du Petit Chaperon rouge, Actes Sud, 2004
  • Dans la main du diable, Actes Sud, 2006
  • On ne peut pas continuer comme ça, Atelier In8, 2006
  • L'Enfant des ténèbres, Actes Sud 2008 (ISBN 978-2-7427-7410-4)
  • Pense à demain, Actes Sud 2010 (ISBN 978-2-7427-8933-7)
  • Photos de familles, Actes Sud 2011 (ISBN 978-2-7427-9730-1)
  • Programme sensible, Actes Sud 2013 (ISBN 978-2-330-01423-0)
  • La Première Fois, Actes Sud 2013 (ISBN 978-2-330-02512-0)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. cf. Gérard Gengembre, professeur à l’université de Caen, Quel(s) roman(s) que l’Histoire ! : « En tout état de cause, le roman historique est une des voies les plus fécondes de la littérature contemporaine, où le meilleur certes côtoie le pire, quand il s’agit de romans populaires fabriqués à coup de recettes éprouvées et bien peu scrupuleux quant à la qualité de l’information. » sur le site du CNPP : http://www.cndp.fr/revueTDC/876-73305.htm
  2. Article paru dans Télérama (http://www.telerama.fr/livre/coup-de-colere-de-anne-marie-garat,36525.php) et évoqué dans un article de Mediapart (Le coup de colère d'Anne-Marie Garat, 8 décembre 2008, par Pascale Arraou).
  3. lemonde.fr et AFP, « Deux nouvelles jurées Femina : Josyane Savigneau et Anne-Marie Garat », lemonde.fr,‎ 18 janvier 2014 (lire en ligne)