André de Nesmond

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André de Nesmond
Marquis de Nesmond
Surnom Chevalier de Nesmond
Naissance 17 novembre 1641
à Bordeaux (France)
Décès 11 juin 1702 (à 60 ans)
à La Havane (Cuba)
Origine Français
Allégeance Drapeau de l'Ordre de Malte Ordre de Malte
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade Lieutenant général des armées navales
Années de service 16621702
Conflits Guerre de Hollande
Guerre de la Ligue d'Augsbourg
Guerre de Succession d'Espagne
Faits d'armes Bataille de Solebay
Combats de Schooneveld
Bataille de la baie de Bantry
Bataille du cap Béveziers
Bataille de la Hougue
Bataille de Lagos
Distinctions Commandeur de Saint-Louis

André de Nesmond, né le 17 novembre 1641 à Bordeaux (France) et décédé le 11 juin 1702 à La Havane (Cuba) est un officier de marine français du XVIIe siècle. Il prend part aux principaux conflits du XVIIe siècle opposant le royaume de France à ses voisins européen sur les mers, guerre de Hollande, de la Ligue d'Augsbourg et de Succession d'Espagne. Il termine sa carrière au grade de lieutenant général des armées navales et commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maison de Nesmond.

André de Nesmond est issu de la famille de Nesmond, « une longue lignée de parcheminiers devenus échevins d'Angoulême[1] ». Originaire d'Irlande, cette famille — établie à Bordeaux et dans l'Angoumois — donne plusieurs présidents au Parlement de Bordeaux et un Premier président du Parlement de Paris. Il est le fils de Henri de Nesmond, seigneur de Maillou (v.1600- 1687) et de Marie de Tarneau de cette union naissent six enfants dont :

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Le 31 mai 1658, alors qu'il est âgé de 17 ans, il est reçu dans l'Ordre de Malte, grâce à de faux titres de noblesse[2].

En 1662, il entre dans la Marine royale. Le 15 novembre 1662, il est promu lieutenant de vaisseau avec un traitement annuel de 1 000 livres[2]. L'année suivante, alors qu'il faisait route vers Lisbonne à bord de L'Infante, il est blessé au combat contre trois navires corsaires barbaresques (algériens). Promu capitaine de vaisseau à Rochefort le 1er janvier 1667, il se bat sous les ordres du duc de Beaufort lors de siège de Candie en 1669.

Guerre de Hollande (1672-1678)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Hollande.

Pendant la guerre de Hollande, il commande Le Vaillant, 64 canons, à la bataille de Solebay le 7 juin 1672. Il est capitaine en second du vaisseau le Conquérant, 70 canons, aux deux combats de Schooneveld les 7 et 14 juin 1673, au cours desquels le capitaine Tivas est tué. Il continue le combat et reçoit en récompense le commandement du vaisseau Le Vaillant avec lequel il prend part à la bataille de Texel, le 21 août 1673.

En 1674 et 1675, il commande L'Actif. Le 1er février 1675, en compagnie du marquis de Châteaurenault, il combat pendant trois heures et défait l'amiral hollandais Ruyter « le Jeune » près du cap Lizard. Il contraint ce dernier à fuir vers Plymouth pour réparer. Cette action lui vaudra d'être cité dans La Gazette de France. En 1677 et 1678, il commande Le Belliqueux, 60 canons, à la reprise de Cayenne, au Cap-Vert, à la bataille de Tabago dans les Caraïbes le 3 mars 1677, sous les ordres du comte d'Estrées, lorsqu'il s'échoue dans l'archipel des îles d'Aves. Toute l'escadre française (sept vaisseaux de ligne, trois frégates et sept navires auxiliaires) se perdent sur les récifs. D'Estrées ayant refusé, avec obstination, de suivre les conseils des officiers et pilotes locaux qui connaissaient la configuration et les dangers de ces eaux.

En 1685, après la Paix de Nimègue (1678-1679), il quitte l'ordre de Malte qui impose le célibat et épouse Catherine de Métivier, fille d'un conseiller au Parlement de Bordeaux. De cette union naitra une fille l'année suivante : Marie (1686-1726), qui épouse en 1706, Jean d'Harcourt de Beuvron[3].

Guerre de la Ligue d'Augsbourg[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de la Ligue d'Augsbourg.

Le 6 février 1688, alors que s'annonce la guerre de la Ligue d'Augsbourg, il est promu chef d'escadre de Picardie, à la place de Châteaurenault, promu lui lieutenant général des armées navales. En 1690, à bord du Content, il escorte les troupes françaises envoyées en Irlande, en soutien à Jacques II d'Angleterre et prend part à la bataille qui suivit, la bataille de la baie de Bantry, puis à la prise d'un vaisseau hollandais et à la descente de Teignmouth, en Angleterre. Nesmond embarque alors à son bord un parent éloigné[4], Joseph de Nesmond de Brie (1675-1751) qui fera ses débuts sous ses ordres et à qui il servira de protecteur jusqu'à sa mort.

L'année suivante, il participe à la bataille du cap Béveziers, le 10 juillet 1690, en tant que capitaine du Souverain. Du 25 juin au 14 août 1691, il participe à la « campagne du Large » sous les ordres de Tourville, pendant cinquante jours la flotte française échappe à la flotte anglaise de l'amiral Russell, d'abord en Manche puis dans l'océan Atlantique.

Il se distingue à la bataille de la Hougue, le 29 mai 1692, sous les ordres du vice-amiral de Tourville. À bord du vaisseau le Monarque, il commande une division navale, avec laquelle il parvient à maintenir à distance l'avant-garde hollandaise jusqu'à la fin du combat. Malgré la défaite française, il parvient à sauver une partie de sa division et conduit ses deux vaisseaux Le Monarque et L'Aimable, à travers la Manche et en direction du nord de l'Angleterre.

Il est promu lieutenant général des armées navales à Toulon, le 1er janvier 1693 et chevalier de Saint-Louis à la création de l'ordre, en mai 1693. C'est à cette époque que le « marquis de Nesmond » se fait une réputation de formidable raider, capturant un nombre important de vaisseaux, remplis de marchandises précieuses. Au cours de la bataille de Lagos au large du Portugal en 1693, il capture deux bâtiments de guerre hollandais et plusieurs navires marchands appartenant à un convoi venu de Smyrne (Izmir en actuelle Turquie).

En 1695, il navigue à bord de L'Excellent, armé par Vauban en navire de course. Le 26 avril 1695, près de Sorlingues, en compagnie de quatre navires corsaires malouins (dont un commandé par Duguay-Trouin), il capture le vaisseau anglais HMS Esperance, 72 canons puis. Le 17 août, il coule un vaisseau d'escorte et prend deux navires marchands de la Compagnie des Indes orientales. En 1696, à bord du Sceptre, il réalise ses deux plus belles prises, à savoir deux navires marchands anglais revenant des Indes, remplis de porcelaines des Indes, de diamants, de laque, de soieries, de poivre et d'opium. La marchandise (diamant exclus) sera revendue pour 3 150 000 livres au financier protestant Samuel Bernard. En outre, de Nesmond s'empare de 1 500 000 livres, 240 canons et 716 hommes. Le roi fera graver une médaille avec la mention « Trésors des Indes enlevés aux ennemis ». Au printemps 1696, à la tête d'une escadre composée des vaisseaux le Fougueux, le Fort et le Téméraire, il capture au large du cap Finisterre une flotte composée d'un navire d'escorte et de huit navires marchands en provenance d'Ostende.

Article détaillé : Campagne de la péninsule d'Avalon.

En 1697, il commande une escadre composée de dix vaisseaux, deux brûlots et une galiote envoyée protéger Terre-Neuve en Nouvelle-France, et ravager Boston et New York et les établissements de la Nouvelle-Angleterre en Amérique du Nord. Parti de France, le 15 mai 1697, il n'arrive à Plaisance que le 26 juillet et faute de vent, il ne peut attaquer Boston. Il se porte alors devant Saint-Jean de Terre-Neuve ou il affronte une escadre de l'amiral Norris. Il rentre en France, le 30 septembre 1697 avec trois prises anglaises. Le marquis de Nesmond enlève encore aux Anglais trois vaisseaux richement chargés, au mois de mai 1698.

En 1700, de Nesmond est fait commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis et le roi lui accorde une pension de 3 000 livres par an. Il reçoit le commandement du Sceptre et part croiser au large de Cadix et de la Tunisie.

Guerre de Succession d'Espagne[modifier | modifier le code]

Au début de la guerre de Succession d'Espagne, il est envoyé par le marquis de Châteaurenault dans les Caraïbes pour protéger et rapporter les galions espagnols, mais il tombe malade et décède le 11 juin 1702 à bord de la Ferme dans le port de La Havane, à Cuba.

Ses biens vont à sa fille Mme d'Harcourt de Beuvron, belle-sœur du duc d'Harcourt, maréchal de France.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

André de Nesmond épouse Catherine Metiviet. De cette union naît une fille :

Jugement et postérité[modifier | modifier le code]

L'historien de la marine Michel Vergé-Franceschi écrit :

« Les Nesmond, robins bordelais, ont ainsi donné à la Marine royale deux officiers généraux, l'un sous Louis XIV et l'autre sous Louis XV, illustrés tous deux dans la guerre d'escadre comme dans la guerre de course. Or il y a assez peu de Bordelais au service de la Marine de guerre pour que ceux-ci ne soient point tout à fait oubliés. Le nom de Nesmond à la fin du XVIIIe siècle était encore regardé en Cour comme “un nom en recommandation dans la Marine.” »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vergé-Franceschi 2006, p. ??
  2. a et b Marzagalli 2002, p. 19
  3. ou Louis-François de Harcourt, comte de Sézanne
  4. Le bisaïeul d'André de Nesmond est le frère du bisaïeul de Joseph de Nesmond de Brie. C'est à tort que certains historiens prétendent que Joseph est le fils d'André, qui sera son protecteur dans la Marine, mais qui ne se maria pas avant 1685.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. d'Aspect, Histoire de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, vol. 3, Paris, chez la veuve Duchesne,‎ 1780 (lire en ligne), p. 181
  • Michel Vergé-Franceschi, Les Officiers généraux de la marine royale (1715-1774) : origines, conditions, services, vol. 3, Librairie de l'Inde,‎ 1990, p. 1254 et suiv.
  • Silvia Marzagalli, Bordeaux et la marine de guerre : XVIIe ‑ XXe siècle, Presses universitaires de Bordeaux,‎ 2002 (lire en ligne)
  • Michel Vergé-Franceschi, La société française au XVIIe siècle : tradition, innovation, ouverture, Paris, Fayard,‎ 2006, 463 p. (ISBN 2-213-63129-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]