Anne-Catherine de Ligniville Helvétius

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Anne-Catherine de Ligniville Helvétius.

Anne-Catherine Helvétius, née de Ligniville d'Autricourt le à Nancy et morte le à Auteuil, surnommée « Minette », est une salonnière française du XVIIIe siècle, avec le « cercle d'Auteuil ».

L’une des vingt-et-un enfants de Jean-Jacques de Ligniville, chambellan du duc de Lorraine et de Charlotte Elisabeth de Soreau d'Houdemont (1700 - 1762). Anne-Catherine de Ligniville, qui était la petite cousine de Françoise de Graffigny, épousa à Paris par contrat le le philosophe et fermier général Helvétius et tint un salon où figurèrent, sur près de cinq décennies, de grandes figures des Lumières.

Elle réunit d'abord rue Sainte-Anne puis à partir de 1772 en son hôtel du 59, rue d’Auteuil, un cénacle appelé société d'Auteuil, qui comprenait, parmi les habitués, des femmes telles que Julie de Lespinasse ou Suzanne Necker qui y voisinèrent avec des écrivains comme Fontenelle, Diderot, Chamfort, Duclos, Saint-Lambert, Marmontel, Roucher, Saurin, André Chénier, ou Volney. Des penseurs comme Condorcet, d’Holbach, Turgot, l’abbé Sieyès, l’abbé Galiani, Destutt de Tracy, l’abbé Beccaria, l’abbé Morellet, Buffon, Condillac ou l’abbé Raynal y figurèrent aux côtés de scientifiques comme d’Alembert, Lavoisier, Cuvier ou Cabanis. On y vit également des artistes comme le sculpteur Houdon, le baron Gérard ou des personnalités de l’édition comme Charles-Joseph Panckouke ou François-Ambroise Didot. Parmi les personnalités politiques qui fréquentèrent le salon d’Anne-Catherine Helvétius, on trouve Malesherbes, Talleyrand, Manon Roland et son mari Roland de la Platière, Thomas Jefferson, Franklin (qui la demanda en mariage), Thomas Paine, Mirabeau, Pierre Daunou, Garat, Nicolas Bergasse, François Andrieux ou Napoléon Bonaparte.

Références[modifier | modifier le code]

  • Peter Allan, Une édition critique de la correspondance de Madame Helvétius : avec introduction biographique, Toronto, University of Toronto, 1975
  • Jules Bertaut, Égéries du XVIIIe siècle : madame Suard, madame Delille, madame Helvétius, madame Diderot, mademoiselle Quinault, Paris, Plon 1928
  • Benjamin Franklin, M. F—n [Franklin] à Madame H—s [Helvétius], Passy, imp. par Benjamin Franklin, 1779
  • Antoine Guillois, Le Salon de madame Helvétius ; Cabanis et les idéologues, New York, B. Franklin, 1971
  • Claude-Adrien Helvétius, Correspondance générale d’Helvétius, Éd. Peter Allan, Alan Dainard et al., Toronto, University of Toronto Press, 1981-2004 (ISBN 0802055176)
  • Arsène Houssaye, Histoire du 41e fauteuil de l’Académie Française, Paris, L. Hachette et cie, 1856
  • Lucien Picqué, Louis Dubousquet, « L’Incident du salon de Madame Helvétius (Cabanis et l’abbé Morellet) », Bulletin de la société française d’histoire de la médecine, t. 13 (1914)
  • Jean-Paul de Lagrave, Marie-Thérèse Inguenaud, Madame Helvétius et la société d’Auteuil, Oxford Voltaire Foundation, 1999 (ISBN 0729406474)
  • Jules Auguste Troubat, Essais critiques, Madame Helvétius, Paris, Calmann-Lévy, 1902
  • Guy de la Prade, L'illustre société d'Auteuil 1772-1830 ou la fascination de la liberté, préface de Guy Chaussinand-Nogaret, Paris, éditions François Sorlot, Fernand Lanore, 1989, 384 pages.