André Schiffrin

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André Schiffrin, né le 12 juin 1935 à Paris et mort, dans la même ville, le 1er décembre 2013 (à 78 ans)[1],[2], est un éditeur franco-américain qui a exercé à New York au sein des éditions Pantheon Books puis à The New Press[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

André Schiffrin est le fils de Jacques Schiffrin fondateur de la Pléiade et un cousin éloigné de Lalo Schifrin. Jeune enfant, il doit partir en 1941[4] à New York avec sa famille pour fuir les persécutions anti-juives en France[5]. Le 16 novembre 2011, l’ambassadeur de France aux États-Unis, François Delattre, a reconnu « le tort commis contre Jacques Schiffrin en même temps qu’il voulait honorer André Schiffrin[6]. »

En tant que socialiste anticommuniste, Schiffrin s'opposa aussi bien à l'invasion soviétique en Hongrie qu'à la guerre du Viêt Nam menée par les Américains. Il fut l'un des fondateurs de l'organisation « Étudiants pour une société démocratique » (Students for a Democratic Society)[7]. En 1968, il signa la « pétition des écrivains et éditeurs contre l'impôt de guerre » (Writers and Editors War Tax Protest) appelant à refuser de payer ses impôts afin de s'opposer à la guerre au Viêt Nam[8]

André Schiffrin a été de 1962 à 1990 à la tête d'une des plus prestigieuses maisons d'édition américaines, Pantheon Books, et a permis la publication de Foucault, Sartre, Chomsky, Medvedev, entre autres[9]. Il quitte cette maison d'édition à la fin des années 1980 en raison de son désaccord avec l'orientation éditoriale imposée cherchant des publications à la rentabilité maximale et garantie[5]. À partir 1991, il a dirigé The New Press, une maison d'édition indépendante qui publie notamment Noam Chomsky et Eric Hobsbawn[9].

Il meurt à Paris d'un cancer du pancréas[2].

Famille[modifier | modifier le code]

Sa fille Anya est mariée à l'économiste et prix Nobel Joseph Stiglitz. Sa fille Natalia est mariée à l'avocat international Philippe Sands.

Édition et globalisation[modifier | modifier le code]

Fervent défenseur de la petite édition, André Schiffrin a analysé les menaces qui pèsent sur le monde éditorial et a dénoncé dans ses ouvrages les phénomènes de globalisation qui touchent le monde de l'édition et des médias.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • L'Édition sans éditeurs, aux éditions La Fabrique, 1999. Traduction de Michel Luxembourg
  • Le Contrôle de la parole, aux éditions La Fabrique, 2005. Traduction de Éric Hazan
  • Allers-retours, éditions Liana Levi, 2007. Traduction de Fanchita Gonzalez-Batlle. Titre original : A Political Education
  • L'Argent et les Mots, aux éditions La Fabrique, 2010. Traduction de Éric Hazan

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Avec la mort d'André Schiffrin, l'édition perd un “éditeur différent” », Florence Noiville dans Le Monde du 2 décembre 2013.
  2. a et b (en) « André Schiffrin Publishing Force and a Founder of New Press Is Dead at 78 » dans The New York Times du 2 décembre 2013.
  3. Nécrologie sur le site de The New Press.
  4. Voir notice d'autorité de la BnF.
  5. a et b « André Schiffrin, “alter-éditeur” ? » dans Télérama du 16 mai 2010.
  6. John R. MacArthur, « L’histoire des Schiffrin, père et fils », Le Devoir, 5 décembre 2011.
  7. Voir sur newyorker.com.
  8. Writers and Editors War Tax Protest, 30 janvier 1968 dans le New York Post.
  9. a et b Mathieu Lindon, « La Pléiade, une histoire en 566 volumes », Libération,‎ 18 décembre 2010 (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]