André Du Chesne

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André Du Chesne alias Duchesne (mai 1584, L'Île-Bouchard en Touraine - 30 mai 1640, Paris), appelé en latin Andreas Chesneus, Andreas Quercetanus ou Andreas Querneus, était géographe et un historiographe. Il a été vu en lui le père de l'histoire de France moderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

André du Chesne est le dernier des quatre fils de Tanneguy Gabriel Duchesne, seigneur de la Sansonnière, et de Jeanne de Baudry. Son père prétendait descendre du chevalier Baudouin du Chesne que mentionne un acte de 1260. L'aîné, Louis, étant destiné à hériter de la seigneurie de la Sansonnière, le puiné, Pierre, fait une carrière militaire qui se terminera prématurément au grade de capitaine de compagnie d'infanterie sur un champ de bataille des Pays-Bas, durant la guerre de Quatre-Vingts Ans. Mathurin deviendra bourgeois de Paris.

André, le benjamin, fait des études à Loudun. De bonne heure il se consacre à la recherche historique et géographique et son premier travail, Egregiarum seu selectarum lectionum et antiquitatum liber, publié dans sa dix-septième année, laisse déjà voir une grande érudition. Sa rhétorique terminée, il intègre à Paris le collège jésuitique de Boncourt, où il reçoit l'enseignement de l'humaniste Jules-César Boulenger. Simultanément, au lieu de travailler à entrer dans les ordres, il se livre à l'élaboration d'ouvrages susceptibles de piquer la curiosité de l'honnête homme. En 1605, pour séduire le public féminin, il publie un « cabinet des dames » qui présente une image mystique de la femme, à travers la beauté tant de son corps que de son âme, et le dédie à celle qu'il épousera dix ans plus tard, Susanne Soudan.

Peu après l'assassinat d'Henri IV et l'avènement du jeune Louis XIII, le tourangeau François d'Amboise, maître des requêtes et conseiller mis à la retraite par l'ultra catholique Régente, le convainc de le suivre à l'abbaye du Paraclet, en Champagne, où l'abbesse Marie de La Rochefoucauld confie au jeune historiographe le soin de traduire pour la première fois les manuscrits d'Abailard, en particulier la correspondance scabreuse échangée avec Héloïse. Entretemps, en 1613 ou 1614, il accède à la charge de géographe du Roi. La traduction paraît en 1615 avec une préface apologétique qui fait scandale. Abélard, avec un demi millénaire d'avance, s'y révèle libre penseur. Dès la seconde édition, l'ouvrage est mis à l'Index.

De Susanne Soudan, alias Soudain, André du Chesne a deux fils, François Denis, né en 1616, et André, né le 15 septembre 1619. A partir de 1622, l'appui du cardinal de Richelieu, tourangeau comme lui, lui vaut, d'ajouter à sa charge de géographe du Roi celle d'historiographe. Il se fait construire un hôtel à Paris près du palais de la Reine, rue Saint-André-des-Arts, à hauteur de l'actuel n° 27, mais continuera de résider rue des Deux portes Saint Benoît. Veuf, il se remarie le 26 août 1635 à Valentine de Vaucorbeil, dont le frère, Jean, est lieutenant des eaux et forêts de la prévôté et vicomté de Paris. Une fille, née le 10 mai 1636, deux semaines avant terme, ne survie que six jours.

André du Chesne meurt quatre ans plus tard, écrasé par la charrette qu'il l'emmene de Paris à sa maison de campagne de Verrières. Il est inhumé le lendemain de l'accident dans l'église Saint-André-des-Arts aux côtés de sa première femme. Sa veuve se remarie le 14 avril 1642 à un avocat au Parlement, Jacques Ivard, lui aussi historiographe du Roi. Ses fils achèveront leurs études sous la tutelle de leur oncle Mathurin.

Publications[modifier | modifier le code]

Histoire généalogique de la maison de Montmorency et de Laval (1624)

Les travaux de Du Chesne furent très nombreux et variés, et outre ses publications il laissa plus de 100 volumes in-folio de notes manuscrites conservées à présent à la Bibliothèque Nationale (Léopold Delisle, Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque Impériale, t. 1, p. 333-334).

Plusieurs de ses travaux les plus importants furent continués par son fils unique, François Duchesne (1616-1693), qui lui avait succédé au poste d'historiographe du roi.

II a laissé un grand nombre d'ouvrages précieux pour l'histoire, ses principaux travaux d'André Duchesne sont :

  • Les Antiquités et recherches de la grandeur et majesté des rois de France (Paris, 1609) ;
  • Les Antiquités et recherches des villes, châteaux, &c., de toute la France (Paris, 1609) ;
  • Histoire d'Angleterre, d'Écosse, et d'Irlande (Paris, 1614) ;
  • Bibliothèque des auteurs qui ont écrit l'histoire et la topographie de la France, 1618 ;
  • Histoire des Papes jusqu'à Paul V (Paris, 1619) ;
  • Histoire des rois, ducs, et comtes de Bourgogne (1619-1628, 2 volumes fol.) ;
  • Grande Histoire de la Maison de Vergy, (Paris, 1625) ;
  • Historiae Normanorum scriptores antiqui (1619, fol., à présent la seule source pour certains textes qu'il renferme) ;
  • Historiae Francorum scriptores (5 volumes fol., 1636-1649). Ce dernier ouvrage devait comprendre 24 volumes et contenir les sources narratives pour l'histoire de France au Moyen Âge ; seuls deux volumes furent publiés par l'auteur, son fils François en publia trois autres et le travail resta inachevé.

En outre Du Chesne publia un grand nombre d'histoires généalogiques de familles illustres, dont la meilleure est celle de la maison de Montmorency.

Son Histoire des cardinaux français (2 vols. 101. 1660-1666) et son Histoire des chanceliers et gardes des sceaux de France (1630) furent publiées par son fils François.

Il a aussi publié :

Il avait traduit Juvénal dans sa jeunesse, 1606.

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]