Angélique de Chine

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L'angélique de Chine (Angelica sinensis) est une plante herbacée de la famille des Apiaceae, utilisée comme plante médicinale en Asie Orientale depuis l'Antiquité.

Son nom chinois est (pinyin) danggui 当归 / 當歸. La transcription Dong Quai est aussi utilisée.

Description[modifier | modifier le code]

L'angélique de Chine est une plante vivace de 40 à 100 cm de haut, à la racine cylindrique se prolongeant en plusieurs branches, succulente et très aromatique.

Les feuilles sont bi- ou tri-pennées, de 10-30 cm × 12-25 cm, portées par un pétiole engainant vert pourpré.

Les pédoncules de 8-20 cm, axillaires, portent des ombelles de 10-30 ombellules à 13-36 fleurs blanches (parfois rosées).

Écologie[modifier | modifier le code]

Elle se rencontre en forêts ou dans les bosquets, en altitude (2500-3000 m).

On la trouve en Chine centrale (Gansu, Hubei, Shaanxi, Sichuan, Yunnan).

Propriétés[1][modifier | modifier le code]

L'huile essentielle[2] de la racine est formée à 45 % par de la Z-ligustilide et d'acide férulique, de n-butylidenephthalide et d'angélicide, un dimère de ligustilide.

Les constituants non volatils sont la bréfeldine A, des coumarines (6-méthoxy--7-hydroxycoumarine), des stérols végétaux (β-sitostérol, stigmastérol, glucoside de β-sitostérol), des polysaccharides, des flavonoïdes ainsi que de la vitamine A et E.

Utilisations médicinales[modifier | modifier le code]

Médecine traditionnelle chinoise

La plante est connue en Chine sous le nom de danggui 当归/當歸 et fait l'objet d'un usage largement répandu dans la médecine chinoise traditionnelle.

Sa racine est utilisée comme drogue sous le nom Radix Angelicae Sinensis[3].

Elle a des affinités avec le foie et la rate.

Ses indications sont les maladies gynécologiques (aménorrhée, règles anormales, douloureuses, syndrome prémenstruel comme les seins gonflés et douloureux, les sautes d'humeur), les troubles de la ménopause (bouffées de chaleur), la fatigue, les anémies légères et l'hypertension.

Elle a des effets analgésiques, anti-inflammatoires, antispasmodiques et sédatifs.

Le danggui est la plante la plus fréquemment utilisée en médecine chinoise traditionnelle, devant même le ginseng et la réglisse. Comme c'est la plante par excellence des désordres menstruels de la femme, elle a été surnommée[4] "la panacée gynécologique" (fuke shengyao 妇科圣药).

Études pharmacologiques[5] :

Le danggui a deux effets opposés sur l'utérus. Des extraits aqueux de Radix Angelicae Sinensis administrés en intraveineuses au chien, stimulent les muscles lisses de la vessie, de l'intestin et de l'utérus. Le constituent actif responsable de cette action est un composé non volatil inconnu.

Inversement, la ligustilide, le constituant principal de l'huile essentielle (volatile) inhibe les contraction de l'utérus.

Une étude clinique en double aveugle, de Hirata et collaborateurs[6] a échoué à montrer le moindre bénéfice pour les femmes recevant journellement 4,5 g de danggui comparé à un placebo vis-à-vis du soulagement des bouffées de chaleur et des autres symptômes de la ménopause.

Il a été montré que lors d'infections in vitro et in vivo, l'acide férulique pouvait diminuer l'interleukine-8 (IL-8) chez la souris.

Histoire

L'usage médicinal de l'angélique de Chine remonte à l'antiquité puisqu'on trouve la plante mentionnée dans le premier ouvrage chinois de matière médicale, le shennong bencao jing, compilé au début de notre ère sous les Han. La racine y été indiquée pour les "problèmes de la femme".

Le succès de cette drogue est attesté par la mention de 27 formules le contenant dans le grand classique de la pharmacologie Bencao gangmu de Li Shizhen (1596).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Phytochemical
  2. (en) You-Ping Zhu, Chinese materia medica: chemistry, pharmacology, and applications, Taylor & Francis Ltd,‎ 1998, 714 p.
  3. Universités de Médecine Traditionnelle Chinoise de Nanjing et Shanghai, La pharmacopée chinoise. Les herbes médicinales usuelles. 中药学, Éditions You Feng,‎ 2008 (ISBN 978-2-84279-361-6)
    Traduit et augmenté par Dr You-wa Chen
  4. (zh) 陶隐夕, 图解神农本草经, 山东美术出版社,‎ 2008
  5. (en) WHO, Who Monographs on Selected Medicinal Plants, World Health Organization,‎ 2002, 357 p.
  6. (en) Hirata JD, Swiersz LM, ZellB, Small R, Ettinger B., « Does dong quai have estrogenic effects in postmenopausal women? Adouble-blind, placebo-controlled trial. », Fertil Steril., vol. 68,‎ 1997

Liens externes[modifier | modifier le code]