Andreas Osiander

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Andreas Osiander

Andreas Osiander, né le 19 décembre 1498 à Gunzenhausen, Bavière - mort en 1552 à Königsberg, en Prusse, théologien réformateur allemand.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Gunzenhausen en Franconie (Bavière) le 19 décembre 1498, Osiander fait ses études à l'université d'Ingolstadt avant d'être ordonné prêtre en 1520 à Nuremberg. La même année, il commence à enseigner l'hébreu, au sein d'un couvent d'augustins.

En 1522, il embrasse publiquement le luthéranisme. Il rencontre alors Albert de Brandebourg, grand maître de l'ordre Teutonique, et contribue grandement à sa conversion au protestantisme. Il joue également un rôle éminent dans le passage à la Réforme de la ville de Nuremberg de la Réforme en 1525, année durant laquelle il se marie. Il est présent au colloque de Marbourg en 1529 et à la diète d'Augsbourg en 1530.

En 1532, il rencontre Thomas Cranmer, le futur archevêque de Canterbury, alors ambassadeur. Cranmer, qui devient bientôt son ami, l'interroge au sujet du divorce du roi Henri VIII d'Angleterre. La réponse d'Osiander ne sera publiée qu'en 1537 : Von der verbotenen Heiraten. Décidément bons amis, Cranmer décide d'épouser la nièce d'Osiander, Margarete, rompant ainsi publiquement son vœu de célibat.

Osiander fut ensuite appelé en Prusse-Orientale en 1549 et finit sa vie comme pasteur et professeur à l’université de Königsberg. Il meurt le 17 octobre 1552.

S'intéressant aux mathématiques, il s'occupa de publier De revolutionibus orbium coelestium de Nicolas Copernic en 1543. Il écrivit une préface anonyme expliquant que le système héliocentrique n'était qu'un instrument mathématique (thèse que défendit en 1616 le cardinal Robert Bellarmin contre Galilée). C'est Kepler qui révéla au siècle suivant que l'auteur de la préface n'était pas Copernic mais le théologien luthérien.

Il fut aussi un ami du mathématicien Girolamo Cardano et publia son Ars magna.

Œuvre[modifier | modifier le code]

A. Osiander, comme les humanistes de son temps, ne s'efforce pas tant de faire paraître ses propres œuvres que de travailler à faire publier de grandes œuvres, dans une édition critique. Ainsi fait-il paraître à Bâle, en 1537, une Harmonie des Évangiles (Harmoniae Evangelicae Libri III graece et latinae…autore Andrea Osiandro…). C'est très probablement lui aussi qui publie en 1541, sous le nom de Chrysogonus Polydorus, des écrits alchimiques : De Alchemia. On lui doit la publication préfacée par ses soins du livre de Copernic sur Les Révolutions des orbes célestes (1543).

Mais Osiander fut surtout un théologien qui s'opposa à Philippe Melanchthon sur la justification. Il publie en effet à ce sujet, en 1550, deux écrits de controverse, le De Lege et Evangelio et le De Justficatione. Il soutient, dans ces écrits, que la justification par la foi est une manière d'insufflation réelle de la Justice divine en l'homme, et non pas simplement une manière d'imputation. Il manifeste, ce faisant, ce qu'il doit à la tradition mystique. Ces convictions ont été défendues après sa mort par Johann Funck (son beau-fils), mais elles ont disparu progressivement.

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