Années 1540

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Événements[modifier | modifier le code]


Personnages significatifs[modifier | modifier le code]

Inventions, découvertes, introductions[modifier | modifier le code]

Religion[modifier | modifier le code]

  • Contre-Réforme : le concile de Trente (1545-47 ; 1551-52 et 1562-63) clarifie des aspects de la foi chrétienne mis en doute par les Protestants, réforme la liturgie et les pratiques du culte, rétablit la discipline ecclésiastique, prépare une version officielle de la Bible (Vulgate), un Catéchisme (1566), un bréviaire (1568), un Missel romain (1570)... De nombreux théologiens espagnols (Francisco de Vitoria, Melchior Cano, Domingo de Soto, Bartolomé de Carranza (es), Diego Laynez, Alfonso Salmeron) participent aux travaux.
    • Sessions 1 à 8 du 13 décembre 1545 au 3 mars 1547 : les Pères précisent le texte du symbole de la Foi, déterminent les livres canoniques de l’Ancien et du Nouveau Testament, les règles à suivre pour éditer des textes canoniques, et imposent l’usage obligatoire de l’édition latine de Saint Jérôme (Vulgate). Ils établissent la doctrine de la justification, rappellent que l’Église reconnaît sept sacrements. Ils précisent les conditions de choix des évêques, rappellent l’interdiction du cumul des évêchés et des cures, précisent les règles de sacre des prélats, les règles d’établissement et d’entretien des institutions scolaires, et celles de la désignation des prédicateurs.
  • Multiplication des statuts de pureté de sang (limpieza de sangre) en Espagne, apparus à la fin du XVe siècle. Ils permettent aux vieux chrétiens d’accéder à l’université et aux bénéfices, d’être admis dans les ordres militaires, dans les charges et offices, voire dans les organisations de métiers.

Art et culture[modifier | modifier le code]

  • Œuvre d’Embaqôm (Habacuc), marchand musulman converti au christianisme en Éthiopie, où il atteint la dignité d’Etchagué (chef des monastères). Auteur de l’Anqasa Amin (Porte de la foi), où il justifie sa conversion et combat l’Islam, traducteur du roman byzantin Barlaam et Josaphat.

Économie et société[modifier | modifier le code]

Roupie frappée par Sher Shâh Sûrî
  • Dépression économique en Angleterre. Inflation et dépréciation de la monnaie.
  • Pression fiscale sur les revenus du clergé en France.
  • La Castille fournit en moyenne un milliard de maravédis d’impôt par an : alcabala (1/2), servicio (1/6), quinto réal (1/6), domaines (1/6). L’Aragon ne paye que le servicio voté par les Cortès (35 millions de maravédis). Les Pays-Bas fournissent 200 millions de maravédis, votés par les États généraux, à Charles Quint.
  • Reprise du commerce des épices en Méditerranée au profit essentiel de Venise.


  • 1540-1545 : la roupie indienne, jusqu’alors en billon (cuivre et argent), est frappée en argent, qui afflue d’occident.
  • 1542 :
    • Construction du premier moulin à sucre au Brésil[3].
    • 87 % des forges françaises ont moins d’un demi-siècle d’existence.
  • 1542-1543 : Gustav Vasa sécularise systématiquement les biens de l’Église dans Götaland.
  • Vers 1543, l’endettement catastrophique des villes napolitaines suspend leurs libertés[4].
  • Selon un registre conservé daté de 1543, Marseille expédie vers la France intérieure épices, poivre, drogues, laines et cuirs barbaresques, fromages sardes, barils de poisson, caisses de dattes, oranges d’Hyères, tapis de Turquie, soie et riz du Levant, acier du Piémont, alun de Civitavecchia, vin de Malvoisie. Les villes clientes et redistributrices sont principalement Lyon, Arles, Beaucaire, Pézenas, rarement Toulouse et Paris. Le commerce marseillais reste modeste jusque vers 1570[4].
  • 1545-1590 : période de croissance des prix en Europe ().
  • 1545-1572 : guerre des tarifs entre Venise et Ancône et son commerce des cuirs. Suppression des droits de douane sur les noix de galle venant de Haute et Basse Romania.
  • 1545 : ouverture des mines de Potosí. Le quinto réal (prélèvement de 20 % sur les cargaisons du nouveau monde) représente plus de 500 millions de maravédis après l’ouverture des mines de Potosí.
  • 1546 : l’actif des Fugger d’Augsbourg est estimé à 7,5 millions de ducats, comparable aux revenus annuels de Charles Quint. Ils contrôlent l’argent du Tyrol, le cuivre de Hongrie et une bonne partie du textile des Pays-Bas.
  • 1547 :
    • Les salaires parisiens tombent à 0,06 setier de froment par jour (0,2 vers 1450-1470).
    • 5 000 000 livres de taille sont levées par an en France. La France verse 140 tonnes d’argent au Trésor.
  • 1548 :
    • 6,3 millions d’Indiens au Mexique.
    • Séville exporte de 60 à 70 000 quintaux d’huile.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bethwell Allan Ogot, Histoire générale de l'Afrique : L'Afrique du XVIe au XVIIIe siècle, vol. 5, UNESCO,‎ 1998 (ISBN 9782708706460)
  2. Pierre Bayle et Du Revest, Dictionaire historique et critique, vol. 3, Rotterdam,‎ 1715 (résumé)
  3. Armelle Enders, Nouvelle histoire du Brésil, Editions Chandeigne,‎ 2008 (ISBN 9782915540345, résumé)
  4. a et b Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II, Colin,‎ 1949 (résumé)