Ancylus fluviatilis

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Ancylus fluviatilis

Ancylus fluviatilis (l'ancyle en français ou « patelle d'eau douce ») est un petit mollusque gastéropode, autrefois commun dans les parties amont des bassins-versant eaux courantes et riches en O2 .

Taxonomie[modifier | modifier le code]

En raison de son aspect de patelle, il a longtemps été rapproché des représentants de la famille des Acroloxidae ; on le rapproche aujourd'hui de la famille des planorbes.

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

Cette espèce se rencontre en Europe dans les pays et les îles suivantes:

... et d'autres

Habitats[modifier | modifier le code]

C'est une espèce rhéophile et donc des hauts de bassin-versants, qui à la différence de nombreuses autres espèces d'escargots d'eau douce résiste bien au courant.

Description[modifier | modifier le code]

La couleur de sa coquille varie du jaune au brun foncé et est parfois couverte d'une fine couche de périphyton qui améliore encore ses capacités de camouflage (ex : sur les pierres) et donc de se protéger des prédateurs (poissons, larves carnivores ).

Il possède de deux à quinze antennes qui lui permettent de détecter des sources de nourriture et à se repérer dans son milieu de vie.

Sa coquille au sommet conique, de 5-8 mm, évoque vaguement celle des patelles, mais avec des sculptures moins marquées et un sommet émoussé (vu de dessus ; elle semble plus pointue vue de côté) et dirigé vers l'arrière. Elle est plus proche de celle des Acroloxus ou des Ferrissia, mais est plus grande. le sommet n'est pas au centre de la coquille, mais légèrement décalé sur le côté droit. Elle est mince et translucide, avec des lignes de croissance très fine. Sa sculpture réticulée est plus marquée. Vue à la lumière le matériau de la coquille a une couleur jaunâtre à brun rougeâtre pâle ou brun terne. L'animal lui-même est gris avec des points noirs près de la tête, mais peu visible dans son environnement, car presque entièrement couvert par la coque.

Les tentacules sont triangulaires avec les yeux à leur base.

Le pore génital et pneumostome sont très petites et situé sur le côté droit.

Nourriture[modifier | modifier le code]

Comme beaucoup de petits gastéropodes, il se nourrit de débris végétaux et d'algues, en raclant le périphyton sur les substrats qu'il colonise. il se montre comme le planorbe capable d'adaptation aux changements de température et à une raréfaction de la nourriture (en augmentant dans ce cas les taux d'ingestion et l'efficacité d'absorption/digestion)[2].

Écologie[modifier | modifier le code]

C'est une espèce très sédentaire, car il ne se meut qu'avec lenteur et difficulté, mais sa vitesse et les coûts métaboliques et énergétiques de ses déplacements ont été étudiés et compérés à ceux d'un planorbe ; dans un courant fort, il se déplace plus vite que le planorbe. Ses vitesses de déplacements semblent surtout motivés par le besoin de se nourrir et la disponibilité en nourriture[3].

Sa haute sensibilité aux pollutions en fait un bioindicateur. Il n'est présent que dans les eaux très pures et non polluées.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Il se reproduit comme les planorbes.

Menaces[modifier | modifier le code]

Son statut n'est pas clairement évalué. Il pourrait avoir disparu ou être menacé dans une part significative de son aire naturelle de répartition en raison de la pollution des cours d'eau, souvent constatée dès la source pour ce qui concerne par exemple les nitrates. G. Gunkel et B. Streit, respectivement limnologiste et zoologiste ont par exemple étudié sa vulnérabilité à la bioaccumulation d'atrazine (désherbant agricole écotoxique, autrefois très utilisé, présentant une certaine rémanence, très soluble dans l'eau, et pouvant être transporté dans l'air sous forme de vapeur et retomber avec les pluies loin des endroits où il a été pulvérisé, et pouvant en outre dégrader sa ressource alimentaire). Leur étude qui a utilisé de l'Atrazine radiomarquée au carbone 14 et par de l'eau tritiée a conclu que ce mollusque bioconcentre cette molécule autant que le poisson auquel il était comparé (Coregonus fera). Elle a aussi montré que cinétique d'accumulation de l'atrazine était liée à une accumulation par les branchies, et que d'autres organes étaient également contaminées par le sang à partir des branchies[4].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Certains aquariophiles ont cherché à l'utiliser pour lutter contre les algues en aquarium, mais il est difficile à acclimater.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Notes et références autres que taxinomiques[modifier | modifier le code]

  1. Müller O. F (1774) Vermivm terrestrium et fluviatilium, seu animalium infusoriorum, helminthicorum, et testaceorum, non marinorum, succincta historia. Volumen alterum. pp. I-XXVI [= 1-36], 1-214, [1-10]. Havniae & Lipsiae. (Heineck & Faber).
  2. Calow PT (1975) The feeding strategies of two freshwater gastropods, Ancylus fluviatilis Müll. and Planorbis contortus Linn.(Pulmonata), in terms of ingestion rates and absorption efficiencies. Oecologia, 20(1), 33-49. (résumé)
  3. Calow P (1974) Some observations on locomotory strategies and their metabolic effects in two species of freshwater gastropods, Ancylus fluviatilis Müll. and Planorbis contortus Linn. Oecologia, 16(2), 149-161. (résumé)
  4. Gunkel, G., & Streit, B. (1980) Mechanisms of bioaccumulation of a herbicide (atrazine, s-triazine) in a freshwater mollusc ( Ancylus fluviatilis müll.) and a fish ( Coregonus fera jurine). Water Research, 14(11), 1573-1584. (résumé)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Calow PT (1975) The feeding strategies of two freshwater gastropods, Ancylus fluviatilis Müll. and Planorbis contortus Linn.(Pulmonata), in terms of ingestion rates and absorption efficiencies. Oecologia, 20(1), 33-49.
  • Calow PT (1974) Some observations on locomotory strategies and their metabolic effects in two species of freshwater gastropods, Ancylus fluviatilis Müll. and Planorbis contortus Linn. Oecologia, 16(2), 149-161.
  • Seddon, M., Albrecht, C. & Van Damme, D. (2012). "Ancylus fluviatilis" . IUCN Red List of Threatened Species. Version 2014.1. International Union for Conservation of Nature. Retrieved 29 June 2014.
  • Müller O. F. 1774. Vermivm terrestrium et fluviatilium, seu animalium infusoriorum, helminthicorum, et testaceorum, non marinorum, succincta historia. Volumen alterum. pp. I-XXVI [= 1-36], 1-214, [1-10]. Havniae & Lipsiae. (Heineck & Faber).