Ange Hyacinthe Maxence de Damas

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Ange Hyacinthe Maxence, baron de Damas.

Ange Hyacinthe Maxence de Damas de Cormaillon, baron de Damas (Paris 30 septembre 1785 - 6 mai 1862) est un militaire et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

À la mort de son père Charles de Damas à Quiberon, colonel aide de camp de Monsieur, Maxence de Damas, descendant par sa mère de Patrick de Sarsfield, général irlandais, et petit-fils du lieutenant général de Sarsfield, gouverneur de Lille, chargé de la défense des côtes françaises face à l'Angleterre, est conduit en Russie par son oncle le duc de Richelieu qui le présente au tsar Paul Premier, pour intégrer l'école militaire des cadets de Saint-Pétersbourg. Sorti premier au classement, il commence une brillante carrière militaire au service du tsar Alexandre. Il participe aux campagnes européennes contre les armées napoléoniennes et entre dans Paris comme général russe. À la demande de Louis XVIII, avec l’agrément du tsar Alexandre, Maxence de Damas commence une nouvelle carrière militaire en France[1].

Carrière militaire et politique en France[modifier | modifier le code]

Il est nommé lieutenant général en 1815 et reçoit le commandement de la 8e division de Marseille. Après avoir pacifié le Midi, il commande la 9e division en Espagne, il obtient la reddition de Figuières. Il est alors nommé pair de France en 1823[1].

Il devient ministre de la Guerre en 1823[1], et conçoit « l'armée de métier » par la loi de 1824, qui privilégie l'engagement au nombre, la compétence par la formation et la durée du service. En 1824, bien qu'il eût souhaité conserver le ministère de la Guerre, le roi lui demande de remplacer François-René de Chateaubriand au ministère des Affaires étrangères[1], ce dont lui tiendra grief l'écrivain. Il parvient à résoudre les crises d'Espagne et de Portugal, puis de Grèce avec l'empire ottoman, et ordonne la première expédition archéologique sur l'Euphrate, qui mettra au jour la ville d'Ur et les splendeurs de Khorsabad. Il négocie avec la République de Haïti[2] les indemnisations des Français après l'indépendance de la colonie de Saint-Domingue.

En 1825, le baron de Damas propose une réorganisation interne de l’administration centrale du Quai d'Orsay où la répartition fonctionnelle prime sur la division selon le critère géographique. Il crée, sur le même plan que la division politique et la division des chancelleries, une division commerciale, divisée en deux sections, à laquelle est joint un bureau de statistique. Ce type d’organisation prévaudra, dans ses grandes lignes, jusqu’à la réforme de Philippe Berthelot en 1907 (la division commerciale prenant le nom de « direction des consulats et Affaires commerciales » à partir des années 1870).

De cette structure émanent les fonds « Négociations commerciales » (négociations le plus souvent bilatérales ayant abouti à la signature d’un accord, affaires traitées à Paris), « Affaires diverses commerciales » (grands projets tels que voies ferrées, exploitation des mines, commerce de denrées essentielles, expositions etc.) et « Statistiques extérieures ».

À partir de 1828, il devient précepteur du duc de Bordeaux, futur « Henri V ». Après la révolution de juillet (1830), il accompagne le dauphin et le roi Charles X en exil[1].

De par son mariage avec Charlotte Laure d'Hautefort, fille de Julie-Alix de Choiseul-Praslin, il devient propriétaire du Château de Sainte-Suzanne (Mayenne) le 10 mai 1822, château qu'il vend le 30 décembre 1855.

Retrait à Hautefort[modifier | modifier le code]

Le baron de Damas revient en France en 1833, et se retire dans le château de sa femme, le château de Hautefort[1]. Il commence son ultime carrière dédiée aux œuvres sociales, gérant l'hospice d'Hautefort, créant localement la première « sécurité sociale », et promouvant l'agriculture par l'instauration d'un prêt d'honneur, premier crédit rural, et en écrivant ses mémoires militaires et politiques[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Ange-Hyacinthe Maxence de Damas, Mémoires du baron de Damas (1785 - 1862), publiées par son petit-fils le Comte de Damas, Paris, 1922 (réédition : Phénix Éditions, 2005 (ISBN 2745814443))
  • Petr Zaborov, « Ja Rossii i russkih ne zabyvaju Dvadcat' pjat' pisem barona de Dama k semejstvu Oleninyh », dans Cahiers du monde russe, no 39/3, 1998, [lire en ligne]
    Article citant la correspondance entretenue par le baron de Damas avec la famille russe Olenine, après son retour en France

Descendance[modifier | modifier le code]

Blason Maison de Damas-Cormaillon.svg

De son mariage en 1822 avec Charlotte Laure d'Hautefort (° 2 juillet 1799 - † 10 septembre 1847), fille du comte Armand-Louis-Amédée d'Hautefort (1776-1809) et de Julie-Alix de Choiseul-Praslin (1777-1799) :

  • Charles Gabriel Godefroy de Damas (1819-), prêtre
  • Edmond de Damas (1820-)
  • Amédée Jean Marie Paul de Damas (1821-), jésuite, nommé par Napoléon III aumônier des bagnards puis aumônier militaire de la campagne de Crimée, puis à Damas, fondateur et procureur des missions d'orient
  • Maxence de Damas (1822-), comte de Damas
  • Alix Laurence Marie de Damas (1824-), duchesse de Blacas
  • Paul Marie de Damas de (1826-)
  • Charles Marie Michel de Damas (1827-)
  • Alberic Marie de Damas (1828-1860), militaire mort en Chine dans la campagne du Tonkin
  • Henri Louis Marie de Damas (1830-)
  • Marie Thérèse Philomène de Damas (1834-1903) épouse de Charles Paul Amédée marquis de Cumont. Historienne du Périgord.

Après sa retraite à Hautefort, le baron de Damas fut le dernier de sa branche à avoir résidé dans leurs possessions de Bourgogne (Château de Malaisy, Cormaillon).

  • Une célébrité dans la descendance de sa domesticité est à signaler : Eugène Le Roy (1836-1907), l'auteur de Jacquou le Croquant (1899), est le fils d'un couple de domestiques du baron de Damas.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Le Baron de Damas sur http://www.comtedechambord.fr, consulté le 09/01/2014.
  2. Voir historique des noms de pays « Saint-Domingue ».
  3. d'après les Mémoires du Baron de Damas,Librairie Plon, 1922.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]