André Blavier

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André Blavier, né le à Hodimont-Verviers et mort le à Verviers, était avant tout un érudit d'une curiosité immense, un critique littéraire et pictural ainsi qu'un poète belge d'expression française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille ouvrière, André Blavier, homme à la pipe légendaire comme Simenon, a épousé Odette, dite Odette Blavier, auteur de textes, collages, et traductrice de l'allemand (notamment Les Aventures du baron de Münchhausen, de Carl Leberecht Immermann. Ed. Cartouche).

Sa découverte de Raymond Queneau va bouleverser sa vie. Ses lectures de Les Enfants du limon et Le Chiendent furent décisives. « Queneau m'a permis d'échapper au désespoir et au suicide que j'envisageais dans les années 1942-43… Je ne peux pas dire que j'avais lu tous les livres, mais la chair était déjà lasse, et tout m'ennuyait»[1]. Une amitié et une correspondance assidue vont lier les deux hommes[2]. Il fut le créateur du Centre de documentation Raymond Queneau de Verviers, qui devint opérationnel en 1976, à la mort de ce dernier. Il fut élu à l'Oulipo comme correspondant étranger en 1961.

Bibliothécaire communal de Verviers, spécialiste de René Magritte - dont il organisa à Verviers au début des années 1950 une exposition -, il fonda en 1952, avec Jane Graverol, la revue Temps Mêlés, dont il éclaire ainsi le titre : « Le mois est haïssable et la faim du moi difficile. Nous déclarons les temps mêlés. » Cette revue parut pendant près de vingt-cinq ans (150 numéros)  : elle permit de découvrir ou faire mieux connaître en Belgique des artistes et des auteurs comme René Magritte, René Crevel, Raymond Queneau, Boris Vian ou Eugène Ionesco. André Blavier fit découvrir aussi des peintres naïfs et d'avant-garde, ou encore le peintre Maurice Pirenne.

Son ouvrage de référence, véritable monument, est Les Fous littéraires, compilation sur les fous littéraires et les excentriques de la littérature (Veyrier, 1982[3]). Selon lui, le terme fou ne comporte rien de péjoratif. Parmi ces"fous littéraires" figurent Joseph Bouzeran, Charles Callet, Charles-Joseph de Grave, J.-M. Boisseau, Auguste Boncors, Jacques Lambrecht, sir Jean George Tollemache Sinclair...

Il rédigea aussi en alexandrins une ode à la femme dépassant en nombre de vers la Chanson de Roland, Le Mal du pays ou les travaux forc(en)és (La Pierre d'Alun, 1983) qu’il qualifie d’épopée morale et pornographique. Pessimiste drôle, Blavier avait reçu en 1977 le Grand Prix de l'Humour Noir Xavier Forneret pour Occupe toi d'homélies. Une de ses dernières œuvres fut La Nuit du 6 au 7[4], court métrage de 'Pataphysique élémentaire avec Cécile de France, réalisé par Patrice Bauduinet.

Wallon convaincu, il a signé le Manifeste pour la culture wallonne en 1983.

Il est inhumé à Verviers.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Ses distinctions en disent long sur le caractère pataphysicien du personnage et de ses activités : Satrape du Collège de 'Pataphysique, Membre emphytéote et correspondant réel du Collège de 'Pataphysique, Commandeur requis de l’ordre de la Grande Gidouille, correspondant à l’étranger de l’Oulipo, certifié du Débonnaire Séminaire Quercicanin, membre de la Libre Académie de Belgique, de la Confrérie des Chevaliers du Taste-Fesses et de diverses sociétés badines et/ou savantes, Grand Patacon de l'Empire Impérial, Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres et, accessoirement Chevalier de l'Ordre de Léopold.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de la ville de Verviers, Verviers, 1950-1960
  • Sept graphismes colorés, Verviers, Temps mêlés, 1954 (sous le nom d'André Dodet)
  • La Roupie de cent sonnets, Verviers, Temps mêlés, 1955
  • Maurice Pirenne le peintre Malvaux, 1954
  • Catalogue du Fonds Weber, Verviers, Administration, 1959
  • De quelques inventions belges utiles et « tolérables », Verviers, Temps mêlés, 1960
  • Va savoir, Charleville, La manufacture, 1960 (préface d'Isidore Bernhart, frontispice de Louis Clénot)
  • L’Ubu rwè mètou è lidgwès, Aa Editions, 1970
  • Occupe-toi d'homélies : fiction policière et éducative, Paris, Cheval d'attaque, 1976 Réédition au format de poche avec une préface de Jacques Bens et une lecture de Claude Debon, Bruxelles, Labor (collection Espace Nord), 1991
  • Écrits complets de René Magritte, Paris, Flammarion, 1979
  • Les Fous littéraires, Paris, Veyrier, 1982. Réédition : Paris, Édition des Cendres, 2000
  • Cinémas de quartier, suivi de La Cantilène de la Mal-baisée avec les remembrances du vieux barde idiot, et d'une Conclusion provisoire, Plein Chant, 1985
  • Le Mal du pays ou Les travaux for(ce)nés, 1986
  • Lettres croisées, 1949-1976. André Blavier, Raymond Queneau, correspondance présentée et annotée par Jean-Marie Klinkenberg, 1988
  • À propos des Fous Littéraires, Éditions des Cendres, 2001
  • Le Don d’Ubuquité, Didier Devillez Éditeur, 1997
  • Le Mal du pays ou les travaux forc(en)és, Éditions Yellow Now, 1993
  • La Nuit du 6 au 7, avec Patrice Bauduinet, Éditions Yellow Now / PBC pictures, 2003

Cinéma[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • André Blavier, le don d'Ubuquité, 1997, La Bellone, Bruxelles
  • A. & O. Blavier - Soyez réalistes demandez l'impossible, printemps 1997, la Villa Pelsser, Henri-Chapelle

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

  • Irène, Scut, Magritte & C°, Bruxelles, Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, 1996, 558 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. in Le Don d'ubuquité, Didier Devillez éditeur, 1997, préfacé par Jean-Pierre Verheggen
  2. Lettres croisées, 1949-1976 André Blavier, Raymond Queneau, correspondance présentée et annotée par Jean-Marie Klinkenberg, 1988
  3. Seconde édition revue, augmentée et enrichie de nombreux documents biblio-iconographiques provenant principalement des collections Malombra/Roger Langlais en 2000 par les éditions des Cendres, peu après sa mort.
  4. Voir La nuit du 6 au 7 et fiche IMDb

Liens externes[modifier | modifier le code]