Andreas Calvos

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Andreas Calvos

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Zakynthos, lieu de naissance de Calvos

Nom de naissance Ανδρέας Κάλβος
Activités poète, journaliste
Naissance 1792
Zante, Grèce
Décès 3 novembre 1869
Keddington (en), Royaume-Uni
Langue d'écriture grec moderne
Mouvement École de l'Heptanèse (en)

Œuvres principales

  • La Lyre patriotique de la Grèce

Andreas Calvos (en grec moderne : Ανδρέας Κάλβος) (Zante, 1792 - Keddington (en), Royaume-Uni, 3 novembre 1869), est un poète grec, contemporain de Solomos et l'un des plus grands écrivains grecs du XIXe siècle. Son œuvre fut popularisée vingt ans après sa mort par Costis Palamas, qui vit en lui l'un des précurseurs de la poésie moderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Zakynthos, ville de naissance de Calvos

Andréas Calvos est né en 1792 sur l'île de Zante d'une mère issue d'une famille aristocrate (Andriani Roukani) et d'un père (Ioannis Calvos) décrit comme un aventurier au service de Venise. En 1802, son père quitta sa femme et s'installa avec ses deux fils, Andréas et le jeune Nikolaos, à Livourne, afin de pouvoir fournir à Andreas une meilleure éducation. Là, Andréas étudia la littérature grecque et les Antiquités grecque et latine.

À Livourne, il écrit son premier poème, Hymne à Napoléon, un texte pacifiste dont le reniement qu'il en fera plus tard est l'unique trace subsistante, puisque le poème lui-même n'a pas été conservé. À cette époque il vit quelques mois à Pise, où il travaille comme clerc, puis s'installe à Florence, le centre de la vie intellectuelle et artistique de l'époque. Son père meurt en 1812, et les finances du jeune Calvos traversent une période difficile.

Rencontre avec Foscolo[modifier | modifier le code]

Ugo Foscolo, compatriote, ami et mentor de Calvos.

Au cours de l'année 1812, il rencontre Ugo Foscolo, le poète et érudit italien le plus reconnu de l'époque, originaire comme lui de Zante. Foscolo l'accepte comme son secrétaire, et lui fournit une place comme précepteur de l'un de ses protégés. Foscolo lui enseigne personnellement le néoclassicisme, les idéaux antiques, et le libéralisme politique. En 1813, Calvos écrit trois tragédies en italien: Théramène, les Danaïdes et Hippias. Il compose également quatre monologues dramatiques, dans le style néoclassique.

À la fin de 1813, Foscolo s'exile à Zurich pour des raisons politiques. Calvos l'y rejoint en 1816, et y apprend la mort de sa mère, ce qui l'attriste profondément comme on le voit dans son Ode à la Mort. Il compose également, à partir de 1814, l’Ode aux Ioniens.

À la fin de 1816, les deux poètes s'établissent en Angleterre. Leur collaboration continue jusqu'en février 1817, où leur amitié ne survit pas aux démonstrations de leur caractère irritable et amer. Calvos gagne sa vie en donnant des leçons d'italien et en traduisant des livres religieux italiens et grecs. En 1818-1819, il donne des conférences sur la prononciation correcte du grec ancien. Il rédige et publie une grammaire grecque moderne, une méthode d'apprentissage de l'italien en 4 volumes et conseille la syntaxe d'un dictionnaire anglais-grec.

En mai 1819, il épouse Theresa Thomas qui meurt un an plus tard. Une histoire d'amour simultanée avec son élève Susan Ridout s'avère également un échec, et on lui attribue une tentative de suicide à cette époque. Il quitte l'Angleterre au début de 1820.

Publication des Odes et retour en Grèce[modifier | modifier le code]

Nauplie, siège du premier gouvernement grec indépendant.

En septembre 1820, en route pour Florence, il s'arrête quelque temps à Paris. Il est impliqué dans le mouvement des Carbonari et est arrêté et expulsé le 23 avril 1821. Il se retire à Genève, et trouve un soutien dans le cercle philhellène de la ville. Il travaille à nouveau en tant que professeur de langues étrangères, tout en publiant une édition commentée de l'Iliade, qui n'est cependant pas couronnée de succès.

Emporté par l'enthousiasme du début de la guerre d'indépendance grecque, il publie, en 1824, la première partie de ses poèmes grecs, La Lyre patriotique de la Grèce (Λύρα), un recueil de dix odes. Presque immédiatement, la publication des odes traduites en français par Stanislas Julien trouve un accueil très favorable. Au début de 1825, Calvos revient s'installer à Paris où, un an plus tard, il publie dix autres Odes nouvelles (Λυρικά), avec l'aide financière des philhellènes, traduites par Guillaume Pauthier.

L'Académie ionienne à Corfou, où Calvos fut professeur.

À la fin de juillet 1826, il se rend à Nauplie. Il est cependant déçu par les querelles nationales en cours et par l'indifférence de la population envers lui et son travail. En août de la même année, il se rend à Corfou, où il enseigne comme précepteur à l'Académie ionienne, avant d'y être nommé professeur en 1836. Il est directeur du Collège Ionien (Κερκυραϊκό Γυμνάσιο) au cours de l'année 1841, succédant à Francesco Orioli (it), mais il démissionne à la fin de l'année[1]; il écrit également dans la presse locale.

Pendant de nombreuses années, Calvos et Dionýsios Solomós vivent tous les deux à Corfou, mais ne semblent pas avoir de relation l'un avec l'autre. Cela est probablement dû à son caractère fantasque, auquel contribue le manque de reconnaissance dans son pays natal.

Fin de sa vie[modifier | modifier le code]

À la fin de 1852, Calvos quitte Corfou et s'établit à Keddington près de Louth (en) dans le Lincolnshire, en Angleterre, où il épouse Charlotte Wadans un an après son arrivée. Il y meurt le 3 novembre 1869.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Le drapeau de Zakynthos reprend un vers de la Lyre de Calvos: « La liberté a besoin de vertu et de courage » (Θέλει αρετή και τόλμη η ελευθερία)

Son œuvre poétique se limite à vingt odes d'inspiration patriotique, La Lyre qui fut immédiatement traduite à Paris, et les Odes nouvelles qui y furent directement publiées. S'ensuit un silence de près de quarante-trois ans.

Il y réutilise la prosodie antique, mais brise le vers de quinze syllabes en deux hémistiches et se libère du « barbarisme des rimes » ce qui le fera reconnaître comme un précurseur par les poètes grecs modernes tels Costis Palamas et Odysséas Elytis[2].

Son vocabulaire mêle termes anciens et modernes, savants comme populaires, en un ensemble hétérogène. La rhétorique archaïsante et l'omniprésence de références mythologiques contrastent fortement avec l'œuvre de Solomos et son sens de la langue. Certaines images sont fulgurantes, mais le rythme néoclassique inspiré de la prosodie antique fragmente l'intensité poétique en un résultat hétérogène. Georges Séféris parle ainsi des « intermittences » de Calvos, qui constituent la limite de son œuvre inspirée.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Recueils de poésies
  • La Lyre patriotique de la Grèce - Odes d'Andreas Calvos (Λύρα - ᾨδαὶ Ἀνδρέα Κάλβου), 1824. L'édition originale fut traduite par Stanislas Julien[3].
  • Odes nouvelles (Λυρικά), 1826. L'édition originale fut traduite par Guillaume Pauthier[4].

Une nouvelle traduction en français des Odes de Calvos, réalisée par Ioannis-Andreas Vlachos, a été publiée en 1998[5].

Œuvres en langues étrangères
  • Hippias, tragédie
  • Danaïdes, tragédie
  • Théramène, tragédie
  • Les Saisons - Giovanni Meli (Le Stagioni - Giovanni Meli)
  • Ode aux Ioniens (ᾨδὴ είς Ἰονίους), 1814
  • Projet de nouveaux principes pour les lettres (Σχέδιο Νέων Ἀρχῶν τῶν Γραμμάτων)
  • Apologie du suicide (Ἀπολογία τῆς Αὐτοκτονίας)
  • Cours d'italien en quatre parties, 1820
  • Introduction au calcul différentiel (Έρευνα περὶ τῆς Φύσεως τοῦ Διαφορικοῦ Ὑπολογισμοῦ), 1827
  • Grâces - extraits, Foscolo (Χάριτες - ἀποσπάσματα, Φώσκολος), 1846
Œuvres diverses
  • Hymne à Napoléon (Ὕμνος πρὸς τὸν Ναπολέοντα), 1813-1815
  • Livre de prières publiques (Βιβλίον τῶν Δημοσίων Προσευχῶν), 1820
  • Grammaire de la langue grecque moderne (Γραμματικὴ τῆς Νέας Ἑλληνικῆς Γλώσσης), 1822
  • Liturgia Aglicana Polyglotta - traductions, 1821-1826
  • Critique théologique - articles (Ἐπίκρισις Θεολογική - άρθρα), 1849
  • Lettres inconnues de Calvos (Αγνωστα γράμματα του Κάλβου), 1982

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Émile Legrand et Hubert Pernot, Bibliographie ionienne : description raisonnée des ouvrages publiés par les Grecs des Sept-îles ou concernant ces îles, du XVe siècle à l'année 1900, Paris, Ernest Leroux, coll. « Publications de l'École des langues orientales vivantes » (no 6-7),‎ 1910, 2 vol. ; gr. in-8, 861 p. (lire en ligne), p. 346
  2. Stratis Tsirkas, Encyclopædia Universalis : André Calvos (résumé)
  3. Legrand et Pernot, Bibliographie ionienne, Paris, Leroux,‎ 1910 (lire en ligne), p. 281
  4. Legrand et Pernot, Bibliographie ionienne, Paris, Leroux,‎ 1910 (lire en ligne), p. 288
  5. Jean-Claude Polet, Patrimoine littéraire européen: anthologie en langue française, vol. 13, De Boeck Université,‎ 2000 (ISBN 9782804131623, lire en ligne), p. 588

Sources[modifier | modifier le code]

  • (el) « Biographie et œuvres de Calvos » (consulté le 4 septembre 2010)
  • (el) « Biographie de Calvos » (consulté le 4 septembre 2010)
  • (el) Themos Rodanthis, Présentation générale et biographique des poètes et des romanciers : avec une analyse des oeuvres majeures [« Γενικά στοιχεία λογοτεχνίας και βιογραφίες ποιητών και πεζογράφων - Με αναλύσεις των κυριότερων έργων τους »], Knossos,‎ 1981, 366 p.
  • (el) Encyclopédies Μαλλιάρης Παιδεία, Υδρία, Δομή et Πάπυρος Larousse Britannica