Anna Demidova

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Anna Stepanovna Demidova

Anna Stepanovna Demidova (en russe : Анна Степановна Демидова), née le 26 janvier 1878 à Tcherepovets dans l'oblast de Vologda et décédée le 17 juillet 1918 à Iekaterinbourg était femme de chambre de l'impératrice Alexandra Fiodorovna. Elle était surnommée Niouta. Elle fut assassinée avec les membres de la famille impériale dans l'entre-sol de la maison Ipatiev.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille de la petite bourgeoisie russe, Anna Stepanovna Demidova naquit à Tcherepovets.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Son père, Stepan Alexandrovitch Demidov, commerçant aisé de la ville de Tcherepovets était membre du conseil de la ville et membre du Zemski sobor. Anna Demidova avait un frère, N. Demidov, l'un des fondateurs à Tcherepovets d'une association caritative venant en aide aux pauvres, une sœur, Elizaveta Stepanovna Demidova[1].

Anna Demidova passait pour être une jeune femme blonde, grande et sculpturale[2].

Elle sortit diplômée de l'institut Iaroslav pour gens de maison et obtint à sa sortie un certificat d'enseignante[3]. Elle parlait plusieurs langues étrangères et jouait du piano.

Service à la Cour impériale de Russie[modifier | modifier le code]

Niouta était amie d'Elizaveta Ersberg, femme de chambre à la Cour impériale. L'impératrice Alexandra Fiodorovna remarqua les travaux manuels de Niouta lors d'une exposition au monastère Leouchinsky à Iaroslav et la fit engager au service de la famille impériale en 1901[4]. Anna Demidova s'éprit pendant son service à la Cour du britannique Charles Sidney Gibbes (1876-1963) alors professeur d'anglais des grandes-duchesses, puis, à partir de 1913, précepteur du tsarévitch Alexis. (Concernant cette passion amoureuse aucune source sérieuse n'existe à ce jour)[5]

Anna Demidova et sa famille furent annoblis pendant sa carrière à la Cour[6].

L'exil[modifier | modifier le code]

La maison du gouverneur à Tobolsk où la famille impériale fut retenue prisonnière entre août 1917 et avril 1918.

Après l'abdication de Nicolas II, Anna Demidova continua à servir la famille impériale à Tsarkoïe Selo et elle accompagna la famille impériale dans son exil à Tobolsk. Elle la suivit encore le 17 avril 1918, à Ekaterinbourg. Elle confia un jour à Charles Sidney Gibbes  : « J'ai tellement peur des Bolcheviks, je ne sais pas ce qu'ils vont faire de nous »[7].

Décès[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 16 juillet au 17 juillet 1918, Anna Demidova fut réveillée, comme les autres personnes détenues dans la villa Ipatiev, et reçut l'ordre de s'habiller. Niouta portait deux oreillers dans lesquels des bijoux avaient été dissimulés. Après la première salve de coups de feu tirée par les criminels, Anna Demidova, blessée, perdit connaissance. Revenue à elle, elle s'exclama : « Dieu merci ! Dieu m'a sauvée! » Ayant entendu sa voix, les assassins se tournèrent vers elle. Elle cria, elle pleura, elle tenta de se défendre, mais fut finalement poignardée à mort par des baïonnettes[8].

Inhumation[modifier | modifier le code]

Quatre-vingts ans plus tard, la petite-nièce d'Anna Stepanovna Demidova, Natalia Demidova assista aux funérailles de sa grande-tante et de la famille impériale en la cathédrale Saint-Pierre et Paul à Saint-Pétersbourg[9].

Canonisation[modifier | modifier le code]

Anna Demidova fut canonisée en 1981, comme nouvelle martyre, par l'Église orthodoxe à l'étranger. En 2000 après biens des débats, l'Église orthodoxe de Russie la déclara martyre de l'oppression de l'Union soviétique.

Article détaillé : Canonisation des Romanov.


Réhabilitation des victimes de la Maison Ipatiev[modifier | modifier le code]

Le procureur général de Russie réhabilita Anna Stepanovna Demidova à titre posthume, le 8 juin 2009. « Toutes ces personnes ont été victimes de la répression sous la forme d'arrestation, de déportation et soumises à une surveillance des organes du Guépéou sans raisons », - déclara le représentant de la Justice de la Fédération de Russie[10]

Les victimes de la Maison Ipatiev[modifier | modifier le code]

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Reconstitution de l'apparence des détenteurs de crânes[modifier | modifier le code]

Le 19 août 1993, une enquête fut diligentée par le procureur général de la Russie, le criminologue Sergueï Sergueïevitch Nikitine reconstitua l'apparence des détenteurs de crânes trouvés dans le puits de mine situé près du village de Koptiaki selon la méthode de l'anthropologue Mikhaïl Mikhaïlovitch Guerassimov (1907-1970).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Couronne des martyrs des serviteurs de l'empereur - O.T. Kovalevskaya
  2. Greg Wilson et Patty King Le destin des Romanov pages 63 - 64
  3. forum.alexanderpalace.org
  4. O.T. Kovalevskaya La couronne des martyrs des serviteurs de l'empereur
  5. Greg King, Patty Wilson Le destin des Romanov pages 63 - 64
  6. O.T. Kovalevskaya La Couronne des martyrs des serviteurs de l'empereur
  7. Gred King, Patty Wilson Le destin des Romaniov page 87
  8. Greg King et Patty Wilson le destin des Romanov page 311
  9. www.romanovfundforrussia.org
  10. www.ng.ru

Sources[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]