XXIIe siècle av. J.-C.

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Voir aussi : Liste des siècles, Chiffres romains


Événements[modifier | modifier le code]

Asie[modifier | modifier le code]

  • Vers 2200 av. J.-C. : Des habitants de la vallée de l’Indus s’installent à Shortugai (de), à proximité des mines de lapis-lazuli d’Afghanistan.
  • 2207-1766 av. J.-C. : Dynastie Xia en Chine, fondée selon la légende par Yü Huang (l’empereur de Jade) en, après un déluge. La dynastie des Xia n’est pas attestée par l’archéologie mais la civilisation des Shang est présente dès cette époque sur le site d’Erlitou (Bo, première des cinq capitales des Shang) où a été découvert le plus ancien palais.
  • 2145-2043 av. J.-C. : Règne de Yao, empereur légendaire des Xia en Chine. Il aurait contenu les invasions des « barbares du sud » et inventé le jeu d'échecs.

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

Statue de Gudea en diorite
  • Vers 2200 av. J.-C. :
    • En Anatolie occidentale et méridionale, Troie II, Beycesultan (en), Tarse et toutes les villes de la plaine de Konya sont incendiées. De vastes zones retournent au nomadisme. Cette invasion venue des Balkans (la Thrace aussi est ravagée) serait l’œuvre des Louwites, peuple indo-européen apparenté aux Hittites[1]. L’Anatolie a alors atteint un certain niveau de richesse à en juger d’après le mobilier des tombes et les trésors retrouvés à Troie ou à Dorak à proximité de la mer de Marmara (vers 2300) et aussi à Alaca Hüyük (vers 2200) : récipients en or, en argent, en cuivre et en bronze, armes d’apparat en or et fer, « étendards » surprenants et statuettes de taureaux et de cerfs.
    • En Anatolie centrale, une nouvelle culture apparaît (céramique peinte de dessins géométriques brun noir ou rouge, puis bicolores sur fond clair et idoles d’albâtre en forme de disques plats d’où jaillissent des têtes triangulaires stylisées), avec pour métropole Kültepe, près de Kayseri (culture cappadocienne)[1].
  • 2200-2000 av. J.-C. : Troubles en Syrie-Palestine . Toutes les villes palestiniennes sont brûlées, probablement par les Amorrites et par des populations venues d’Anatolie méridionale expulsées par les Louwites. Au Liban, Byblos, dévastée, interrompt son commerce avec l’Égypte. Ebla, Alalah, et Hama seront détruites vers 2000 av. J.-C.[1].
  • 2168-2154 av. J.-C.[2] : Règne de Shu-turul, roi d’Akkad[1].
  • 2155-2142 av. J.-C.[2] : Dynastie indépendante et prospérité à Lagash, sous le règne de l'ensí Ur-Baba[1]. Il relève Girsu de ses ruines. Plus de 6400 tisserands ont pu être dénombrés à Lagash à cette époque.
  • 2153-2147 av. J.-C.[2] : Règne du roi Ur-nigina, fondateur de la quatrième dynastie d’Uruk[1].
  • Vers 2150 av. J.-C. : Akkad et Sumer sont envahis et détruits par les Gutis (ou Goutéens), peuple barbare venu du Zagros. Ils détruisent le temple d’Ishtar à Assur et le palais de Naram-Sin à Tell Brack, ravagent la basse vallée de la Diyala. Ils occupent sans doute Akkad, et un de leurs rois, Erridu-Pizir, défend la ville contre les Lullubi et les Hourrites du Kurdistan. Ils se contentent d’une suzeraineté nominale sur Sumer. Les listes dynastiques leur attribuent 21 rois pour 125 années d’une domination caractérisée par une totale anarchie. En fait on ne sait rien sur cette période : les listes épigraphiques contemporaines font totalement défaut, et aucun niveau archéologique n’a pu être défini comme la représentant. Il est clair que la vacance du pouvoir central s’est traduite par un retour aux tendances autonomistes des cités de Sumer[1].
  • 2147-2136 av. J.-C. : Règne d’Ishtup-Ilum, shakkanak de Mari. Son effigie, retrouvée dans la salle du trône du palais de Mari, est proche morphologiquement des statues de la série des Gudea, mais à la place de la confiance et de la sérénité du prince de Lagash, on est frappé par l’expression particulièrement sévère et dure, du visage qui laisse penser que le personnage était particulièrement redoutable.
    • Dynastie des Shakkanakku (gouverneurs) à Mari (XXIIeXIXe siècles av. J.-C.). Même en l’absence de textes, la période des Shakkanakku apparaît comme particulièrement brillante si l’on se fonde sur l’importance des grands travaux qui ont remodelé la ville (nivellement de la cité au nord de la Haute Terrasse) et l’ont couverte de grands bâtiments (Temple aux Lions avec sa haute terrasse, Grand palais royal de Mari, Palais oriental).
  • 2146-2141 av. J.-C.[2] : Règne d’Ur-gigira, roi d’Uruk[1].
  • 2141-2122 av. J.-C.[2] : Règne de Gudea, ensí de Lagash. Gendre de Ur-Baba, probablement vassal des Goutéens, il fait de Lagash le centre principal de la civilisation néo-sumérienne[1].
    • Gudea fait construire le temple de Ningirsu à Girsu : cèdre, buis, pierre de taille venant de l’Amanus, bois, cuivre et asphalte de Mésopotamie septentrionale, du Zagros et de l’Élam, arbres de prix (ébène), or, cuivre, cornaline, lapis-lazuli et autres pierres semi-précieuses des côtes du golfe Persique, des rives méridionales de l’Arabie et de la vallée de l’Indus.
    • Statues de Gudea en diorite et fragments de bas-reliefs découverts sur le site de Tello, une des cités de l’État de Lagash.
  • 2123-2113 av. J.-C.[2] : Règne de Utu-hegal, roi d’Uruk, qui fonde la Ve dynastie d’Uruk[1].
  • 2121-2118 av. J.-C.[2] : Règne de Ur-Ningirsu, ensí de Lagash[1].
  • Vers 2120 av. J.-C. : Utu-hegal d’Uruk marche sur les Gutis. Leur roi Tiriqan tente en vain de parlementer. Il est écrasé au cours d’une bataille et ses généraux sont faits prisonniers. Il se réfugie à Dubrum, au nord d’Umma, mais les habitants le capturent et le livrent au roi d’Uruk. Utu-hegal prend le titre de « roi des quatre régions » qui le met dans la filiation d’Agadé, puis organise le pays sumérien, ou au moins une partie de celui-ci. Il place des gouverneurs à la tête des villes principales, et s’engage dans une renaissance économique qui paraît remarquable et exceptionnellement rapide (il faut penser que les bases étaient plus solides que ne le laisse entendre une documentation par trop lacunaire). Début de la Période néo-sumérienne.
  • 2117-2111 av. J.-C.[2] : Règnes de Pirig-me (2117-2115), Ur-gar (2114), Nam-mahazi (2113-2111), ensí de Lagash[1].
Ur-Nammu se fait couronner à Nippur « roi d’Ur, roi de Sumer et d’Akkad » et rétablit l’ordre et la prospérité sur Sumer. Son autorité est fermement établie sur le pays sumérien, d’où proviennent toutes les inscriptions, mais il n’est pas certain qu’elle a dépassé Nippur vers le nord.
  • 2112-2095 av. J.-C[2].. : Règne de Ur-Nammu, roi d’Ur[1]. Ur-Nammu, gouverneur d’Ur et officier d’Utu-hegal, le supplante (Utu-hegal meurt noyé accidentellement) et fonde la Troisième dynastie d'Ur (2112-2004 av. J.-C.), ultime renaissance de la civilisation sumérienne. Il passe pour avoir été animé d’un idéal de justice. Il transmet un recueil de lois.
    • Expansion commerciale de Sumer vers le golfe Persique.
    • Textes attestant l’existence de grandes filatures à main-d’œuvre féminine à l’époque de Ur III.
    • Premières ziggourats : Ur-Nammu fait construire à Ur un quartier religieux dominé par une grande ziggourat en brique cuite, dédiée au dieu-lune Nanna (Sîn en akkadien). Des constructions similaires voient le jour à Nippur, Uruk, Larsa, Eridu, Assur. Ce sont des tours à étages (en général 3, parfois plus) qui succèdent aux hautes terrasses du début du IIIe millénaire. Un temple est érigé à leur sommet, mais certaines activités culturelles se déroulent dans des cours et temples édifiés au pied.
    • Stèle d’Ur-Nammou (vers 2100). On constate le retour au mode paratactique habituel et d’une belle exécution du thème de l’ennemi abattu.
    • La documentation de la IIIe dynastie d’Ur n’atteste pas l’existence d’une propriété privée mais au contraire une organisation étatique de la production agricole, image peut-être faussée parce que les textes proviennent de la gestion administrative de l’État et non d’archives privées. Cette documentation ne concerne pratiquement jamais les jardins et les palmeraies mais seulement les domaines céréaliers, exploités sous forme de grandes unités de production, même si des tenures de taille modeste sont concédées en guise de salaire. Toute une activité manufacturière se greffait sur le domaine.
  • 2111-2023 av. J.-C.[2] : Lagash est vassalisée par Ur[1].

Égypte[modifier | modifier le code]

Stèle funéraire du pharaon Antef II.
  • Vers 2195 av. J.-C. : Crise dynastique après le long règne de Pépi II, entraînant un effondrement rapide de l’échelon central du pouvoir. Plusieurs dynasties se succèdent pendant cette période de crise et de révolution sociale et religieuse peu connue. Le désordre dure près de deux siècles. Les rois règnent nominalement mais le pouvoir est aux mains des gouverneurs de province (celui de Coptos, notamment). Une conjoncture climatique difficile entraîne des mouvements de populations vers la vallée du Nil. Les Bédouins du nord-est pénètrent dans le royaume bouleversé et envahissent le delta : les « Lamentations d’Ipouour », la « Prophétie de Néferty », textes du moyen Empire évoquent l’installation d’« Asiatiques » dans le delta, la déposition du roi et le sac du palais de Memphis, le pillage de ses nécropoles. L’archéologie montre que les violences n’ont guère touché l’Égypte au sud de Memphis, où les nécropoles provinciales continuent de se développer, mais à partir du moment où la légitimité royale n’était plus évidente, les provinces se sont semble-t-il détachées d’une autorité centrale définitivement affaiblie.
  • 2180-2170 av. J.-C.[3] : VIIe dynastie à Memphis, éphémère (Manéthon note : « 70 rois-70 jours »), voire fictive.
  • 2170-2160 av. J.-C.[3] : VIIIe dynastie. Elle comprend 27 souverains, aurait duré 42 ans selon Manéthon. Les gouverneurs du Sud auraient formé à cette époque un royaume indépendant avec le gouvernement de la région de Coptos. Le Nord est aux mains des Asiatiques (Bédouins) et la région de Memphis dirigée par les descendants des rois de l’Ancien Empire.
  • 2160-2040 av. J.-C. (dates supposées)[3] : IXe dynastie (règnes de Khéty Ier, premier pharaon d’Héracléopolis, puis de Mérikarê et Khéty II[4]. Les noms de plusieurs rois sont perdus.
    • Khéty Ier rassemble en son pouvoir les nomes de Moyenne-Égypte et du Fayoum et installe sa capitale à Héracléopolis. Il prend le titre de roi de Haute et de Basse-Égypte vers 2160 av. J.-C.. Au sud, il rencontre la résistance des princes d’Hermonthis.
    • Les rois de la IXe dynastie, soutenus par les princes de Siout et d’Hermopolis, tentent de regrouper les provinces égyptiennes et de libérer le delta des Asiatiques.
    • Les rois d’Héracléopolis, tout en donnant un prestige renouvelé au dieu de leur ville Herishaf, tentent de rétablir la prééminence de la cosmogonie solaire pour pallier le particularisme religieux propre à chaque nome.
    • Enseignement pour Mérikarê.
  • 2150-1540 av. J.-C. : Culture de l’Horizon-C ou du Groupe C en Basse-Nubie.
  • 2130 av. J.-C.[3] : Début de la Xe dynastie d’Héracléopolis en Égypte[4] : Règnes de Neferkarê, Khéty III et Mérikarê II. L’absence de pouvoir central régulateur ne permet plus de pallier les insuffisances de la crue du Nil, ce qui provoque des famines et des mouvements de révolte. L’autobiographie du nomarque Ankhtify, retrouvée dans sa tombe de Mo’alla, texte contemporain, atteste des rivalités et des troubles économiques.
  • Entre 2160/1994 et 2077/1938 (dates supposées)[3] : XIe dynastie de Thèbes : Montouhotep Ier, Antef Ier, Antef II, Antef III, règnent en parallèle avec les pharaons de la Xe dynastie d’Héracléopolis.
    • Le prince de Thèbes Antef Ier, après avoir renversé les rois de Coptos, se proclame roi, en compétition avec les pharaons d’Héracléopolis. Ses successeurs réussissent à pacifier la Nubie.


  • À la suite des troubles sociaux, une spiritualité nouvelle se manifeste, tant dans le domaine religieux que politique. Un panthéon différemment structuré se constitue (prédominance d’Amon-Rê), la conception que l’on avait du roi évolue (toujours divin, il est plus proche des humains, médiateur entre les dieux et les hommes), une conscience nouvelle de l’homme apparaît (« épicurisme »).
  • Statue du chancelier Nakhti (XIe dynastie), provenant d’Assiout, manifestation d’une évolution stylistique nouvelle.

Inventions, Découvertes, Introductions[modifier | modifier le code]

  • Cotons indiens exportés à Babylone.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Georges Roux, La Mésopotamie, Seuil,‎ 1995 (ISBN 9782020086325, présentation en ligne)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Selon la chronologie moyenne qui place le règne d'Hammurabi entre 1792 et 1750
  3. a, b, c, d et e Voir les chronologies comparées des dynasties égyptiennes
  4. a et b Nicolas Grimal, Histoire de l’Égypte ancienne, Fayard,‎ 1988 (ISBN 9782213640013, présentation en ligne)