André Sainte-Laguë

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André Sainte-Laguë (, prononcé ɑ̃ˈdʀe sɛ̃tlaˈɡy) est un mathématicien français, pionnier de la théorie des graphes. Il est connu pour ses recherches (publiées en 1910) concernant les méthodes de répartition de sièges électoraux, il a donné son nom à l'une d'entre elles, la méthode de Sainte-Laguë.

Il a publié plusieurs essais de vulgarisation mathématique, dont un Du connu à l'inconnu (préfacé par le biologiste Jean Rostand) a été traduit en plusieurs langues.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Casteljaloux (Lot-et-Garonne), en 1882, Sainte-Laguë a été admis à la fois, à l’âge de 20 ans, à l’École polytechnique et à l’École normale supérieure. Il choisit celle-ci et devint professeur en province, puis à Paris. Pendant la grande guerre, après avoir été trois fois blessé, il fut rattaché au Service des inventions de l’École normale de 1917 à 1919, étudia au laboratoire les obus à longue portée, et par la suite, le vol des oiseaux, ainsi que des questions se rattachant à l’aviation (essai de théorie du poisson).

Après la Première Guerre mondiale, professeur dans les lycées de Paris, il devint maître de conférences de mathématiques au Conservatoire national des arts et métiers. Puis il reçut, en 1938, la Chaire de mathématiques appliquées. Il y forma des générations d’ingénieurs et de techniciens. Il fut l’organisateur et l’animateur de la Section de mathématiques du Palais de la découverte, où son esprit encyclopédique reste encore présent.

À côté de sa carrière universitaire, il menait une existence de militant, en particulier à la Confédération des travailleurs intellectuels, dont il était président dès 1929. Dès les premiers jours de l’Occupation, il prenait une part importante dans la résistance et fut même emprisonné pendant un certain temps. Il ne reprit ses fonctions au Conservatoire national des arts et métiers qu’après la Libération et eut un nombre grandissant d’élèves. À sa mort, il faisait trois cours en totalisant deux mille cinq cents élèves.

Il était officier de la Légion d’honneur et était décoré de la croix de guerre et de la médaille de la Résistance.

Sa mort subite survient au moment même où il venait d’accepter la présidence du Comité de la Société des amis de l’Institut métapsychique, dont il était vice-président en 1949 et membre depuis 1934.