Noblesse malgache

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En malgache, la noblesse malgache est désignée par le terme générique Andriana. Ce terme désigne toutes les familles nobles de l'ensemble des premiers royaumes de l'île de Madagascar et particulièrement l'Imerina qui deviendra le royaume de Madagascar.

Andriana veut d'abord dire « chef » puis « noble » ou même « prince ». Plus spécifiquement, il désigne le souverain appelé "Andriana" ou encore "Andriamanjaka". D'après leurs traditions orales, ils ont occupé les hautes terres centrales de Madagascar depuis toujours. On trouve de traces archéologiques de leur existence au moins au IXe siècle de l'ère chrétienne.

Caractéristiques des noms nobles[modifier | modifier le code]

Les noms nobles à Madagascar, contrairement à ceux de la France et de nombreux pays européens, ne sont pas précédés d’une particule nobiliaire pour signaler l’appartenance à la noblesse. Néanmoins, des signes distinctifs permettaient d’identifier les nobles.

  • En général les noms nobles commencent par la particule Andrian-. Pourtant, le nom malgache étant propre à chaque individu, il est difficile d'affirmer qu'une personne portant ce préfixe est noble si l'on ne connaît pas sa parenté.
  • Ensuite, la formule de politesse pour s'adresser à un noble est différente de celle que l'on adresse aux personnes du commun. Le prédicats nobiliaires Ny Andriana ou Printsy indiquent parfois la noblesse d'un individu.

Toutefois, ces caractéristiques ne sont pas présentes chez l’ensemble de la noblesse et ne constituent pas une généralité.

Historique[modifier | modifier le code]

La noblesse à l'origine du Royaume de Madagascar est née à Madagascar aux alentours du XIIe siècle après l'arrivée de navigateurs originaires de l'archipel indonésien. Les Andriana sont donc essentiellement d'origine indo-malaisienne (du moins pour l'ethnie Merina).

On pense que cette première « noblesse » se composait de l’ensemble des familles des chefs de ces navigateurs. Chacune de ces familles bénéficiait de terres, de privilèges et de titres de noblesse en rétribution du soutien qu'elles donnaient au roi et selon leur degré de noblesse. Progressivement, ces familles prirent de l’importance et concentrèrent autour d’elles de nouvelles familles nobles moins importantes et les villages dirigés par une même famille finirent par former des sortes de fiefs.

Chez les Merina de l'intérieur des terres, on qualifiait également d'Andriana de nombreux groupes claniques (taranaka ou karazana) dont les ancêtres fondateurs avaient reçu en prérogative des privilèges pour leurs descendants, soit en raison de leur parenté avec le souverain, soit rarement pour service rendu. Les membres de ces clans, pouvant représenter jusqu'à un quart de l'ensemble des Merina, étaient alors astreints à l'endogamie, les unions devant s'accomplir uniquement avec les membres d'autres clans Andriana.

Dans le concept merina, être andriana signifie appartenir à une communauté déterminée. Andriana n'étant pas un titre mais une distinction d'appartenance à une caste. Par extension, il y a avait historiquement 7 principales castes :

  • Les andriana
  • Les velondraiamandreny (issu d'andriana et de hova)
  • les hova (caste des roturiers)
  • les mainty (caste des "noirs" serviteurs ou soldats royaux)
  • Les zazahova (caste des roturiers rétrogradés)
  • Les hovavao (caste des esclaves affranchis)
  • les andevo (caste des esclaves)

Au départ, c'est le roi Ralambo (XVIe siècle) qui avait institué la première division entre Andriana et Hova. Dans la grande famille royale ou Andriana de l'Imerina, il y avait au départ quatre groupes: Andriantompokoindrindra, Zanadralambo amin'Andrianjaka, Andrianamboninolona, Andriandranando. Par la suite, le roi Andriamasinavalona (XVIIe siècle a créé le groupe des Zazamarolahy et des Andriamasinavalona. Puis Andrianampoinimerina a créé le groupe des Zanakandriana avec certains de ses enfants. Dans les territoires tardivement intégrés à l'Imerina se maintenaient aussi souvent d'autres groupes andriana, descendants des anciens souverains locaux. Les Andriana merina constituent un ensemble de groupements et de clans, "des communautés" ayant chacun leurs traditions, leurs terres et leurs noms. De ces groupes d'Andriana sont issus les rois de l'Imerina et de Madagascar.

Les Andriana sont des rassembleurs et de bâtisseurs de royaume. Car il y avait beaucoup de villages et de groupes claniques qui se battaient souvent. Ainsi, le Roi Ralambo (1575-1600) a créé le royaume de l'Imerina Roa Toko, le Roi Andriamasinavalona (1675-1710) a créé le royaume de l'Imerina efa-Toko, puis le Roi Andrianampoinimerina (1778-1810) a créé le Royaume de l'Imerina Eni-Toko, et enfin le Roi Radama 1er (1810-1828) a créé le Royaume de Madagascar.

Pour la précision historique, c'est le Roi Radama 1er (1810-1828) qui a décrété l'abolition de la Traite d'esclave à Madagascar en 1817 (cf. Livre du Gal Gilbert Ratsivalaka Ranaivo). Et c'est la Reine chrétienne Ranavalona II (1868-1883) qui a aboli l'esclavage en 1877 (cf. Livre de F. Randriamamonjy). Ce qui a énervé (cf. Livre de A. Grandidier) le Premier ministre roturier Rainilaiarivony qui avait le plus grand nombre d'esclaves à l'époque. Enfin, en 1895, avec l'attaque des colonisateurs français, la Reine Ranavalona III a voulu faire un repli stratégique sur la ville de Fianarantsoa au Sud, mais le Premier ministre roturier Rainilaiarivony a fait lever le drapeau blanc, sans se battre et sans le consentement de la Reine (cf. Livres de A. et G. Grandidier). Ce qui a rendu furieux la Reine et les Menalamba ou Mouvements des Patriotes.

Ainsi, d'après la vision prophétique (cf. Livre de J. Rasamimanana et L. Razafindrazaka) du Roi-Sacrificateur Andriantompokoindrindra (vers 1600), puis des Antemoro Anakara en temps du Roi Andrianampoinimerina en 1810, il y aura des rois (Radama 1er, Radama II) puis des reines (Ranavalona 1ère, Ranavalona II, Ranavalona III) qui vont régner après ce grand roi Andrianampoinimerina, puis les étrangers aux oreilles rouges (vazaha menasofina) vont diriger le pays (colonisation française de 1896 à 1960), suivis des serviteurs ou mpanompo, puis des roturiers ou sadasada (durant la période républicaine intercalée de régimes de transition de 1960 à 2012). Enfin, la terre et le royaume reviendront aux Andriana (Tompon-tany ou propriétaires de la terre et du royaume) qui vont enfin apporter la paix et la prospérité au pays.

En 2011, le Conseil des Rois et Princes de Madagascar, sous la direction du Rév. Dr. Ndriana Rabarioelina, Docteur en Théologie (USA), de la branche aînée de la grande famille royale de l'Imerina et de Madagascar, œuvre dans toute la Grande Ile pour l'instauration inéluctable et inévitable d'une nouvelle civilisation et d'un nouvel État moderne et christocratique, appelé Fanjakan' i Madagasikara, favorisant la méritocratie et non plus la médiocrité ni la corruption ni l'impunité, avec de nouveaux serviteurs de la nation, non-corrompus, incorruptibles, compétents et efficaces, pour la bénédiction et la prospérité de leur nation.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Rabarioelina, Ndriana (Rev. Dr.) (2010), "Biblical Relations between Israel and Madagascar", Doctoral Thesis of Theology, SAHTS, États-Unis, 2010, 458 pages. Abstract in Saint-Alcuin House Journal, Volume 8, N°1, USA. And in Library of Congress, number ISSN 1548-4459, USA.
  • (fr) Rabesahala-Randriamananoro, Charlotte Liliane, "Ambohimanga-Rova : approche anthropologique de la civilisation merina (Madagascar)", Paris, Le Publieur, 2006, 393 p. (ISBN 2-85194-307-3. Texte remanié d’une thèse soutenue à l’Université de La Réunion en 2002.
  • (fr) Rajaonarimanana, Narivelo (1990), "Savoirs arabico-malgaches : la tradition manuscrite des devins Antemoro Anakara (Madagascar)", Institut national des langues et civilisations orientales.
  • (fr) Ramamonjy, Georges (1952), "De quelques attitudes et coutumes merina", dans Mémoires de l'Institut scientifique de Madagascar (Tananarive), série C, Sciences humaines, 1 (2), 1952, p. 181-196.
  • (mg) Ramilison, Emmanuel (Pastor) (1951), Andriantomara-Andriamamilazabe. Loharanon' ny Andriana nanjaka eto Imerina, Imprimerie Ankehitriny.
  • (mg) Randriamamonjy, Frédéric (2001): "Ny Tantaran’ i Madagasikara Isam-Paritra" (History of Madagascar from Each Region), Antananarivo, Imprimerie TPFLM, 2001, 588 pp.
  • (en) Randrianja, Solofo, and Stephen, Ellis (2009), "Madagascar. A short history", London, Hurst & Company, 2009.
  • (fr) Raombana (l'historien) (1809-1855), "Histoires", Edition Ambozontany, Fianarantsoa, 3 Volumes.
  • (mg) Rasamimanana, Joseph (Dr.) (1909) et Louis de Gonzague Razafindrazaka (Governor), Ny Andriantompokoindrindra, Antananarivo, 50 pages.
  • (mg) Ravelojaona (Pastor) (1937-1970), Firaketana ny Fiteny sy ny Zavatra Malagasy, Encyclopedic Dictionary, Antananarivo, 5 Volumes.
  • (en) Razafindrazaka, Harilanto, et alii (2009) "A new deep branch of eurasian mtDNA macrohaplogroup M reveals additional complexity regarding the settlement of Madagascar", BMC Genomics.
  • (fr) Rombaka, Jacques Philippe (1963), Tantaran-drazana Antemoro-Anteony, Antananarivo, Imprimerie LMS, pp. 10-11.
  • (fr) Rombaka, Jacques Philippe (1970), Fomban-drazana Antemoro - usages et coutumes antemoro, Ambozontany, Fianarantsoa, 121 p.
  • (fr) Ratsivalaka, Ranaivo Gilbert (Gal) (1995): "Madagascar dans le Sud-Ouest de l’Océan Indien", Thèse de Doctorat d’Etat en Histoire-Paris, Antananarivo, 1995, 1083 p.
  • (fr) Grandidier, Alfred et Guillaume (1903-1958): "Histoire de Madagascar", 39 volumes, Paris, 1903-1958.
  • Louis Molet, La conception malgache du monde du surnaturel et de l'homme en Imerina, Éditions L'Harmattan,‎ 1979, 888 p. (ISBN 2-85802-090-6), p. 138-140.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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