Andrew Gregg Curtin

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Andrew Gregg Curtin. Cliché sur collodion humide pris aux alentours de 1860 par Mathew Brady ou Levin C. Handy.

Andrew Gregg Curtin (22 avril 1817-7 octobre 1894) est un homme politique américain, 15e gouverneur de l'État de Pennsylvanie, particulièrement actif du côté nordiste pendant la guerre de Sécession.

Biographie[modifier | modifier le code]

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Curtin naît à Bellefonte, Pennsylvanie, dans une riche famille de métallurgistes d'origine irlandaise. Après des études au Dickinson College, il devient avocat, puis est nommé à son premier poste public : Secretary of the Commonwealth. Le gouverneur de Pennsylvanie James Pollock (1855-1858) le nomme superintendant des Écoles Publiques (1855).

A. G. Curtin fait allégeance au nouveau parti républicain (il était auparavant du parti Whig) en 1860. Il est élu en 1861 gouverneur du riche État agricole et industriel de Pennsylvanie, le Keystone State[1]. Curtin occupera ce poste jusqu'en 1867.

Pendant la Guerre de Sécession (1861-1865)[modifier | modifier le code]

Curtin, qui dirige la Pennsylvanie, riche état nordiste limitrophe des conflits et même transitoirement occupé par l'ennemi, est particulièrement actif. Dès le début de la guerre, il appelle les volontaires sous les armes, et devant leur afflux à Harrisburg, capitale de l'état de Pennsylvanie, il crée le Camp Curtin afin de loger, armer, entraîner et organiser les masses de réservistes en unités de combat.

Situé au nord de Harrisburg, le camp bénéficie de la proximité logistique particulièrement bien choisie d'un carrefour de grand-routes (les "pikes" nord-américaines) et de lignes ferroviaires nord-sud et est-ouest, qui faciliteront l'acheminement des hommes, des équipements et provisions ; de plus la municipalité du Dauphin County (comté de Dauphin) concède les bâtiments d'une école d'agriculture et les terrains voisins. Le camp est inauguré dès le 18 avril 1861 (6 jours après le début des hostilités à Fort Sumter) par Joseph F. Knipe, major de la milice pensylvannienne, qui le nomme Camp Curtin (au lieu de Union Camp) en l'honneur du gouverneur de l'état. Un hôpital, des structures d'appui et d'intendance et même un camp de prisonniers pour les "rebels" lui seront adjoints. Plus de 300 000 miliciens passeront au Camp Curtin et y seront transformés en soldats nordistes. Le Camp Curtin fermera le 11 novembre 1865 (8 mois après la capitulation), après avoir servi de site de démobilisation[2].

La première pierre du socle du Soldiers' National Monument, au centre du Gettysburg National Cemetery, fut posée le 4 juillet 1865, et son inauguration eut lieu le 1er juillet 1969. Le cimetière lui-même fut officiellement ouvert le 19 novembre 1863, et Abraham Lincoln prononça alors son célèbre discours unificateur, la Gettysburg Address.

Les années suivantes voient une amitié durable s'instaurer entre le président Abraham Lincoln et Curtin, qui est plusieurs fois convoqué pour consultation à la Maison-Blanche.

Pendant la Campagne de Gettysburg et l'invasion de la Pennsylvanie par l'Armée de Virginie du Nord (Confédérée) menée par le général Robert Lee, Curtin collabore activement avec les "maj. gen." Darius N. Couch et Granville O. Haller pour empêcher la progression des sudistes au nord de la rivière Susquehanna.

Curtin recommande aussi auprès de Lincoln (et du général en chef des armées unionistes Henry Wager Halleck) le "major général" George G. Meade, lorsque la démission du général Joseph Hooker est acceptée après la grande défaite que fut pour les unionistes, la Bataille de Chancellorsville. Meade s'avère être d'ailleurs être un bon choix : ce discret officier du génie originaire de Pennsylvanie arrive à bloquer l'avancée sudiste lors de la Bataille de Gettysburg.

Après Gettysburg, Curtin et son agent David Wills assurent la matérialisation du projet de Cimetière National sur les lieux même de la bataille. Le 19 novembre 1863, Curtin est présent sur la tribune d'où Lincoln lance son "Discours de Gettysburg" (Gettysburg Address).

Curtin assure aussi l'organisation de la grande réunion des "gouverneurs d'états loyaux" (Loyal War Governors' Conference) qui a lieu les 24 et 25 septembre 1862 à Altoona (Pennsylvanie) et qui permet la coordination des efforts de guerre nordistes.

Curtin fonde par ailleurs deux agences d'état assurant le soutien aux blessés de guerre et aux démobilisés, à Washington, D.C. et à Nashville (Tennessee), ainsi qu'une école destinée aux orphelins de guerre.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Élection présidentielle américaine de 1864 : les partisans de Lincoln (Curtin en faisait partie) soulignent sur cette affiche qu'en cas d'élection de George McClellan un cabinet de copperheads mènerait l'Union à sa perte. Entre autres abominations, la Pennsylvanie, le "keystone state" (état pierre angulaire) deviendrait un "border state" (état frontalier).

Curtin souffre d'un fort syndrome de surmenage à la fin de son premier mandat de gouverneur de Pennsylvanie (Lincoln lui avait même offert de le nommer à l'étranger, mais il avait refusé...) ; il choisit cependant de se représenter en 1863.

Après son second mandat, Curtin quitte le parti républicain et devient membre du parti démocrate. Puis il est nommé ambassadeur des États-Unis à la cour de Russie par le président Ulysses S. Grant.

Il est ensuite congressman (député) démocrate de 1881 à 1887 à la United States House of Representatives (Chambre des Représentants).

Il meurt à Bellefonte, Pennsylvanie. Sa sépulture se trouve à l'Union Cemetery de Bellefonte.

Sa famille a joué un rôle important en Pennsylvanie : Curtin est le petit-fils de Andrew Gregg, l'oncle du général John Irvin Gregg et le cousin du général David McMurtrie Gregg, et du colonel John I. Curtin[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « État pierre-angulaire ». La Pennsylvanie est aussi appelée Coal State (État du charbon) et Oil State (État du pétrole) à cause des ses gisements appalachiens.
  2. selon les articles Camp Curtin (en) et Camp Curtin (Harrisburg) (en)
  3. Lien de parenté, page 2

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]