Angélique, marquise des anges

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Angélique, marquise des anges

Réalisation Bernard Borderie
Scénario Claude Brulé
Bernard Borderie
Francis Cosne
Acteurs principaux
Sociétés de production Francos Films
CICC
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Genre aventure
Sortie 1964
Durée 115 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Angélique, marquise des anges est un film d'aventure franco-italo-allemand écrit et réalisé par Bernard Borderie, sorti en 1964.

Il s'agit de l'adaptation du roman éponyme d'Anne et Serge Golon.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Fille du baron de Sancé de Monteloup, élevée très librement, Angélique côtoie les jeunes gens de son âge, notamment Nicolas, son ami d'enfance, qu'elle ne laisse pas indifférent. Afin de parfaire son éducation, son père la confie à son cousin et voisin le marquis de Plessis-Bellière. Raillée par le fils de celui-ci, qui l'appelle la « marquise à la triste robe », Angélique, en fuyant, entre malencontreusement dans la chambre du Prince de Condé et y surprend le complot d'empoisonnement qui se trame contre le Roi Louis XIV, son frère et Mazarin, et dont Fouquet est un des instigateurs.

Elle subtilise alors le poison (vitriol) et la liste des conjurés qu'elle cache ailleurs. Puis, Angélique accusant publiquement l'un des conjurés présent au château de complot contre le roi, le Prince de Condé, pour l'éloigner oblige son père à envoyer Angélique 5 années durant dans un couvent. Au moment de quitter le cloître, on constate qu'elle ne s'est guère assagie mais a embelli. Son père lui explique à son retour qu'il était déjà ruiné avant son départ ; cependant, sous le conseil d'un dénommé comte de Peyrac, il a repris l'exploitation d'une de ses mines de plomb, désaffectée et dont il pensait ne rien pouvoir tirer. Pour le remercier de son conseil providentiel, Sancé de Monteloup a offert au comte la main de sa fille, ce qui constitue un mariage très avantageux puisque le prétendant est très riche. Lorsqu'Angélique demande son âge, son père se contente de lui répondre "il est plus vieux que toi"… Après avoir appris cela, Angélique retrouve Nicolas, qui lui avoue son amour. Devant le refus de cette dernière, il s'emporte et lui crache que son mari est un homme d'une grande laideur, boiteux, et de surcroit traînant une réputation de sorcellerie.

Le jour du mariage, le château est en liesse mais Angélique appréhende la rencontre avec son mari. L'homme qui sort du carrosse tant attendu semble pourtant plutôt bel homme, mais il se présente rapidement à Angélique comme étant Bernard d'Andijos, ami de Joffrey de Peyrac et venu se marier à sa place, selon la loi du mariage par procuration lorsque les mariés n'habitent pas la même ville.

Lors de la fête, Andijos révèle à la jeune mariée que son mari n'est pas laid, mais bien affreux, et boiteux. Désespérée, Angélique emmène Nicolas dans une grange avoisinante et s'offre à lui, afin que son "premier" soit un homme jeune et beau. Pourtant, au moment de passer à l'acte, elle se ravise au moment où les surprend Guillaume, le cocher. S'ensuit une lutte entre les deux hommes, au cours de laquelle Nicolas tue le vieux serviteur d'un coup de faux. Angélique lui enjoint alors de fuir, lui promettant de le retrouver à l'aube pour s'enfuir en Amérique avec lui.

Puis elle s'en va comme prévu retrouver son époux. Son château est splendide, d'extérieur Renaissance semble-t-il, alors que l'intérieur et le personnel - presque entièrement constitué de serviteurs noirs, somptueusement vêtus, sont d'inspiration orientale. Tandis qu'on la revêt de sa robe de mariée, Angélique aperçoit de loin son mari, le boiteux. C'en est trop pour la jeune femme, qui se jette sur son lit en pleurant. Elle découvrira plus tard que des cicatrices le défigurent et ne peut que détourner les yeux à chaque fois qu'elle le regarde, ce qui arrache des larmes au pauvre Joffrey.

Au repas de mariage, Angélique fait la connaissance de l'archevêque de Toulouse qui laisse entendre à Joffrey que certaines de ses pratiques peuvent être assimilées à de la sorcellerie, ce que l'intéressé nie avec placidité.

Au moment de la nuit de noces, Joffrey, comprenant qu'il rebute sa femme la laisse seule, lui annonçant qu'il attendra qu'elle soit consentante.

Le lendemain, il la convie à visiter une de ses mines, secret de sa richesse. Il est parvenu à raffiner l'or, grâce au procédé de coupellation, ce que beaucoup considèrent comme de la sorcellerie. Il lui présente également ses compagnons d'infortune, auprès de qui il a contracté ses blessures, causées par la barbarie des hommes. Alors qu'il offre à Angélique un lingot, elle l' éconduit et lui conseille de l'offrir plutôt aux travailleurs de la mine, ce qui ne peut que charmer Joffrey, toujours plus fou de sa dame.

Petit à petit le dégout d'angélique pour son mari fait place à une fascination qui se transforme finalement en amour. Lorsque son mari se bat en duel avec la plus fine lame du Languedoc, afin de laver un affront fait à sa femme, la frayeur que lui cause le combat jette Angélique dans les bras de Joffrey, et dans son lit.

Alors que le comte et la comtesse filent le parfait amour, un enfant - Florimond - ayant sanctifié leur mariage, un messager leur apprend la venue prochaine du roi Louis XIV, de retour de Saint-Jean-de-Luz, en compagnie de sa jeune et nouvelle épouse, Marie-Thérèse.

Celui-ci, reçu avec tous les honneurs et le faste possibles, n'est pas insensible au charme d'Angélique, introduite avec théâtralité. Vexé que la reine soit bien moins belle que leur hôtesse le monarque congédie Angélique plutôt rudement et les quitte sans prévenir pendant la nuit. Joffrey, s'empressant de le rattraper pour connaître les raisons de ce départ précipité est arrêté par les gardes royaux et conduit à la Bastille. Malgré sa nouvelle grossesse, Angélique décide de le rejoindre à Paris, et déploie toutes ses forces pour connaître le chef d'accusation. Elle fait la rencontre d'un avocat - François Desgrez - qui lui propose son aide, qu'elle décline provisoirement. Afin d'intercéder en faveur de son époux Angélique est ensuite introduite chez le roi (grâce à la bonté de la Grande Demoiselle, cousine du roi, avec laquelle elle avait tissé des liens lors de la venue de Louis XIV dans son fief). En refusant les avances royales Angélique s'aliène le monarque qui la chasse, la jetant, sans savoir, dans les griffes de Monsieur, impliqué dans le projet de complot qu'Angélique avait fait avorter plusieurs années auparavant. Souhaitant la faire taire définitivement après plusieurs tentatives infructueuses, celui-ci tente de l'assassiner. Angélique parvient cependant à s'en tirer, et s'en remet alors à François Desgrez pour défendre Joffrey lors de son procès.

Le comte de Peyrac est officiellement accusé de sorcellerie, le roi l'ayant embastillé sous ce prétexte fallacieux pour se venger de sa richesse et de son bonheur qui lui faisait ombrage (ce qui n'est pas sans rappeler le sort de Nicolas Fouquet que jalousait Louis XIV). Le procès nous offre la vision d'une justice inique et partiale, au service du pouvoir royal (assassinat opportun d'un témoin clé de la défense, évincement d'un autre témoignage, jugé nul du fait de l'âge du témoin (mineur), arrestation même du défenseur, qui ne peut assister à l'énoncé du jugement). Si le procès est l'occasion pour Angélique et Joffrey d'échanger des regards passionnés et larmoyants, le comte n'en est pas moins jugé coupable par la Cour, à peu de voix près.

Le comte de Peyrac est condamné à être brûlé en place de Grève, tandis que sa femme est chassée de chez sa sœur, Hortense, qui craint d'être compromise. Lui ayant néanmoins confié Florimond et son nouveau-né Cantor, Angélique part seule et soudoie le bourreau pour qu'il achève rapidement Joffrey, lui évitant l'agonie dans les flammes.

Alors qu'elle erre sans but, elle est abordée par un nain - Barcarole - qui la conduit dans ce qui semble être une sorte de Cour des miracles. Elle y retrouve une vieille connaissance : Nicolas, devenu "Calembredaine" le voleur. Ce dernier lui propose un marché : il consent à attaquer en route le chariot des condamnés et à délivrer Joffrey si Angélique accepte de partir avec lui pour les Amériques, comme ils se l'étaient promis plusieurs années auparavant. Pour sauver son mari, elle accepte. Le chariot, intercepté par les bandits, se révèle être un leurre : Joffrey a en fait déjà été secrètement amené en place de Grève. S'y précipitant, Angélique, Nicolas et ses acolytes arrivent trop tard. Le comte a déjà trépassé. Se réfugiant dans le repaire de Nicolas et des gueux, Angélique, anéantie, accepte de rester à leurs côtés et devient "Angélique, marquise des Anges".

- Fidélité au texte d'origine?

Le film se révèle relativement conforme à la version papier. Cependant de petites erreurs ou transformations se glissent ici et là: - Angélique n'est pas envoyé au couvent par le prince de Condé (qui aurait souhaité l'éloigner après son imprudente déclaration sur un complot visant le roi), mais par son père le baron de Sancé après une escapade, indigne de son rang, au cours de laquelle elle se commet avec les paysans de son père. De même ce n'est pas le prince qui paye ses études mais le baron qui s'endette pour donner à ses enfants l'éducation qui convient à de jeunes nobles. - Le baron, ayant avec sa fille des relations de confiance lui avoue bien avant qu'elle ne parte au couvent l'existence de sa mine de plomb. En outre la proposition de mariage du comte de Peyrac, bien qu'étant motivée par la mine de plomb présente en dot dans le trousseau d'Angélique, n'intervient pas sur demande du baron mais sur celle du comte. - Lors de la scène où Angélique offre sa virginité à son ami d'enfance, elle ne se ravise pas au dernier moment, mais est bien interrompue par le fidèle Guillaume. Par ailleurs, celui-ci n'est pas tué par le jeune Nicolas qu'il met néanmoins en fuite. - Si l'accent est mis dans la version filmique sur la douleur qu'éprouve le comte lorsque sa femme le rejette lors de sa nuit de noces, dans le livre rien de tout cela. Au contraire, le comte prend la chose avec philosophie et même un humour des plus mordants. - L'origine du duel entre le comte et le chevalier de Germontaz n'est pas une insulte mais un violent baiser, volé à la jeune femme. - Au Louvre, Angélique ne tombe pas dans les filets de monsieur, frère du roi au sortir de son entrevue avec le souverain mais plus tard dans la soirée, alors qu'elle quitte le palais. - La scène du viol au Louvre est quant à elle totalement transformée. En effet, De Vardes, dans le livre, profite certes de la faiblesse de la jeune femme qui vient d'échapper à une tentative d'assassinat, mais ne la frappe pas pour autant. Plus important encore, Angélique nous est même montrée sous un jour ambigu, puisqu'elle n'est pas sans y prendre un certain plaisir( ce que le film se garde bien de mettre en évidence). - Angélique n'est pas chassée par sa sœur avec son enfant Florimond, mais seule. Le film prend le parti de nous la montrer errant avec son enfant dans un souci bien compréhensible de renforcement du pathos. - L'épisode qui connaît le plus grand bouleversement est celui de la scène finale du film. Nicolas, devenu Calembredaine tente de faire évader le comte de Peyrac sur le chemin menant en place de Grève, suite à un pacte passé avec Angélique. Or, cet évènement est totalement inventé. Aucune tentative d'évasion n'est fomentée. De surcroit, la rencontre entre la jeune femme et Calembredaine n'intervient que plus tard, dans le second tome du cycle. Bien sûr l'effet dramatique induit par un tel choix s'inscrit également dans le même souci d'une recherche de sentimentalisme pathétique.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Bande originale[modifier | modifier le code]

No Titre Auteur(s) Durée
A1. Angélique, marquise des anges 2:07
A2. Angélique devant la statue antique 3:15
A3. Angélique se jette au cou de Peyrac 2:55
A4. Angélique apprend que Peyrac a été arrêté 2:10
A5. Angélique traquée au Louvre 1:30
A6. Angélique reprend espoir 3:45
B1. Merveilleuse Angélique 2:20
B2. Angélique et le poète crotté 2:30
B3. Angélique et le roy 1:15
B4. Angélique retrouve le domaine de Peyrac 1:03
B5. Angélique retrouve la statue Angélique 2:56
B6. Angélique découvre les traces de Peyrac 3:20
B7. Peyrac s'enfuit dans les souterrains 2:15
31:21

Récompense[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Les scènes du film ont été filmées dans différents châteaux : Le château de Tanlay dans l'Yonne a été choisi pour servir de décor à celui du comte Joffrey de Peyrac, alors que le château de Marigny-le-Cahouët dans la Côte-d'Or servira pour celui du baron Sancé de Monteloup. L'abbaye de Fontenay à Marmagne sera utilisée pour les scènes concernant le couvent de Poitiers. Le château d'Esclimont dans les Yvelines deviendra le château du marquis de Plessis-Bellière. Notons bien sûr les vues prises au château de Versailles[1].

Suites d'Angélique[modifier | modifier le code]

Le cycle des Angélique comporte cinq films réalisés par Bernard Borderie et a été un énorme succès commercial lors de sa sortie, plusieurs dizaines de fois rediffusé à la télévision depuis la première diffusion télévisuelle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anonyme, « Le tournage : lieux du tournage », sur Marquisdesanges.net (consulté le 9 février 2013)