Animalisme

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L'animalisme (ou un animaliste) est une éthologie qui défend le droit des animaux d'une façon qui dépasse une simple considération écologique, c'est-à-dire considérer les animaux en tant qu'individus (abstraction totale de l'environnement) et en tant qu'êtres sensibles ressentant la souffrance physique de la même manière que l'être humain.

L'animalisme est une contestation de la confusion entre l'agence et la patience morale : ce n'est pas parce qu'un animal n'est pas agent moral, responsable de ses actes, qu'il n'a pas de droits, qu'il n'est pas patient moral et que les agents moraux sont dispensés de devoirs envers lui.

L'animalisme peut être compris soit comme l'élargissement des valeurs humanistes à toutes les autres espèces animales capables de ressentir de la souffrance, soit comme une intégration de l'humanisme dans une doctrine morale plus globale, contestant la centralisation de la morale sur l'être humain adulte (ce qui induit que les enfants, nourrissons, sont considérés de facto respectables uniquement parce que en croissance, hypothétiquement adulte responsable de ses actes, et non en tant que tel). Terme nouveau, l'optique qu'il défend est en réalité ancienne, préhistorique (période d'où est issue le jaïnisme), et redécouverte aujourd'hui du fait de la déconstruction effective de la civilisation occidentale post-humaniste (ou post-chrétienne) confrontée à son histoire et à d'autres civilisations, cultures, religions, nées pourtant au sein de l'humanité.

Critiques[modifier | modifier le code]

Selon Raoul Jomphe, réalisateur de Phoques - Le film, c'est de l'anthropomorphisme et de l'extrémisme que de vouloir rendre plus important la vie d'animaux que les intérêts commerciaux des chasseurs, comme le font les groupes animalistes dans le cas de la chasse aux phoques[réf. nécessaire], qui est liée avant tout à l'industrie de la fourrure.

Raoul Jomphe, qui n'est ni anthropologue ni historien des religions, oublie que la culture originelle des Inuits (aujourd'hui chrétiens) est en réalité bien plus proche de l'optique des animalistes que la sienne, qui semble bien défendre le point de vue strictement économique de l'industrie de la fourrure : aujourd'hui aucun produit animal n'est nécessaire à la survie de l'humanité qui produit globalement trop de céréales qui finissent surtout pour l'engraissage des animaux tués pour leur viande, contrairement aux anciens temps, et encore, dans des zones extrêmes et très rares comme le Pôle Nord ; les Bishnoïs, Hindous habitant le désert du Thar, bien que vivant dans des conditions très difficiles, sont des animalistes et végétariens fervents.

Ainsi, dans son Encyclopédie des religions, Gerhard J. Bellinger rappelle que l'Être tout-puissant auquel croient les Inuits est Arnarquashaad (« la grande dame majestueuse »), « divinité marine maîtresse des animaux et des tempêtes », habitant « dans les profondeurs marines où elle vit en compagnie des poissons et des autres animaux ; sa maison est gardée par les phoques ». Lorsque les Esquimaux étaient confrontés à la famine, il incombait au seul chaman d'inciter Arnarquashaaq de remettre les animaux en liberté afin que les hommes soient autorisés à chasser[1] : nous sommes donc loin de l'animal-objet qui n'a de prix que tué (souvent en masse), tel une « abstraction environnementale », dénuée d'individualité, de ceux qui contestent l'animalisme.

En effet, les Inuits pratiquaient (avant d'être convertis au christianisme) toujours des rites de chasse, longs et complexes, ayant deux buts : premièrement garantir que les animaux se laisseront chasser afin de fournir leur nourriture aux hommes, et deuxièmement assurer que l'âme ou souffle vital de l'animal tué ne se plaigne pas des hommes qui l'ont tué auprès d'autres animaux ou auprès de son dieu, ce dernier pouvant interdire à ces mêmes hommes d'entrer dans leur paradis lors de leur mort [1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Encyclopédie des religions, Gerhard J. Bellinger, le livre de poche, p.298-299