André Avellin

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Saint André Avellin
Image illustrative de l'article André Avellin
S. André, par Pedro Alonso de los Ríos
Exégète et réformateur
Naissance 1521
Castronuovo di Sant'Andrea, Italie
Décès   (à 87 ans)
Nationalité Flag of Italy.svg Italienne
Béatification
par Urbain VIII
Canonisation  Rome
par Clément XI
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 10 novembre
Attributs Représenté en vêtements sacerdotaux au pied de l'autel
Saint patron des malades souffrant d'apoplexie, et des personnes qui meurent subitement.

André Avellin, appelé aussi André Avellino ou Lancelot Avellin, est né en 1521 dans la région de Basilicate dans l'Italie méridionale. C'est un saint catholique fêté le 10 novembre.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Ses parents, Giovanni Avellino et Marguerite Appella lui donnèrent le prénom de Lancelot. Son premier enseignant fut son oncle, Cesare Appella, archiprêtre.

En 1532, il partit pour Senise pour étudier les lettres classiques, les mathématiques et la musique pendant quatre ans. Il aida aussi son oncle en faisant le catéchisme dans la paroisse.

Il fut ordonné prêtre en 1545 et l'année suivante, il s'inscrivit à l'université de Naples pour préparere une licence afin de devenir avocat ecclésiastique.

En 1548, il fit la connaissance du jésuite espagnol le Père Diego Lainez, qui l'influença profondément. À partir de ce moment, André songea à renoncer aux diplômes qu'il voulait obtenir, et à se mettre totalement à la disposition de Dieu. C'est alors qu'il souhaita rejoindre la famille des Théatins, que Gaétan de Thiene venait de fonder (en 1533) à Naples.

En attendant, il se mit à travailler comme avocat auprès de l'archevêché de Naples. Il eut à défendre un prêtre, et gagna son procès, mais pour y parvenir, il dut mentir, et ce péché marqua profondément André[1]. Il décida immédiatement de tout abandonner, pour se consacrer cette fois entièrement à Dieu. Il retourna chez lui, se fit remettre sa part d'héritage et revint vers monseigneur Scipione Rebiba, à Naples.

Le 14 août 1556, il entrait comme postulant chez les Théatins de Saint Paul à Naples. Le 30 novembre de la même année, il revêtit l'habit de novice, en prenant le nom d'André. Et le 25 janvier 1558 il prononça ses vœux. Il fit deux vœux particuliers, celui de toujours combattre sa volonté et le second de tendre toujours, autant qu'il serait en lui, à la perfection.

L'année suivante, il fut reçu à Rome avec Gaétan de Thiene, par le Pape Paul IV, et en 1560 il devint maître des novices, où il fut particulièrement apprécié comme confesseur.

En 1567 le Père Don André Avellin fut nommé supérieur de Saint Paul à Naples. Il fut visiteur de la province de Lombardie entre 1573 et 1577 et de la province de Campanie en 1590 et 1591.

La « légende dorée » hagiographique rapporte à son sujet quelques prodiges : Par exemple, « Une nuit que, par une grande tempête, il revenait de confesser un malade, la violence de la pluie et du vent éteignit le flambeau qui servait à l'éclairer. Non seulement ni lui, ni ses compagnons, ne reçurent aucune goutte d'eau, au milieu des torrents de pluie qui tombaient, mais André, grâce à une vive splendeur qui jaillissait miraculeusement de son corps, servit de guide, au sein des plus profondes ténèbres, à ceux qui étaient avec lui. »[2]

Il sollicita la grâce de l'assassin de ses neveux. Il forma un disciple, Laurent Scupoli, auteur du Combat Spirituel[3]. Épuisé par le travail, il mourut subitement au pied de l'autel au moment où il s'apprêtait à célébrer la Messe, le 10 novembre 1608 récitant pour la troisième fois Introibo ad altare Dei.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

André Avellin en extase, par Francesco Cairo (Milan)

Son activité pastorale fut intense dans la période troublée qui était celle de la Contre-Réforme. C'est ainsi qu'il travailla avec saint Charles Borromée à Milan et dans les environs.

Il œuvra aussi énormément pour les pauvres, les laborieux, pendant les révoltes populaires à Naples. Il fut un immense écrivain, laissant plus de mille lettres et de nombreux traités d'Exégèse biblique. Il était particulièrement inspiré par saint Augustin, saint Jean Chrysostome, saint Bernard et saint Thomas.

André Avellin était très apprécié comme directeur spirituel et comme prédicateur. Il fut aussi un grand réformateur. Ses principes en tant que supérieur étaient :

  • Agir selon les voies de la sagesse, avec douceur et fermeté ;
  • Imiter en toutes choses le Seigneur, en prenant exemple sur son enseignement et sur sa Parole ;
  • Tout voir, dissimuler beaucoup, corriger peu ;
  • Valoriser la bonne volonté des frères, apprécier leur travail, et le leur dire, parce qu'ils sont des exemples pour les autres.

Ses livres[modifier | modifier le code]

Il composa plusieurs œuvres de piété, imprimées à Naples en cinq volumes[4]:

  • Le premier volume contient :
    • Un traité de la prière
    • Une expression de l'oraison dominicale
    • L'expression des prières les plus usitées en l'honneur de la Sainte Vierge
    • Un commentaire de l'épître de Saint Jacques :
  • Le second volume contient :
    • Un traité du renoncement au monde
    • Des commentaires sur le psaume CXVIII et XLV
    • Un traité sur les huit Béatitudes
  • Le troisième volume contient des homélies pour les Evangiles de tous les Dimanches de l'année et tous les jours de Carême
  • Le quatrième volume contient :
    • Les exercices de l'esprit
    • Des méditations
    • Des avis à une religieuse
    • Une explication des Dons du Saint Esprit
    • Un Traité sur le Péché Originel
  • Le cinquième volume comprend différents traités sur l'amour de Dieu et du prochain, la miséricorde, l'humilité et les vertus chrétiennes.

Il reste aussi un recueil de Lettres éditées en 1732 à Naples en deux volumes et rééditées en 2007 (Édition D'AURIA M.).

Béatification - Canonisation - Célébration[modifier | modifier le code]

Son corps repose à Naples, en l'église de Saint-Paul. Son procès en béatification fut initié en décembre 1614.

Il fut béatifié par le Pape Urbain VIII le 14 octobre 1624, puis canonisé par le Pape Clément XI le 22 mars 1712. Il est fêté le 10 novembre.

Iconographie[modifier | modifier le code]

La première gravure sur cuivre qui est apparue dans un récit hagiographique à Naples était celle d'André Avellin. Une gravure signée en 1614 de Felice Padovano, un grand graveur napolitain, fut réemployée en 1627 dans les Successi maravigliosi della veneratione del. B. Andrea Avellino du théatin Antonio Giovanni Cagiano et fait sans doute partie des gravures tirée au moment de sa béatification[5].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Milan, Sant'Antonio Abate

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il y a une autre interprétation de la vocation d'André ; il se serait vanté d'être capable de vaincre n'importe qui à la lutte. Et c'est pour expier ce mensonge qu'il aurait voulu intégrer l'Ordre des Théatins et de leur consacrer toute son énergie
  2. Citation et source, Abbé Jaud Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
  3. Source : Histoire universelle de l'Église catholique. T. 10 / par Rohrbacher, René François (1789-1856)
  4. Source : Alban Butler, d'après le P. Tracy, Vies des pères des martyrs et des autres principaux saints, Volume 17 lire aussi sur le net le site italien consacré au saint Opere e scritti inediti
  5. Source: Persée, La représentation imagée de la sainteté dans l'Italie méridionale à l'époque de la Réforme catholique Jean-Michel Sallmann 1989
  6. Benvenuto nel sito ufficiale della famiglia Piardi

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Concernant la vie de saint André Avellin, Alban Butler cite ces quelques ouvrages :

  • Historia Clericorum Regularium, de Silas, Roma 1658.
  • Historia della Religione de Padri Chierici Regolare dell Padre Gio Baptista del Tuffo Roma 1609.
  • Vie de Saint André Avellin, P. de Tracy Théatin de Paris 1774.
  • Leben des heil. Andreas Avellinus Venise 1714, Cajetan Maria Majenis, écrite pour la première fois en welsh, réédité à Brescia puis retraduit en allemand et annoté par J. Edelweck, Munich, 1765.