Andrés María de Guzmán

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Don Andrés de Guzmán y Ruiz de Castro t'Serclaes de Tilly, comte de Guzmán, "Andrés María Guzmán" ou "André de Guzman"[1], né à Grenade le 7 octobre 1753 et guillotiné à Paris le 15 prairial an II (5 avril 1794), est un révolutionnaire français de naissance espagnole.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Don Andrés de Guzmán y Ruiz de Castro t'Serclaes de Tilly, comte de Guzmán, était le fils du comte Juan de Dios de Guzmán de Maraver et d'Isidora de Ruiz de Castro, comtesse de Tilly[2], elle-même la fille de la princesse Albertine-Josèphe t'Serclaes, comtesse de Tilly et du Saint-Empire, fille du Général "belgo"-espagnol Alberto Octavio t'Serclaes de Tilly[3]. D’une illustre famille de noblesse espagnole et du Saint-Empire, Guzman cousinait donc avec certaines têtes couronnées.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fit ses études à l’École militaire de Sorèze de 1762 à 1769, servit en Espagne puis en France. Il vint à Paris en 1778 où il se fit remarquer par un train de vie somptueux, obtenant la nationalité française en 1781.

Toujours à court d'argent, car outre son mode de vie, il était joueur et endetté, il entra en relations avec divers financiers parmi lesquels le comte belge Berthold de Proly qui demeura son ami. Il connut le banquier Jean-Frédéric de Perrégaux qui lui prêté de grosses sommes d'argent en 1785 et 1787[4], et qu'il voyait régulièrement sous la Révolution lorsqu'il fut décidé d'instrumenter plusieurs membres de la commune.

Menant grand train dans son hôtel particulier de la rue Neuve-des-Mathurins, il entretenait les plus jolies filles dont la célèbre Louise Cosme-Descoings, une beauté, dont Louis David était paraît-il amoureux. C'est chez lui sans doute que Jacques-René Hébert rencontra son épouse, amie de Mlle Louise Descoings.

Il fut le grand pourvoyeur des maisons de jeu du Palais-Royal, frayait avec la Bande noire et le moteur secret de la grande conspiration des Hébertistes ou Exagérés qui faillit "dynamiter" la Convention nationale et entraîna d'irréparables dégâts humains.

Actionnaire de plusieurs maisons de jeu au Palais-Royal, en cheville avec les banquiers politiques comme Laborde, de Pestre de Séneffe, Perrégaux, il s’aboucha dans le même temps avec les députés montagnards et les membres de la commune et des Cordeliers, tous ceux qui gravitaient autour de Jean-Nicolas Pache et de Jacques René Hébert. Employé par Perrégaux pour rémunérer les comités insurrectionnals du printemps 1793, il fut avec le comte Berthold de Proly, François Desfieux et Jacob Péreyra un entraîneur d'hommes qu'il poussa à l'exagération révolutionnaire et l'un des distributeurs d'argent les plus actifs de la Commune de Paris de 1791 à 1793. l'ancien policier Sénar, dans ses Révélations puisées dans les cartons du Comité de sûreté générale, parles des rémunérations de 2300 livres - ce qui est le salaire d'un médecin pendant une année, accordées à chacun des membres du comité réuni à l'Evêché (Varlet, Dobsent, etc.).

Le ci-devant comte de Guzman se montra l'un des plus acharnés anti-Girondins, et on le baptisa « don Tocsinos » pour avoir fait sonner le tocsin à Notre-Dame, le 31 mai 1793, afin d’ameuter la foule.

Ami du marquis de Girardin, le fameux ami et zélateur de Jean-Jacques Rousseau, il aurait été en contact avec Saint-Just, ce qui est fort peu probable. Il est certain en revanche qu'il finançait Marat, de concert avec Jean-Frédéric Perrégaux: tous les trois se connaissaient d'ailleurs fort bien.

Le ci-devant comte Andres Maria de Guzman fut arrêté et condamné « comme "conspirateur", et pour reprendre les litanies du tribunal révolutionnaire, avoir été complice de d’Orléans et Dumouriez ; également pour avoir voulu massacrer les patriotes des Comités de salut public et de sûreté générale et des Jacobins ». En fait, Maximilien de Robespierre voulait se débarrasser d’un redoutable démagogue et d’un agitateur remarquable dont il ne contrôlait pas les activités.[réf. nécessaire] En prison à la force, un détenu écrivait à son sujet:"tête forte et pensante; manouvrier de la Révolution"[5].

Arrêté, jugé et condamné à mort, il fut exécuté le 15 prairial an II avec quelques conspirateurs de l'étranger comme lui, auxquels on agrégea à dessein, pour leur nuire,[réf. nécessaire] Georges Jacques Danton et la petite poignée des Indulgents Camille Desmoulins, Philibert Simon, Philippeaux, etc.).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André de Guzman, Mémoire et consultation sur la légitimité de la princesse Albertine de T'Serclaes-Tilly, 1784
  2. Adolfo Barredo de Valenzuela, Ampelio Alonso-Cadenas López, Nobiliario de Extremadura: Parrilla-Ruvio, Ediciones Hidalguia, 2001, p.55
  3. La légitimité d'"Albertine-Josèphe t'Serclaes-Tilly" a été contestée juridiquement au XVIIIe siècle car elle était issue d'un "mariage putatif", voir Philippe-Antoine Merlin de Douai, Répertoire universel et raisonné de jurisprudence, Bruxelles, 1827 (Cinquième édition), Tome 17, p.327 et sesq. et André de Guzman, Mémoire et consultation sur la légitimité de la princesse Albertine de T'Serclaes-Tilly, 1784
  4. Bouchary, Les manieurs d'argent
  5. Cité par Dauban dans Les prisons de Paris sous la Révolution

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Mathiez, Un agent de l'étranger, l'Espagnol Guzman, in Autour de Danton, Paris, 1926.
  • Jean Bouchary, Perrégaux in Les manieurs d'argent à Paris à la fin du XVIIIe siècle, Paris, 1939.