Anna Leopoldovna de Russie

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Anna Leopoldovna

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S.A.I. Anna Leopoldovna
Grande duchesse et régente de Russie.

Naissance 1718
Décès 1746
Famille

Élisabeth Catherine Christine de Mecklembourg-Schwerin dite Anna Leopoldovna (А́нна Леопо́льдовна) (1718-1746), également connue sous le nom d'Anna Karlovna (А́нна Ка́рловна), régente de Russie pendant un an (1740-1741) pendant la minorité de son fils, Ivan VI de Russie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et mariage[modifier | modifier le code]

Elle était la fille de Charles II Léopold, duc de Mecklembourg-Schwerin, et de Catherine de Russie (1692-1733), fille du tsar Ivan V et sœur aînée de la tsarine Anne Ire.

En 1722, séparée de son mari, la duchesse Catherine se réfugia avec sa fille âgée de 4 ans auprès de sa sœur Anne à la cour de Saint-Pétersbourg où régnait leur oncle Pierre le Grand.

La jeune Élisabeth, devenue Anna Leopoldovna pour la religion orthodoxe, devint héritière putative lorsque sa tante Anne monta sur le trône en 1730 à la suite d'un coup d'État. Elle fut mariée en 1739 à Antoine-Ulrich de Brünswick-Wolfenbüttel (1714-1775), neveu de l'empereur Charles VI du Saint-Empire mais aussi beau-frère et du roi Frédéric II de Prusse (et en 1752 du roi Frédéric V de Danemark).

Ils eurent cinq enfants :

  • Ivan (1740-exécuté en 1764) Tsar (1740/1741) sans alliance ni postérité
  • Catherine (1741-1807) sans alliance ni postérité
  • Élisabeth (1743-1782) sans alliance ni postérité
  • Pierre (1745-1798) sans alliance ni postérité
  • Alexis (1746-1787) sans alliance ni postérité

Son fils nouveau-né est proclamé tsar à la mort d'Anne Ire en octobre 1740 et la régence confiée au comte de Bühren, favori de la tsarine défunte.

Régence[modifier | modifier le code]

Anna Leopoldovna démet le régent dès le 9 novembre et s'octroie la régence. Elle confie le gouvernement au feld-maréchal Burckhardt Christoph von Münnich, brillant militaire, à qui elle octroie le titre de Premier ministre, mais qu'elle remplace bientôt par Andreï Ivanovitch Osterman.

Durant la régence est promulgué le « Règlement des fabriques », qui contractualise les relations entre patrons et ouvriers et limite la durée du temps de travail.

En politique extérieure, la Russie, qui a reconnu la Pragmatique Sanction, reste une alliée fidèle des Habsbourg. Soutiens de Marie-Thérèse Ière pendant la guerre de Succession d'Autriche, les troupes russes remportent la brillante victoire de Villmanstadt (août 1741) contre les Suédois, alliés des Français qui avaient imprudemment déclaré la guerre à la Russie.

Cependant, frivole, adonnée à ses amants (notamment le comte de Lynar), critiquée pour son entourage allemand, son mépris affiché pour l'armée et les dissensions qui se font jour dans son entourage et ses ministres, la jeune régente devient impopulaire, notamment au sein de la noblesse. Une situation que l'ambassadeur de France, le marquis de la Chétardie, intriguant avec la grande-duchesse Elisabeth Petrovna, exploite avec habileté.

Un an à peine après être parvenue au pouvoir, un coup d'État ourdi par la France, renverse Anna Leopoldovna, enferme son fils nouveau-né dans une forteresse dont il ne sortira pas et où il mourra dans des conditions obscures et porte la francophile Elisabeth sur le trône.

Exil[modifier | modifier le code]

Anna Leopoldovna, son mari et sa belle-famille sont enfermés dans une forteresse d'abord en Lettonie puis dans la région d'Arkhangelsk, où, coupés du monde, ils connaissent solitude et privations. Anna Leopoldovna y meurt en couches en 1746 à l'âge de 28 ans.

En 1762, lors de son accession au trône, Catherine II propose à Antoine-Ulrich une libération sous condition : retourner en Allemagne sans ses enfants, héritiers potentiels du trône des tsars (et menace pour le pouvoir de Catherine). Le prince refuse. Il meurt aveugle en 1775. Ses enfants sont libérés en 1780 mais inaptes à une vie en société qu'ils n'avaient jamais connue, ils sont recueillis par leur tante paternelle, la reine douairière de Danemark, au frais de la tsarine de Russie qui les fait placer en résidence surveillée dans un domaine du Jutland. La princesse Catherine, dernière survivante de la fratrie, s'éteint en 1807.

Sources[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]