Anicet Charles Gabriel Lemonnier

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Une soirée chez Madame Geoffrin de Lemonnier, 1812

Anicet Charles Gabriel Lemonnier, né le 6 juin 1743 à Rouen et mort le 17 août 1824 à Paris, est un peintre d’histoire français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lemonnier fut d’abord l’élève de Jean-Baptiste Descamps à l’école des Beaux-Arts de sa ville natale, puis de Vien, où il eut pour condisciples et pour amis Vincent et David.

Un extérieur agréable, beaucoup d’esprit naturel et d’excellentes recommandations le firent bientôt admettre dans les meilleures sociétés de la capitale, notamment chez Marie-Thérèse Rodet Geoffrin, qui le prit en affection.

En 1772, il exposa Les Enfants de Niobe tués par Apollon et Diane, œuvre qui lui valut le prix de Rome. Il séjourna à Rome, en qualité de permissionnaire du gouvernement, de 1774 à 1784. Dans cette patrie des arts, Lemonnier trouva un accueil plein de bienveillance près du célèbre poète diplomate, le cardinal de Bernis et se livra avec enthousiasme à l’étude des chefs-d’œuvre des maîtres, où il puisa l’inspiration dans le dessin et la composition, qui a fait le caractère distinctif de son talent. De retour en France, Lemonnier revint dans sa ville natale où il exécuta, pour la chapelle du séminaire de Saint-Vivien, l’un de ses meilleurs tableaux, la Peste de Milan. En 1786, lors du passage de Louis XVI à Rouen à son retour de Cherbourg, Lemonnier fut chargé de peindre un tableau dont le sujet était la présentation à ce monarque des membres de la chambre de commerce de cette cité. Peu de temps après, il exécuta, pour la même compagnie, un grand tableau allégorique représentant le Génie du commerce et la découverte de l’Amérique.

En 1789, Lemonnier fut reçu membre de l’Académie de Peinture avec la Mort d’Antoine comme tableau de réception. À l’époque de la Révolution, Lemonnier fut appelé à faire partie de la commission des monuments et, en 1794, il obtint le titre de peintre du cabinet de l’École de Médecine. Lié aux Roland, Lemonnier reçut le 4 décembre 1792 un logement au Louvre du ministre qui le fit entrer à la Commission des arts où il rendit de grands services. À Rouen, il fut chargé, conjointement avec son compatriote Le Carpentier, de se livrer à la recherche et de faire un choix des tableaux provenant des établissements religieux supprimés dans l’étendue du district, afin de les soustraire à la destruction. S’étant acquitté avec beaucoup de zèle de cette mission critique, c’est aux soins de Lemonnier que plusieurs églises et le musée de Rouen ont dû la possession de bon nombre des meilleures peintures qu’il était parvenu à réunir.

En 1810, Lemonnier devint directeur de la manufacture des Gobelins, place qu’il perdit en 1816. Il prit également une part active à l’établissement du Musée des beaux-arts de Rouen.

Le tableau le plus connu de Lemonnier est sans conteste Une Soirée chez madame Geoffrin, exécuté en 1812 pour l’impératrice Joséphine. Ce tableau exposé au Musée des Châteaux de Malmaison et Bois-Préau est une reconstruction imaginaire du salon de Marie-Thérèse Rodet Geoffrin dépeignant, entre autres, le ministre Choiseul, Fontenelle, Montesquieu, Diderot et Marmontel regardant soit leur hôtesse soit un buste de Voltaire dont l’acteur Lekain est en train de lire la pièce L’Orphelin de la Chine.

Les principales toiles de ce peintre dont le talent se signale par le goût de la composition, la noblesse de l’expression donnée aux personnages et par une bonne harmonie de la couleur et de la perspective, sont, outre celles déjà mentionnées : La Mission des apôtres ; Jésus-Christ appelant à lui les petits enfants ; Jésus-Christ au milieu des docteurs de la loi, exécuté pour les Ursulines de Rouen ; Portrait de l’abbé Joly, docteur en Sorbonne ; Présentation de la Sainte Vierge au Temple ; la Fortune, d’après le Guide.

On a encore du même artiste : une Adoration des Mages, la Résurrection de Tabithe, Adieux d’Ulysse et de Pénélope ; Cléombrote, roi de Sparte ; une Sainte Cécile d’après le Dominiquin ; les Ambassadeurs romains envoyés à l’aréopage d’Athènes pour demander les lois de Solon, François Ier recevant la Sainte Famille de Raphaël ; Louis XIV inaugurant la statue de Milon de Crotone, toile qui fut acquise par le prince Eugène de Beauharnais pour sa galerie de Munich ; Portrait de M. d’Herbouville.

Lemonnier avait un fils homme de lettres qui a écrit, entre autres, sur son père, rédigeant une Notice historique sur la vie et les ouvrages de A.-C.-G. Lemonnier. Le portrait de Lemonnier se trouve dans la collection de la Bibliothèque de Rouen;

Références[modifier | modifier le code]

  • Nicétas Périaux, Histoire sommaire et chronologique de la ville de Rouen, de ses monuments, de ses institutions, de ses personnages célèbres, etc. jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, Rouen, Lanctin & Métérie, 1874
  • Théodore-Éloi Lebreton, Biographie rouennaise, Rouen, Le Brument, 1865, p. 239-41
  • Christine Le Bozec, Lemonnier, un peintre en Révolution[1], Ed. Publications de l'université de Rouen, 2000, ISBN 2-87775-292-5

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce livre n'est illustré que de 5 reproductions.

Liens externes[modifier | modifier le code]