Anne-François-Charles Trelliard

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Charles Trelliard
Naissance
Parme
Décès (à 68 ans)
Charonne
Origine France
Arme Cavalerie
Grade Général de division
Années de service 17801832
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Distinctions Comte de l'Empire
Commandeur de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile (11e colonne)
Famille Élisabeth Rigaux (épouse)[1]
Jacques Desjardin (beau-frère)
Maurice Berteaux (arrière-petit-neveu)[2].

Charles Trelliard, né le à Parme en Italie, mort le à Charonne près de Paris, est un général français de la Révolution et du Premier Empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Anne François Charles Trelliard[3] est né le et baptisé le 9 à Parme en Italie. Il est le fils de François Trelliard et de Marie de Cutry. Son parrain est François-Charles de Rochechouart et sa marraine Anne Malaspina della Bastia, dame d'honneur d'Élisabeth de France, fille Louis XV.

Sa famille appartient à la petite noblesse non fieffée, établie dans le Dauphiné depuis le XIIIe siècle. Au XVe siècle, ses ancêtres érigèrent et exploitèrent les premiers martinets pour le fer et l'acier le long de la Fure, près de Rives, entre le lac de Paladru et l'Isère. Elle apparaît jusqu'au XVIIe siècle comme l'une des plus importantes de maîtres épéistes de la région. La crise de la métallurgie du début du XVIIIe siècle contraint le grand-père de François Trelliard, Ennemond Trelliard, à changer ses activités. Après un passage à Lyon, il s'installe à Valence au début des années 1710. Il y développe la fabrique et le commerce de bas de laine. Grâce aux relations avec les cours italiennes, l'affaire familiale devient une manufacture royale. En 1781, elle compte quatre cents ouvriers tous répartis entre vingt ateliers, à Valence même.

Le père de Charles Trelliard, François Trelliard, devient secrétaire particulier de Dutillot grâce à l'appui de son oncle, Mathieu Trelliard, directeur des fabriques du roi d'Espagne. Il est l'un des favoris du duc de Parme, et profite de sa position à la cour de Parme pour grossir le carnet de commandes de son frère, Nicolas Trelliard, qui dirige la fabrique familiale à Valence et promouvoir la carrière artistique de son autre frère, André Trelliard. Après son mariage avec Marie de Cutry, il rachète la seigneurie de Cutry à son beau-père, Simon de Cutry, capitaine au régiment Royal-Vaisseaux et obtient le titre de baron. Il fait reconstruire le château qui avait été détruit au milieu du XVIIIe siècle à partir de 1781 ; inachevé en 1789, celui-ci est vendu et partagé en 1809.

Carrière sous l'Ancien Régime et la Révolution[modifier | modifier le code]

Le , il entre comme cadet-gentilhomme au régiment des dragons de la reine. Il devient sous-lieutenant le , puis lieutenant en second le . Le , il passe au 3e régiment de chasseurs à cheval comme lieutenant à la formation.

Devenu capitaine le 6 août de la même année, il fait les premières campagnes de la Révolution française aux armées de Champagne, de Belgique et du Nord, et reçoit le grade de chef d'escadron au 11e régiment de chasseurs à cheval le . Il devient chef de brigade du même régiment le 15 Fructidor an II et sert aux armées de la Moselle et de Sambre-et-Meuse.

Le 1er Brumaire an III, au village de la Tour-Blanche (en avant de Coblentz) avec des forces inférieures, il culbute la cavalerie ennemie, après avoir engager la poursuite, il capture deux cents chevaux et met plus de deux cents hommes hors de combat. Toujours à l'avant-garde du général Moreau, Trelliard assiste au blocus de Mayence. En avant de Kreutsnack, il s'élance à la tête de son régiment, enfonce l'armée ennemie, entre pèle-mêle dans la ville et fait 2 500 prisonniers. À la bataille de Neuwied, il enlève des redoutes et fait 2 000 prisonniers.

Promu général de brigade le 24 Fructidor an IV, il est envoyé en Hollande et prend le commandement de la cavalerie. Il fait ensuite partie de l'armée gallo-batave. À Forkem, il contient, avec un faible corps de cavalerie, un nombreux corps autrichien.

Deux cavaliers français en uniforme bleu des hussards.

Sous l'Empire[modifier | modifier le code]

Membre de la Légion d'honneur le 19 Frimaire an XII, il en devient commandant le 25 Prairial. Il récupère un commandement de troupes à cheval à Saint-Omer. En l'an XIV, il commande une brigade de cavalerie du 5e corps de la Grande Armée. Au combat de Wertingen, le 16 Vendémiaire, il charge l'ennemi à la tête des 9e et 10e de hussards, le met en déroute, s'empare de trois pièces d'artillerie et fait huit cents prisonniers. Il prend également une part glorieuse aux batailles d'Ulm et d'Austerlitz. Le , au combat de Saalfeld (Prusse), il exécute contre les Prussiens une charge admirable qui livre aux Français 6 000 prisonniers, trois généraux, plusieurs drapeaux et trente pièces de canon. Il se distingue également au combat de Pułtusk et y est grièvement blessé. L'empereur le nomma général de division le 20 décembre 1806 et, par décret du même jour, l'autorise à se rendre en France pour s'y rétablir de ses blessures et pour être employé ensuite à l'inspection des dépôts de cavalerie.

En août 1808, il commande les troupes à cheval réunies à Pau. Créé baron de l'Empire le 9 mars 1810, il est mis à la disposition du major général, qui l'emploie à l'armée d’Espagne. Envoyé dans la Manche, il prend le commandement de cette province et celui de la 4e division de dragons, et disperse les corps nombreux de guérillas qui infestent alors ces contrées. Le 16 janvier 1812, il bat complètement, à Almagro, le général Pablo Morillo, le chasse de la province et lui fait un grand nombre de prisonniers. Le 1er janvier 1814, il reçoit l'ordre de se porter en Champagne avec la division de cavalerie qu'il commande. Le 17 février, il arrive à Nangis au moment où une action s'engage ; il charge impétueusement à Valjouan l'avant-garde russe avec ses dragons, la culbute, lui prend 16 pièces de canon, fait 5 000 prisonniers, et la poursuit jusqu'à Provins. À Arcis-sur-Aube, il soutient la retraite du maréchal Oudinot, malgré le feu terrible de l'artillerie ennemie. Il est fait comte de l'Empire le 21 avril 1814.

Restauration[modifier | modifier le code]

Nommé lieutenant général des armées du roi, puis gouverneur de Belle-Île-en-Mer durant les Cent-Jours, au mois de juin 1814, il est mis à la retraite le 18 octobre 1815, à la Seconde Restauration, avant d'être placé dans les cadres de réserve le 7 février 1831. Le général Trelliard est réadmis à la retraite le 1er mai 1832, et meurt dans sa demeure, à Charonne (Île-de-France), le 14 du même mois, avant d'être inhumé dans le cimetière du Père-Lachaise (31e division)[4].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Dotation[modifier | modifier le code]

  • Donataire d'une rente de 4 000 francs sur Rome par décret du 17 mars 1808.

Armoiries[modifier | modifier le code]

  • Armes anciennes de la famille Treillard (Dauphiné) : d'azur au lion passant d'argent, au chef cousu d'or chargé de trois roses de gueules.
  • Armes de François Trelliard, baron de Cutry : d'azur à deux chevrons d'or accompagnés en chef de deux étoiles du même, et en pointe d'un croissant entre cinq étoiles 2, 2 et 1, le tout aussi d'or.
  • Armes de Charles Trelliard, baron de l'Empire : d'azur au sautoir d'argent chargé en abîme d'une tête de lion arrachée de sable, allumée et lampassée de gueules ; au franc-quartier brochant des barons militaires[5].
  • Armes de Charles Trelliard, comte de l'Empire : d'azur au sautoir d'argent chargé en abîme d'une tête de lion arrachée de sable, allumée et lampassée de gueules ; au franc-quartier brochant des comtes militaires.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir son acte de décès sur le site des Archives départementales de l'Aisne, le 22 juillet 1861 à Soissons, vue 310, acte 180.
  2. Par Marie-Victoire Rigaux, la sœur d'Élisabeth Rigaux et arrière-grand-mère de Henri Maurice Berteaux.
  3. Son nom peut également s'écrire « Treilhard » voir « Treilliard ».
  4. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier,‎ (lire en ligne).
  5. Il est à noter que ces armes présentent une similitude avec celles de la famille Nicolas qui sont d'azur au sautoir d'argent chargé en cœur d'une tête de lion arrachée de gueules, au lambel à trois pendants de même, brochant sur le tout, et qui révèlent une pratique répandue à l'époque, en Lorraine, visant la transmission d'armoiries plus ou moins modifiées quant aux détails, dans un certain nombre de familles issues indirectement d'une souche unique.