André Dubonnet

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André Dubonnet, né le 28 juin 1897 à Paris et mort le 20 janvier 1980 à Maule dans les Yvelines, est un industriel, pilote de chasse, athlète, coureur automobile et inventeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

André Dubonnet est né le 28 juin 1897 à Paris[1], il est le fils de Marius Dubonnet et de Flore Leblanc, et le petit-fils et héritier de Joseph Dubonnet, fondateur du célèbre apéritif Dubonnet.

André et son frère aîné Émile, passent leurs vacances en Normandie, à Houlgate élégante station balnéaire proche de Cabourg, Villa « Les Mouettes »[2].

Grands amis de Roland Garros, ils se passionnent pour l’aviation. Émile sera l’un des premiers aviateurs à survoler Paris en avion : il réalise dans le sillage du comte de Lambert, le deuxième survol de la capitale, entre Draveil et Bagatelle, à une altitude variant entre 50 et 100 mètres[1].

En décembre 1922, André Dubonnet épouse Claude Sampieri, petite-fille du banquier Cahen d’Anvers, et dont il aura deux filles, France et Lorraine. En mars 1932, il se marie en secondes noces avec Xenia Howard-Johnston. En avril 1937, veuf, il épouse Ruth Obre, dont il divorce en mars 1957. Enfin en juillet 1958, il épouse en quatrièmes noces Élise Curtiss à Neuilly-sur-Seine[3].

Il meurt le 23 janvier 1980 à Maule dans les Yvelines, il st inhumé à Pringy en Seine-et-Marne.

L’as de l'aviation[modifier | modifier le code]

Engagé volonatire le 3 mars 1915, il est affecté successivement au 41e régiment d'artillerie lourde, puis à la 66e section du premier groupe d'aérostation en mai 1916, avant de passer dans l'aviation en octobre 1916 et de rejoindre le premier groupe d'aviation le 29 janvier 1917[1].

Après avoir suivi des cours théoriques à l'école d'aviation militaire de Dijon, il obtient le 29 mars 1917, son brevet de pilote militaire n°5800 à l'école d'aviation militaire d'Ambérieu.

Après des stages de perfectionnement et de Haute école aux écoles d’aviation militaire d’Avord et de Pau, il devient pilote au sein de l’escadrille française de Venise en Italie.

Nommé brigadier en avril 1917, il est affecté à la célèbre escadrille N3/SPA 3 du groupe de chasse 12 dite des Cigognes[1]. Le 16 novembre 1917, il est promu maréchal des Logis.

En avril 1918, il est muté au 2e groupe d'aviation.

Le mai 1918, toujours sur Spad XIII, il remporte son premier succès[1], totalise trois victoires aériennes successives, dont deux partagées avec l’as américain Frank Baylies qui sera abattu quelques semaines plus tard.

Le 13 juin 1918, conjointement avec Fernand Chavannes, il détruit un ballon d’observation ennemi, avant de partager avec les pilotes Joseph de Sevin et le Capitaine Battle une double victoire le 16 août 1918.

Hospitalisé à l'hôpital complémentaire n° 11 du Val de Grâce du 9 au 14 octobre, il termine la Grande Guerre avec à son actif six victoires et six citations[1],[4].

Il est décoré de la Médaille militaire[4] et de la Croix de Guerre 14-18.

Le pilote de course[modifier | modifier le code]

Hispano suiza Tulipwood 1924

À partir de 1921, André Dubonnet se lance dans la compétition automobile et ce jusqu’en 1928, avec une première période « Hispano-Suiza » et une seconde « Bugatti ».

C’est avec une Hispano-Suiza 6 cylindres 7 Litre 32 CV « Spéciale », préparée par ses soins, qu’il participe à la première Coupe des voiturettes Georges Boillot à Boulogne-sur-Mer, épreuve qu'il remporte à la moyenne de 104,7 km/h sur 374 kilomètres[5].

Il réédite sa participation en 1922, mais doit alors abandonner sur sortie de route dans le troisième tour.

Il remporte par contre la victoire quelques mois plus tard au Grand prix d'automne à Monza.

On le retrouve en 1923 à Lasarte en Espagne, au volant d’une Hispano-Suiza H6 Type Boulogne: il termine cette fois deuxième du Grand Prix de Guipúzcoa, derrière Jean Martin sur Bignan[6].

Alors qu’Hispano-Suiza vient d’abandonner la course automobile pour se concentrer sur la production de véhicules haut-de-gamme, André Dubonnet s'engage à la Targa Florio de 1924 avec une Hispano-Suiza H6 C, surnommée « Tulipwood », équipée d’un nouveau moteur 46 CV de 8 L de cylindrée, et surtout habillée d’une carrosserie fuselée unique réalisée par le constructeur d’avion Nieuport en lames de bois de rose (tulipwood en anglais) cintrées à la vapeur et rivetées sur une coque en aluminium. André Dubonnet termine sixième du classement de la course, après avoir battu le record sur le trajet Paris-Nice à 85 km/h de moyenne. Il avait déjà obtenu une première fois ce même record en 1921, alors sur une Hispano-Suiza occupée par quatre personnes et leurs bagages, en 12 heures et 35 minutes pour 942 kilomètres de trajet[7].

L’année suivante, en avril, il termine cinquième de la même épreuve italienne.

Vient alors le temps pour lui de passer sur Bugatti. Il achète une Bugatti Type 35, intègre l’équipe usine du constructeur, et participe encore en 1926 à la Targa Florio en finissant une nouvelle fois cinquième.

C’est après avoir remporté, au Mans, le Grand Prix Bugatti en 1928 qu’il abandonne la compétition.

L'athlète[modifier | modifier le code]

À l’âge de 30 ans, André Dubonnet est sélectionné pour participer à l’épreuve de bobsleigh par équipe aux Jeux olympiques d'hiver de 1928 à Saint-Moritz. L’équipe de France terminera 15e[8].

L’inventeur[modifier | modifier le code]

Dès 1927, André Dubonnet s’associe à l’ingénieur Antoine-Marie Chedru pour mettre au point une suspension à quatre roues indépendantes qui donnera lieu à des dépôts de brevets, y compris aux États-Unis, à partir de 1931.

Pour mettre en valeur son invention, André Dubonnet expose sur son stand, au Salon de l’Automobile de Paris de 1932, un châssis Hispano-Suiza H6 B 46cv carrossé par Daste équipé du « Système Dubonnet » à quatre roues indépendantes.

Chaque roue possède un boîtier empli d’huile dans lequel se trouvent des ressorts hélicoïdaux.

Un système de leviers permet à un bras porte moyeux d’agir sur ces derniers qui, à l’avant, pivotent en fonction de la direction prise par les roues.

André Dubonnet entreprend alors d’aller commercialiser son brevet, qui suscite beaucoup d’intérêt dans l’industrie automobile (SIMCA et FIAT en équiperont certains modèles), aux États-Unis où il bénéficie de nombreux contacts. Une photo le montre sur le pont du paquebot SS CHAMPLAIN à son arrivée à New York le 20 décembre 1932.

La licence du Système Dubonnet est ainsi concédée à General Motors qui en équipera des Chevrolet pour finalement abandonner pour des questions de fiabilité.

Fin 1935, André Dubonnet présente son projet super aérodynamique « Dolphin », étudié avec l’ingénieur Chedru, berline de quatre places avec porte d’accès par l’avant, destinée à la production en série, en forme de poisson, affublée d’une grande dérive arrière et de larges prises d’air, avec moteur arrière Ford V8 de 21cv pour 3,6 L de cylindrée.

Le 24 mars 1936, sur le circuit de Montlhéry, André Dubonnet pilote la Dolphin et atteint, face à une Ford V8 type 68, des records en termes de vitesse (174 km/h de moyenne) et en matière de faible consommation[9].

La Dolphin est acquise par la Ford Motor Company dans la cadre d’un programme de recherche qui demeurera sans suite.

En janvier 1936, André Dubonnet est fait chevalier de l'ordre national de la Légion d’honneur.

Enfin, en 1938, André Dubonnet présente son ultime création, l’extraordinaire « Xenia », du nom de son épouse défunte, superbe coach aux lignes futuristes, dessiné par Jean Andreau puis carrossée par le célèbre Jacques Saoutchik, et basée sur un châssis-moteur d’Hispano-Suiza J12.

Hispano Suiza Xenia 1938

La Xenia, comme la Tulipwood, magnifiquement restaurées, vedettes internationales des concours d’automobiles classiques, sont considérées comme des chefs-d’œuvre de l’art automobile des années 1920-1930.

Lieutenant de réserve en 1939, André Dubonnet s’engage en 1940 et part - avec sa famille et son chauffeur - s’entraîner au pilotage du chasseur Dewoitine à Chartres, avant de participer à la campagne de France en juin avec le GC I/2.

Il en revient avec deux nouvelles citations[1].

L’après-guerre[modifier | modifier le code]

Demeurant à Neuilly-sur-Seine, il se rend souvent dans sa villa d’Antibes, conçue par l’architecte américain Barry Dierks très en vogue sur la Côte d’Azur, non loin de la pointe Bacon, et portant trois plaques à son entrée affichant « Dubo-Dubon-Dubonnet ».

Il y reçoit artistes, célébrités et hommes politiques. Ainsi, en 1953, Jacques-Henri Lartigue prend en photo dans les jardins de la villa un jeune sénateur américain encore inconnu, John Kennedy.

Dans le courant des années 1960, la société Dubonnet est cédée au groupe Italien Cinzano.

André Dubonnet est membre du Conseil d’Administration de la société Simca pendant plusieurs années avant que la marque ne disparaisse à son tour.

André Dubonnet se lance alors, de manière visionnaire, mais à fonds perdus, dans la recherche sur l’énergie solaire.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, préface de Pierre Closterman, éditions Tallandier, Paris, 2005, notice en page 332.

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (es) André Dubonnet sur Pilotos-Muertos;
  • (en) André Dubonnet sur RacingSportsCars;
  • Extrait du livret militaire du maréchal des logis André Dubonnet : MdL André Dubonnet - Né le 28 janvier 1897 à Paris - Fils de Marius Dubonnet et de Flore Leblanc - Profession avant guerre Étudiant - Engagé au 4e régiment d'artillerie lourde, le 3 mars 1915 - Affecté au 103e régiment d'artillerie lourde - Affecté au 117e régiment d'artillerie lourde - Centre d'instruction Crapouillot à Bourges - Affecté au 41e régiment d'artillerie - Affecté à la 66e section d'aérosteurs - Passé à l'aviation, le 29 janvier 1917 - Présélection personnel navigant et cours théorique à l'école d'aviation militaire de Dijon - Brevet de pilote militaire n° 5800 à l'école d'aviation militaire d'Ambérieu, le 29 mars 1917 - Stage de perfectionnement à l'école d'aviation militaire d'Avord - Stage de Haute-École à l'école d'aviation militaire de Pau - Pilote de l'escadrille 561 de Venise - Nommé Brigadier en avril 1917 - Pilote de l'escadrille N 3 / SPA 3 du 17 septembre au 16 octobre 1917 - Affecté au 41e régiment d'artillerie à compter du 16 octobre 1917 - Nommé Maréchal des Logis, le 16 novembre 1917 - Hospitalisé à l'hôpital complémentaire n° 11 du Val de Grâce du 9 au 14 octobre 1918 - 6 victoires - 6 citations - 150 heures de vol.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Préface de Pierre Closterman, éditions Tallandier, Paris, 2005, p. 332.
  2. « Quelques illustres villégiateurs », sur le site de la mairie de Houlgate (consulté le 19 février 2013).
  3. « Informations généalogiques concernant André Dubonnet », sur le site de généalogie Geneanet (consulté le 19 février 2013).
  4. a et b (en)Norman L. R. Franks, Frank W. Bailey, Over the Front, May 1992, [lire en ligne]
  5. Coupe Georges Boillot 1921 sur RacingSportsCars.
  6. Grand Prix de Saint-Sébastien sur RacingSportsCars.
  7. Si la course vous était contée, Roger Labric, chapitre Hispano, Delage et Bugatti, éd. NEL (Nouvelles Éditions Latine), janvier 2008, p.77, (ISBN 978-2723310697).
  8. « André Dubonnet », sur le site sports-reference.com (consulté le 19 février 2013).
  9. « André Dubonnet », sur le site forum-auto.com (consulté le 19 février 2013).