Années 1690

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Années :
1690 - 1691 - 1692 - 1693 - 1694
1695 - 1696 - 1697 - 1698 - 1699
Décennies :
1670 1680 - Années 1690 - 1700 1710
Siècles:
XVIe siècle - XVIIe siècle - XVIIIe siècle
Millénaires:
Ier millénaire - IIe millénaire - IIIe millénaire

Événements[modifier | modifier le code]


  • Fin XVIIe siècle : les Peuls du Macina occupent le Fouta Djalon puis immigrent vers l’est dans la région de Dori au nord du royaume Gourma.
  • Au Dahomey, le pouvoir est très centralisé et a un caractère totalitaire. Les ancêtres royaux étaient l’objet d’un culte comportant des sacrifices humains.

Personnalités significatives[modifier | modifier le code]

Inventions, découvertes, introductions[modifier | modifier le code]

  • Découverte des catamarans par William Dampier dans le golfe du Bengale.
  • Invention de la baïonnette à douille, attribuée à Vauban ou à l’Anglais MacKay, qui permet de supprimer les lignes de piquiers chargés de protéger les fantassins occupés à recharger leurs armes.
  • Fondation de la monarchie parlementaire britannique (1689). La chambre haute est formée de 200 lords, nommés à l’origine par le roi, qui transmettent leurs sièges à leurs fils aînés. La Chambre basse (Communes), offre 558 sièges aux élus des bourgs et des comtés, dont 24 au Pays de Galles et 48 à l’Écosse (1707). Rapidement, les Communes dirigent les affaires du pays. Les circonscriptions électorales anglaises remontent au Moyen Âge. Les électeurs répondant à certaines conditions censitaires (250 000 propriétaires environs) se réunissent dans les comtés (circonscriptions rurales) et les bourgs (circonscriptions urbaines). Certains bourgs, qui avaient joué un grand rôle au Moyen Âge sont devenus presque déserts et forment les « bourgs pourris », si commodes pour se faire élire. Le vote public permet fraude et corruption. Le roi créé dans ses domaines un certain nombre de bourgs peu peuplés (bourgs de poche), entièrement sous son contrôle. La Gentry, qui assume gratuitement les charges du gouvernement local, a de fortes possibilités électorales.

Religion[modifier | modifier le code]

Art et culture[modifier | modifier le code]

Économie et société[modifier | modifier le code]

  • 1687-1703 : pessimum du Petit âge glaciaire. Hivers très rigoureux, printemps et étés froids, vendanges tardives. Décennie exceptionnellement froide et humide en Allemagne du Sud. Mauvaises récoltes en Europe (1691-1703).
  • 1690 : fondation d’un organisme souverain contrôlant la production manufacturière et le commerce au Danemark.
  • 1693-1694 : mauvaise récoltes et famine en Europe occidentale. En France entre 6 et 10 % de la population disparait[1].
  • 1693-1695 : les premiers gisements d'or sont découverts au Brésil dans les Minas Gerais[2]. Pierre II de Portugal, disposant de cet or à partir de 1699, ne convoquera plus les Cortes au Portugal après 1697[3]. 735 kilos d’or arrivent à Lisbone en 1699.
  • 1694-1695 : dernière épidémie de peste en Espagne[4].
  • 1695-1720 : maximum historique des glaciers scandinaves.
  • 1695-1697 : famine en Europe du Nord. La Norvège (1695-1696) et la Suède (1696-1697) perdent moins de 10 % de leur population. Un tiers de la population finlandaise est décimée. L’Estonie perd environ 20 % de sa population. L'Écosse, atteinte entre 1697 et 1699, perd 13 % de sa population [1].
  • Après 1696, en Angleterre, la part de la land tax dans les impôts atteint 52 % puis décline pour se maintenir autour de 30 % après 1730. Les impôts indirects (customs et excise) prennent le relais.
  • 1697 : le déficit du budget de l’État atteint 16 millions de £ en Angleterre.
  • 1698 : le Japon produit 55 000 tonnes de cuivre et en exporte 48 000 par Nagasaki. La fuite des métaux favorise l’inflation[5].
  • 1699 : création en Russie de compagnies marchandes et industrielles bénéficiant d’un monopole.


  • La Morée, au sol pauvre, est dépeuplée et dévasté par la guerre, en proie au brigandage. Pour prévenir les attaques turques, il faut construire des citadelles, entretenir des garnisons : Venise ne peut supporter seule l’effort financier et y fait fortement contribuer les Moréotes. L’introduction de Vénitiens dans l’administration et la justice locale provoque le mécontentement des Grecs.
  • Dépossession des catholiques Irlandais. Plus de trois mille kilomètres carrés de terres sont donnés à des Protestants. Les catholiques ne possèdent plus qu’un septième du sol. Ils sont déchus de leurs droits civiques, exclus des fonctions commerciales et juridiques. Il leur est interdit de posséder des armes, des chevaux, d’enseigner publiquement, d’acquérir de la terre autrement que par héritage…
  • La république polono-lituanienne garde l’aspect d’un État multinational. Si la « nation des nobles » est devenue plus homogène par la polonisation des Ruthènes, le catholicisme commun et les liens de parentés, les bourgeoisies germanisées dominent au nord et à l’est du pays et les paysanneries sont diverses : Polonais, Ruthènes, Lituaniens, Biélorusses, Allemands et Juifs parlent des langues différentes et demeurent illettrés. Les religions catholiques, luthériennes, calvinistes, orthodoxes constituent une vaste mosaïque à laquelle s’ajoute de nombreuses sectes.
  • En Allemagne du Nord, le tiers des champs cultivés avant 1618 est encore inexploité.
  • Arrivée de Juifs ashkénazes en Angleterre dans les années 1690.
  • En Angleterre, la consommation de coton brut quintuple entre 1690 et 1780.
  • La production de charbon en Angleterre est de 2,5 millions de tonnes en 1690.
  • Émigration de catholiques venus du sud de l’Allemagne en Hongrie et dans les Carpates à l’appel de l’empereur.
  • La guerre contre les Turcs en Hongrie entraîne une forte augmentation des contributions. La récupération des terres par la noblesse se heurte à une procédure compliquée. Conservées par le fisc royal, elles sont vendues à des aristocrates viennois comme le prince Eugène, les Starhemberg ou à des fournisseurs de guerre. Il s’y ajoute une politique de rapine, qui sous prétexte de complicité avec Imre Thököly, saisit les domaines nobles hongrois.

Démographie[modifier | modifier le code]

  • 200 000 habitants en Nouvelle-Angleterre en 1690. Les esclaves noirs représentent 8 % de la population des colonies.
  • 980 Européens vivent au Cap en 1694. 1147 en 1699, dont 402 hommes, 224 femmes et 521 enfants. Les hommes vivent souvent en concubinage avec des femmes indigènes et ces unions donnent naissance à une communauté relativement importante de coloured. En dépit de ce métissage ethnique, les Blancs se considèrent comme une communauté distincte et hégémonique, obsédée par la préservation de la « pureté de la race ».
  • Antilles françaises : entre 1695 et 1915, pour 6200 départs d’homme depuis La Rochelle et 1900 de Dieppe, on ne compte que 90 femmes[6].
  • 150 000 émigrants portugais se sont installés au Brésil depuis 1660.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Karen J. Cullen, Famine in Scotland : The 'Ill Years' of The 1690s, Edinburgh University Press,‎ 2010 (ISBN 9780748638871, présentation en ligne)
  2. António Henrique R. de Oliveira Marques, Mário Soares, Jean-Michel Massa, Marie-Hélène Baudrillart, Histoire du Portugal et de son empire colonial, KARTHALA Editions,‎ 1998 (ISBN 2865378446, lire en ligne)
  3. Manuel Do Nascimento, Chronologie de l'histoire du Portugal, Éditions L'Harmattan,‎ 2002 (ISBN 9782747527705, présentation en ligne)
  4. Raphaël Carrasco, L'Espagne des validos : 1598-1645, Presses Univ. du Mirail,‎ 2009 (ISBN 9782810700530, présentation en ligne)
  5. Michel Vié, Histoire du Japon : des origines à Meiji, Presses universitaires de France,‎ 1975 (présentation en ligne)
  6. Marc Ferro, Histoire des colonisations, Seuil,‎ 1994 (ISBN 9782020183819, présentation en ligne)