Anne-François-Charles Trelliard

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Officier général francais 3 etoiles.svg Anne-François-Charles Trelliard
Naissance 7 février 1764
Parme
Décès 14 mai 1832 (à 68 ans)
Charonne
Origine France
Allégeance Drapeau de la France France
Grade Général de division
Conflits Guerres de la Révolution française, Guerres napoléoniennes
Distinctions Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile (11e colonne)
Autres fonctions Baron d'empire
Famille Elisabeth Emelie Rigaux, son épouse[1]
Jacques Desjardins, son beau-frère,
Henri Maurice Berteaux, son arrière-petit-neveu[2]

Anne-François-Charles Trelliard, également écrit Treilhard né à Parme en Italie le 7 février 1764, décédé à Charonne près de Paris le 14 mai 1832 est un général français de la Révolution et du Premier Empire.

Origines familiales[modifier | modifier le code]

La lignée dont est issu le général Trelliard tire ses racines d’une ancienne famille appartenant à la petite noblesse non fieffée, établie dans le Dauphiné depuis le XIIIe siècle. Au XVe siècle, ses ancêtres érigèrent et exploitèrent les premiers martinets pour le fer et l’acier du Dauphiné, le long de la Fure, près de Rives, entre le lac de Paladru et l'Isère, apparaissant jusqu’au XVIIe siècle comme l’une des plus anciennes et importantes familles de maîtres épéistes de la région. La crise de la métallurgie du début du XVIIIe siècle puis l'arrivée de nouveaux procédés anglais, plus efficaces et productifs, contribuèrent au déclin de l'activité, avec la cession progressive des sites de production.

Dans ce contexte, conduit à chercher meilleure fortune ailleurs, le grand-père d'Anne François, Ennemond Treillard, sixième d’une fratrie de 14 enfants, s'installa à Valence, vers 1710-1712, après un court passage à Lyon. Il y développa la fabrique et le commerce de bas de laine, une activité qui revêtit une importance économique croissante jusqu’à l’Empire, notamment grâce aux relations développées avec les cours italiennes : l'affaire familiale obtint le titre de Manufacture Royale et la fabrication de bas s'étendit progressivement à tous les articles de bonneterie « en laine, soye, fleuret et cotton ». En 1781, l'affaire comprenait 400 ouvriers tous répartis entre vingt ateliers, à Valence même.

Ennemond Treillard eut en secondes noces treize enfants dont dix garçons, parmi lesquels :
L'aîné, Jacques André Treillard (1712-1794), fut peintre dauphinois, peintre de cour, et fondateur de l'école de dessin de Grenoble.
François de Treilliard, alias Trelliard (forme italianisante du patronyme Treillard), père du futur général, naquit, pour sa part, dixième de la fratrie et huitième garçon. Ayant probablement bénéficié de l’appui de son oncle paternel Mathieu Treillard, alors directeur des fabriques du Roi d’Espagne, il accéda très tôt, entre 25 et 30 ans, à la haute fonction de secrétaire particulier du Ministre Dutillot, à la Cour de Parme, avant d’apparaître comme l’un des favoris de l'Infant don Philippe, duc de Parme, allié à Elisabeth de France, fille de Louis XV. Il est qualifié de « noble patrice de Parme, secrétaire du cabinet avec exercice de Son Altesse Royale Monseigneur l'infant duc de Parme, et ancien intendant de l'agriculture et du commerce dans les États de sa dite Altesse Royale » lors du mariage de sa fille Marie-Hélène avec le lieutenant Emmanuel de Serviez, célébré le 25 décembre 1784 à Cutry (Meurthe-et-Moselle)[3]. ll fut à l’origine de l’instauration du marché prestigieux d’articles de bonneterie, entre la fabrique familiale de Valence dirigée alors par son frère Nicolas Joseph et la cour princière italienne, mais aussi le promoteur de la carrière artistique de leur frère aîné Jacques André. François de Treilliard reçut le titre de Baron de Cutry-en-Barrois, après en avoir acquis la seigneurie en Lorraine auprès de son beau-père, Messire Simon-Nicolas de Cutry, seigneur de Cutry en partie, capitaine au Régiment Royal-Vaisseaux. Il fit reconstruire à ses frais le château à partir de 1781, qui avait été détruit au milieu du XVIIIe siècle. Inachevé en 1789, celui-ci fut vendu et partagé en 1809.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de François de Treilliard (alias Trelliard) et de Marie Anne de Cutry, Anne François Trelliard naquit le 7 février 1764 et fut baptisé le 9, à Parme. Son parrain était François-Charles de Rochechouart et sa marraine la marquise Malaspina della Bastia, première dame d’honneur de la fille de Louis XV. Son mariage avec Élisabeth Émilie Rigaux, le 30 juillet 1791, ne lui donna aucune postérité.

Carrière sous l'Ancien Régime et la Révolution[modifier | modifier le code]

Cadet-gentilhomme au Régiment de La Reine-Dragons, le 6 novembre 1780, il fut sous-lieutenant le 19 octobre 1785 au 6e régiment de dragons, puis lieutenant en second le 28 avril 1788, lieutenant surnuméraire à la formation du 4 mai suivant, lieutenant à la formation du 1er mars 1791, il passa avec le même grade au 3e régiment de chasseurs à cheval le 25 janvier 1792. Devenu capitaine le 6 août de la même année, il fit les premières campagnes de la Révolution française aux armées de Champagne, de Belgique et du Nord, et reçut le grade de chef d’escadron au 11e régiment de chasseurs à cheval le 7 avril 1793. Il devint chef de brigade du même régiment le 15 fructidor an II et servit aux armées de la Moselle et de Sambre-et-Meuse. Le 1er brumaire an III, au village de la Tour-Blanche (en avant de Coblentz) avec des forces inférieures, il culbuta la cavalerie ennemie, la poursuivit, lui prit 200 chevaux et mit plus de 200 hommes hors de combat. Toujours à l’avant-garde du général Moreau, Trelliard assista au blocus de Mayence. En avant de Kreutsnack, il s’élança à la tête de son régiment, enfonça l’ennemi, entra pèle-mêle avec lui dans la ville et fit 2 500 prisonniers. À la bataille de Neuwied, il enleva des redoutes et fit 2 000 prisonniers. Nommé général de brigade le 24 fructidor, il fut envoyé en Hollande et prit le commandement de la cavalerie. Il fit ensuite partie de l’armée gallo-batave. À Forkem, il contint, avec un faible corps de cavalerie, un nombreux corps autrichien.

Deux cavaliers français en uniforme bleu des hussards
10e régiment de hussars

Sous l'Empire[modifier | modifier le code]

Membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an XII, et commandant de l’Ordre le 25 prairial, il eut un commandement de troupes à cheval à Saint-Omer. En l’an XIV, il commanda une brigade de cavalerie du 5e corps de la Grande Armée. Au combat de Wertingen, le 16 vendémiaire, il chargea l’ennemi à la tête des 9e et 10e de hussards, le mit en déroute, s’empara de trois pièces d’artillerie et fit 800 prisonniers. Il prit également une part glorieuse aux batailles d’Ulm et d’Austerlitz. Le 10 octobre 1806, au combat de Saalfeld (Prusse), il exécuta contre les Prussiens une charge admirable qui livra aux Français 6 000 prisonniers, trois généraux, plusieurs drapeaux et trente pièces de canon. Il se distingua également au combat de Pułtusk et y fut grièvement blessé. L’Empereur le nomma général de division le 20 décembre 1806 et, par décret du même jour, il l’autorisa à se rendre en France pour s’y rétablir de ses blessures et pour être employé ensuite à l’inspection des dépôts de cavalerie.

En août 1808, il commandait les troupes à cheval réunies à Pau. Créé comte de l’Empire, il fut mis à la disposition du major général, qui l’employa à l’armée d’Espagne. Envoyé dans la Manche, il prit le commandement de cette province et celui de la 4e division de dragons, et dispersa les corps nombreux de guérillas qui infestaient ces contrées. Le 16 janvier 1812, il battit complètement, à Almagro, le général Pablo Morillo, le chassa de la province et lui fit un grand nombre de prisonniers. Le 1er janvier 1814, il reçut l’ordre de se porter en Champagne avec la division de cavalerie qu’il commandait. Le 17 février, il arriva à Nangis au moment où une action s’engageait ; il chargea impétueusement à Valjouan l’avant-garde russe avec ses dragons, la culbuta, lui prit 16 pièces de canon, fit 5 000 prisonniers, et la poursuivit jusqu’à Provins. À Arcis-sur-Aube, il soutint la retraite du maréchal Oudinot, malgré le feu terrible de l’artillerie ennemie.

Restauration[modifier | modifier le code]

Nommé lieutenant général des armées du Roi, puis gouverneur de Belle-Île-en-Mer durant les Cent Jours, au mois de juin 1814, il fut mis à la retraite le 18 octobre 1815, à la seconde Restauration, avant d'être placé dans les cadres de réserve le 7 février 1831. Le général Trelliard fut réadmis à la retraite le 1er mai 1832, et mourut dans sa demeure, à Charonne (Île-de-France), le 14 du même mois, avant d’être inhumé dans le cimetière du Père Lachaise (31e division)[4].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Baron de l'Empire par lettres patentes du 9 mars 1810, comte de l'Empire par décret impérial du 5 avril 1814, donataire (rente de 4 000 francs) sur Rome par décret du 17 mars 1808, Anne François Charles Trelliard fut élevé au grade de Commandeur de l’Ordre royal de la Légion d'honneur le 14 juin 1804, et fait chevalier de Saint-Louis le 8 juillet.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Armes anciennes de la famille Treillard (Dauphiné) : d’azur au lion passant d’argent, au chef cousu d’or chargé de trois roses de gueules.

Armes de François de Treilliard, alias Trelliard : d’azur à deux chevrons d’or accompagnés en chef de deux étoiles du même, et en pointe d’un croissant entre cinq étoiles 2, 2 et 1, le tout aussi d’or.

Armes d'Anne François Trelliard : d'azur au sautoir d'argent chargé en abîme d'une tête de lion arrachée de sable, allumée et lampassée de gueules ; au franc-quartier brochant des barons militaires. Il est à noter que ces armes présentent une similitude avec celles de la famille Nicolas qui sont d'azur au sautoir d'argent chargé en cœur d'une tête de lion arrachée de gueules, au lambel à trois pendants de même, brochant sur le tout, et qui révèlent une pratique répandue à l'époque, en Lorraine, visant la transmission d'armoiries plus ou moins modifiées quant aux détails, dans un certain nombre de familles issues indirectement d'une souche unique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir son acte de décès sur le site des Archives départementales de l’Aisne, le 22 juillet 1861 à Soissons, vue 310, acte 180.
  2. par Marie Victoire Rigaux, la sœur de Elisabeth Emelie Rigaux et arrière-grand-mère de Henri Maurice Berteaux.
  3. Archives départementales de la Meurthe-et-Moselle, état-civil numérisé de la commune de Cutry (Meurthe-et-Moselle), BMS 1667-1792, vue 347/428.
  4. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier,‎ 1908 (lire en ligne), p. 334