Anne-Aymone Giscard d'Estaing

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir Famille Giscard d'Estaing.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Aymon.
Anne-Aymone Giscard d'Estaing
Fonctions
Épouse du 20e président de la République française
27 mai 197421 mai 1981
Président Valéry Giscard d'Estaing
Prédécesseur Claude Pompidou
Successeur Danielle Mitterrand
Présidente de la Fondation pour l'Enfance
En fonction depuis le 1er décembre 1977
Biographie
Nom de naissance Anne-Aymone Marie Josèphe Christiane Sauvage de Brantes
Date de naissance 10 avril 1933 (81 ans)
Lieu de naissance Paris
Conjoint Valéry Giscard d'Estaing
Enfant(s) Valérie-Anne Giscard d'Estaing (épouse Montassier puis Fixot)
Henri Giscard d'Estaing
Louis Giscard d'Estaing
Jacinte Giscard d'Estaing (épouse Guibout)
Diplômé de École du Louvre
Religion Catholicisme

Anne-Aymone Giscard d'Estaing, née Anne-Aymone Marie Josèphe Christiane Sauvage de Brantes le 10 avril 1933 dans le 8e arrondissement de Paris, est l'épouse de Valéry Giscard d'Estaing, qui fut le 20e président de la République française du 27 mai 1974 au 21 mai 1981.

Origines[modifier | modifier le code]

Anne-Aymone Marie Josèphe Christiane Sauvage de Brantes est la fille du comte romain François Sauvage de Brantes, lieutenant-colonel de cavalerie, officier de la Légion d'honneur, résistant membre de l'ORA, mort au camp de concentration de Melk-Mauthausen (Autriche) en 1944, et de la princesse Aymone de Faucigny-Lucinge et Coligny. C'est aussi la sœur de Paul Sauvage de Brantes, 2e marquis romain, la belle-sœur de Marina de Brantes, présidente de l'Association pour le rayonnement de l'Opéra national de Paris (AROP), et la tante du journaliste et scénariste Emmanuel de Brantes.

Elle est la troisième fille du couple. Elle a une sœur (Rosamée Henrion, née le 7 janvier 1931), un frère (Paul, né à Paris le 5 janvier 1932 et décédé le 15 mai 2007), une sœur (Marguerite, née à Paris le 24 mars 1935 et décédée le 20 mars 2011, alors abbesse de Saint-Jean-Baptiste-de-Keur-Guilaye, au Sénégal) et un frère (Guy, né le 25 juillet 1937, père d'Emmanuel de Brantes).

Paternelles[modifier | modifier le code]

Son père, François Sauvage de Brantes, comte romain, était le fils de Marguerite Schneider, elle-même fille de l'homme politique et industriel Henri Schneider et du général Paul Sauvage de Brantes, 1er marquis romain. Les Sauvage de Brantes ont accédé à la noblesse pontificale par bref du 19 mai 1898, par lequel le pape Léon XIII accorda à Paul Sauvage de Brantes le titre de marquis romain (il ne s'agit pas du titre français de marquis de Brantes, qui s'est éteint). Ses parents étaient Roger Sauvage de Brantes, auditeur au Conseil d'État, et Louise Lacuée de Cessac, petite-fille du général Jean-Girard Lacuée, comte de Cessac, ministre de la Guerre de Napoléon Ier. Lors de ses fiançailles avec Louise Lacuée de Cessac, Roger Sauvage, l'arrière-grand-père d'Anne-Aymone, demande le 27 avril 1863 et obtient par décret du 6 août 1863 d'ajouter « de Brantes » à son patronyme. Ce nom était celui de la grand-mère paternelle de sa future épouse, née Louise-Augustine du Blanc de Brantes, héritière du marquisat et du château de Brantes à Sorgues dans le Vaucluse, elle était la dernière de son nom à sa mort en 1848. Par les Lacuée de Cessac, Anne-Aymone Giscard d'Estaing est apparentée aux Caulaincourt ou aux Montesquiou-Fezensac par lesquels elle descend du chancelier Le Tellier et de Louvois.

Roger Sauvage, devenu Sauvage de Brantes, était issu plus prosaïquement d'une famille bourgeoise. Il était fils de Denis Sauvage, marchand drapier, et de Louise Mosselman, petit-fils de Denis Sauvage, marchand drapier, et de Marie Coudray, et arrière-petit-fils de Toussaint Sauvage, marchand drapier, et de Marie-Louise Rouen.

Maternelles[modifier | modifier le code]

Par sa mère, membre de la Maison de Faucigny[1], elle descend aussi de Charlotte de Bourbon (1808-1886), fille[2] naturalisée française et considérée comme légitime en 1820[3] d'Amy Brown (1783-1876), troisième fille d'un pasteur anglican[4] et de Charles-Ferdinand de Bourbon, duc de Berry (1778-1820). Cette dernière avait déjà eu quatre enfants naturels de trois liaisons antérieures en 1804, 1805 et 1805-1807. Charles-Ferdinand de Bourbon (1778-1820) était le second fils du roi Charles X. C'est en raison de cette alliance que Ferdinand de Faucigny-Lucinge (1789-1866) a été autorisé par brevet du 13 mars 1828 à porter à titre viager en France le titre étranger de prince, et reconnaître la qualité de cousin du roi[5].

Par sa mère, Anne-Aymone Giscard d'Estaing est également apparentée aux planteurs cubains Terry (par sa grand-mère maternelle, née Natividad Terry y Dorticos, cousine germaine du dessinateur et architecte Emilio Terry) et la nièce du journaliste et écrivain Alfred Fabre-Luce (époux de Charlotte de Faucigny-Lucinge, tante et marraine d'Anne-Aymone), par l'intermédiaire duquel elle rencontra Valéry Giscard d'Estaing. De ce côté, sa famille est encore liée aux Coligny, Le Tellier, Sesmaisons et Kergorlay.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Anne-Aymone Sauvage de Brantes passe son enfance au gré des affectations de son père, qui est tour à tour attaché militaire à Londres (dans le quartier de Belgravia) puis Lisbonne. Elle parle ainsi couramment, en plus de l'espagnol, les langues portugaise et anglaise. Son père décède en 1944 au camp de concentration de Melk-Mauthausen (Autriche). Elle passe son adolescence à Authon (Loir-et-Cher).

Elle est scolarisée au lycée Notre-Dame-des-Oiseaux de Paris, dans le 16e arrondissement où elle étudie les « humanités féminines » (c'est-à-dire la cuisine, la couture et histoire de l'art)[6]. Elle commence ensuite des études à l'École du Louvre.

Mariage[modifier | modifier le code]

Elle épouse Valéry Giscard d'Estaing, tout juste sorti de l'ENA, civilement le 17 décembre 1952 à la mairie du 8e arrondissement de Paris, et religieusement le 23 dans la chapelle du château du Fresne, à Authon, dans le Loir-et-Cher. C'est May Giscard d'Estaing, la mère de Valéry, qui s'était chargée de lui trouver cet excellent parti qu'est Anne-Aymone : à leur rencontre, elle a dix-huit ans et lui vingt-six. Leur lune de miel se passe en Grèce. Le couple habite à Paris, au 11, rue de Bénouville.

Valéry et Anne-Aymone Giscard d'Estaing ont quatre enfants :

Prénom Date de naissance
Valérie-Anne 1er novembre 1953
Henri 17 octobre 1956
Louis 20 octobre 1958
Jacinte 3 mai 1960

Épouse du président de la République française (1974-1981)[modifier | modifier le code]

La campagne présidentielle de 1974[modifier | modifier le code]

Anne-Aymone Giscard d'Estaing ne s'intéresse pas vraiment à la politique. Mais son époux, fasciné par le style de l'ancien président des États-Unis John F. Kennedy, décide de suivre ce modèle de communication politique. Ainsi, il met son épouse en avant sur la une des magazines et des affiches électorales. Pourtant, très timide, l'épouse du candidat préfère se consacrer à son foyer, mais s'y résigne, voyant que cela pourrait l'aider à devenir président de la République[6]. Son adversaire Jacques Chaban-Delmas fait de même en mettant en scène son épouse Micheline.

Elle s'engage en 1969 comme animatrice d'un club d'investissement féminin et est très active dans la campagne présidentielle de son mari en 1974 (elle participe notamment à des meetings dans les Antilles françaises)[7].

À l'Élysée[modifier | modifier le code]

Elle est mise sur le devant de la scène par Valéry Giscard d'Estaing et est la première épouse d'un président de la République française à avoir un réel rôle, même si elle ne semble pas l'avoir souhaité. C'est le réel début de la communication politique élyséenne. Elle déclare le soir de la victoire, juste avant d'entrer au palais (elle n'est alors pas aux côtés de son mari) « Ce soir, comme ma sœur Marguerite, j'entre dans les ordres »[6].

Elle est plus particulièrement chargée de questions sociales et dispose d'un bureau au rez-de-chaussée du palais de l'Élysée, dans l'ancienne salle de bains style Empire. Discrète, donnant l'image d'une femme élégante et timide, elle est notamment surnommée « madame DQ » (ou « Dignité-Qualité »)[8] par Le Canard enchaîné.

Elle représente notamment son époux lors de certaines manifestations, comme en Andorre au début du septennat, lors des fêtes de Jeanne d'Arc à Orléans en 1975, ou pour le centenaire de l'IFAO, au Caire, en décembre 1980, et est la première conjointe d'un chef d'État français à venir présenter ses vœux aux Français à la télévision, le 31 décembre 1975 et à recevoir ceux du corps diplomatique et des corps constitués aux côtés de son époux en janvier 1981. La cérémonie des vœux est certes novatrice et dépoussière beaucoup cette tradition conventionnelle ; mais Anne-Aymone Giscard d'Estaing laisse transparaître un trac évident, comme lors du discours qu'elle prononce à un colloque animé par Edgar Faure. Elle prend l'initiative, lors d'un voyage diplomatique en Espagne, de traduire pour l'assemblée présente le discours que venait de faire son mari, au grand étonnement du couple royal espagnol, Juan Carlos Ier et la reine Sofía. Elle et ses enfants accompagnent presque toujours son mari dans ses déplacements à l'étranger[7]. Elle apprécie pourtant peu ces voyages mais reconnaît pourtant : « C'était toujours une épreuve mais cela faisait partie du devoir de présence de la France. Notre pays entretient des relations diplomatiques avec cent cinquante-trois États dans le monde. Si l'on considère qu'il est souhaitable de les visiter chacun une fois tous les dix ans, on ne peut faire moins de quinze voyages par an. Sans compter qu'un président français doit visiter tous les pays africains une fois durant son septennat »[7]. Elle participe à la cérémonie d'avènement du nouveau pape Jean-Paul Ier au nom du président.

Mal à l'aise avec ce rôle de composition, qui lui donne une image d'épouse et mère bourgeoise modèle qui à la fois s'investit dans le domaine social, elle « joue » la « Première dame de France », ne dormant en réalité pas au palais de l'Élysée. Elle trouve, comme son mari, que ce n'est pas une bâtisse d'habitation : elle ne s'y rend que pour travailler dans le bureau qui lui est aménagé (dans l'ancienne salle de bain de Napoléon III, dont elle choisit personnellement la décoration) et pour les réceptions. Elle n'est pas amatrice d'art contemporain et diffère donc de Claude Pompidou, la précédente « Première dame de France ». Néanmoins, les choix d'aménagement qu'elle fait avec son mari comprennent autant des Vigée Le Brun que des Picasso. Elle fait installer des orangers en pot dans la cour d'honneur, qui subsistent après la fin du mandat de son époux.

Elle organise parfois des déjeuners avec les femmes membres du gouvernement, telles que la ministre de la Santé Simone Veil, la ministre aux Universités Alice Saunier-Seité ou encore les secrétaires d'État Françoise Giroud, Monique Pelletier et Christiane Scrivener[7]. Elle déclare à propos des célèbres déjeuners que son mari organise chez des Français lambda : « C'était très sympathique. Au départ, les gens étaient toujours un peu pétrifiés, puis la famille se dégelait. Nous sommes d'ailleurs restés en relation avec un certain nombre de personnes »[7].

Une journée type la fait arriver au palais aux alentours de 10 heures. Sa collaboratrice, Odette de Noyelle, lui explique alors son emploi du temps, elle répond aux nombreux courriers puis reçoit les responsables d'associations sociales ou culturelles. Elle déjeune dans son appartement, avec ses enfants dont certains sont encore scolarisés. Elle emploie son après-midi aux visites et aux inaugurations d'établissements scolaires, sociaux et culturels.

Elle soutient son mari lors de l'élection présidentielle de 1981 mais accueille la fin du septennat avec un certain soulagement, le protocole lui étant devenu très lourd. Elle déclare, après la défaite de son époux : « Le poids des obligations officielles, c'est vraiment quelque chose de lourd. Certaines activités ne sont pas très drôles tous les jours. L'idée de refaire la même chose pendant encore sept ans, c'est éprouvant. Quand je pense aux malheureuses souveraines, en Angleterre, aux Pays-Bas ou au Danemark qui ont cela à vie, je ne les envie pas »[7].

Une carrière politique locale[modifier | modifier le code]

De 1983 à 1995, Anne-Aymone Giscard d'Estaing occupa la fonction de conseillère municipale de Chanonat, dans le Puy-de-Dôme, commune dont son beau-père, Edmond Giscard d'Estaing, fut le maire de 1932 à 1947, et où le couple Giscard d'Estaing possédait le château de la Varvasse, mis en vente durant l'été 2008.

La Fondation pour l'enfance[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fondation pour l'enfance.

Anne-Aymone Giscard d'Estaing organise chaque année une prestigieuse soirée de bienfaisance au château de Versailles, au profit de la Fondation pour l'enfance, qu'elle a créée en 1977. Cette soirée a déjà été présidée par plusieurs membres de familles royales étrangères comme la princesse Diana de Galles, la reine Rania de Jordanie, la reine Paola et la princesse Mathilde de Belgique, la reine Silvia et la princesse héritière Victoria de Suède ou encore par Bernadette Chirac, épouse du président Jacques Chirac. De nombreuses personnalités du monde de la politique, des arts, du journalisme, de la mode ou encore du Gotha y sont chaque année invitées, les fonds récoltés étant destinés à la fondation.

Le siège de l'association est au 17, rue Castagnary dans le XVe arrondissement de Paris. Lors de sa création, ce sont les fonds récoltés par la vente du livre de son époux Démocratie française, qui a permis le financement. Elle vient en aide aux enfants ne pouvant pas être hébergés dans de bonnes conditions et se charge de leur trouver une famille d'accueil.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Savoie, extraction chevaleresque 1180, selon Régis Valette, op. cit., notice « Faucigny-Lucinge »
  2. Ne fut d'abord pas considérée comme légitime, en dépit du mariage selon la loi anglaise de ses parents en 1806 à la chapelle catholique de King Street à Londres. Ce mariage aurait été annulé par un bref du pape à la demande du roi Louis XVIII avant le mariage officiel de Charles-Ferdinand de Bourbon, le 17 juin 1816 avec sa cousine Marie-Caroline de Bourbon, princesse des Deux-Siciles, union dont est issu Henri de Bourbon, comte de Chambord, (1820-1883).
  3. Par ordonnance du 9 juin 1820, après l'assassinat de son père. Aurait reçu le lendemain, des lettres patentes de Louis XVIII la créant à titre personnel comtesse d'Issoudun.
  4. Joseph Brown (ca 1747-1824) et de Mary Deacon (1747-1806)
  5. Valette, op. cit.
  6. a, b et c http://www.linternaute.com/savoir/magazine/dossier/premieres-dames-de-france/3-anne-aymone-giscard-d-estaing.shtml
  7. a, b, c, d, e et f Bertrand Meyer-Stabley, Les Dames de l'Élysée. Celles d'hier et de demain, Librairie Académique Perrin, Paris.
  8. Les Dossiers du Canard no 1 - Giscard : la monarchie contrariée, avril 1981.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]