Anna Judic

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Anna Judic

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Anna Judic aux Bouffes-Parisiens en 1875.

Nom de naissance Anne Marie-Louise Damiens
Naissance
Semur-en-Auxois
Décès
Golfe-Juan
Activité principale Chanteuse-comédienne
Soprano
Style Opérette, Café-concert
Années d'activité 1866-1900
Collaborations Jacques Offenbach
Hervé
Conjoint Albert Millaud

Répertoire

Anna Judic, de son vrai nom Anne Marie-Louise Damiens, est une comédienne française née à Semur-en-Auxois le et morte à Golfe-Juan le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Nièce du directeur du Gymnase, Montigny, elle entre en 1866 au Conservatoire de Paris dans la classe de Régnier, qu'elle quitte l'année suivante pour débuter au Gymnase dans Les Grandes Demoiselles, comédie en un acte d'Edmond Gondinet. Mais c'est à l'Eldorado qu'elle se fait véritablement remarquer dans un répertoire de chansons « légères » où son apparente candeur fait passer les sous-entendus les plus grivois. Elle a entre temps adopté le nom de son mari, Judic, épousé alors qu'elle n'avait pas dix-sept ans. Aux dires de ses contemporains, elle avait une voix frêle mais un timbre ravissant.

Après la Guerre et un passage à la Gaîté où elle crée Le Roi Carotte, opéra-féerie de Jacques Offenbach et Victorien Sardou, elle entre aux Bouffes-Parisiens où elle connait ses premiers succès de comédienne dans les opérettes de Léon Vasseur (La Timbale d'argent) et d'Offenbach (Madame l'Archiduc, La Créole, Bagatelle, etc.).

Elle rencontre en novembre 1873 l'un des librettistes de La quenouille de verre, Albert Millaud qu'elle préfère à son mari. Elle épouse en secondes noces le dramaturge Albert Millaud[1]. Enceinte, elle doit s'arrêter en janvier 1875 puis part ensuite en tournée à Saint-Petersbourg. À son retour, elle reprend La Créole aux Bouffes mais ne rencontre pas le même succès.

Elle passe en 1876 au théâtre des Variétés, dont elle sera l'étoile durant près de vingt ans. Elle y retrouve Offenbach dont elle crée Le Docteur Ox et reprend les rôles mythiques d'Hortense Schneider : La Belle Hélène, La Grande-duchesse de Gérolstein... Elle étrenne surtout une collaboration prolifique avec Hervé.

À partir de janvier 1881 elle interprète avec succès les opérettes écrites pour elle par Albert Millaud, La Roussotte (musique Charles Lecocq, Hervé, etc.), Lili, La Femme à papa et Mam'zelle Nitouche (musiques de Hervé), ainsi que le vaudeville Niniche.

Elle commence le 26 janvier 1883 à interpréter la comédie-opérette Mam'zelle Nitouche[2], son chef d'œuvre, avec laquelle elle connait un grand succès. Elle la joue pendant un an et gagne plus d'un million de francs, lui permettant de faire construire le somptueux hôtel Judic.

Après l'échec cuisant de La Cosaque de Hervé en 1884, elle se met à voyager[3], se produit aux Menus-Plaisirs, à l'Eldorado et à l'Alcazar d'été sans retrouver l'immense succès de ses débuts.

Elle se lance dans une seconde carrière de de comédienne et joue avec Coquelin, Antoine et Lucien Guitry. Elle retrouve le Gymnase dans des rôles de « mères » (Le Bourgeon, Le Secret de Polichinelle, L'Âge difficile) auxquels elle apporte « une tendresse, une douceur et une bonhommie touchantes ». Elle alterne alors les reprises des pièces lyriques et les pièces de théâtre.

De mai à septembre 1890, elle fait une tournée en Amérique latine où elle remporte un grand succès. En janvier 1891, elle est décorée par le Sultan de Constantinople.

Elle est veuve en 1892. Des problèmes financiers l'obligent à vendre son hôtel en 1894. Elle se retire alors à Chatou. Elle crée en 1895 L'âge difficile de Jules Lemaître au Gymnase. Elle est décorée de l'Ordre de l'Aigle Blanc, en 1896, à Belgrade, par le roi Alexandre Ier de Serbie. Elle vit dans sa Bourgogne natale, après une dernière apparition aux Folies-Bergère en 1900. Elle décide en 1910 de séjourner en villégiature à Golfe-Juan.

Un estampe de Toulouse-Lautrec la représente. Selon certaines sources, elle aurait servi de modèle à Émile Zola pour le personnage de Rose Mignon dans Nana[4].

Théâtre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Rouchouse, Hervé, le père de l'opérette : 50 ans de folies parisiennes, éd. Maule, 1994, p.352.
  2. Mam'zelle Nitouche sur le site de l'ANAO.
  3. Article du New York Times
  4. Michel Grimberg, Marie-Thérèse Mourey, Jean-Marie Valentin, Elisabeth Rothmund, Recherches sur le monde germanique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]