André Maurin

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André Maurin, né le 29 février 1908 à Toulouse, décédé le 6 août 2012 à Albi, était un philosophe français.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Après des études secondaires commencées à l’Abbaye-École de Sorèze et terminées au lycée Pierre-de-Fermat à Toulouse, André Maurin est reçu à l'agrégation de philosophie en 1930.

Il enseigne à Castres (1931-1933), puis à Albi (1934-1935), avant de devenir répétiteur à l'École normale supérieure (1935-1939). Mobilisé dans l’artillerie entre 1939 et 1940, il rejoint la France libre à Londres en juillet 1940 d’où il entreprend plusieurs voyages vers les États-Unis et l’Afrique du Nord, ainsi que des missions auprès des réseaux de Résistance de Toulouse, où il rencontre Raymond Badiou, futur maire de la ville. Après la Libération, il revient enseigner à Albi (1945-1948) puis en première supérieure au lycée Pierre-de-Fermat (1948-1951) où Raymond Badiou enseignera d'ailleurs lui aussi. Il devient ensuite professeur de philosophie à l'université de Toulouse (de 1951 à 1968), où il fonde les Presses universitaires de Toulouse. Pendant ces mêmes années, il a été détaché auprès de l'École nationale de la France d'outre-mer, où il se forge ses convictions en faveur de la décolonisation.

À part ses passages à Paris, Maurin passe toute sa vie dans la région de Toulouse, jusqu'à son décès survenu au petit matin le 6 août 2012 à l'âge de 104 ans. Il ne laisse aucun héritier.

Londres et la Résistance[modifier | modifier le code]

C’est à Londres que Maurin fait ses premières rencontres politiques. Avec Charles de Gaulle, d’abord, qu’il ne côtoiera que très peu, puis surtout, en 1944, avec François Mitterrand.

C’est aussi durant cette période que Maurin vit physiquement son engagement aux côtés des réseaux de la Résistance de Toulouse, plus particulièrement du groupe de résistance 35e brigade MOI-FTP dont il assure les liaisons dangereuses avec Londres, avec le groupe Bertaux avec lequel il organise des parachutages de matériel de sabotage dans la Zone sud, et avec le réseau Brutus-Boyer, où il se lie d’amitié avec Gaston Defferre (connu dans le réseau sous le pseudonyme « lieutenant-colonel Danver »). Il est à Toulouse le 19 août 1944, jour de la libération de la ville.

La décolonisation[modifier | modifier le code]

La loi-cadre Deferre du 23 juin 1956, qui prépare les élites de la France d'outre-mer aux indépendances, doit énormément à la proximité de son initiateur avec André Maurin. Ontologie du combat, paru seulement quatre années auparavant, pose en effet le principe du rôle des élites locales dans la lutte anticoloniale. C'est la naissance de ce qu'on nommera plus tard agency, concept imparfaitement traduit en français par philosophie de l'action.

Philosophie[modifier | modifier le code]

Lors de son séjour à Londres, Maurin se lie avec Bertrand Russel et Ludwig Wittgenstein, qui contribuent à l'élaboration de sa philosophie de l'action. Maurin est sans doute, avec Maurice Merleau-Ponty et Paul Ricœur, un des philosophes de sa génération qui s'est le plus inspiré d'Edmund Husserl. Ontologie du combat peut en effet être compris par des esprits formés à cette pensée particulière comme une lecture husserlienne de la Résistance et plus généralement de l'engagement politique et armé.

Les relations avec la politique[modifier | modifier le code]

La nature de la relation de Maurin avec la politique et avec les hommes politiques de la IVe République est dictée par les deux fidélités auxquelles il n’aura jamais failli : Toulouse et la philosophie. Ainsi en est-il de François Mitterrand, qui lui rendra souvent visite avant de devenir président de la République (il n’existe aucune trace de rencontre durant les deux septennats), mais dont Maurin ne voudra jamais se rapprocher formellement. Il en est différemment de Gaston Defferre, avec qui il partage l’appartenance au protestantisme et l’adhésion aux valeurs de Pierre Mendès France. Deferre tentera sans relâche de rapprocher Maurin de Mitterrand, très probablement à la demande de ce dernier. Maurin restera toujours méfiant vis-à-vis de ce monde politique parisien qu'il ne daignait considérer que par l’intermédiaire de Deferre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurin, « Philosophy of Action: a Christian Vision Of Liberation Struggle? », British Philosophy Quarterly, XXVII (3), 23-28, 1944.
  • Maurin, Ontologie du combat, Presses universitaires de Toulouse, 1952