Anciens indicatifs téléphoniques à Paris

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

De 1928 à 1963, le préfixe des numéros de téléphone de Paris et d'une grande partie de sa banlieue - appelé indicatif littéral - correspondait aux trois premières lettres (techniquement traduites en chiffres) d'un nom de lieu ou de personne. Suivis de deux groupes de deux chiffres, les indicatifs téléphoniques induisaient une combinaison alphanumérique qui a longtemps imprégné la mémoire collective parisienne (telle l'horloge parlante, à Odéon 84.00). Mais étroitement liés à la toponymie, ils en reflétaient aussi les disparités sociales : des abonnés de Princesse et de Villette n'appartenaient pas au même milieu… En dépit d'aménagements successifs, la numérotation téléphonique actuelle porte encore la trace des indicatifs littéraux - témoins d'une époque révolue[1].

Les origines de la numérotation téléphonique littérale à Paris[modifier | modifier le code]

À Paris, le téléphone apparut le 30 septembre 1879[2]. Son développement rapide nécessita, dès la fin du XIXe siècle, la création d'une douzaine de centraux téléphoniques. Chaque abonné était rattaché à un bureau, primitivement désigné par une lettre de l'alphabet, dite lettre-indice. Les bureaux téléphoniques reçurent assez tôt - quoique officieusement - un nom représentatif correspondant à leur emplacement ou au quartier qu'ils desservaient. L'ordre alphabétique parcourait Paris en sens elliptique : partant du centre, il balayait la rive droite d'ouest en est, puis la rive gauche dans le sens inverse, pour revenir au centre :

  • Avenue de l'Opéra, 27 (bureau A) ;
  • Avenue de Wagram, 62 ; primitivement Rue de Logelbach, 4 (bureau B) :
  • Quai de Seine, 2 ; primitivement Boulevard de la Villette, 204 (bureau C) ;
  • Place de la République, 10 (bureau D) ;
  • Rue de Lyon, 24 et 26 (bureau E) ;
  • Avenue des Gobelins, 20 (bureau F) ;
  • Boulevard Saint-Germain, 183 (bureau G) ;
  • Rue Lecourbe, 123 (bureau H) ;
  • Rue de Passy, 80 (bureau I) ;
  • Rue Gutenberg (poste central ouvert en 1894 ; bureau K) ;
  • Rue Lafayette, 42 (bureau L) ;
  • Rue Étienne Marcel, 25 (bureau M) ;
  • Rue d'Anjou, 65 (primitivement Rue d'Anjou-Saint-Honoré ; bureau O).

En 1896, les 13 lettres-indices[3] furent remplacées par des numéros de série à 3 chiffres (100 à 900)[4]. Une carte du réseau téléphonique de Paris, insérée dans les annuaires de 1906 et 1907, met en évidence un découpage en 7 circonscriptions, dotées chacune d'un poste (ou bureau) central relié à tous les autres (le bureau Gutenberg recevant, en outre, les lignes interurbaines de longue distance).

Réseau téléphonique de Paris en 1906 - Collection de la Bibliothèque historique des Postes et des Télécommunications (BHPT).

Comme pour les anciennes lettres, la distribution se fait en colimaçon et commence au centre ; mais elle va en sens inverse - d'est en ouest sur la rive droite, puis à rebours sur la rive gauche (à partir de Saxe), pour revenir rive droite (avec Roquette) et finir au centre (quand la série 1000 sera ultérieurement mise en service au central Gutenberg). Les centraux portent le nom de la voie où ils se situent (seuls les bureaux Gutenberg et Passy conservent leur nom primitif) :

  • Gutenberg (séries 100, 200 et 300 et 1000 ; ex bureaux A, K, L, M et O) ;
  • Chaudron (série 400 ; ex bureaux C et D) ;
  • Desrenaudes (série 500 ; ex bureau B) ;
  • Passy (série 600 ; ex bureau I) ;
  • Saxe (série 700 ; ex bureaux G et H) ;
  • Port-Royal (série 800 ; ex bureau F) ;
  • Roquette (série 900 ; ex bureau E).

À l'origine, l'abonné n'était identifié que par son nom de famille (complété éventuellement de son prénom et de sa profession), son adresse et son bureau de rattachement. En 1896, chaque abonné reçut un numéro à 5 chiffres (les 3 chiffres de la série + 2 chiffres équivalant à un numéro d'ordre) ; en 1910, on atteignit les 6 chiffres avec la série 1000 (4 + 2). Le procédé consistant à numéroter des personnes fut jugé cavalier… Pour autant, une numérotation exclusivement chiffrée n'était pas dans l'air du temps : on craignit (à tort, comme le montra l'exemple berlinois) que le public ne pût retenir une trop longue série de chiffres. En outre, à une époque encore fortement marquée par les distinctions sociales, sans doute parut-il nécessaire de ne pas s'affranchir d'une toponymie parisienne révélatrice de sa population.

Les bureaux téléphoniques fonctionnaient de 7 heures à 19 heures. Une armée d'opératrices (les célèbres demoiselles du téléphone), assises côte-à-côte devant un buffet aussi long que haut (le multiple), recevaient les communications et établissaient les liaisons[5] à une cadence ininterrompue, sous le regard d'un surveillant.

Indicatifs manuels (1912)[modifier | modifier le code]

À partir du 1er octobre 1912, le numéro de téléphone fut le nom du central de rattachement suivi de deux groupes de deux chiffres (ou, plus rarement, d'un chiffre suivi de deux autres)[6]. Dès lors, on put contacter un abonné (à condition qu'il dépende de son propre bureau) en ne composant que ses quatre (ou trois) chiffres, sans passer par la téléphoniste ; c'était les prémices de l'automatique.

Les 13 centraux s'appellent alors :

  • Archives (ex série 1000) ;
  • Bergère (nouvelle circonscription) ;
  • Central (ex série 200) ;
  • Gobelins (ex Port-Royal ; ex série 800) ;
  • Gutenberg (ex série 100) ;
  • Louvre (ex série 300) ;
  • Marcadet (nouvelle circonscription) ;
  • Nord (ex Chaudron ; ex série 400) ;
  • Passy (ex série 600) ;
  • Roquette (ex série 900) ;
  • Saxe (ex série 700) ;
  • Trudaine (nouvelle circonscription) ;
  • Wagram (ex Desrenaudes  ; ex série 500).

En avril 1928, 31 centraux (contre 17 en 1921) desservent Paris : Anjou, Archives, Auteuil, Botzaris, Carnot, Central, Combat, Danton, Diderot, Élysées[7], Galvani, Gobelins, Gutenberg, Invalides, Kléber, Laborde, Littré (ex Fleurus), Louvre, Marcadet, Ménilmontant, Nord, Opéra, Passy, Provence (ex Bergère), Richelieu, Roquette, Ségur (ex Saxe), Trudaine, Turbigo, Vaugirard et Wagram.

Indicatifs automatiques (1928)[modifier | modifier le code]

Le 22 septembre 1928, les abonnés du central Carnot furent les premiers à pouvoir joindre, en automatique, n'importe quel correspondant parisien en composant son numéro de téléphone, soit un préfixe formé des trois premières lettres du nom du central (appelé indicatif littéral) suivi de quatre chiffres (2 + 2).

Ancien téléphone à disque rotatif.

Le cadran du téléphone des nouveaux appareils comportait, sur le modèle de celui du Royaume-Uni, l'alphabet complet (sauf le Z) superposé aux chiffres, imprimé sur un disque rotatif (dit système Rotary). Le 1 étant réservé aux services, les lettres étaient distribuées par groupes de trois pour la plupart, selon la répartition suivante :

  • 2 = ABC ;
  • 3 = DEF ;
  • 4 = GHI ;
  • 5 = JKL ;
  • 6 = MN ;
  • 7 = PRS ;
  • 8 = TUV ;
  • 9 = WXY ;
  • 0 = OQ.
Annuaire téléphonique de Paris - 1931. Publicité pour le téléphone automatique. Collection de la Bibliothèque historique des Postes et des Télécommunications (BHPT).

L'automatisation du réseau parisien intra-muros fut achevée fin 1935[8]. Dès 1929, on prit l'habitude d'écrire les numéros de téléphone en faisant ressortir les trois premières lettres de l'indicatif soit en majuscules (le reste étant laissé en minuscules), soit en lettres grasses (et la suite en maigre) : par exemple BALzac 00.01 ou Balzac 00.01. À partir du milieu des années 1940, pour soulager la tâche des imprimeurs et typographes, on n'indiqua plus que les trois premières lettres (suivies d'un point indiquant l'abréviation), en capitales d'imprimerie (BAL. 00.01).

Les centraux téléphoniques abritaient des installations volumineuses (les travaux d'extension se succédèrent régulièrement, par surélévation notamment), aux mécanismes complexes mais sensibles qui avaient tendance à la surchauffe. Ils offraient presque toujours l'aspect imposant de forteresses en béton et en briques. Mais certains architectes y saisirent l'occasion d'expérimenter des techniques nouvelles ou de déployer leur créativité en inventant une esthétique inédite, voire révolutionnaire. René Binet (central Gutenberg), Paul Guadet (central Auteuil), Georges Labro (central Ornano) et François Le Cœur (central Bergère, devenu Provence) signèrent ainsi des chefs-d'œuvre de l'art industriel.

Centraux téléphoniques[modifier | modifier le code]

Le tableau suivant recense les centraux téléphoniques construits à Paris. La colonne « Indicatifs » est codée de la façon suivante :

  • trois capitales initiales : indicatifs automatiques ;
  • une seule capitale initiale : indicatifs manuels.
Central Date Architecte Adresse Arrdt Indicatifs Notes Coordonnées Photo
Anjou 1931  ?
8e
  • ANJou
  • OPÉra
  • RIChelieu
48° 52′ 12″ Nord 2° 19′ 16″ Est / 48.87, 2.321 (Central Anjou) Central téléphonique Anjou - Paris 8e.jpg
Archives 1919 François Le Cœur 3e
  • ARChives
  • SÉBastopol (1957-1961)
  • TURbigo
Inscrit au titre des monuments historiques en 1999[9]. 48° 51′ 43″ Nord 2° 21′ 32″ Est / 48.862, 2.359 (Central Archives) Central téléphonique Archives - Paris 3e.jpg
Auteuil 1912 Paul Guadet 16e
  • AUTeuil
  • BAGatelle
  • JASmin
  • MIRabeau
  • TROcadéro
48° 51′ 07″ Nord 2° 16′ 01″ Est / 48.852, 2.267 (Central Auteuil) Central téléphonique Auteuil - Paris 16e.jpg
Carnot 1913 Paul Guadet 17e
  • CARnot
  • ÉTOile
  • GALvani
  • MAC-Mahon
  • MÉDéric (1948-1950)
  • WAGram
48° 52′ 52″ Nord 2° 18′ 18″ Est / 48.881, 2.305 (Central Carnot) Central téléphonique Carnot - Paris 17e.jpg
Chaudron 1896 Jean-Marie Boussard 10e
  • BOTzaris
  • COMbat
  • NORd
Transféré au central Nord. 48° 53′ 02″ Nord 2° 21′ 54″ Est / 48.884, 2.365 (Central Nord) Central téléphonique Combat - Paris 10e.jpg
Danton 1927  ? 5e
  • DANton
  • MÉDicis
  • ODÉon
48° 50′ 42″ Nord 2° 20′ 24″ Est / 48.845, 2.34 (Central Danton) Central téléphonique Danton - Paris 5e.jpg
Diderot 1919 Paul Guadet 12e
  • DIDerot
  • DORian
  • NATion
Le central Daumesnil se trouve à Vincennes. 48° 50′ 24″ Nord 2° 23′ 38″ Est / 48.84, 2.394 (Central Diderot) Central téléphonique Daumesnil - Paris 12e.jpg
Élysées[7] 1912  ?
8e
  • ALMa
  • BALzac
  • ÉLYsées
48° 52′ 19″ Nord 2° 18′ 29″ Est / 48.872, 2.308 (Central Élysées) Central téléphonique Élysées - Paris 8e.jpg
Gobelins 1896 Jean-Marie Boussard 5e
  • GLAcière (1932-1937)
  • GOBelins
  • JUSsieu
  • KELlermann
  • PORt-Royal
Ancien central Port-Royal. 48° 50′ 13″ Nord 2° 20′ 53″ Est / 48.837, 2.348 (Central Gobelins) Central téléphonique Gobelins - Paris 5e.jpg
Gutenberg 1890 Jean-Marie Boussard 1er
  • CENtral
  • GUTenberg
  • LOUvre
L'ancienne rue Gutenberg reliait les rues du Louvre et Jean-Jacques-Rousseau.
Elle fut déclassée en 1891 comme suite à son annexion par l'administration des Postes.
Ravagé par un incendie, le central fut reconstruit en 1908 par René Binet.
48° 51′ 50″ Nord 2° 20′ 35″ Est / 48.864, 2.343 (Central Gutenberg) Central téléphonique Gutenberg - Paris 1er.jpg
Invalides  ?  ? 7e
  • INValides
  • SOLférino
48° 51′ 18″ Nord 2° 18′ 29″ Est / 48.855, 2.308 (Central Invalides) Central téléphonique Invalides bis - Paris 7e.jpg
Laborde 1928 Charles Giroud 8e
  • EURope
  • LABorde
48° 52′ 44″ Nord 2° 19′ 16″ Est / 48.879, 2.321 (Central Laborde) Central téléphonique Laborde - Paris 8e.jpg
Littré 1913 Jules-Alexandre Godefroy 6e
  • BAC
    (1944-1945)
  • BABylone
    (après 1945)
  • Fleurus
    (1914-1927)
  • LITtré
    (après 1927)
Ancien central Fleurus.
L'indicatif BAC[10], mis en service en 1944, fut renommé BABylone en 1945.
48° 51′ 00″ Nord 2° 19′ 37″ Est / 48.85, 2.327 (Central Littré) Central téléphonique Littré - Paris 6e.jpg
Marcadet 1911 Deshais 18e
  • BATignolles
  • MARcadet
48° 53′ 35″ Nord 2° 19′ 44″ Est / 48.893, 2.329 (Central Marcadet) Central téléphonique Marcadet - Paris 18e.jpg
Ménilmontant 1928 Paul Guadet 20e
  • MÉNilmontant
  • OBErkampf
  • PYRénées
  • ROQuette
    (jusqu'à 1962)
L'indicatif Roquette y fut rattaché après la fermeture du central éponyme, puis transféré au central Voltaire en octobre 1962. 48° 52′ 01″ Nord 2° 23′ 28″ Est / 48.867, 2.391 (Central Ménilmontant) Central téléphonique Ménilmontant - Paris 20e.jpg
Montmartre 1932 Georges Labro 18e
  • CLIgnancourt
  • MONtmartre
  • ORNano
48° 53′ 28″ Nord 2° 20′ 28″ Est / 48.891, 2.341 (Central Montmartre) Central téléphonique Ornano - Paris 18e.jpg
Nord 1926 Deruaz 19e
  • BOLivar
  • BOTzaris
  • COMbat
  • NORd
Ancien central Chaudron.
Le central Villette se trouve à Pantin.
48° 53′ Nord 2° 22′ Est / 48.88, 2.37 (Central Villette) Central téléphonique Villette - Paris 19e.jpg
Passy 1908 Louis Henri Georges Scellier de Gisors 16e
  • COPernic (1947-1953)
  • KLÉber
  • PASsy
  • POIncaré
48° 51′ 54″ Nord 2° 16′ 59″ Est / 48.865, 2.283 (Central Passy) Central téléphonique Passy - Paris 16e.jpg
Provence 1911 François Le Cœur 9e
  • Bergère
    (1912-1926)
  • CAUmartin
    (1933-1937)
  • LAFfitte
  • PROvence
    (après 1926)
  • TAItbout
Dénommé Bergère jusqu'à la fin 1925.
Inscrit au titre des monuments historiques en 1999[11].
48° 52′ 19″ Nord 2° 20′ 49″ Est / 48.872, 2.347 (Central Provence) Central téléphonique Provence 5 - Paris 9e.jpg
Roquette 1893  ? 11e
  • ROQuette
Réaménagé dans les années 1930
par Léon Azéma.
L'indicatif Roquette fut transféré au central Ménilmontant, puis rattaché au central Voltaire en octobre 1962.
48° 51′ 29″ Nord 2° 22′ 59″ Est / 48.858, 2.383 (Central Roquette) Central téléphonique Roquette - Paris 11e.jpg
Ségur 1900 Jacques Debat-Ponsan 7e
  • BREtagne
    (après 1963)
  • BREteuil
    (1962-1963)
  • FONtenoy
  • Saxe
    (1912-1923)
  • SÉGur
    (après 1923)
  • SUFfren
Ancien central Saxe.
L'indicatif Saxe devint Ségur en 1923.
L'indicatif Breteuil devint Bretagne en 1963.
48° 50′ 49″ Nord 2° 18′ 47″ Est / 48.847, 2.313 (Central Ségur) Central téléphonique Ségur - Paris 7e.jpg
Trudaine 1926 Paul Bessine 9e
  • LAMartine
  • PIGalle
  • TRInité
  • TRUdaine
48° 52′ 48″ Nord 2° 20′ 17″ Est / 48.88, 2.338 (Central Trudaine) Central téléphonique Trudaine - Paris 9e.jpg
Vaugirard 1926  ? 15e
  • BLOmet
  • LECourbe
  • VAUgirard
  • VICtor
48° 50′ 06″ Nord 2° 17′ 56″ Est / 48.835, 2.299 (Central Vaugirard) Central téléphonique Vaugirard - Paris 15.jpg
Voltaire 1957 Joseph Bukiet 11e
  • ROQuette
    (après 1962)
  • VOLtaire
L'indicatif Roquette, détaché du central Ménilmontant, y fut rattaché en octobre 1962. 48° 51′ 47″ Nord 2° 22′ 19″ Est / 48.863, 2.372 (Central Voltaire) Central téléphonique Voltaire 1 - Paris 11e.jpeg
Wagram 1897 Jean-Marie Boussard 17e
  • GALvani
  • WAGram
L'ancien central Desrenaudes, renommé Wagram puis transféré au central Carnot, est aujourd'hui détruit. Son nom originel provenait de l'orthographe incorrecte Desrenaudes, rectifiée en 1897 en rue des Renaudes comme suite à la réclamation du propriétaire éponyme. 48° 52′ 48″ Nord 2° 17′ 53″ Est / 48.88, 2.298 (Central Wagram) Central téléphonique Wagram ex Desrenaudes - Paris 17e.jpg

Au fil des ans, certaines appellations disparurent :

  • Bac (en service de 1944 à 1945 - devenu Babylone) ;
  • Bergère (en service de 1912 à 1926 - devenu Provence) ;
  • Caumartin (en service de 1933 à 1937) ;
  • Copernic (en service de 1947 à 1953) ;
  • Fleurus (en service de 1914 à 1927 - devenu Littré) ;
  • Glacière (en service de 1932 à 1937) ;
  • Médéric (en service de 1948 à 1950 - un record de brièveté !) ;
  • Saxe (en service de 1912 à 1923 - devenu Ségur) ;
  • Sébastopol (en service de 1957 à 1961).

Parmi les indicatifs planifiés pour les années 1934-1935, trois projets n'aboutirent pas :

  • Lorette ;
  • Madeleine ;
  • Niel.

En banlieue aussi...[modifier | modifier le code]

Annuaire téléphonique de Paris - 1946. Carte des indicatifs de banlieue. Collection de la Bibliothèque historique des Postes et des Télécommunications (BHPT).

En proche banlieue (dite zone suburbaine), les indicatifs littéraux apparurent dès 1928. Il est frappant de constater qu'à l'origine, le nom des centraux fut celui de lieux parisiens (Alésia, Clignancourt, Flandre, Italie, Maillot, Molitor, Pereire, Villette). Le réseau de banlieue fut donc conçu comme une extension de celui de la capitale.

Plusieurs indicatifs du nord de Paris desservaient aussi la banlieue voisine (Botzaris, Clignancourt, Combat, Montmartre, Nord). Certains lui furent même parfois exclusivement rattachés, sans qu'aucune règle précise puisse être définie tant la situation s'avère fluctuante.

L'automatisation du réseau de proche banlieue fut assez lente. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, 40% des centraux de la zone suburbaine (soit 8 sur 20) étaient encore manuels[12]. Il faudra attendre 1944 pour que la circonscription téléphonique de Paris soit entièrement desservie en automatique.

Le tableau suivant recense les centraux téléphoniques construits en banlieue.

Central Date Architecte Adresse Commune Indicatifs Notes Coordonnées Photo
Alesia ca 1928  ?
  • 13 rue Camille Pelletan
Montrouge
  • ALEsia
  • PELletan
Le premier central téléphonique construit en banlieue, et l'un des très rares à afficher son nom en façade
(avec les centraux Charlebourg, Pereire et Robinson).
Central téléphonique Alésia - Montrouge (92).jpg
Aviation 1951-1959  ?
  • 96-98 (ex 86) avenue de la Division Leclerc
  • 1 rue Jules Guesde
Le Bourget
  • AVIation
Intégré au bureau de poste central.
Le bâtiment primitif, construit ca 1939, fut détruit pendant la Seconde Guerre mondiale.
Central téléphonique Aviation - Le Bourget (93).jpg
Avron ca 1928  ?
  • 94 rue Alexis Pesnon
Montreuil
  • AVRon
Central téléphonique Avron - Montreuil (93).jpg
Belle-Épine ca 1938  ?
  • 11 avenue Léon Gourdault
  • 9 place du Méréchal Leclerc
Choisy-le-Roi
Juvisy-sur-Orge
  • BELle-Épine
Détruit.
Semble avoir été transféré au bureau de poste central de Juvisy-sur-Orge.
Central téléphonique Belle-Épine - Juvisy-sur-Orge (91).jpg
Berny ca 1938  ?
  • 32 rue Auguste Mounié
Antony
  • BERny
Intégré au bureau de poste central. Central téléphonique Berny - Antony (92).jpg
Boileau ca 1941  ?
  • 90 rue Pierre Brossolette
Rueil-Malmaison
  • BOIleau
Primitivement dénommé Malmaison.
Desservait Nanterre, bien que situé dans la commune de Rueil-Malmaison (rattachée à 967).
Central téléphonique Boileau (anciennement Malmaison)- Rueil-Malmaison (92).jpg
Bossuet ca 1964  ?
  • 36 rue de Plaisance
Créteil
  • BOSsuet
Central téléphonique Bossuet - Créteil (94).jpg
Charlebourg ca 1930  ?
  • 72 avenue du Général de Gaulle
La Garenne-Colombes
  • CHArlebourg
  • STAde
L'un des très rares à afficher son nom en façade
(avec les centraux Alésia, Pereire et Robinson).
Central téléphonique Charlebourg - La Garenne-Colombes (92).jpg
Daguerre ca 1960  ?
  • 11 avenue des Rochers
    (parc du Perreux)
Le Perreux-sur-Marne
  • DAGuerre
Central téléphonique Daguerre - Le Perreux-sur-Marne (94), 11 avenue des Rochers - Avril 2014..jpg
Daumesnil ca 1928  ?
  • 3 rue Renon
Vincennes
  • DAUmesnil
  • TOUrelle
Central téléphonique Daumesnil - Vincennes (94).jpg
Défense ca 1928  ?
  • 14 boulevard Aristide Briand
Courbevoie
  • DEFense
Intégré au bureau de poste central. Central téléphonique Défense - Courbevoie (92).jpg
Entrepôt ca 1928  ?
  • 57 rue de Paris
Charenton-le-Pont
  • ENTrepôt
Intégré au bureau de poste central. Central téléphonique Entrepôt - Charenton-le-Pont (94).jpg
Flandre ca 1927  ?
  • 9 rue du Docteur Pesqué
  • 6-8 rue Achille Domart
Aubervilliers
  • FLAndre
L'inscription en façade indique 1927 - Aubervilliers. Central téléphonique Flandre - Aubervilliers (93).jpg
Gravelle ca 1928  ?
  • 36 boulevard Rabelais
Saint-Maur-des-Fossés
  • BUFfon
  • GRAvelle
Central téléphonique Gravelle - Saint-Maur-des-Fossés (94).jpg
Grésillons ca 1928  ?
  • 2 rue Ernest Billiet
Asnières-sur-Seine
  • GREsillons
  • REDoute
Central téléphonique Grésillons - Asnières-sur-Seine (92).jpg
Italie ca 1928  ?
  • 17 place Marcel Cachin
Ivry-sur-Seine
  • ITAlie
Détruit.
Lavoisier ca 1959  ?
  • 37 rue Jules Ferry
Rosny-sous-Bois
  • LAVoisier
Central téléphonique Lavoisier - Rosny-sous-Bois (93).jpg
Longchamp ca 1931  ?
  • 74 rue Carnot
Suresnes
  • LONgchamp
Central téléphonique Longchamp - Suresnes (92).jpg
Maillot ca 1928 Paul Bessine
  • 4 rue Louis-Philippe
Neuilly-sur-Seine
  • MAIllot
  • MERmoz
  • SABlons
Central téléphonique Maillot - Neuilly-sur-Seine (92).jpg
Michelet ca 1933  ?
  • 25 rue Hébert
Clamart
  • MIChelet
  • RENan
Central téléphonique Michelet - Clamart (92).jpg
Molitor ca 1928  ?
  • 38 rue Paul Bert
Boulogne-Billancourt
  • GOUnod
  • MOLitor
  • VAL-d'Or
Central téléphonique Molitor - Boulogne-Billancourt (92).jpg
Observatoire ca 1934  ?
  • 5 avenue du 11 Novembre
Meudon
  • OBServatoire
L'inscription en façade indique PTT - 1934. Central téléphonique Observatoire - Meudon (92).jpg
Pereire ca 1928  ?
  • 43 rue Pierre Brossolette
Levallois-Perret
  • BROssolette
  • PEReire
L'un des très rares à afficher son nom en façade
(avec les centraux Alésia, Charlebourg et Robinson).
Central téléphonique Pereire - Levallois-Perret (92).jpg
Plaine ca 1928  ?
  • 19 rue des Ursulines
Saint-Denis
  • CHEnier
  • PLAine
Central téléphonique Plaine - Saint-Denis (93).jpg
Pompadour ca 1960  ?
  • 2 bis rue Martelet
    (bâtiment primitif installé, en 1941, au rez-de-chaussée du bureau de poste principal)
Champigny-sur-Marne
  • POMpadour
Central téléphonique Pompadour - Champigny-sur-Marne (94).jpg
Rameau ca 1962  ?
  • 22 boulevard Maxime Gorki
Villejuif
  • RAMeau
Central téléphonique Rameau - Villejuif (94).jpg
Robinson ca 1941  ?
  • 75-77 rue Houdan
Sceaux
  • FLOrian
  • ROBinson
L'un des très rares à afficher son nom en façade
(avec les centraux Alésia, Charlebourg et Pereire).
Central téléphonique Robinson - Sceaux (92).jpg
Sévigné ca 1959  ?
  • 66 allée Gambetta
Le Raincy
  • SEVigné

Desservait Bondy, Les Pavillons-sous-Bois et Villemomble, bien que situé dans la commune du Raincy.

Le Raincy (93) - Central téléphonique.jpg
Tremblay ca 1928  ?
  • 48 rue du Général Chanzy
Nogent-sur-Marne
  • TREmblay
Central téléphonique Tremblay - Nogent-sur-Marne (94).jpg
Villette ca 1930  ?
  • 231 avenue Jean Lolive
Pantin
  • VILlette
Central téléphonique Villette - Pantin (93).jpg

À partir de 1939, plusieurs villes de grande banlieue (presque toutes situées dans l'ancien département de Seine-et-Oise), dépendant de la zone régionale, bénéficièrent du système de numérotation littérale. Ainsi :

Central téléphonique Princesse - Détail de la façade : une femme tenant une lettre et un combiné téléphonique, allégorie des Postes et Téléphones - Avril 2014.

Mais la numérotation tout en chiffres fut adoptée dès 1953 pour les nouveaux centraux téléphoniques. De ce fait, les indicatifs littéraux précités furent progressivement remplacés par trois chiffres commençant par un 9 et devinrent :

  • 961 en 1958 pour Argenteuil,
  • 926 en 1956 pour Gambetta,
  • 967 en 1957 pour Malmaison,
  • 923 en 1957 pour Mansart,
  • 966 en 1958 pour Princesse,
  • 950 en 1959 pour Versailles.

Le tableau suivant recense ces centraux téléphoniques, dont les indicatifs éponymes furent éphémères.

Central Date Architecte Adresse Commune Indicatifs Notes Coordonnées Photo
Argenteuil ca 1947  ?
  • 27 rue Antonin-Georges Belin
Argenteuil
  • ARGenteuil
Intégré au bureau de poste central.
En service de 1947 à 1958.
Devenu 961.
Central téléphonique Argenteuil - Argenteuil (95).jpg
Gambetta ca 1939  ?
  • 1737 (ex 181) avenue Roger Salengro
Chaville
  • GAMbetta
En service de 1939 à 1956.
Devenu 926.
Central téléphonique Gambetta - Chaville (92).jpg
Malmaison ca 1941  ?
  • 90 rue Pierre Brossolette
Rueil-Malmaison
  • MALmaison
En service de 1941 à 1957.
Devenu 967.
Renommé Boileau en 1957.
Central téléphonique Boileau (anciennement Malmaison)- Rueil-Malmaison (92).jpg
Mansart ca 1940  ?
  •  ?
 ?
  • MANsart
En service de 1940 à 1957.
Devenu 923.
Semble détruit.
Princesse 1931 Georges Labro
  • 27 boulevard Carnot
Le Vésinet
  • PRIncesse
En service de 1951 à 1958.
Devenu 966.
Central Princesse 6 - Le Vésinet (78).jpg
Versailles ca 1939  ?
  • 2 impasse des Gendarmes
Versailles
  • VERsailles
En service de 1939 à 1959.
Devenu 950.
Central téléphonique Versailles 2 - Versailles (78).jpg

...et même en province[modifier | modifier le code]

Le plan de numérotation téléphonique en France avait prévu d'utiliser un indicatif littéral en province également. Dans trois grandes villes, on composait les deux[17] premières lettres d'un indicatif (comme en Amérique du Nord), suivies de deux fois deux chiffres. Ainsi :

  • Burdeau,
  • Franklin,
  • Gailleton,
  • Lalande,
  • Moncey[18],
  • Parmentier,
  • Terreaux,
  • Villeurbanne
à Lyon[19] ;
  • Colbert,
  • Dragon,
  • Ferréol
  • Garibaldi,
  • Guynemer,
  • Lycée,
  • Monte-Cristo,
  • National,
  • Prado
à Marseille[20] ;
  • Capitole,
  • Garonne,
  • Languedoc,
  • Matabiau
à Toulouse[21].

Pour une raison qui échappe, Bordeaux (jadis quatrième ville française la plus peuplée, dépassant Toulouse) n'eut jamais d'indicatifs littéraux.

Cette numérotation devint tout en chiffres en 1957 à Lyon et à Marseille, et en 1959 à Toulouse. Mais elle laissa peu de traces dans la mémoire collective des provinciaux, contrairement à Paris.

Dans certains centres urbains de moindre importance, l'indicatif était l'initiale du nom de la ville suivie d'un chiffre. Ainsi, il y eut :

  • B[22] à Brive-la-Gaillarde, de 1953 à 1955 ;
  • D[23] à Dijon, de 1952 à 1955 ;
  • E[24] à Saint-Étienne, de 1951 à 1956 ;
  • H[25] au Havre, de 1951 à 1955 ;
  • L[26] dans les communes de l'agglomération lyonnaise, de 1951 à 1956 ;
  • M[27] à Montpellier, de 1951 à 1954 ;
  • R[28] à Rouen, de 1949 à 1955.

Une méthode contraignante et inadaptée[modifier | modifier le code]

Calendrier de poche - 1939.

Au fur et à mesure de l'augmentation du nombre d'abonnés parisiens, il devint nécessaire de créer des centraux téléphoniques, donc d'inventer des indicatifs (leur nombre doubla entre les années 1930 et 1960). Mais pour être retenue, une nouvelle appellation devait respecter des règles strictes, reposant sur un triple impératif :

  • de disponibilité - différer nécessairement d'une combinaison chiffrée déjà existante (des trois conditions, c'était la plus essentielle) ;
  • d'intelligibilité - être aisément prononçable, donc comporter au moins une voyelle ;
  • de notoriété - être suffisamment connue et facilement mémorisable (cette règle fut de moins en moins observée).

Pour la première raison, Bastille, Montparnasse ou République ne virent jamais le jour, respectivement empêchés par Carnot, Montmartre et Pereire. Pour la deuxième, Schubert, Scribe ou Strauss n'avaient aucune chance. Pour la troisième, un lieu ou un individu aussi indéterminés qu'Église, Musée ou Duval ne pouvaient convenir.

Or le choix pertinent de nouveaux indicatifs littéraux devenait de plus en plus délicat et, à terme, impossible. Les derniers centraux mis en service n'étaient plus guère évocateurs de leur emplacement. Si Étoile, Invalides, Louvre ou Opéra parlaient même aux provinciaux et jusqu'aux étrangers, il fallait par contre être un parisien averti pour savoir à quel endroit de banlieue aboutissait, par exemple, un appel vers Boileau (Nanterre), Gounod (Boulogne-Billancourt), Lavoisier (Rosny-sous-Bois) ou Redoute (Asnières-sur-Seine)…

Circonscription téléphonique de Paris - Revue Postes et Télécommunications - Juin 1961 - Collection de la Bibliothèque historique des Postes et des Télécommunications (BHPT).

En outre, certains noms à connotation équivoque - voire négative - pouvaient déplaire au public. L'attribution d'un Bagatelle, Batignolles, Entrepôt, Gravelle ou Pigalle mécontentait (parfois jusqu'à la réclamation) des abonnés comme il faut, que de simples chiffres n'auraient pas rebutés. À l'inverse, on ne pouvait satisfaire un riverain des Buttes-Chaumont qui, voulant faire imprimer sur sa carte de visite un numéro de téléphone commençant par Auteuil ou Elysées[7], devait se contenter d'un moins prestigieux Botzaris ou Combat. Plus généralement, le marquage social du numéro de téléphone était trop souvent perçu comme inopportun. Un abonné de Marcadet n'appartenait pas au même monde qu'un correspondant de Passy… mais ne souhaitait pas forcément l'afficher.

D'un simple point de vue fonctionnel, plusieurs inconvénients - dénoncés depuis longtemps - étaient liés au nom même des centraux et aux particularités de prononciation du français.

Une première source de confusion résidait dans l'incertitude orthographique, dont l'exemple le plus célèbre est Pereire. Nombre d'abonnés composaient à tort PEIrère, consommant inutilement une taxe téléphonique et dérangeant en outre un correspondant de Ségur, à tel point qu'on avait fini par insérer, dans l'annuaire, des avertissements en haut ou bas de page (et en gros caractères) pour mettre en garde contre cette bévue trop fréquente. Par une semblable confusion phonétique, CLÉ (pour Kléber) et DOM (au lieu de Daumesnil) menaient assez souvent l'un à Alésia, l'autre à Fontenoy… Les méprises pouvaient même aller jusqu'à la cocasserie de cet étranger qui tenta, un jour, d'obtenir Kellermann en composant désespérément QUAi l'Hermann !

Les noms rimant entre eux pouvaient piéger les esprits. Trop de personnes le confondant avec Auteuil (existant presque depuis l'origine et présent dans toutes les mémoires), l'indicatif Breteuil, mis en service en décembre 1962, fut hâtivement rebaptisé Bretagne l'été suivant. Toutefois, leur paronymie ne semble pas avoir affecté les indicatifs Dorian et Florian.

Certains indicatifs se prononçaient différemment de leurs trois lettres initiales isolées, pour diverses raisons liées à la phonétique :

Ainsi :

  • Archives (lu comme arc) ;
  • Etoile (lu comme étonner) ;
  • Flandre (lu comme flacon) ;
  • Maillot (lu comme maison) ;
  • Michelet (lu comme mica) ;
  • Nation (lu comme natte) ;
  • Plaine (lu comme plat) ;
  • Poincaré (lu comme poire, d'où son fréquent déchiffrement comme Poissy) ;
  • Richelieu (lu comme rictus) ;
  • Tremblay (lu comme tréteau).

De plus, que dire de la perplexité qui s'instaura quand les noms de centraux ne furent plus imprimés que sous la forme tronquée de leurs premières lettres, travestissant alors aisément (même pour bien des parisiens !) BELle-Épine en Belleville, BERny en Bercy, CLIgnancourt en Clichy, GREsillons en Grenelle, MARcadet en Marivaux, MIRabeau en Miromesnil, PELletan en Pelleport, POIncaré en Poissy, RAMeau en Rambuteau, ROBinson en Robespierre ? …

Quant aux aveugles, ils devaient avoir mémorisé la correspondances des lettres et des chiffres. Un cadran uniquement chiffré leur aurait épargné cette difficulté.

Mais surtout, les combinaisons de lettres ayant une signification et un rapport avec un lieu précis n'étaient pas inépuisables. À terme, le système ne pouvait que déboucher sur une saturation (accélérée par la proscription du 1), alors que les chiffres offraient des possibilités quasi-illimitées.

Enfin, précisons que le cadran téléphonique français différait de l'américain. Ce dernier associait au 6 les lettres MNO et le chiffre zéro et, ignorant le Q, réservait le zéro aux services (operator). Ainsi, une opératrice new-yorkaise ne pouvait appeler Bolivar, Nord, Observatoire... et encore moins Roquette ; pire, pour elle Alma et Blomet étaient confondus ! En retour, sa collègue parisienne était incapable de joindre, entre autres, HOllywood à Los Angeles, ORegon à New-York, JOhnson à Washington, OLympia à Montréal ou MOhawk à Toronto… Ces incompatibilités entravaient les relations internationales.

L'abandon du système (1963)[modifier | modifier le code]

Dans la circonscription téléphonique de Paris, la numérotation tout en chiffres fut adoptée le 1er octobre 1963[29]. Malgré l'augmentation des nouveaux numéros sans lien avec le nom d'un central téléphonique, l'utilisation des anciens indicatifs littéraux restait possible[30]. Ses divers détournements aussi[31]… Elle ne disparut totalement que lors du passage à huit chiffres, le 25 octobre 1985.

Les indicatifs littéraux furent donc abandonnés 35 ans après leur mise en service. Toutefois, Londres conserva quatre ans de plus (jusqu'à fin septembre 1967) un système analogue comportant plus du double de noms, atteignant les 262 combinaisons. En Amérique du Nord, ce système ne fut totalement aboli qu'au début des années 1980, parfois au prix de vives résistances comme sur la côte Ouest des États-Unis[32].

À Paris, certains projets conçus en lettres furent mis en service sous forme de chiffres après octobre 1963 (Manufacture / 626, en février 1965 au central Observatoire ; Ampère / 267[33], en octobre 1965 au central Carnot ; Denfert-Rochereau / 336, en 1966 au central Gobelins. Le projet Dugommier / 384, au central Diderot, n'aboutit pas).

Mais l'administration parisienne n'avait ni l'imagination, ni l'audace de son homologue londonienne. Pourtant, maintes possibilités inexploitées existaient encore, comme ANVers, BEAumarchais, CITé, DELambre, EPInettes, FROissart, GERgovie, HAUssmann, ILE-Saint-Louis, JEMmapes, KOSsuth, LUXembourg, MURat, NEY, OURcq, PALais-Royal, QUInze-Vingts, RIVoli, SULly, TUIleries, ULM, VIVienne, WAShington, XAVier-Privas, YVEs-Toudic… et même ZOLa, si la lettre Z (inutilisée) avait été associée au chiffre zéro, comme elle le sera plus tard.

De même, en banlieue, la porte restait ouverte à des indicatifs tels AUBervilliers, BOBigny, CLAmart, DRAncy, ÉCOles (à Charenton-le-Pont et Maisons-Alfort), FREsnes, GENtilly, HÉRold (à Courbevoie), IVRy, JOInville, KREmlin-Bicêtre, LEVallois, MEUdon, NANterre, ORLy, PRÉ-Saint-Gervais, QUAtre-routes (à Asnières-sur-Seine), RUNgis, SUResnes, THIais, URSulines (à Saint-Denis), VINcennes, WISsous...

Beaucoup de parisiens regrettèrent leurs anciens indicatifs. Pour des raisons mnémotechniques, pratiques (au simple énoncé d'un numéro de téléphone, on localisait immédiatement son abonné), mais sans doute - et surtout - sentimentales : les noms possèdent une valeur affective que les chiffres n'ont pas. Comment ne pas éprouver la nostalgie de ces pages d'histoire de France qu'on tournait, en même temps que le cadran, en composant Alésia, Médicis, Pompadour, Wagram, ou de cet avant-goût de grandes vacances qu'éveillaient Bretagne, Provence, Pyrénées, Robinson ?

Le tableau ci-dessous[34] donne la liste complète des 112 indicatifs littéraux en service dans la circonscription de Paris en octobre 1963. Il précise leur équivalent en chiffres, l'origine de leur nom, l'année de leur mise en service et l'emplacement du central dont ils dépendaient. Les indicatifs suivis d'un astérisque (commençant jadis par les lettres G, I, O et W) disparurent au cours des années 1970 ; les autres correspondent toujours à la zone originellement couverte, mais ils sont aujourd'hui précédés de 01 4.

Liste des indicatifs[modifier | modifier le code]

Indicatif Numéro Origine du nom Année
de mise
en
service
Nom
du central
Emplacement
du central
ALEsia (01 4) 253 Géographique : cité gauloise - siège d'Alésia ;
rue d'Alésia
1928 Alésia 92000 - Montrouge
13 rue Camille Pelletan
ALMa (01 4) 256 Géographique : fleuve d'Ukraine - bataille de l'Alma, en 1854 ;
palais de l'Alma et Pont de l'Alma
1959 Élysées 75008 - 8e arrondissement de Paris
106-108 rue La Boétie
ANJou (01 4) 265 Géographique : ancienne province française - Anjou ;
rue d'Anjou (primitivement rue de Morfondus), ainsi renommée, vers 1672, en l'honneur d'Henri de Valois, duc d'Anjou, futur Henri III (1551-1589)
1927 Anjou 75008 - 8e arrondissement de Paris
11 à 15 rue d'Anjou
ARChives (01 4) 272 Géographique : monument - Archives nationales (France) ;
rue des Archives et quartier des Archives
1912 Archives 75003 - 3e arrondissement de Paris
63 rue des Archives
106-108 rue du Temple
AUTeuil (01 4) 288 Géographique : commune annexée par Paris en 1860 - quartier d'Auteuil ;
porte d'Auteuil, rue d'Auteuil et ligne d'Auteuil
1917 Auteuil 75016 - 16e arrondissement de Paris
21 rue Jasmin
8 à 14 rue Henri-Heine
AVIation (01 4) 284 Géographique : monument - aéroport de Paris-Le Bourget 1939 Aviation 93000 - Le Bourget
86 avenue de la Division Leclerc
(bureau de poste principal ;
(le central semble transféré à Dugny - Aéroport de Paris-Le Bourget)
AVRon (01 4) 287 Géographique : lieu-dit - plateau d'Avron 1928 Avron 93000 - Montreuil
94 rue Alexis Pesnon
BABylone
(ex BAC)
(01 4) 222 Géographique :
- cité mésopotamienne - Babylonerue de Babylone ;
- lieu-dit - rue du Bac
1944 Littré 75006 - 6e arrondissement de Paris
37 rue du Cherche-Midi
60-62 boulevard Raspail
BAGatelle (01 4) 224 Géographique : lieu-dit - parc de Bagatelle, au Bois de Boulogne 1956 Auteuil 75016 - 16e arrondissement de Paris
21 rue Jasmin
8 à 14 rue Henri-Heine
BALzac (01 4) 225 Historique : homme de lettres français ; romancier - Honoré de Balzac (1799-1850) ;
rue Balzac
1932 Élysées 75008 - 8e arrondissement de Paris
106-108 rue La Boétie
BATignolles (01 4) 228 Géographique : commune annexée par Paris en 1860 - Batignolles-Monceau ;
rue des Batignolles et quartier des Batignolles
1951
(interruption
de 1957
à 1959)
1960
Marcadet 75018 - 18e arrondissement de Paris
266 rue Marcadet
BELle-Épine (01 4) 235 Géographique : lieu-dit - carrefour de la Belle Épine, à Thiais ; le centre commercial Belle Épine y a été inauguré en septembre 1971. 1938 Belle-Épine 94000 - Choisy-le-Roi
11 avenue Léon Gourdault
(détruit)
BERny (01 4) 237 Géographique : lieu-dit - carrefour de la Croix de Berny, près de l'ancien Château de Berny 1938 Berny 92000 - Antony
32 rue Auguste Mounié
(bureau de poste principal)
BLOmet (01 4) 250 Géographique : lieu-dit - rue Blomet 1958 Vaugirard 75015 - 15e arrondissement de Paris
8-10 rue Jobbé-Duval
BOIleau[35] (01 4) 204 Historique : homme de lettres français ; poète - Nicolas Boileau (1636-1711) ;
⇒ rue Boileau, à Rueil-Malmaison
1957 Boileau 92000 - Rueil-Malmaison
90 rue Pierre Brossolette
BOLivar (01 4) 205 Historique : homme politique vénézuélien - Simón Bolívar (1783-1830) ;
avenue Simon-Bolivar
1951 Nord 75019 - 19e arrondissement de Paris
103 à 107 boulevard de la Villette
BOSsuet[36] (01 4) 207 Historique : homme de lettres français ; prédicateur - Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) ;
⇒ allée Bossuet, à Chennevières-sur-Marne (?)
1964 Bossuet 94000 - Créteil
36 rue de Plaisance
BOTzaris (01 4) 208 Historique : homme politique grec - Markos Botzaris (ca 1788-1823) ;
rue Botzaris
1927 Nord 75019 - 19e arrondissement de Paris
103 à 107 boulevard de la Villette
BREtagne[37]
(ex BREteuil)
(01 4) 273 Géographique : ancienne province française - Bretagne ;
⇒ allusion au proche quartier du Montparnasse, traditionnel fief breton de Paris ; avenue de Breteuil
1962 Ségur 75007 - 7e arrondissement de Paris
55 avenue de Saxe
BROssolette (01 4) 270 Historique : homme politique français - Pierre Brossolette (1903-1944) ;
⇒ rue Pierre Brossolette, à Levallois-Perret
1960 Pereire 92000 - Levallois-Perret
43 rue Pierre Brossolette
BUFfon (01 4) 283 Historique : scientifique français ; naturaliste et biologiste - Georges-Louis Leclerc de Buffon (1707-1788) ;
⇒ rue de Buffon, à Saint-Maur-des-Fossés
1961 Gravelle 94000 - Saint-Maur-des-Fossés
36 boulevard Rabelais
CARnot (01 4) 227 Historique : militaire français - Lazare Nicolas Marguerite Carnot (1753-1823) ;
avenue Carnot (Paris)
1926 Carnot 75017 - 17e arrondissement de Paris
23 à 27 rue Médéric
CENtral (01 4) 236 Analogique : centre de Paris ;
seul indicatif ne portant pas le nom d'un lieu ou d'une personne. Un indicatif CENtral desservait la Cité de Londres depuis 1902.
1912 Gutenberg 75001 - 1er arrondissement de Paris
46 bis rue du Louvre
55 rue Jean-Jacques-Rousseau
CHArlebourg (01 4) 242 Géographique ou historique : lieu-dit - marché de Charlebourg, sur la place de Belgique (La Garenne-Colombes) ;
⇒ avenue de Charlebourg, à La Garenne-Colombes ;
Un séjour du futur Charles II d'Angleterre, réfugié en France durant la décennie 1650 lors du protectorat de Cromwell, aurait donné son nom au lieu.
1930 Charlebourg 92000 - La Garenne-Colombes
72 avenue du Général de Gaulle
CHEnier[38] (01 4) 243 Historique : homme de lettres français ; poète - André Chénier (1762-1794) ;
⇒ rue André Chénier, à Épinay-sur-Seine
1963 Plaine 93000 - Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)
19 rue des Ursulines
CLIgnancourt (01 4) 254 Géographique : lieu-dit - porte de Clignancourt, rue de Clignancourt et quartier de Clignancourt 1928 Montmartre 75018 - 18e arrondissement de Paris
114 rue Marcadet
COMbat (01 4) 206 Géographique : lieu-dit - ancienne place du Combat (devenue place du Colonel-Fabien) et quartier du Combat 1923 Nord 75019 - 19e arrondissement de Paris
103 à 107 boulevard de la Villette
DAGuerre[39] (01 4) 324 Historique : scientifique français ; chimiste - Louis Daguerre (1787-1851) ;
⇒ place et rue Daguerre, à Bry-sur-Marne
1960 Daguerre 94000 - Le Perreux-sur-Marne
11 avenue des Rochers
DANton (01 4) 326 Historique : homme politique français - Georges Jacques Danton (1759-1794) ;
rue Danton
1927 Danton 75005 - 5e arrondissement de Paris
91 boulevard Saint-Michel
DAUmesnil[40] (01 4) 328 Historique : militaire français - Pierre Daumesnil (1776-1832) ;
⇒ avenue Daumesnil (à Saint-Mandé) et Lac Daumesnil (au Bois de Vincennes)
1928 Daumesnil 94000 - Vincennes
3 rue Renon
DEFense (01 4) 333 Historique : la défense de Paris en 1870 contre les troupes prussiennes ;
⇒ lieu-dit rond-point de la Défense, à Courbevoie, où fut élevé en 1883 un groupe sculpté commémoratif, d'où le nom donné ultérieurement au quartier de La Défense
1928 Défense 92000 - Courbevoie
14 boulevard Aristide Briand
(bureau de poste principal)
DIDerot (01 4) 343 Historique : homme de lettres français ; philosophe - Denis Diderot (1713-1784) ;
boulevard Diderot
1921 Diderot 75012 - 12e arrondissement de Paris
187-189 avenue Daumesnil
DORian (01 4) 307 Historique : homme politique français - Pierre-Frédéric Dorian (1814-1873) ;
avenue Dorian
1932 Diderot 75012 - 12e arrondissement de Paris
187-189 avenue Daumesnil
ELYsées[7] (01 4) 359 Géographique : lieu-dit - avenue des Champs-Élysées et quartier des Champs-Élysées ;
aucun rapport avec le Palais de l'Élysée (voir note 7)
1914 Élysées 75008 - 8e arrondissement de Paris
106-108 rue La Boétie
ENTrepôt (01 4) 368 Géographique : lieu-dit - rue de l'Entrepôt, à Charenton-le-Pont 1928 Entrepôt 94000 - Charenton-le-Pont
57 rue de Paris
(bureau de poste principal)
ETOile (01 4) 380 Géographique : lieu-dit - place de l'Étoile, devenue place Charles-de-Gaulle 1931 Carnot 75017 - 17e arrondissement de Paris
23 à 27 rue Médéric
EURope (01 4) 387 Géographique : continent - Europe ;
place de l'Europe (Paris) et quartier de l'Europe
1929 Laborde 75008 - 8e arrondissement de Paris
10 rue de Madrid
11 rue d'Édimbourg
FLAndre (01 4) 352 Géographique : région française - Flandre française ;
avenue de Flandre et quartier du Pont-de-Flandre
1928 Flandre 93000 - Aubervilliers
9 rue du Docteur Pesqué
6-8 rue Achille Domart
FLOrian (01 4) 350 Historique : homme de lettres français ; poète - Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794) ;
⇒ rue Florian, à Sceaux
1961 Robinson 92000 - Sceaux (Hauts-de-Seine)
75-77 rue Houdan
FONtenoy (01 4) 306 Géographique : ville de Belgique - bataille de Fontenoy (Antoing), en 1745 ;
place de Fontenoy
1951 Ségur 75007 - 7e arrondissement de Paris
55 avenue de Saxe
GALvani 425* Historique : scientifique italien ; physicien et médecin - Luigi Galvani (1737-1798) ;
rue Galvani
1925 Carnot 75017 - 17e arrondissement de Paris
23 à 27 rue Médéric
GOBelins 402* Historique : industriels français (teinturiers), qui fondèrent la manufacture des Gobelins ;
avenue des Gobelins
1912 Gobelins 75005 - 5e arrondissement de Paris
40 boulevard de Port-Royal
GOUnod 408* Historique : artiste français ; compositeur - Charles Gounod (1818-1893) ;
⇒ rue Gounod, à Saint-Cloud
1963 Molitor 92000 - Boulogne-Billancourt
38 rue Paul Bert
(ancien bureau de poste principal)
GRAvelle 472* Géographique : lieu-dit - lac de Gravelle, au Bois de Vincennes 1928 Gravelle 94000 - Saint-Maur-des-Fossés
36 boulevard Rabelais
GREsillons 473* Géographique : lieu-dit - Les Grésillons, à Gennevilliers ;
⇒ avenue des Grésillons, à Asnières-sur-Seine et Gennevilliers
1928 Grésillons 92000 - Asnières-sur-Seine
2 rue Ernest Billiet
GUTenberg 488* Historique : imprimeur allemand - Johannes Gutenberg (ca 1400-1468) ;
⇒ ancienne rue Gutenberg (reliant la rue du Louvre et la rue Jean-Jacques-Rousseau et longeant l'une des façades latérales du bureau téléphonique), déclassée en 1891
1912 Gutenberg 75001 - 1er arrondissement de Paris
46 bis rue du Louvre
55 rue Jean-Jacques-Rousseau
INValides 468* Géographique : monument - hôtel des Invalides ;
boulevard des Invalides (Paris), place des Invalides, pont des Invalides et quartier des Invalides
1925 Invalides 75007 - 7e arrondissement de Paris
3-5 rue Louis-Codet
ITAlie 482* Géographique : pays d'Europe - Italie ;
avenue d'Italie, place d'Italie (Paris) et porte d'Italie
1928 Italie 94000 - Ivry-sur-Seine
17 place Marcel Cachin
(détruit)
JASmin (01 4) 527 Historique : homme de lettres français ; poète - Jacques Boé dit Jasmin (poète) (1798-1864) ;
rue Jasmin
1932 Auteuil 75016 - 16e arrondissement de Paris
21 rue Jasmin
8 à 14 rue Henri-Heine
JUSsieu (01 4) 587 Historique : scientifique français ; botaniste - Antoine-Laurent de Jussieu (1748-1836) ;
place Jussieu et rue Jussieu (Paris)
1963 Gobelins 75005 - 5e arrondissement de Paris
40 boulevard de Port-Royal
KELlermann (01 4) 535 Historique : militaire français - François-Christophe Kellermann (1735-1820) ;
boulevard Kellermann
1957 Gobelins 75005 - 5e arrondissement de Paris
40 boulevard de Port-Royal
KLEber (01 4) 553 Historique : militaire français - Jean-Baptiste Kléber (1753-1800) ;
avenue Kléber
1927 Passy 75016 - 16e arrondissement de Paris
29-31 rue des Sablons
LABorde (01 4) 522 Historique : homme politique français - Alexandre de Laborde (1773-1842) ;
rue de Laborde
1925 Laborde 75008 - 8e arrondissement de Paris
10 rue de Madrid
11 rue d'Édimbourg
LAFfitte (01 4) 523 Historique : homme politique français - Jacques Laffitte (1767-1844) ;
rue Laffitte
1930
(interruption
de 1935
à 1959)
1960
Provence 75009 - 9e arrondissement de Paris
2 à 10 rue Bergère
15-17 rue du Faubourg-Poissonnière
LAMartine (01 4) 526 Historique : homme de lettres et homme politique français - Alphonse de Lamartine (1790-1869) ;
rue Lamartine
1933
(interruption
de 1937
à 1950)
1951
Trudaine 75009 - 9e arrondissement de Paris
20 rue de Navarin
LAVoisier (01 4) 528 Historique : scientifique français ; chimiste - Antoine Lavoisier (1743-1794) ;
⇒ rue Lavoisier, à Rosny-sous-Bois
1959 Lavoisier
93000 - Rosny-sous-Bois
37 rue Jules Ferry
LECourbe (01 4) 532 Historique : militaire français - Claude Jacques Lecourbe (1759-1815) ;
rue Lecourbe
1935 Vaugirard 75015 - 15e arrondissement de Paris
8-10 rue Jobbé-Duval
LITtré (01 4) 548 Historique : homme de lettres français ; philosophe - Émile Littré (1801-1881) ;
rue Littré
1927 Littré 75006 - 6e arrondissement de Paris
37 rue du Cherche-Midi
60-62 boulevard Raspail
LONgchamp (01 4) 506 Géographique : monument - hippodrome de Longchamp, au Bois de Boulogne 1931 Longchamp 92000 - Suresnes
74 rue Carnot
LOUvre (01 4) 508 Géographique : monument - palais du Louvre ;
place du Louvre et (surtout) rue du Louvre
1912 Gutenberg 75001 - 1er arrondissement de Paris
46 bis rue du Louvre
55 rue Jean-Jacques-Rousseau
MAC-Mahon (01 4) 622 Historique : homme politique français - Patrice de Mac Mahon (1808-1893) ;
avenue Mac-Mahon
1951 Carnot 75017 - 17e arrondissement de Paris
23 à 27 rue Médéric
MAIllot (01 4) 624 Géographique : lieu-dit - porte Maillot ;
gare de Neuilly - Porte Maillot
1928 Maillot 92000 - Neuilly-sur-Seine
4 rue Louis-Philippe
(ancien bureau de poste principal)
MARcadet (01 4) 627 Géographique : lieu-dit - rue Marcadet 1912 Marcadet 75018 - 18e arrondissement de Paris
266 rue Marcadet
MEDicis (01 4) 633 Historique : femme politique française - Marie de Médicis (1575-1642) ;
rue de Médicis
1956 Danton 75005 - 5e arrondissement de Paris
91 boulevard Saint-Michel
MENilmontant (01 4) 636 Géographique : lieu-dit - Ménilmontant (quartier parisien) ;
boulevard de Ménilmontant, porte de Ménilmontant et rue de Ménilmontant
1926 Menilmontant 75020 - 20e arrondissement de Paris
26 rue Sorbier
MERmoz (01 4) 637 Historique : aviateur français - Jean Mermoz (1901-1936) ;
⇒ boulevard Jean Mermoz, à Neuilly-sur-Seine
1959 Maillot 92000 - Neuilly-sur-Seine
4 rue Louis-Philippe
(ancien bureau de poste principal)
MIChelet (01 4) 642 Historique : homme de lettres français ; historien - Jules Michelet (1798-1874) ;
⇒ rue Michelet, à Issy-les-Moulineaux
1933 Michelet 92000 - Clamart
25 rue Hébert
MIRabeau (01 4) 647 Historique : homme politique français - Honoré-Gabriel Riqueti de Mirabeau (1749-1791) ;
pont Mirabeau et rue Mirabeau
1950 Auteuil 75016 - 16e arrondissement de Paris
21 rue Jasmin
8 à 14 rue Henri-Heine
MOLitor (01 4) 605 Historique : militaire français - Gabriel Jean Joseph Molitor (1770-1849) ;
porte Molitor et rue Molitor
1928 Molitor 92000 - Boulogne-Billancourt
38 rue Paul Bert
(ancien bureau de poste principal)
MONtmartre (01 4) 606 Géographique : commune annexée par Paris en 1860 - Montmartre ;
(le boulevard Montmartre, la rue Montmartre et la rue du Faubourg-Montmartre sont géographiquemet distincts)
1933 Montmartre 75018 - 18e arrondissement de Paris
114 rue Marcadet
NATion (01 4) 628 Géographique : lieu-dit - place de la Nation 1957 Diderot 75012 - 12e arrondissement de Paris
187-189 avenue Daumesnil
NORd (01 4) 607 Géographique : monument - proximité de la gare de Paris-Nord 1912 Nord 75019 - 19e arrondissement de Paris
103 à 107 boulevard de la Villette
OBErkampf 023* Historique : industriel allemand naturalisé français - Christophe-Philippe Oberkampf (1738-1815) ;
rue Oberkampf
1931 Menilmontant 75020 - 20e arrondissement de Paris
26 rue Sorbier
OBServatoire[41] 027* Géographique : monument - observatoire de Meudon, rattaché à l'Observatoire de Paris 1934 Observatoire 92000 - Meudon
5 avenue du 11 Novembre
ODEon 033* Géographique : monument - théâtre de l'Odéon ;
place de l'Odéon, rue de l'Odéon et quartier de l'Odéon
1929 Danton 75005 - 5e arrondissement de Paris
91 boulevard Saint-Michel
OPEra 073* Géographique : monument - Opéra de Paris ;
avenue de l'Opéra et place de l'Opéra
1928 Anjou 75008 - 8e arrondissement de Paris
11 à 15 rue d'Anjou
ORNano 076* Historique : militaire français - Philippe Antoine d'Ornano (1784-1863) ;
boulevard Ornano
1951 Montmartre 75018 - 18e arrondissement de Paris
114 rue Marcadet
PASsy (01 4) 727 Géographique : commune annexée par Paris en 1860 - Passy (Seine) ;
pont de Bir-Hakeim (ancien pont de Passy), porte de Passy et rue de Passy
1912 Passy 75016 - 16e arrondissement de Paris
29-31 rue des Sablons
PELletan (01 4) 735 Historique : homme politique français - Camille Pelletan (1846-1915) ;
⇒ rue Camille Pelletan, à Montrouge
1959 Alésia 92000 - Montrouge
13 rue Camille Pelletan
PEReire (01 4) 737 Historique : banquiers français - les Frères Pereire ;
boulevard Pereire, place du Maréchal-Juin (ancienne place Pereire) et gare de Pereire - Levallois
1928 Pereire 92000 - Levallois-Perret
43 rue Pierre Brossolette
PIGalle (01 4) 744 Historique : artiste français ; sculpteur - Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785) ;
place Pigalle, rue Jean-Baptiste-Pigalle et Pigalle (quartier parisien)
1933 Trudaine 75009 - 9e arrondissement de Paris
20 rue de Navarin
PLAine (01 4) 752 Géographique : lieu-dit - la Plaine Saint-Denis 1928 Plaine 93000 - Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)
19 rue des Ursulines
POIncaré (01 4) 704 Historique : homme politique français - Raymond Poincaré (1860-1934) ;
avenue Raymond-Poincaré
1955 Passy 75016 - 16e arrondissement de Paris
29-31 rue des Sablons
POMpadour (01 4) 706 Historique : femme politique française - Madame de Pompadour (1721-1764) ;
carrefour Pompadour, à Créteil
1941 Pompadour 94000 - Champigny-sur-Marne
2 bis rue Martelet
(avant mai 1960, situé au rez-de-chaussée du bureau de poste principal)
PORt-Royal (01 4) 707 Géographique : monument - abbaye de Port-Royal de Paris ;
boulevard de Port-Royal
1934 Gobelins 75005 - 5e arrondissement de Paris
40 boulevard de Port-Royal
PROvence (01 4) 770 Géographique : ancienne province française - Provence ;
rue de Provence, ouverte en 1777 en l'honneur de Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence, futur Louis XVIII (1755-1824)
1926 Provence 75009 - 9e arrondissement de Paris
2 à 10 rue Bergère
15-17 rue du Faubourg-Poissonnière
PYRénées (01 4) 797 Géographique : chaîne de montagnes franco-espagnole - Pyrénées ;
rue des Pyrénées
1956 Menilmontant 75020 - 20e arrondissement de Paris
26 rue Sorbier
RAMeau (01 4) 726 Historique : artiste français ; compositeur - Jean-Philippe Rameau (1683-1764) ;
⇒ rue Rameau, à Villejuif
1962 Rameau 94000 - Villejuif
22 boulevard Maxime Gorki
REDoute (01 4) 733 Géographique : lieu-dit - avenue de la Redoute, à Asnières-sur-Seine 1961 Grésillons 92000 - Asnières-sur-Seine
2 rue Ernest Billiet
RENan (01 4) 736 Historique : homme de lettres français ; philosophe - Ernest Renan (1823-1892) ;
⇒ rue Ernest Renan, à Issy-les-Moulineaux
1961 Michelet 92000 - Clamart
25 rue Hébert
RIChelieu (01 4) 742 Historique : homme politique français - Armand-Jean du Plessis de Richelieu (1585-1642) ;
rue de Richelieu
1925 Anjou 75008 - 8e arrondissement de Paris
11 à 15 rue d'Anjou
ROBinson (01 4) 702 Littéraire : la commune du Plessis-Piquet fut renommée Le Plessis-Robinson le 12 novembre 1909, en raison de la guinguette Au Grand Robinson qu'y avait ouverte un restaurateur parisien vers 1840, qui connut une vogue immédiate et durable. L'enseigne s'inspirait du roman Le Robinson suisse de Johann David Wyss, paru en 1813 - histoire d'une famille de naufragés en Indonésie, qui se construit une maison dans les arbres. Cet ouvrage se référait au célèbre Robinson Crusoé de Daniel Defoe, publié en 1719. 1941 Robinson 92000 - Sceaux (Hauts-de-Seine)
75-77 rue Houdan
ROQuette (01 4) 700 Géographique : lieu-dit - rue de la Roquette et quartier de la Roquette 1912 Voltaire 75011 - 11e arrondissement de Paris
97 boulevard Richard-Lenoir
58 boulevard Voltaire
SABlons (01 4) 722 Géographique : lieu-dit - plaine des Sablons, à Neuilly-sur-Seine ;
porte des Sablons
1947 Maillot 92000 - Neuilly-sur-Seine
4 rue Louis-Philippe
(ancien bureau de poste principal)
SEGur (01 4) 734 Historique : homme politique français - Philippe Henri de Ségur (1724-1801) ;
avenue de Ségur
1923 Ségur 75007 - 7e arrondissement de Paris
55 avenue de Saxe
SEVigné[42] (01 4) 738 Historique : femme de lettres française ; épistolière - Marie de Rabutin-Chantal (marquise de Sévigné) (1626-1696) ;
⇒ rue de Sévigné, à Villemomble
1959 Sévigné 93000 - Le Raincy
66 allée Gambetta
SOLférino (01 4) 705 Géographique : village d'Italie - bataille de Solférino, en 1859 ;
rue de Solférino et passerelle Léopold-Sédar-Senghor (ancien pont de Solférino)
1951 Invalides 75007 - 7e arrondissement de Paris
3-5 rue Louis-Codet
STAde (01 4) 782 Géographique : monument - stade olympique Yves-du-Manoir, à Colombes 1961 Charlebourg 92000 - La Garenne-Colombes
72 avenue du Général de Gaulle
SUFfren (01 4) 783 Historique : militaire français - Pierre André de Suffren (1729-1788) ;
avenue de Suffren
1933 Ségur 75007 - 7e arrondissement de Paris
55 avenue de Saxe
TAItbout (01 4) 824 Historique : officier de justice français - Jean-Baptiste Julien Taitbout (1690-1779) ;
rue Taitbout
1931 Provence 75009 - 9e arrondissement de Paris
2 à 10 rue Bergère
15-17 rue du Faubourg-Poissonnière
TOUrelle[43] (01 4) 808 Géographique : lieu-dit - villa de la Tourelle à Saint-Mandé (nom dû à la vue sur une tour du château de Vincennes) 1961 Daumesnil 94000 - Vincennes
3 rue Renon
TREmblay (01 4) 873 Géographique : lieu-dit - parc du Tremblay, à Champigny-sur-Marne 1928 Tremblay 94000 - Nogent-sur-Marne
48 rue du Général Chanzy
TRInité (01 4) 874 Géographique : monument - église de la Sainte-Trinité (Paris) ;
rue de la Trinité
1929 Trudaine 75009 - 9e arrondissement de Paris
20 rue de Navarin
TROcadéro (01 4) 870 Géographique : fort de Cadix en Espagne - bataille du Trocadéro, en 1823 ;
place du Trocadéro-et-du-11-Novembre
1930 Auteuil 75016 - 16e arrondissement de Paris
21 rue Jasmin
8 à 14 rue Henri-Heine
TRUdaine (01 4) 878 Historique : homme politique français - Daniel-Charles Trudaine (1703-1769) ;
avenue Trudaine
1912 Trudaine 75009 - 9e arrondissement de Paris
20 rue de Navarin
TURbigo (01 4) 887 Géographique : ville d'Italie - fait d'armes de Turbigo, en 1859 (la veille de la bataille de Magenta) ;
rue de Turbigo
1927 Archives 75003 - 3e arrondissement de Paris
63 rue des Archives
106-108 rue du Temple
VAL-d'Or (01 4) 825 Géographique : lieu-dit - rue du Val-d'Or, à Saint-Cloud 1928
(interruption
de 1942
à 1956)
1957
Molitor 92000 - Boulogne-Billancourt
38 rue Paul Bert
(ancien bureau de poste principal)
VAUgirard (01 4) 828 Géographique : commune annexée par Paris en 1860 - Vaugirard (Seine) ;
boulevard de Vaugirard et (surtout) rue de Vaugirard
1925 Vaugirard 75015 - 15e arrondissement de Paris
8-10 rue Jobbé-Duval
VICtor (01 4) 842 Historique : militaire français - Claude-Victor Perrin (1764-1841) ;
boulevard Victor
1963 Vaugirard 75015 - 15e arrondissement de Paris
8-10 rue Jobbé-Duval
VILlette (01 4) 845 Géographique : commune annexée par Paris en 1860 - La Villette (Seine) ;
boulevard de la Villette, porte de la Villette et quartier de la Villette
1930 Villette 93000 - Pantin
231 avenue Jean Lolive
VOLtaire (01 4) 805 Historique : homme de lettres français ; philosophe - François-Marie Arouet dit Voltaire (1694-1778) ;
boulevard Voltaire
1935 Voltaire 75011 - 11e arrondissement de Paris
97 boulevard Richard-Lenoir
58 boulevard Voltaire
WAGram 924* Géographique : village d'Autriche - bataille de Wagram, en 1809 ;
avenue de Wagram et place de Wagram
1912 Carnot 75017 - 17e arrondissement de Paris
23 à 27 rue Médéric

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Grille d'entrée d'une cour - 36 rue de Montreuil (Paris - 11e). Juillet 2012.
Enseigne de boutique - 50 rue Beauregard (Paris - 2e). Juillet 2012.

Les indicatifs téléphoniques littéraux ont longtemps imprégné la vie parisienne. Au cinéma, le refrain Jean Mineur Publicité - Balzac 00.01, jadis entendu avant et après les actualités, martelait avec entrain le numéro de téléphone de la célèbre agence. Un autre numéro, longtemps ancré dans la mémoire collective, était celui de l'horloge parlante, qui donnait l'heure d'une voix mécanique, depuis février 1933, à Odéon 84.00.

La société SVP, spécialisée dans les renseignements en tout genre, était joignable à SVP 11 11[44].

Moins connu, le numéro abrégé INF 1, créé au milieu des années 1950, donnait les informations quotidiennes (dernières nouvelles politiques et sportives, résultats des courses, prévisions météorologiques) de 7 heures à minuit.

Music-hall[modifier | modifier le code]

Sous Albert Lebrun, l'humoriste Augustin Martini ironisait férocement[45], au cabaret La Lune rousse, sur le numéro de téléphone de la présidence de la République [46] : Elysées[7] 00.00...

Théâtre[modifier | modifier le code]

Dans la pièce de théâtre Le père Noël est une ordure créée en 1979 par la troupe du Splendid, le numéro de téléphone à composer sur le cadran pour joindre un bénévole de l'association parisienne Détresse Amitié est GUR.SI.XO ou 487.74.90 (minute 1 de la pièce).

Les auteurs ont repris, de façon burlesque, le principe des anciens indicatifs littéraux (alors aboli depuis plus de 15 ans mais encore présent dans les mémoires) pour l'étendre au numéro tout entier, en forgeant un nom fantaisiste. On apprend plus tard (minute 14 de la pièce) que le local de l'association se situe 10 rue des Lombards (4e arrondissement de Paris). C'était précisément l'adresse du théâtre où jouait le Splendid depuis 1974. L'indicatif GUR (= 487) est une invention rappelant l'ancien GUTenberg (alors disparu). Le quartier était desservi, entre autres, par l'indicatif TURbigo (= 887), qui a pu servir de point de départ : le numéro de téléphone du théâtre était 887.33.82[47].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Dans plusieurs films anciens ayant pour cadre Paris ou sa proche banlieue, un numéro de téléphone est cité ou - plus rarement - inscrit. Citons, entre autres :

Chanson[modifier | modifier le code]

En 1964, dans sa chanson Allô Maillot 38-37, Frank Alamo jouait sur les mots, de façon amusante et inattendue, entre un numéro de téléphone et la taille d'un vêtement féminin.

Quelques interrogations[modifier | modifier le code]

L'examen attentif, année par année, de la liste des indicatifs en service soulève des interrogations auxquelles une réponse reste à venir. Si le remplacement de Saxe par Ségur s'explique aisément par une germanophobie exacerbée après la Première Guerre mondiale, on comprend nettement moins bien l'abandon d'indicatifs aussi satisfaisants que Bergère, Copernic, Glacière, Médéric ou Sébastopol, voire d'un projet aussi viable que Madeleine.

Des incohérences apparaissent entre certaines dates de mise en service officielle (précisées dans la revue mensuelle Postes et Télécommunications) et de fonctionnement effectif (constatées sur l'annuaire). Tel est, par exemple, le cas de Mac-Mahon (inauguré le 29 novembre 1958, dans le bottin dès 1951), Médicis (inaugré le 20 décembre 1958, attribué dès 1956) ou Bagatelle (inauguré le 25 avril 1959, en service depuis 1956).

Objet de tous les honneurs, l'indicatif Mermoz fut inauguré deux fois : le 26 août 1959 puis le 4 novembre 1961. Comprenne qui pourra !

Mis en service fin février 1962, Alma était utilisé depuis le 1er mai 1959 sur d'autres équipements... dont on aimerait bien connaître la nature.

Planifiés dès 1932 pour les années 1934-1935, les indicatifs Mirabeau et Ornano ne seront respectivement mis en service qu'en 1950 et 1951. Pourquoi un délai aussi long ? Les réductions de crédits dues à la Grande Dépression ou les pénuries de l'Occupation n'expliquent qu'en partie ce retard d'une décennie et demie.

Mais surtout, quelques indicatifs connurent une éclipse - parfois très longue - dont les raisons échappent. Ainsi disparurent successivement de l'annuaire :

  • Laffitte, de 1935 à 1959 ;
  • Lamartine, de 1937 à 1950 ;
  • Val-d'Or, de 1942 à 1956 ;
  • Batignolles, de 1957 à 1959.

Postérité[modifier | modifier le code]

Ancienne publicité peinte vue depuis le quai de la gare d'Asnières (92). Juin 2013.

Que reste-t-il des indicatifs téléphoniques littéraux parisiens ? Bien peu de choses, en vérité...

Plaque de trottoir de la CPDE (Compagnie parisienne de distribution d'électricité) - 42 rue Bréguet (Paris - 11e). Août 2012.

Seuls les adultes nés avant 1960 les ont connus ou pratiqués. Aujourd'hui, lequel d'entre eux a conscience d'appeler un ancien Balzac en tapant, sur son portable, un numéro commençant par 01 42 25 ? Quant aux plus jeunes, beaucoup assimilent l'époque des anciens indicatifs à la période antérieure, lorsqu'il fallait transiter par une opératrice faute de système automatique.

Dans les foires aux vieux papiers, on trouve encore de nombreux documents, édités avant 1964, qui font apparaître des numéros de jadis, notamment dans les encarts publicitaires. Mais leur trace visible a presque totalement disparu des rues parisiennes. Passage de cinq décennies oblige, les anciennes devantures de boutiques ou publicités peintes sont devenues rarissimes. Lorsqu'elles subsistent, elles sont souvent en mauvais état : les intempéries, l'abandon, les affichages ou les graffiti les ont rendues difficilement lisibles.

Par contre, le passant attentif, curieux des vestiges du passé, découvrira encore, ça et là, des numéros anciens imprimés sur la fonte des plaques de trottoir du réseau de distribution électrique. Mais leur nécessaire entretien en diminue peu à peu le nombre.

On observe une survivance de l'ancienne numérotation téléphonique littérale dans l'actuelle appellation des nœuds de raccordement des abonnés (NRA) de la société Orange (ex France Télécom), formée de 3 lettres abréviatives suivies des 2 chiffres du département, tels[48] :

NRA Nom Ville Département
JEM75 Jemmapes 75 - Paris - 10e Paris
FBL77 Fontainebleau 77 - Seine-et-Marne Fontainebleau
VER78 Versailles 78 - Yvelines Versailles
ETA91 Étampes 91 - Essonne Étampes
NAN92 Nanterre 92 - Hauts-de-Seine Nanterre
BNY93 Bobigny 93 - Seine-Saint-Denis Bobigny
CRE94 Créteil 94 - Val-de-Marne Créteil
ISA95 L'Isle-Adam 95 - Val-d'Oise L'Isle-Adam


Témoins d'une époque révolue, les indicatifs littéraux attestent un mode de communication involontairement poétique, balayé par le besoin de modernisation qui marqua la fin des trente Glorieuses.

Références[modifier | modifier le code]

  1. certaines des précisons qui suivent ont été apportées par Thierry Couture (avec l'aide de Stéphane Cochet), notamment comme suite à des recherches effectuées d'août 2012 à août 2013 à la Bibliothèque Historique des Postes et des Télécommunications - BHPT (89-91 rue Pelleport - 75020 PARIS), et en mai-juin 2013 aux Archives de Paris (18 boulevard Sérurier - 75019 PARIS).
  2. les renseignements qui suivent sont extraits de l'article Les numéros d'appel téléphonique dans la circonscription de Paris par M. Betoux, administrateur à la Direction générale des Télécommunications, paru dans la revue Postes et Télécommunications no 66 de juin 1961.
  3. toutefois, les téléphonistes parisiennes continueront longtemps encore à désigner les centraux par une lettre de l'alphabet : L pour Trudaine, M pour Archives, O pour Élysées (à propos de ce dernier central, voir infra, note 7). Et dans une note en bas de page complétant la liste des cabines téléphoniques, l'Annuaire officiel des abonnés au téléphone fera référence jusqu'en 1925 à des lettres-indices... disparues depuis quasiment 30 ans !
  4. les numéros 100, 200, 400, 500, 600, 700, 800 et 900 furent mis en service dès 1896 ; la série 300 suivra en 1902, puis la série 1000 en 1910.
  5. l'opératrice ne pouvait établir la communication que si l'appelant et l'appelé dépendaient du même bureau ; dans le cas contraire, elle devait la transférer au bureau de l'appelé, où l'une de ses collègues prenait le relais.
  6. circulaire no 35 du 28 octobre 1912, relative au changement apporté dans la manière d'appeler les abonnés du téléphone de Paris.
  7. a, b, c, d et e une erreur était régulièrement commise en omettant le S final de cet indicatif, probablement par assimilation au Palais de l'Élysée.
  8. l'opératrice n'était plus sollicitée que pour obtenir la province (interurbain) ou l'étranger (international). L'automatisation avait été planifiée pour ne s'achever qu'en 1938.
  9. « Central téléphonique », base Mérimée, ministère français de la Culture
  10. le choix de l'indicatif Bac ne respectait pas l'impératif de notoriété, la rue du Bac se situant dans le 7e arrondissement alors que l'indicatif desservait avant tout le 6e. Par ailleurs, on évitait les indicatifs monosyllabiques, dont l'énoncé créait un déséquilibre dès qu'ils étaient suivis d'une longue série polysyllabique de chiffres ; seuls les indicatifs Nord, Saxe et Stade dérogèrent à cette règle implicite (auquel peut s'ajouter le non retenu Niel).
  11. « Central téléphonique et poste », base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. voir Bottin du commerce de 1939 (2Mi3/310) - Archives de Paris.
  13. une avenue de Ville-d'Avray honore la mémoire de l'homme politique Léon Gambetta (1838-1882), décédé dans la commune limitrophe de Sèvres. Le choix de l'indicatif Gambetta ne respectait pas l'impératif de notoriété : une avenue et une place parisiennes portent ce nom et ont même donné officieusement leur nom à ce quartier du 20e arrondissement, administrativement dénommé Saint-Fargeau. Cela illustre combien le choix d'appellations convenables s'avéra très tôt difficile.
  14. le Mémorial de l'Escadrille La Fayette s'élève à Marnes-la-Coquette.
  15. une rue de Trappes porte le nom de l'architecte Jules Hardouin-Mansart (1646-1708).
  16. Le Vésinet acquit en 1909 une allée forestière dite route de la Princesse de Conti, rebaptisée avenue de la Princesse. Cette voie rappelle le souvenir d'une des quatre princesses de Conti : Anne Marie Martinozzi (1637-1672), nièce de Jules Mazarin ; Marie Anne de Bourbon (1666-1739), fille de Louis XIV et de Louise de La Vallière ; Marie Anne de Bourbon (1689-1720), fille du Grand Conti ; ou Louise Élisabeth de Bourbon (1693-1775), petite-fille de Louis XIV et de Madame de Montespan.
  17. à Lyon et à Marseille, on composa primitivement la première lettre, puis les deux premières à partir de 1948 à Marseille, et de 1951 à Lyon.
  18. le central téléphonique Moncey (construit en 1927) est parfois nommé Vaudrey, sa première appellation. Vaudrey fut le premier indicatif littéral lyonnais, en 1919.
  19. les indicatifs littéraux apparurent à Lyon dès juin 1919 avec Vaudrey, en service jusqu'à juillet 1934. Suivront Barre, en service de juillet 1920 à 1927; Burdeau, en janvier 1928 ; Franklin et Villeurbanne, en mai 1928 ; Lalande, en 1929 ; Moncey et Parmentier, en juillet 1930 ; Gailleton, en 1948 ; enfin Terreaux, en 1956. En pratique, on pouvait ne mentionner que la première lettre car chaque indicatif commençait par un caractère différent.
  20. à Marseille, seul fut d'abord en service le central Colbert, suivi de Dragon en 1928. Puis apparurent Garibaldi et National, en 1931 ; les éphémères Marengo et Meilhan (en service de 1934 à 1937) ; Prado, en 1941 ; Ferréol, en 1946 ; enfin Guynemer et Monte-Cristo, en 1951. Le central Mistral sera inauguré en janvier 1960 - trois ans après l'abandon des indicatifs littéraux.
  21. les quatre indicatifs littéraux de Toulouse furent mis en service en 1949, sous la forme de deux lettres. Comme à Lyon, la première lettre d'un indicatif suffisait, en théorie, à le distinguer des autres. De plus, il est amusant de constater que tous les indicatifs toulousains se terminaient en A. N'était-ce que le fruit du hasard, ou une volonté délibérée d'évoquer les consonances occitanes ?
  22. préfixes B2 à Brive-la-Gaillarde et B3 dans les communes de son agglomération.
  23. préfixes D2 à Dijon ; D0, D4, D5 et D6 dans les communes de son agglomération.
  24. préfixes E2 et E3.
  25. préfixes H2 et H8 au Havre et à Sanvic ; H2 à Rouelles ; H8 à Bléville et Sainte-Adresse.
  26. préfixe L1.
  27. préfixe M2.
  28. préfixes R1 à Rouen ; R5, R6, R8 et R9 dans les communes de son agglomération.
  29. « Du 22 à Asnières à ENUM », La lettre de l'Autorité, ART, no 41,‎ novembre-décembre 2004, p. 6 (lire en ligne).
  30. par exemple, la publicité radiophonique du début des années 1980 Jacques Ribourel - Alma 00.90.
  31. tels SOS (au lieu de POR) 99.99 (tous dépannages urgents), VGE 81.88 (répondeur téléphonique mis à disposition des jeunes par Valéry Giscard d'Estaing durant la campagne présidentielle de 1981 ⇒ http://www.ina.fr/politique/elections/video/CAA8100752101/elysee-81-ligne-telephonique-vge-8188.fr.html), et même INF 84.00 (horloge parlante remplaçant ODÉon 84.00, dont les silences entre les tops furent utilisés illicitement, par de "petits malins", pour y enregistrer leurs coordonnées personnelles… et faire connaissance aux fins qu'on peut deviner ! ⇒ http://www.sowal.ma/dans-les-annees-70-a-paris-qui-se-souvient-dinf-84-00-cetait-lhorloge-parlante-devenue-le-reseau/).
  32. http://en.wikipedia.org/wiki/Telephone_exchange_names.
  33. la nouvelle règle, voulant que les centraux mis en service après octobre 1963 ne le fussent plus que sous forme de chiffres, fut difficilement observée, y compris par l'administation des Téléphones qui, ayant édicté cette norme, s'était flattée de montrer l'exemple en ne faisant plus référence aux indicatifs littéraux. En effet, dans son no 114 de juin 1965, la revue Postes et Télécommunications donne, en page 18, la liste des 69 centraux téléphoniques parisiens reliés au 19 (= automatique international). Les centraux y sont indiqués avec leur indicatif chiffré suivi de leur ancien nom entre parenthèses. Or le central 267 porte l'appellation d'Ampère, alors que cette dénomination était théoriquement proscrite... Force de l'habitude !
  34. Matthieu Benoît, « Indicatifs téléphoniques de la région parisienne ».
  35. le choix de l'indicatif Boileau ne respectait pas l'impératif de notoriété. Une rue parisienne du 16e arrondissement porte ce nom, d'où une incertitude quant à la localisation.
  36. le choix de l'indicatif Bossuet ne respectait pas l'impératif de notoriété. De plus, les recherches n'ont permis d'établir aucun rapprochement entre l'Évêque de Meaux et la ville de Créteil, où aucune voie ne porte ni n'a jamais porté son nom. Les raisons ayant conduit à ce choix demeurent donc inexpliquées. L'allée Bossuet, à Chennevières-sur-Marne, est le seul endroit voisin susceptible d'avoir inspiré cet indicatif ; la modestie même du lieu rend une telle explication peu probante.
  37. le choix de l'indicatif Bretagne ne respectait pas l'impératif de notoriété. Une rue parisienne du 3e arrondissement porte ce nom, d'où une incertitude quant à la localisation.
  38. le choix de l'indicatif Chénier ne respectait pas l'impératif de notoriété. Une rue parisienne du 2e arrondissement porte ce nom, d'où une incertitude quant à la localisation.
  39. le choix de l'indicatif Daguerre ne respectait pas l'impératif de notoriété. Une rue parisienne du 14e arrondissement porte ce nom, d'où une incertitude quant à la localisation.
  40. le choix de l'indicatif Daumesnil ne respectait pas l'impératif de notoriété. Une avenue parisienne du 12e arrondissement porte ce nom, d'où une incertitude quant à la localisation.
  41. le choix de l'indicatif Observatoire ne respectait pas l'impératif de notoriété. Une avenue parisienne des 5e, 6e et 14e arrondissements, et même le nom officiel du 14e arrondissement portent ce nom, d'où une incertitude quant à la localisation.
  42. le choix de l'indicatif Sévigné ne respectait pas l'impératif de notoriété. Une rue parisienne des 3e et 4e arrondissements porte ce nom, d'où une incertitude quant à la localisation.
  43. le choix de l'indicatif Tourelle ne respectait pas l'impératif de notoriété. Une rue parisienne du 20e arrondissement porte ce nom et l'avait même donné à une célèbre piscine voisine (rebaptisée aujourd'hui Georges Vallerey) , d'où une incertitude quant à la localisation.
  44. Carole Bellemare et Caroline Beyer, « Olivier Lenormand offre une nouvelle vie au mythique SVP », Le Figaro,‎ 4 juillet 2008 (lire en ligne).
  45. voir L'Élysée - Histoire d'un palais de Georges Poisson (Librairie académique Perrin - 1979), page 213.
  46. c'est le président Jules Grévy qui, souhaitant un lien direct avec les casernes voisines par crainte d'un attentat, avait fait installer le téléphone au Palais de l'Élysée, à une époque où cette invention ne suscitait guère qu'indifférence ou scepticisme (en France, jusqu'au lendemain de la guerre de 1914-1918, le téléphone aura la connotation négative d'un gadget futile réservé à une élite oisive et fortunée) - Op. cit., page 110.
  47. recherche faite à la BHPT le vendredi 7 février 2014.
  48. voir http://francois04.free.fr/nra.php.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Numérotation téléphonique alphanumérique hors de France[modifier | modifier le code]