Ange de Jérusalem

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Ange de Jérusalem
Image illustrative de l'article Ange de Jérusalem
Saint Ange (portrait anonyme du XVe siècle)
Saint et Martyr
Naissance 1185
Jérusalem
Décès 1220  (à 35 ans)
Licata, Sicile
Nationalité Drapeau de l'Italie Italien
Vénéré à Licata, Sant'Angelo Muxaro
Béatification milieu XVe siècle
par Pie II
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 5 mai
Attributs Une épée, un couteau, un livre, la palme du martyr, trois couronnes, des roses.
Saint patron ville de Licata (Italie), de Palerme

Ange de Jérusalem ou Saint Ange, né en Palestine en 1185, mort en 1220 è Licata, est un saint chrétien fêté le 5 mai. Autour de la vie du saint une légende dorée a été ajoutée ainsi que de nombreux miracles merveilleux. Il est connu pour avoir été missionné auprès du pape, par les premiers ermites du Mont Carmel, pour faire faire valider la Règle de saint Albert (et ainsi reconnaitre par l’Église le nouvel Ordre du Carmel) et il est mort martyr en Sicile.

Biographie[modifier | modifier le code]

Éléments historiques[modifier | modifier le code]

Le père Carmes Ange de Jérusalem est entré en Sicile avec les religieux quitté le Mont Carmel pour venir s'installer sur cette île. Selon la tradition ( qui néanmoins semble digne de foi ) il aurait été tué à Licata par des « impies infidèles », au cours de la première moitié du XIIIe siècle. Il est considéré depuis comme martyr. Une église a été érigée en son honneur sur le lieu même de sa mort, et son corps a été placé sur un autel de l'église. Ces brèves informations sont recueillies à partir du catalogue des saints (fin du XIVe siècle, début XVe siècle). D'autres document, qui auraient été réunis par Nicolas Processi vers 1370[1], évoque une visite d'Ange à Rome[2]. À ces éléments (relativement fiable), se sont rajoutés beaucoup de détails légendaires, qui ont largement complétés sa biographie.

Histoire et légende[modifier | modifier le code]

D'après la tradition, ses parents étaient d'origine juive convertis au christianisme. Il serait né à Jérusalem[3], ses parents s'appelant Jesse et Marie. Il a eu un frère jumeau Jean. A la mort de leur parents, les deux frères entrent ensemble dans l'Ordre du Carmel[4]. La légende raconte également que la Vierge était apparue en songe à la mère d'Ange, lui révélant que ses deux fils seraient donnés à l'Église. C'est ainsi que Ange et son frère jumeau Jean auraient été baptisés.

A 18 ans Ange fait sa profession sur le Mont Carmel devant le Supérieur Général de l'ordre Saint Brocard. A 25 ans[5] il est ordonné prêtre. Il passe plusieurs années de vie érémitique dans le désert, il va prêcher une courte période à Alexandrie (Égypte) avant de partir en Occident[4].

La légende indique qu'il aurait fait beaucoup de miracles sur lors de ses déplacements en Palestine[6], et comme tout le monde le connaissait, et qu'il ne voulait pas être victime de sa notoriété, il se retire dans un ermitage, et y resta jusqu'à ce qu'il ait une vision qui lui demanda de partir vers l'Italie. Selon certaines sources[3], Ange aurait été missionné par son ordre pour aller plaider la cause de son ordre auprès du pape Honorius III[7].

Il arrive d'abord à Rome, pour voir le pape et lui demander la confirmation des règles de son ordre[3] (Règle de saint Albert, donnée aux ermites carmes par Albert de Jérusalem[8]). Il y aurait rencontré Saint François d'Assise et Saint Dominique. Il prêche également dans la Basilique Saint-Jean-de-Latran[4] avant d'être envoyé en Sicile. Là, il prêche l'Évangile aux Juifs, et évangélise les Cathares[3]. La légende raconte également qu'il y fait de nombreuses conversions, et que ses miracles sont vite connus, de grandes foules viennent vers lui pour l'implorer.

Voulant tenter de convertir un chevalier aux mœurs dissolues (inceste[9]), nommé Bérenger (ou Bérangier), tandis qu'il venait de terminer son homélie dans l'église saint Jacques de Licata en Sicile, il est frappé de cinq coups d'épée par ce seigneur incestueux. Auparavant il avait déjà converti sa complice[3] et avait convaincue la jeune femme de le quitter[7] (dans une autre version il se heurte aux sbires du chevalier qui le frappent devant l'église Saint Jacques). Ange, mortellement blessé, est alors emmené dans une maison voisine par les fidèles. Quatre jours plus tard, le 5 mai 1225, il succombe à ses blessures en demandant aux habitants de Licata et à ses fidèles de pardonner au meurtrier[7].

Ange est alors enterré dans l'église où a eu lieu l'agression. Sa tombe devint rapidement un lieu de pèlerinage, et son culte se répand rapidement[7].

Sources biographiques[modifier | modifier le code]

La vie de Saint Ange a été largement diffusée par les écrit par un certain Henoch (réputé avoir été carme et patriarche de Jérusalem) ayant vécu au début du XIIIe siècle. Mais les erreurs chronologiques contenues dans son travail[10], laissent penser qu'il était sicilien et qu'il a rédigé son document au cours de la première moitié du XVe siècle[2].

Culte et canonisation[modifier | modifier le code]

Le culte du saint[modifier | modifier le code]

L'Ordre des Carmes le vénère comme un saint depuis qu'en 1456 le pape Pie II a approuvé son culte[7] (il n'a pas été canonisé officiellement)[11]. Le Pape Pie II a a élevé Ange au rang de martyr.

En 1498 le chapitre général du Carmel prescrit que la commémoration quotidienne de Saint Ange doit être faite dans tous les couvents de l'ordre. En 1564, il a été décidé de célébrer cette fête par une octave solennelle[2].

Le culte de Saint Ange a participé à la forte expansion du Carmel en Sicile et en Italie[7].

En 1625, une fête a été instituée en août (elle est toujours célébrée) pour commémorer la libération de la peste[2]. Le 4 mai 1626, Saint Ange est proclamé patron de Palerme. En 1657 la peste qui ravage la vice-royauté de Naples pousse les habitants de la ville à implorer la protection de Saint Ange. La ville ayant été épargnée de la peste, les habitants de Licata construisent cette nouvelle église S. Maria del Carmine pour accueillir ses reliques. La translation des reliques a lieu le 15 août 1662[7].

Les reliques[modifier | modifier le code]

Ses reliques ont d'abord été placées dans une église n'appartenant pas au Carmel. En 1457, les frères Carmes obtiennent du pape Calixte III, d'annexer l'église à leur couvent. Cependant rien n'est fait avant 1605.

En 1486, les reliques sont déplacées de leur écrin de bois pour être mises dans une urne d'argent. Le 5 mai 1623, les reliques sont à nouveau transférées dans une nouvelle urne. Le 15 août 1662, l'urne contenant les reliques du saint est déplacée dans une nouvelle église S. Maria del Carmine construite spécialement à cet effet[7].

Célébration du saint[modifier | modifier le code]

Sa fête est fixée au 5 mai[3]. S'il a été largement fêté dans l'Ordre du Carmel par le passé, il ne fait plus aujourd'hui parti des fêtes et mémoires obligatoires[12], de l'ordre, mais reste inscrit dans le calendrier des saints de l'Église catholique[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le petit livre des saints - Rosa Giorgi - Larousse - 2006 - page 272 - (ISBN 2-03-582665-9)

Galerie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Processi avait une charge à Saint-Jean-de-Latran.
  2. a, b, c et d (en) « ANGELUS OF SICILY (d. 1220?) », sur CarmeNet The Carmelites province of the most pure Heart of Mary, carmelnet.org (consulté le 7 janvier 2014)
  3. a, b, c, d, e, f et g « Saint Ange », sur Nominis, nominis.cef.fr (consulté le 3 janvier 2014)
  4. a, b et c (it) « La vita del Santo », sur Santuario di Sant Angelo, santuariosantangelo.it (consulté le 6 janvier 2014)
  5. ou 28 ans, suivant les versions.
  6. Plusieurs miracles font écho aux miracles réalisés par Élie et Élisée. Voir la biographie ANGELUS OF SICILY (d. 1220?) indiquée en notes.
  7. a, b, c, d, e, f, g et h (it) « Saint Ange », sur Santi e Beati, santiebeati.it (consulté le 3 janvier 2014)
  8. Voir le chapitre sur L'origine spirituel de l'Ordre et plus particulièrement le sous chapitre Fondation de l'Ordre sur le Mont Carmel
  9. La légende indique que le dit chevalier avait des relations avec sa soeur et qu'ils avaient eu ensemble 3 enfants.
  10. Parmi les erreurs historiques de sa biographie, nous pouvons citer : la règle du Carmel remonte à un patriarche Albert en 412, (elle est daté de 1209) ; que Jérusalem était encore entre les mains des chrétiens en 1219 (chute de Jérusalem en 1187) ; qu'un certain Godfrey était archevêque de Palerme ( aucune personne de ce nom n'est connu dans la période évoquée )
  11. Petite incohérence de date car Pie II a débuté son pontificat en 1458, il n'a pu le canoniser en 1456, le culte a peut être démarré avant la validation papale.
  12. Il est absent du document Les heures du Carmel, Éditions du Carmel, 2005, qui recense toutes les fêtes et fêtes (mémoires obligatoires et facultatives) devant être célébrées par les membres de l'Ordre en France. Sa mémoire peut néanmoins être célébrée librement par les membres de l'Ordre. Certaines communautés le gardent cependant dans leur calendrier (Mai 2014 calendrier des carmélites italiennes).