Années 850

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Évènements[modifier | modifier le code]

Afrique[modifier | modifier le code]

  • Apogée du royaume de Tekrour au Sénégal qui domine les Ouolofs à l'Ouest et les Peuls du Sénégal central.
  • Des peuples venus du nord s’installent dans la région du Sénégal et fondent la dynastie des Dia-Oyo[1].
  • Éthiopie : la tradition attribue au roi légendaire Del-Naod la construction du monastère de Saint-Étienne sur une île du lac Haïk, dans l’Amhara[2]. Il le dote richement et le peuple de trois cents ecclésiastiques venus d’Aksoum. Lui-même bâtit son palais à proximité. Des constructions archaïques, sobrement sculptées, ont été découvertes.

Asie[modifier | modifier le code]

  • Les Koumans (Kiptchak ou Polovtses), descendant des Sari, nomadisent peut-être à l’est du Tarim. Pour d’autres, ils sont apparentés aux Oghuz (Kimek de l’Irtych et de l’Ob).
  • Disparition de la royauté au Tibet qui se divise en petites principautés.
  • Des souverains qui prétendent descendre du roi Sanjaya (règne estimé 732-778) dans le centre de Java créent un nouveau royaume de Mataram.

Europe[modifier | modifier le code]

Les voyages et les territoires dominés par les Vikings.
  • Deuxième phase de l’âge des Vikings (850-900) : après les premiers tâtonnements, et ayant pris la mesure de la vulnérabilité de leurs adversaires, les Vikings organisent leurs expéditions dans des buts de conquête pure et simple (Danois et Norvégiens), de prise de pouvoir (Suédois), voire d’installation à demeure (Islande)[3]. Dans les zones côtières désertées de l'empire carolingien, les Vikings finissent par s’installer à demeure afin de pousser leurs raids plus loin dans les terres. Ils créent leurs premiers établissements permanents à l’embouchure de l’Escaut (Walcheren), de la Loire (Noirmoutier) et de la Seine (Jeufosse), qui leur permettent de rester plusieurs années en campagne, attaquant les villes fortifiés. Ils n’épargnent aucune province. En 859 Hasteinn et Björn Côte de fer lancent le premier raid en Méditerranée. Ils attaquent l'émirat de Cordoue et les côtes du Maroc, puis remontent le Rhône. En Italie, ils pillent le port de Luni (859-860).
  • Les Vislanes de la région de Cracovie, qui appartiennent à la Grande Moravie, semblent être en contact avec la christianisation : le château du Wawel recèle les ruines d’une église de la seconde moitié du IXe siècle (église B). Ils reconquièrent leur indépendance et forment un État appuyé sur les castra dont les princes lèvent les droits sur les routes, jetant les premières bases d’une économie monétaire.
  • Vers 850, des tribus hongroises qui occupent la Lévédie ou Etelköz, au nord de la mer Noire, sont indépendantes de l’empire Khazar.

Économie et société[modifier | modifier le code]

  • La population de Xi'an (Chang'an), la capitale de l'empire chinois Tang, dépasse le million (1 000 000) d'habitants.
  • Baisse démographique dans l'Empire carolingien attestée par les capitulaires. Stagnation urbaine. Les villes reconstruisent leurs murailles. Les invasions font disparaître les monnaies d’or et d’argent, tandis que le vin, très prisé par les Vikings, se raréfie. En mer du Nord, outre le commerce des esclaves razziés, poisson et sel circulent encore. En Méditerranée, le commerce des esclaves venus de Verdun par l’Espagne et l’Italie se maintient vers les pays musulmans. Celui des produits de luxe d’Alexandrie ou de Constantinople continue par Venise et l’Italie du Sud.

Personnages significatifs[modifier | modifier le code]

Anschaire - Charles le Chauve - Cyrille et Méthode - Erispoë - Æthelwulf de Wessex - Jean Scot Erigène - Judith de France - Michel III - Photios de Constantinople

Inventions, découvertes, introductions[modifier | modifier le code]

Géographie et voyages[modifier | modifier le code]

Religion et philosophie[modifier | modifier le code]

  • Crise de fanatisme religieux en Espagne. Martyre volontaire de 48 mozarabes à Cordoue (850-859)[11]
  • Querelle sur la prédestination soulevé par Gottschalk d'Orbais, qui est condamné en 848 et 850 par Hincmar de Reims. Hincmar écrit pour le réfuter, mais son traité sur la prédestination lui attire les critiques de Prudence de Troyes, de Loup de Ferrières et de Ratramne de Corbie. À partir de 852, l’Église de Lyon, avec le diacre Florus et l’archevêque Remy, condamne Hincmar. L’Irlandais Jean Scot Érigène prétend esquiver le problème, même en nier l’existence. Inquiet, Hincmar n’ose porter l’affaire au concile de Saint-Médard de Soissons (853) où siègent ses adversaires, mais le roi Charles le Chauve, après la séparation du concile, l’amène à Quierzy et fait adopter des capitula où sa doctrine est exposée devant une poignée d’évêques et d’abbés dévoués. À l’instigation de l’Église de Lyon, un concile tenu à Valence, réunissant en janvier 855 les provinces de Lyon, Vienne, Arles, traite d’« erreur considérable » l’article du capitulaire de Quierzy, affirmant que le Christ a répandu son sang pour tous. La présence de l’empereur Lothaire Ier au concile accentue l'opposition à Hincmar et à Charles le Chauve. Le concile de Savonnières en Lotharingie (859) renvoie l’affaire à un nouveau concile, réuni en octobre 860 à Thusey, près de Toul, en présence des rois Charles et Lothaire II, qui rassemble les délégués de quatorze provinces ecclésiastiques sur dix-sept. La lettre synodale finale représente plutôt une confrontation des deux thèses qu’un arrêt tranchant dans un sens ou dans l’autre. Après Savonnières, la polémique languit en Gaule, chacun restant sur ses positions. Rome a quelques velléités de reprendre la question et parle de faire venir Gottschalck. La mort du pape Nicolas Ier (867), puis celle de Gottschalck détournent les esprits de l’affaire[12].
  • Jean Scot Érigène rédige en 851 De praedestinatione (De la prédestination divine). Plusieurs conciles condamnent ce traité qui reprend l’enseignement d'Hincmar : le destin de l’individu ne dépend pas entièrement de Dieu, mais est également conditionné par le libre arbitre, une autre voie d’accès au salut personnel. Il affirme qu’il n’y a pas de damnation au sens traditionnel du terme. Pour Érigène, tous les êtres humains deviennent de purs esprits.
  • Publication vers 852 d'un recueil de fausses décrétales attribuées à Isidore Mercator[12].
  • Cyrille tente d’évangéliser les Khazars (851-863)[13].
  • L'ignominie des Mutazilistes, ouvrage rédigé de 854 à 859 par Ibn al-Rawandi, un ancien mutazilite qui nie la réalité de la prophétie de Mahomet et la valeur probante de l’inimitabilité du Coran qui l’appuie[14]. Il doit s’enfuir de Bagdad et serait mort en 860 à Al-Rahba, sur l’Euphrate (ou en 912 selon certaines sources)[15].

Art et culture[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Jolly Histoire du continent africain, Volume 1 Éditions L'Harmattan, 1996 (ISBN 2-7384-4688-4 et 9782738446886)
  2. Jean Doresse L'empire du Prêtre-Jean: L'Éthiopie médiévale Plon, 1957
  3. Régis Boyer Les Vikings et leur civilisation : les mystères qui subsistent sur ces questions Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 1989, Volume 133, Numéro 3, pp. 782-803
  4. Michel Rouche Histoire du Moyen Âge, Volume 1 Editions Complexe, 2005 (ISBN 2-8048-0042-3 et 9782804800420)
  5. Gérard Debry Le café et la santé John Libbey Eurotext, 1993 (ISBN 2-7420-0025-9 et 9782742000258)
  6. Bryan H. Bunch, Alexander Hellemans The history of science and technology Houghton Mifflin Harcourt, 2004 (ISBN 0-618-22123-9 et 9780618221233)
  7. Ian N. Wood The missionary life : saints and the evangelisation of Europe, 400-1050 Pearson Education, 2001 (ISBN 0-582-31213-2 et 9780582312135)
  8. Victor Adolphe Malte-Brun, Jean-Jacques-Nicolas Huot Géographie universelle Garnier frères, 1853
  9. Joseph Toussaint Reinaud Relation des voyages faits par les Arabes et les Persans dans l'Inde et à la Chine Imprimerie royale, 1845
  10. Revue de Bretagne et de Vendée, Volume 2 J. Forest ainé, 1857
  11. Jean Flori, La Première croisade Editions Complexe, 2001 (ISBN 2-87027-867-5 et 9782870278673)
  12. a et b Ferdinand Lot, Naissance de la France, Librairie Arthème Fayard,,‎ 1948, 864 p. (lire en ligne)
  13. René Grousset (1885-1952), [PDF] « L'empire des steppes, Attila, Gengis-Khan, Tamerlan », Payot, Paris,‎ quatrième édition : 1965, première édition : 1938
  14. André Durand L'islam au risque de la laïcité : Emergences et ruptures Editions L'Harmattan, 2005 (ISBN 2-7475-9233-2 et 9782747592338)
  15. Josef W. Meri, Jere L. Bacharach Medieval Islamic civilization : an encyclopedia Taylor & Francis, 2006 (ISBN 0-415-96691-4 et 9780415966917)
  16. Robert Fossier, Janet Sondheimer The Cambridge illustrated history of the Middle Ages, Volume 1 Cambridge University Press, 1997 (ISBN 0-521-26644-0 et 9780521266444)
  17. Daigorō Chihara Studies in Asian art and archaeology BRILL, 1995 (ISBN 90-04-10512-3 et 9789004105126)