André Giordan

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André Giordan

André Giordan, né en 1946 à Nice est un agrégé de biologie, spécialiste de la physiologie des régulations et de la didactique et de l’épistémologie des sciences.

Ancien instituteur, professeur de collège et lycée, animateur de club de jeunes, il a été Professeur à l'université de Genève où il a dirigé le Laboratoire de didactique et épistémologie des sciences (LDES).

Il a développé un ensemble de travaux sur l’élaboration et l'appropriation des savoirs scientifique, technique et médical.

Il est surtout connu pour son nouveau modèle de l’apprendre, le modèle allostérique (allosteric learning model) et pour sa démarche physionique qui renouvelle les idées en matière « d’entreprises apprenantes ».

Parcours[modifier | modifier le code]

Diplômes[modifier | modifier le code]

  • Maîtrise de Biologie végétale, Université de Nice (1969).
  • Licence (1969) et Maîtrise (1970) d'enseignement de Sciences Naturelles, Université de Nice.
  • Agrégé de biologie (9e, France 1971);
  • D. de 3e Cycle de Physiologie animale, Université de Nice (1970).
  • Licence (1972) et Maîtrise (1973) de Sciences de l'éducation, Université de Paris V.
  • Licence de Psychologie, Universités de Nice et Paris V (1973).
  • Diplôme de 3e Cycle d'Histoire des Sciences, Université de Paris I (1975).
  • Docteur en sciences de l'éducation et en biologie, Universités de Paris V (“Sorbonne”) et Paris VII (“Jussieu”), Paris 1976.
  • Certificats en Biochimie, Philosophie, Épistémologie, Communication, Théâtre, Arts Plastiques, (Universités de Nice, Paris I, Paris VIII).


Activités professionnelles[modifier | modifier le code]

  • Élève-instituteur, École normale d’instituteurs de Nice (1962-1965)
  • Professeur-stagiaire, IPES de Nice (1966-69)
  • Professeur-stagiaire, CPR de Nice (1969-70)
  • Professeur agrégé, collège de Villeneuve-la-Garenne (1971-1972)
  • Lycée Carnot, Paris (1972-1980)
  • Chargé de recherche, physiologie, CEA et Université de Nice (1968-1971)
  • Chargé de recherche, pédagogie des sciences, INRP (1973-1975
  • Responsable scientifique, DGRST, (1976-78)
  • Chargé de cours à l’université de Paris VII (1975-79)
  • Directeur de recherche à l'INRP (1975-1979), à l’UNESCO (1977-79) et au CNRS (1978-80)
  • Directeur de recherche, université de Paris VII (1980-95)
  • Professeur ordinaire à l'Université de Genève (1980-2011)
  • Responsable du Laboratoire de Didactique et Épistémologie des Sciences (1980-2011)
  • Président de la Commission internationale de Biologie, Éthique et Éducation (IUBS. 2000-)

Recherche[modifier | modifier le code]

Il fait ses premiers pas de chercheur dans le cadre de son Diplôme d’Études Supérieures (DES) de troisième cycle de physiologie animale, et il étudie à la Station zoologique de Villefranche-sur-Mer, le poisson rouge (Carassius auratus) et plus précisément les échanges d’eau et d’ions à travers les membranes sous l’influence des hormones neuro- et adéno-hypophysaire. De ces mesures et statistiques, il met à jour la régulation de l’eau du poisson rouge et apporte sa contribution à la compréhension du rein et du rôle d’une hormone, la vasopressine, chez l’homme[1].

Il se détourne de la recherche stricto sensu pour la recherche dans le domaine de l’éducation. Il est vrai qu’il fut au préalable instituteur (diplômé de l'École normale de Nice en 1966). En 1971, il est nommé Professeur en sciences naturelles dans un collège de banlieue parisienne, à Villeneuve-la-Garenne. Instillant du Celestin Freinet, il revisite tout d’abord les contenus et méthodes pédagogiques en observant les enfants et leur façon d’apprendre afin de chasser l’ennui de l’école et surtout faire en sorte que la curiosité, moteur de l’apprentissage, persiste tout au long de la vie [2]. Cette première expérience se traduit par la création d’un club scientifique au collège où sont récupérés moult matériaux pour créer toutes sortes d’objets scientifiques et de maquettes [2]. Grâce à ce succès, il est dirigé par un inspecteur vers l'Institut National de Recherche et de Documentation Pédagogique(INRDP, devenu l'INRP).

L’année suivante l’INRDP l’accueille en tant que professeur-chercheur, pendant qu’il est nommé en parallèle au lycée Carnot à Paris. Aussi, il s’attelle à repenser l’enseignement scientifique en privilégiant la connaissance des comportements et raisonnements des élèves en matière de démarche scientifique et en matière d’élaboration des concepts. D’où sa thèse en 1976 « Rien ne sert de courir, il faut partir à point », tentatives d’appropriation de la démarche scientifique expérimentale par des enfants de 9 à 14 ans (voir OHERIC). Il introduit en recherches didactiques des outils jusqu’alors ignorés dans les classes tels le magnétoscope, et demande la présence d’observateurs extérieurs, psychologues et enseignants.

Projets en éducation[modifier | modifier le code]

Depuis 1969, sensible aux problèmes écologiques, il développe des projets d’éducation à l’environnement. Il est contacté pour représenter la France à la première Conférence sur l’éducation à l’Environnement à Belgrade (1975). Il est invité par l'UNESCO[3] à organiser la Conférence d’Helsinki, puis la Conférence intergouvernementale de Tbilissi (1977). L’UNESCO lui confie ensuite la direction du premier projet pilote international sur l’éducation relative à l’environnement, axe de recherche du premier programme de l’UNESCO et du PNUE (Programme des Nations Unies sur l’environnement).

Pour lui, l’éducation ne se pose pas en termes d’enseignement mais d’apprentissage, ni en termes de disciplines compartimentées mais en système global soumis à de multiples interférences, une sorte de paradigme regroupant toutes les sciences naturelles et des branches des sciences humaines. Ses travaux ont pour point commun de décoder les processus d’élaboration du savoir, regroupés autour de trois paramètres interdépendants :

  1. L’apprenant et l’importance de ses conceptions,
  2. Le savoir par le prisme du projet éducatif ou culturel,
  3. Le contexte institutionnel.

Modèle allostérique[modifier | modifier le code]

Il développe par la suite un nouveau modèle d’apprentissage qu’il appelle « allostérique»[4] (allosteric Learning model), fondé sur le « comprendre », le « mémoriser » et le « mobiliser le savoir » en interaction. Ce modèle dépasse les modèles constructivistes admis en mettant l’accent sur les idées de déconstruction, de recyclage et d’élaboration « avec » les conceptions de l’apprenant pour faire « contre ». Son environnement didactique systémique fournit des outils et des ressources pour les enseignants et les médiateurs. Il est repris actuellement avec succès par les soignants et les entreprises apprenantes.

Laboratoire de Laboratoire de Didactique et Épistémologie des Sciences[modifier | modifier le code]

Il poursuit ses travaux à Genève où on lui offre une chaire de psychopédagogie des sciences. En 1980, il monte une équipe qui prend le nom de Laboratoire de Didactique et Épistémologie des Sciences (LDES) à l'Université de Genève, lieu d’intenses études sur les conceptions de l'apprenant comme tremplin pour l'apprentissage et l’appropriation des savoirs dans les domaines des sciences, des techniques, de l’environnement et de la santé.

Journées de Chamonix[modifier | modifier le code]

Pour favoriser ce nouveau domaine d’investigations, il fonde les Journées internationales sur la communication, l’éducation et la culture scientifiques et industrielles, dites Journées de Chamonix, et le réseau CECSI sur la Communication, Éducation et Culture Scientifiques et Industrielles.

Travaux scientifiques[modifier | modifier le code]

Sciences et en développement durable[modifier | modifier le code]

Après avoir produit nombre de recherches pour la formation des médiateurs et des enseignants, ses derniers travaux portent sur les soubassements de la pensée, les raisonnements intimes, en d’autres termes les paradigmes des apprenants, d’une part, et d’autre par sur les démarches et concepts pour comprendre la complexité (l’analyse systémique, la pragmatique,..).

Santé[modifier | modifier le code]

En santé, ses travaux sont développés dans le cadre de « l’éducation thérapeutique du patient », notamment avec l’Hôpital universitaire de Genève, l’hôpital Pitié-Salpétrière, l’Hôpital Avicenne et la Faculté de médecine de Montréal. Un environnement « motivationnel »[5] pour transformer le comportement des patients a été conçu à disposition des soignants.

Entreprise et organisation[modifier | modifier le code]

Pour les entreprises et les organisations « apprenantes », il est sollicité pour son « approche physionique » qui fournit de la « matière à penser » pour repenser l’organisation, la communication, la mémoire ou la veille et pour ses démarches innovantes pour comprendre un monde complexe et incertain.

Muséologie[modifier | modifier le code]

Il collabore avec de nombreux musées (Beaubourg, Exploratorium Cité des Sciences, Cité des Enfants, Microcosm CERN, Museum Paris, Bruxelles, Alimentarium (enfants) de Vevey, Museum national du Luxembourg, Cité des Sciences et de l’Industrie. Commissaire d'exposition, il vient de réaliser l'exposition du centenaire du Musée océanographique de Monaco, sur la biodiversité en Méditerranée, intitulée : Méditerranée, splendide, fragile, vivante.

Projet de fondation[modifier | modifier le code]

En septembre 2011, il décide de se consacrer à son projet de fondation destinée à promouvoir des projets innovants sur la communication, l’éducation et la culture scientifiques et industrielles et plus particulièrement sur les mécanismes de diffusion de messages et d’élaboration des savoirs. Il continue toutefois à militer pour l’école - ses projets pour une école innovante sont repris au Luxembourg, en Suisse, en Chine et au Brésil - ou pour l’apprendre, d’où ses activités avec les militants des Réseaux d’échanges réciproques de savoirs et ses interventions en banlieue.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Auteur[6] de plus de 30 livres, de 300 articles sans compter ses articles grand public dans des domaines très variés de la science à sa médiation, aux enjeux de l’éducation, et l’art.

  • Apprendre
    • A. Giordan, Apprendre ! Belin, 1998, nouvelle édition 2002
    • A. Giordan et G. De Vecchi, Les origines du savoir, Delachaux, Neuchatel, 1987, réédition Ovadia 2010
  • Apprendre à apprendre
    • J. Saltet, A. Giordan, Coach Collège, Play bac, 2006
    • A. Giordan, J. Saltet, Apprendre à apprendre, Librio, 2007
    • A. Giordan, J. Saltet, Apprendre à prendre des notes, Librio, 2011
  • École
    • A. Giordan, Une autre école pour nos enfants ? Delagrave, 2002
    • J. Saltet, A. Giordan, Changer le collège, Oh ! Editions, 2010
  • Éducation en sciences des plus jeunes
    • M.L. Cantor et A. Giordan, Les sciences à l'école maternelle, Delagrave, nouvelle édition 2002
    • A. Giordan, Une didactique pour les sciences expérimentales, Belin, 1999
  • Formation des enseignants
    • G. De Vecchi et A. Giordan, L'enseignement scientifique, Comment faire pour que "ça marche" ?, Delagrave, Nouvelle édition augmentée 2002
  • Les difficultés scolaires
    • A.Giordan, M. Binda (coord.), Accompagner l’enfant précoce, Delagrave, 2006
  • Éducation à l'environnement
    • A. Giordan et S. Souchon, Une éducation pour l'environnement, vers le développement durable, Delagrave, 2008
  • L’approche de la complexité
    • A. Giordan, Comme un poisson rouge dans l'homme, Payot, 1995
    • A. Giordan, C. Héber-Suffren sd., Savoirs émergents, Ovadia, 2007
  • Une autre approche de la médiation grand public
  • Articles parus dans des revues scientifiques à comité de lecture
    • Giordan André [et al.] Communication thérapeutique : l'impact d'un message dans le processus d'apprendre in Psychothérapies. - Genève. - Vol. 16 (1996), no 4, p. 189-193 Autre(s) auteur(s): Alain Golay, Stéphane Jacquemet et Jean-Philippe Assal
    • Giordan, André. Expériences d'endogénéisation aux niveaux primaire et secondaire en Suisse et à l'étranger, recherche universitaire en la matière in Endogenisierung. - Bern : Kommission fûr Umweltwissenschaften Schweizerische Hochschulkonferenz, 1996. - P. 9-11

ù Giordan, A. A Educação Ambiental na Europa, in Codernos de Educação Ambiental, Instituto de Inovação Cacional, Lisboa, 1996.

Liens externes[modifier | modifier le code]


Références[modifier | modifier le code]

  1. B. Lahlou, A. Giordan (1970), Le contrôle hormonal des échanges et de la balance de l'eau chez le Téléostéen d'eau douce Carassius auratus, intact et hypophysectomisé, General and Comparative Endocrinology, Volume 14, Issue 3, June 1970, Pages 491-509
  2. a et b A. Giordan (1994), Recherches sur l'apprendre, Itinéraire de recherche, Perspectives et documentation en Éducation. 31, Pages 19-45
  3. UNESCO 1977, Rapport final, Conference intergouvernementale sur l'éducation relative a l'environnement, Unesco avec la coopération du PNUE, Tbilissi (URSS) 14 - 26 octobre1977, 103p
  4. A. Giordan, Apprendre ! Belin, 1998, nlle édition 2002 A. Giordan et G. De Vecchi, Les origines du savoir , Delachaux, Neuchatel, 1987, réédition Ovadia 2010 A. Giordan et Y. Girault (éd), New learning models, Z'éditions, 1996
  5. A. Golay, G. Lagger et A. Giordan, Motiver son patient à changer, Maloine, 2009
  6. http://www.andregiordan.com/biblio.html