André Hardellet

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André Hardellet est un écrivain français né le à Vincennes et mort à Paris le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir commencé des études de médecine, il prend la direction de l'entreprise familiale, une fabrique de bijoux du Marais, Les Alliances Nuptia. Puis il se révèle comme un écrivain de langue française à l'œuvre variée : poèmes, récits, chansons, romans, essais, nouvelles…

Il publie Lourdes, lentes…, sous le pseudonyme de Stève Masson, en 1969. L'érotisme de ce texte choqua, dit-on, Raymond Marcellin, ministre de l'Intérieur. André Hardellet fut condamné en 1973 pour « outrages aux bonnes mœurs » par la 17e chambre correctionnelle de Paris. André Hardellet en fut très affecté, au point de mourir l'année suivante.

Son œuvre, qui reçut à ses débuts l'aval de Pierre Mac Orlan, fut globalement couronnée par le prix des Deux-Magots en 1973.

La collection Poètes d'aujourd'hui, sous la direction d'Hubert Juin, l'accueillit en 1975.

En 1990, Guy Darol publia aux éditions des Presses de la Renaissance un essai intitulé André Hardellet ou le Don de double vie, ouvrage réédité en 1998 aux éditions Le Castor Astral.

Relations artistiques et littéraires[modifier | modifier le code]

André Breton disait de lui en 1958 qu'il était « le conquérant des seules terres vraiment lointaines qui vaillent la peine ».

Françoise Demougin, agrégée de lettres, maître de conférences en littérature et didactique de la littérature à l'université Stendhal (Grenoble III), a travaillé dès 1984 sur l'œuvre d'André Hardellet à qui elle a consacré son travail de thèse.

L'écrivain et cinéaste Philippe Claudel, qui est par ailleurs agrégé de lettres modernes et maître de conférences à l'Université Nancy-II, a consacré son travail de thèse à André Hardellet, sous le titre « Géographies d'André Hardellet ».

L'écrivaine Françoise Lefèvre avait rencontré le poète de Vincennes, un jour de juillet 1974. Le lendemain, André quittait le monde. Elle a raconté en 1998 cette entrevue mélancolique dans "Les larmes d'André Hardellet" (Ed. du Rocher). Le poète, négligé par la critique, s'était épanché auprès de sa jeune consœur des lettres. Elle venait de publier "La première habitude", son premier livre.

Guy Béart a chanté son Bal chez Temporel : « Si tu reviens jamais danser chez Temporel / Un jour ou l'autre / Pense à ceux qui tous ont laissé leurs noms gravés / Auprès du nôtre… » repris au féminin par Patachou.

En 1972, il réalisa La dernière violette, un court-métrage interprété par Serge Gainsbourg.

Il fréquenta Georges Brassens, René Fallet, Robert Giraud, Julien Gracq, Louis Nucera, Robert Doisneau, Claude Seignolle

Les éditions Au Signe de la Licorne lui ont consacré, fin 2008, un ouvrage collectif : Présence d'André Hardellet.

Le peintre et graveur Henri Landier a réalisé un portrait d'André Hardellet (eau forte et aquatinte) en 1960.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Cité Montgol. Paris, Seghers, 1952, poèmes.
  • Le Luisant et la Sorgue. Paris, Seghers, 1954, poèmes.
  • Le Seuil du jardin. Paris, Julliard, 1958, roman. Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1966 (édition revue et corrigée).
  • Sommeils. Paris, Seghers, 1960, poèmes.
  • Le Parc des Archers. Paris, Julliard, 1962, roman.
  • Les Chasseurs. Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1966, poèmes.
  • Lourdes, lentes… (sous le pseudonyme de Stève Masson). Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1969, récit.
  • Lady Long Solo. Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1971, avec des illustrations de Serge Dajan.
  • Les Chasseurs deux. Paris, éditions Jean-Jacques Pauvert, 1973, poèmes, Prix des Deux Magots.
  • Donnez-moi le temps. Paris, Julliard, coll. "Idée fixe", 1973.
  • La Promenade imaginaire. Paris, Mercure de France, coll. "Roue libre", 1974.
  • L'Essuyeur de tempêtes. Paris, Plasma, coll. "Les Feuilles vives", 1979.
  • L'Oncle Jules. Paris, Régine Deforges, 1986, avec des illustrations de Wiaz.
  • Oneïros ou La Belle Lurette. Paris, Gallimard, coll. "L'Imaginaire", 2001.
  • Œuvres complètes, 3 tomes. Paris, Gallimard, coll. "L'Arpenteur", 1990-1992.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « L'amour - c'est ce pays à l'infini ouvert par deux miroirs qui se font face. »
  • « J'ai mis vingt ans pour savoir écrire une phrase... »
  • « Si les grands poètes de Paris ont reçu beaucoup de la capitale, ils lui ont donné autant : la ville a changé de valeur et de sens avec leur œuvre. »
  • « Ce qu'on aime on l'aime depuis toujours. » (Lourdes, lentes)

Lien externe[modifier | modifier le code]

Présentation et critiques par le poète Michel Baglin