André Verchuren

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

André Verchuren

Surnom Verchu[1]
Le roi du musette
Nom de naissance André Verschueren[2]
Naissance 28 décembre 1920
Neuilly-sous-Clermont, France
Décès 10 juillet 2013 (à 92 ans)
Chantilly, France
Activité principale accordéoniste, compositeur, comédien
Genre musical valse, musette, chanson française
Années actives de 1926 à 2013
Labels Decca - Festival
Musidisc - Sun Records
WH Production

André Verschueren, dit André Verchuren, né le 28 décembre 1920 à Neuilly-sous-Clermont, dans l'Oise, et mort le 10 juillet 2013 (à 92 ans) à Chantilly est un accordéoniste français. Il est le meilleur vendeur de disques d'accordéon, avec plus de 70 millions de disques vendus tous supports confondus.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille originaire de Belgique, le jeune André commence l'accordéon à quatre ans et suit les cours de son père, Raymond Verschueren, musicien professionnel. Il touche son premier cachet à six ans en animant un bal, accompagné de sa mère à la batterie et dispense des cours dans l'école d'accordéon de son père. Il est embauché dans une usine de tréfilerie, devient garçon de café, jardinier. En 1936, à seize ans, il reçoit la coupe du monde d'accordéon des mains du roi Léopold III de Belgique en jouant l'ouverture des Saltimbanques debout, contre les codes de l'époque[1].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, André Verchuren entre dans la Résistance en aidant les parachutistes alliés à se cacher. En juin 1944, il est dénoncé, arrêté par la Gestapo, torturé et envoyé au camp de Dachau dans le « train de la mort », convoi no 7909, le 2 juillet 1944. Il en ressortira 13 mois plus tard, en août 1945. Durant sa détention à Dachau, il sera notamment affecté au terrible Sonderkommando, c'est-à-dire au personnel chargé des fours crématoires[3]. Le 14 juillet 1944, il provoque les SS en faisant, au péril de sa vie, chanter La Marseillaise à tous ses camarades détenus du block[1]. À la sortie des camps, il lui faut plusieurs années pour que ses doigts retrouvent leur agilité.

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

À partir de 1950, Verchuren voit sa carrière décoller suite à sa participation à la populaire émission de Radio Luxembourg Swing contre musette (il a été inscrit à l'émission par son collègue Tony Murena). Sélectionné pour un match organisé sur la scène du Moulin rouge auquel assistent en direct 10 millions d'auditeurs, il emporte les suffrages. Il entre ensuite chez Decca, sa première maison de disques, avant d'intégrer la maison Festival. En 1956, il est le premier accordéoniste à se produire à l'Olympia à Paris pendant trois semaines[1]. Le succès populaire est immédiat. Parallèlement à ses émissions à la radio (17 ans sur RTL, puis 13 ans sur Europe 1), « Verchu » va à la rencontre de ses auditeurs. Il sillonne la France entière, donnant 150 galas par an. Il affirmait : « Les bals, la musique, la route : autant de drogues pour moi[1]. » Il a inventé la formule du « bal-music-hall ».

En 1968, André Verchuren a publié ses mémoires sous le titre Mon accordéon et moi.

À La Défense, il a joué lors du plus grand bal de France devant 125 000 spectateurs[réf. nécessaire]. Le 3 janvier 2007, il a fêté ses 80 ans de carrière lors d'un concert à l'Elispace de Beauvais.

Recordman du monde de vente de disques d'accordéon, avec plus de 70 millions d'albums vendus[1], André Verchuren a enregistré durant sa carrière 777 albums tous supports confondus (deux par semaine). En 1992, il avoue avoir parcouru 7 millions de kilomètres en voiture, un million en avion[1]. Il a participé à plus de 10 000 galas devant 40 millions de spectateurs.

Il meurt à l'âge de 92 ans d'un arrêt cardiaque alors qu'il dînait dans une pizzeria de Chantilly[4]. Ses obsèques ont eu lieu le mercredi 17 juillet 2013, en l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Chantilly, dans l'Oise.

Famille[modifier | modifier le code]

André Verchuren a deux fils : l’aîné Harry Williams, ayant choisi son nom en hommage à un parachutiste que son père a aidé pendant la guerre, est aujourd'hui producteur de musiques ; le plus jeune se nomme André Verchuren Junior.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • En tant qu'ancien déporté-résistant, André Verchuren reçoit les insignes de chevalier de la Légion d'honneur le 5 mai 1986. Il est promu officier le 4 novembre 1997[5].
  • Il reçoit également un diplôme du président Eisenhower, lui signifiant la reconnaissance des États-Unis.
  • Il est élevé au rang de commandeur de l'ordre national du Mérite au titre de sa carrière musicale le 17 novembre 2006[6].

Discographie partielle[modifier | modifier le code]

  • Le Petit Chapeau tyrolien
  • Ah! si j'étais resté célibataire
  • Le Tango nous invite
  • Ce soir, on va faire la java
  • Le Chouchou de mon cœur
  • Les Fiancés d'Auvergne (son plus grand tube)
  • Style musette (valse)
  • Quand tu reviendras (avec Aimable)
  • En amateur (valse)
  • Le Plus Grand Bal du samedi soir
  • Charleston à Paris
  • Le chatouilleur de boutons
  • La Valse des pompiers
  • Les Routiers
  • Accordéon rusticana
  • Le Réveil de la volière
  • Le Roi de l'arène (paso doble)
  • Bonjour les amis (marche officielle de Radio Luxembourg)
  • La Valse de la fête foraine (avec Jo Moutet)

Cinéma[modifier | modifier le code]

Radio et télévision[modifier | modifier le code]

  • Animateur de Radio Luxembourg et de Europe 1 pendant 30 ans (respectivement 17 ans et 13 ans)
  • Producteur d'émissions télévisées

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références
  1. a, b, c, d, e, f et g « Mort d'André Verchuren, le roi du bal musette », sur lemonde.fr,‎ 11 juillet 2013.
  2. André Verschuere-SACEM, andre-verchuren.com, consulté le 10 juillet 2013.
  3. Meddeh Belkanichi, "André Verchuren, un Vouzinois de cœur", sur L'Union, lundi 15 juillet 2013.
  4. AFP, « André Verchuren est mort », Le Figaro, mis en ligne le 10 juillet 2013, consulté le 10 juillet 2013.
  5. Annonce du décès, sur metronews.fr.
  6. « André Verchuren en 10 chiffres », sur lefigaro.fr.