Angèle Mérici

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Angèle Merici
Image illustrative de l'article Angèle Mérici
Sainte Angèle Mérici enseignante, par Pietro Calzavacca (1855-1890).
Naissance 1474
Desenzano, Italie
Décès 27 janvier 1540 
Brescia, Italie
Nationalité Italie
Canonisation 27 mai 1807
par Pie VII
Vénéré par Église catholique romaine

Sainte Angèle Merici, née en 1474 à Desenzano et morte le 27 janvier 1540 à Brescia, est une religieuse lombarde, fondatrice de la Compagnie de Sainte Ursule, la première congrégation religieuse féminine entièrement dédiée à l'éducation des jeunes filles. Elle est canonisée en 1807 par le pape Pie VII. Sa mémoire liturgique se célèbre le 27 janvier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Angèle, avec ses frères et sœurs, grandit au sein d’une famille chrétienne. Le soir, le père, Giovanni Merici, lit à ses enfants un épisode de la vie des Saints, ce qui marque profondément la petite Angèle. Les parents habitent une ferme, « Les Grezze », et vivent modestement mais décemment.

Angèle est une enfant gaie. Elle aime prier et s’attache à Jésus, son « unique trésor ». Hélas, la première partie de sa vie, heureuse, est de courte durée. En quelques mois, l’adolescente perd ses parents et l’une de ses sœurs. Après ces deuils, vers l’âge de 16 ans, son oncle et sa tante, les Biancosi, la prennent chez eux à Salò, ainsi que l’un de ses frères. Pour Angèle, c’est un changement de vie.

Elle connaît désormais une vie citadine plus aisée : les gens de la bourgeoisie passent beaucoup de temps à se parer et à faire la fête. Angèle, pleine de vie, est aussi décrite comme jolie et possédant une belle chevelure blonde qui ne manque pas d’attirer les réflexions de ses amis  : « Avec ces cheveux-là, elle n’aura pas de mal à se trouver un mari ! » Ce que son oncle et sa tante lui souhaitaient.

Mais Angèle se sent appelée par Dieu. Elle retourne, pour un temps, à la ferme familiale des Grezze. C’est là qu'elle reçoit sa vocation. Angèle voit une échelle élevée vers le ciel et des jeunes filles qui montent et descendent. Selon ses dires, Dieu lui révèle qu’elle fondera un jour une nouvelle famille religieuse qui rassemblera des femmes pour accomplir une mission dans l’Église.

Vie religieuse[modifier | modifier le code]

Statue d'Angèle Merici à Desenzano

À 18 ans, afin de pouvoir se consacrer au Seigneur librement et d’être admise régulièrement à la table eucharistique (fait rare à cette époque), elle demande à entrer dans le Tiers-Ordre de Saint-François d’Assise, et devient Sœur Angèle. Elle jeûne et mène désormais la vie au service des autres.

En 1516, ses supérieurs franciscains l’envoient à Brescia pour une mission de consolation : Catarina Patengola a perdu son mari et ses fils à la guerre, et perd goût à la vie. Angèle reste deux ans chez Catarina, puis, celle-ci rétablie, quitte la maison mais décide de rester à Brescia. Elle accepte l’hospitalité d’un certain Antonio Romano, chez qui elle habitera pendant 14 ans. La réputation d’Angèle grandit : elle accompagne, console, apaise les colères, réconcilie, conseille même des théologiens qui viennent l’interroger… Tous trouvent auprès d’elle un accueil chaleureux, humain et plein de charité.

Angèle entreprend plusieurs pèlerinages. En 1524, elle part à Jérusalem avec un groupe de pèlerins. Pendant la traversée, elle est atteinte d’une infection aux yeux. En Terre sainte, on doit la guider. Pour Angèle, et pour ses filles après elle, la Passion et la Résurrection du Seigneur seront au cœur de leur spiritualité. Pendant le retour, en Crète, Angèle guérit.

Elle fait ensuite d’autres pèlerinages : ne pouvant plus aller à Jérusalem, elle va deux fois à Varallo, un lieu où l’on construit des petites chapelles dans la montagne. Des scènes de la vie du Christ y sont représentées, pour les chrétiens dans l’impossibilité de se rendre en Palestine.

Le pape Clément VII (1526)

En 1525, elle part à Rome à l’occasion de l’Année Sainte. Elle rencontre un prélat dont elle a fait la connaissance en Terre Sainte. Celui-ci lui propose une audience avec le pape, Clément VII. Fille de l’Église, Angèle accepte. Le Saint-Père lui demande de rester à Rome. Mais elle s’excuse : c’est à Brescia que Dieu l’attend. Clément VII comprend et la laisse partir.

De retour à Brescia, Angèle continue sa vie de prière. Le duc de Milan François II Sforza, lui demandera d’être sa mère spirituelle.

En 1529, la guerre oblige beaucoup de monde à fuir. Angèle part à Crémone. Là, elle ne cesse de recevoir pauvres et riches, nobles et servantes.

À son retour à Brescia, elle loge un temps chez Agostino Gallo. Puis, dans une chambre près de l’église Sainte Afre.

Mais le temps passe et elle n’a toujours pas réalisé ce que le Seigneur lui a demandé dans sa jeunesse. Elle se sent alors pressée intérieurement d’accomplir sa mission : fonder une « Compagnie » de femmes qui veulent se consacrer au Seigneur. Elles vivront leur consécration sans se retirer de leur lieu de vie. Là où elles seront, elles vivront leur vie de prière et seront attentives aux besoins des autres.

Angèle ne donne aucune consigne d’apostolat particulier à ses filles dans ses Écrits. Régulièrement, elles se retrouveront pour vivre l’Eucharistie, se rencontrer comme des Sœurs et s’aider à vivre leur consécration.

Angèle, qui aime beaucoup Sainte Ursule, une martyre du IVe siècle particulièrement populaire à cette époque, la donne comme patronne à sa fondation.

Compagnie de Sainte Ursule[modifier | modifier le code]

C’est le 25 novembre 1535 que les 28 premières jeunes filles qui le désirent participent à la messe, puis dans un oratoire, se donnent au Seigneur, sans prononcer de vœu public, mais en inscrivant simplement leur nom dans un registre : c’est le jour de la fondation de la Compagnie de Sainte Ursule.

La transformation de la Compagnie en Ordre religieux, après le Concile de Trente (1545-1563), a obligé les filles d’Angèle à entrer dans des cloîtres. Apostoliques, elles ont continué d’être apôtres en devenant éducatrices. Héritières de la « pédagogie » d’Angèle, qui excellait dans l’art d’accueillir et de conduire chacun, les Ursulines ont su alors devenir des formatrices à travers les siècles, et spécialement au service de la jeunesse, selon la mission que l’Église leur a confiée.

Angèle meurt le 27 janvier 1540. Elle est canonisée le 27 mai 1807, par Pie VII.

Aujourd’hui, Angèle a de nombreuses filles à travers le monde qui vivent de différentes façons : Ordre religieux, monastères autonomes, Unions, Fédérations, Institut séculier… Des laïcs, depuis quelques décennies, ont fait le choix, de vivre du charisme d’Angèle Merici. Ils s’appellent « Associés » et demandent aux Ursulines de leur transmettre la spiritualité méricienne, afin de vivre l’Évangile à la manière d’Angèle.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
  • Abbé Guillaume Beetemé, Sainte Angèle Mérici. Fondatrice des Ursulines. Sa vie, ses vertus, son Institut, Bruxelles, 1875.
  • Abbé Léon Bouthors, Sainte Angèle Mérici et les origines de l'ordre des Ursulines, C. Paillart, Abbeville (France),1894.
  • Anonyme, Sainte Angèle Merici et l'Ordre des Ursulines, De Gigord, 1922.
  • Gaëtan Bernoville, Sainte Angele merici les ursulines de France et l'union romaine, Collection "Les Grands Ordres monastiques et Instituts religieux", Grasset, Paris, 1947.
  • Mère Martin Marie de saint-Jean O.S.U., L'esprit de Ste Angèle Mérici, Maison Généralice de l'U.R. des Ursulines, Rome, 1947.
  • Teresa Ledochowska O.S.U., À la recherche du charisme de l'Institut des Ursulines de l'Union Romaine, Ursulines de l'Union Romaine, Rome, 1976.
  • Teresa Ledochowska O.S.U., Aimer tout simplement. La vie d'Angèle Merici, Lumen vitae, Bruxelles, 1981.
  • Marie Seynaeve O.S.U., Angèle Merici et son œuvre. Lumières nouvelles, 1983.
  • Rita Gagné, Pasteur pour notre temps Angèle Mérici, Anne Sigier, Ste-Foy, 1985
  • L.Mariani, E.Tarolli, M.Seynaeve, Angèle Merici Contribution pour une biographie, Mediapaul, Milan, 1987.
  • L.Mariani, Marie-Bénédicte Rio, Contre vents et marées au souffle de l'esprit. Angèle Merici, Union Romaine de l'Ordre de Sainte-Ursule, Rome, 1991.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]