Anna J. Cooper

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Anna J. Cooper

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Anna J. Cooper, 1892.

Nom de naissance Anna Julia Haywood
Activités écrivaine, enseignante, éducatrice
Naissance 10 août 1858
Raleigh, Caroline du Nord
Décès 27 février 1964 (à 105 ans)
Washington, D.C.
Langue d'écriture anglais américain

Œuvres principales

  • A Voice from the South: By A Woman from the South (essai, 1892)

Anna « Annie » Julia Cooper Haywood (10 août 1858 - 27 février 1964) est une écrivaine, enseignante, éducatrice et l'une des plus éminentes érudites afro-américaine de l'histoire des États-Unis. Après avoir soutenu une thèse d'histoire à la Sorbonne en 1924, Cooper est devenue la quatrième femme afro-américaine à obtenir un doctorat. Elle a également été un membre éminent de cette communauté.

Enfance et éducation[modifier | modifier le code]

Anna J. Cooper est née esclave à Raleigh (Caroline du Nord) en 1858 de Hannah Stanley Haywood, une esclave de la maison de l'éminent propriétaire George Washington Haywood. Il est largement admis par les historiens que ce dernier est le père biologique des sept filles de Hannah Stanley. Anna a deux frères plus âgés nommés Andrew J. Haywood et Rufus Haywood, et travaille comme domestique dans la maison Haywood[1].

En 1868, lorsque Cooper a dix ans, elle reçoit une bourse d'études et commence ses études au St. Augustine's College (en) à Raleigh, fondé par des membres du diocèse épiscopal de Caroline du Nord afin de former les enseignants nécessaires à l'éducation des anciens esclaves et de leurs familles. Selon Mark S. Giles, un biographe d'Anna Cooper, « les niveaux d'éducations offerts à St. Augustine's allaient du primaire au secondaire, y compris les échanges de compétences de formation. »[1].

Pendant les quatorze ans passés à St. Augustine's, elle se distingue comme étudiante brillante et ambitieuse, que ce soit dans le domaine des arts libéraux ou dans des disciplines analytiques telles que les mathématiques et la science. Ses cours de langue incluent le latin, le français et le grec ; elle étudie aussi la littérature anglaise, les mathématiques et les sciences. Bien que l'école ait un cursus spécial réservé aux femmes surnommé le « Ladies Cours » et que l'administration décourage activement les femmes à poursuivre des cours de niveau supérieur, Anna Cooper se bat pour avoir le droit de suivre des cours réservés aux hommes, en démontrant sa capacité scolaire. Elle brille tellement dans ses études universitaires qu'elle est en mesure de servir de tuteur pour les élèves plus jeunes[1]. Pendant cette période, St. Augustine's met l'accent sur la formation des jeunes hommes pour le ministère chrétien, et les prépare à une formation supplémentaire de quatre ans en université. Un de ces hommes, George A. C. Cooper, deviendra plus tard son mari pendant deux ans, jusqu'à sa mort[1].

Les travaux d'Anna Cooper en tant qu'élève-enseignant contribuent à payer ses dépenses d'éducation. Après avoir terminé ses études, elle reste à l'institution en tant qu'instructeur. La mort précoce de son mari lui a finalement permis de continuer à enseigner ; si elle était restée mariée, elle aurait pu devenir une femme au foyer[1].

« Une voix du Sud »[modifier | modifier le code]

Durant ses années comme enseignante et directrice à la M Street High School, Anna Cooper termine son premier livre, A Voice from the South: By A Woman from the South, publié en 1892. C'est son seul travail publié, même si elle a ensuite prononcé des discours soutenant les droits civils et les droits de la femme[2]. Cet ouvrage est considéré comme l'une des premières manifestations du Black feminism des années 1960. Le livre met en avant le droit à l'autodétermination et à l'élévation sociale pour les femmes afro-américaines à travers l'éducation. Sa thèse centrale est que l'éducation et le progrès moral et spirituel des femmes noires permettra d'améliorer la réputation générale de toute la communauté afro-américaine. Elle montre que la nature violente des hommes les empêche souvent d'atteindre les objectifs de l'enseignement supérieur ; il est donc important d'encourager les femmes à accéder aux études[3]. Cette position a été critiquée par certains comme une vision soumise au culte de la domesticité en vigueur aux États-Unis au XIXe siècle, mais d'autres y voient l'un des fondements du féminisme noir au XIXe siècle[3]. Anna Cooper énonce qu'il est du devoir des femmes noires instruites de soutenir leurs camarades défavorisées pour atteindre leurs objectifs. Cet essai aborde aussi d'autres sujets, allant du racisme et des réalités socio-économiques des familles noires à l'administration de l'Église épiscopale.

Les années suivantes[modifier | modifier le code]

Anna Cooper est non seulement une auteure et une éducatrice, mais elle est aussi une oratrice. Certains de ses discours ont été tenus à la World's Congress of Representative Women en 1893 à Chicago (dans lequel elle est l'une des trois femmes noires invitées à parler) et à la Pan-African Conference de Londres en 1900[2]. En 1914, à l'âge de 56 ans, elle commence des cours pour obtenir son diplôme de doctorat à l'université Columbia, mais est contrainte d'interrompre ses études en 1915 quand elle adopte les cinq enfants de son demi-frère après la mort de leur mère. Plus tard, elle est en mesure de transférer ses acquis à l'université de Paris-Sorbonne, qui n'accepte toutefois pas sa thèse de l'université Columbia, un travail sur Le Pèlerinage de Charlemagne. En une décennie, elle réussi cependant à finir ses recherches et à écrire sa thèse, complétant son cursus en 1924. Elle défend sa thèse L'attitude de la France sur la question de l'esclavage entre 1789 et 1848 en 1925. À l'âge de soixante-sept ans, Anna Cooper devient ainsi la quatrième femme noire dans l'histoire américaine à obtenir un doctorat en philosophie.

Bien que la revue des anciens de son post-doctorat à l'Oberlin College publie son éloge en 1924 en disant: « La classe de '24 est honorée par les réalisations de cette ancienne étudiante universitaire de couleur », quand elle essaye de présenter son travail sur Le Pèlerinage de Charlemagne l'année suivante, elle n'est pas acceptée[4].

Le 27 février 1964, Anna Cooper meurt à Washington, DC, à l'âge de 105 ans. Son hommage a lieu dans une chapelle sur le campus du St. Augustine's College, où a commencé sa carrière universitaire. Elle est enterrée aux côtés de son mari au cimetière de Raleigh.

Héritage[modifier | modifier le code]

Les pages 26 et 27 de chaque nouveau passeport américain contient la citation suivante : « La cause de la liberté n'est pas la cause d'une race ou d'une secte, d'un parti ou d'une classe - elle est la cause de l'humanité, le droit fondamental de l'humanité même » - Anna Julia Cooper.

En 2009, le United States Postal Service publie un timbre commémoratif en l'honneur de Cooper.

Anna Cooper est célébrée le 28 février avec Elizabeth Evelyn Wright sur le calendrier de l'Église épiscopale des États-Unis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Mark S. Giles, « Special Focus: Dr. Anna Julia Cooper, 1858-1964: Teacher, Scholar, and Timeless Womanist », The Journal of Negro Education, vol. 75,‎ 2006, p. 621-634
  2. a et b Mary Helen Washington, A Voice from the South: By A Woman from the South, New York, Oxford University Press,‎ 1988, XXVII-LIV p. (ISBN 0-19-506323-6)
  3. a et b Joy Ritchie et Kate Ronald, Available Means: An Anthology of Women's Rhetoric(s), Pittsburgh, University of Pittsburgh Press,‎ 2001, 163-164 p. (ISBN 978-0-8229-5753-9)
  4. .[1]

Ouvrages complémentaires[modifier | modifier le code]

  • (en) Patricia Hill Collins. Black Feminist Thought: Knowledge, Consciousness, and the Politics of Empowerment, 2nd ed. Routledge, 2000.
  • (en) Anna Julia Cooper. A Voice From the South. Oxford University Press, 1990.
  • (en) Karen A. Johnson Uplifting the Women and the Race: The Educational Philosophies and Social Activism of Anna Julia Cooper and Nannie Helen Burroughs Garland Publishing, 2000.
  • (en) Charles Lemert. The Voice of Anna Julia Cooper: Including A Voice From the South and Other Important Essays, Papers, and Letters. Rowman & Littlefield, 1998.
  • Section spéciale sur Anna Julia Cooper dans African American Review, 43:1 (printemps 2009) :
    • (en) Beverly Guy-Sheftall, Black Feminist Studies: The Case of Anna Julia Cooper
    • (en) Vivian M. May, Writing the Self into Being: Anna Julia Cooper's Textual Politics
    • (en) Shirley Moody-Turner & James Stewart, Gendering Africana Studies: Insights from Anna Julia Cooper
    • (en) Karen A. Johnson, In Service for the Common Good': Anna Julia Cooper and Adult Education
    • (en) Shirley Moody-Turner, A Voice beyond the South: Resituating the Locus of Cultural Representation in the Later Writings of Anna Julia Cooper

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]