Anita Bryant

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Anita Bryant.

Anita Jane Bryant (née le 25 mars 1940 à Barnsdall dans l'Oklahoma) est une chanteuse américaine de musique folk, qui a aussi tourné dans une série de spots publicitaires vantant le jus d'orange de Floride. Elle est surtout connue pour avoir mené une campagne à Miami dans le milieu des années 1970 pour abroger une ordonnance locale interdisant toute discrimination basée sur des critères de préférences sexuelles. Les propos qu'elle tint lors de cette campagne furent à l'origine de la première manifestation homosexuelle ayant eu lieu à Paris, le 25 juin 1977.

Débuts[modifier | modifier le code]

Dès l'âge de six ans, elle chantait à des fêtes locales en Oklahoma. Elle chante ensuite occasionnellement pour la radio et la télévision et est invitée à passer une audition lors d'un radio-crochet[Qui ?]. Sa carrière de chanteuse est alors lancée, et elle enchaîne trois gros tubes en 1959-1960[réf. nécessaire].

Parallèlement, elle est élue Miss Oklahoma en 1958 et deuxième dauphine de Miss Amérique en 1960. Cette même année, elle se marie avec un disc jockey de Miami avec qui elle aura quatre enfants.

En 1969 elle devient porte-parole de la Florida Citrus Commission (syndicat des producteurs d'agrumes de Floride) et chante dans des publicités pour un jus d'orange, puis pour Coca-Cola, Kraft Foods, Holiday Inn, et Tupperware. Elle a aussi chanté The Battle Hymn of the Republic lors des obsèques de Lyndon Johnson en 1973.

Croisade contre les homosexuels[modifier | modifier le code]

En 1977, le comté de Dade en Floride promulgue une ordonnance interdisant toute discrimination sur des critères d'orientation sexuelle. Par son éducation baptiste fondamentaliste et ses convictions personnelles, elle réagit en lançant une campagne très médiatisée pour tenter de faire abroger cette ordonnance avec pour slogan : « Tuer un homosexuel pour l’amour du Christ ».

Elle base sa campagne sur un discours profondément homophobe. Son organisation politique s'appelle d'ailleurs Save Our Children (Sauvons Nos Enfants). Elle déclare publiquement : « Si l'homosexualité était la voie normale, Dieu aurait créé Adam et Bruce[1]. » Des images d'archives la montrent aussi affirmant : « Si on donne des droits aux gays, il faudra ensuite donner des droits aux prostituées, à ceux qui couchent avec des saint-bernards et à ceux qui se rongent les ongles[2]. »

Le 7 juin 1977, l'ordonnance anti-discrimination est abrogée.

Elle poursuit alors sa croisade d'abord en Floride où elle obtient l'interdiction de l'adoption par des parents homosexuels, puis dans tout le pays contre d'autres ordonnances locales.

Ses succès politiques galvanisent ses opposants. Elle fut « entartée » , et les activistes gay organisent un boycott du jus d'orange de Floride soutenu notamment par Barbra Streisand, Bette Midler, Paul Williams, et Jane Fonda. À l'époque, Rod McKuen sort une chanson pamphlétaire Don't Drink the Orange Juice (face B d'un 45 tours qui a pour face A la chanson Amor Amor Amor), qui raconte la croisade anti-gay de Anita Bryant, et exhorte les auditeurs à ne pas boire le jus d'orange de Floride qu'elle promeut.

Le déclin[modifier | modifier le code]

Son mouvement s'essouffle dès les années 1980, son image devenant gênante pour sa carrière artistique. Elle perd alors ses contrats publicitaires.

En 1980 elle divorce de son premier mari. Rendue impopulaire par ses déclarations homophobes, elle se montre plus tolérante : « En ce qui concerne les gays, l'église doit être plus aimante, sans condition, et prête à voir ces personnes comme des êtres humains, à les secourir et à essayer de les comprendre… Je suis plus encline à conseiller d'être tolérant, mais simplement ne l'affichez pas et ne cherchez pas à la légaliser[3]. »

Avec l'aide de son second mari, elle tente de se relancer sur la scène, mais ses tours de chant sont boudés et elle est inscrite aux fichiers des banqueroutes dans l'Arkansas (1997) et le Tennessee (2001).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nikolai Endres, « Anita Bryant », sur glbtq.com,‎ 2009 (consulté le 9 octobre 2010)
  2. Nikolai Endres, « Anita Bryant », sur glbtq.com,‎ 2009 (consulté le 9 octobre 2010). Ce passage a été repris dans le film Harvey Milk (2009).
  3. Cliff Jahr, « Anita Bryant's Startling Reversal », Ladies' Home Journal n° 97, décembre 1980, p. 60-68, cité dans Nikolai Endres, « Anita Bryant », sur glbtq.com,‎ 2009 (consulté le 9 octobre 2010).

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