Anarchisme vert

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L’anarchisme vert, ou écologie libertaire, ou dans une moindre mesure l'éco-anarchisme[1],[2] est un courant politique né, sous sa forme actuelle, dans les années 1970. Il se situe au croisement de l'anarchisme et de l'écologie. Selon Robert Redeker dans la revue Le Banquet, un des éléments constitutif de ce croisement est « le développement de la question nucléaire, qui a joué un grand rôle en amalgamant dans le même combat milieux libertaires post-soixante-huitards, scientifiques et défenseurs de la nature »[3].

L'écologie libertaire s'appuie sur les travaux théoriques des géographes Élisée Reclus et Pierre Kropotkine. Elle critique l'autorité, la hiérarchie et la domination de l'homme sur la nature. Elle propose l'auto-organisation, l'autogestion des collectivités, le mutualisme[4]. Ce courant est proche de l'écologie sociale élaborée par l'américain Murray Bookchin.

Très critique envers la technologie, elle défend l'idée que le mouvement libertaire doit, s'il veut évoluer, rejeter l'anthropocentrisme : pour les écologistes libertaires, l'être humain doit renoncer à dominer la nature.

Histoire[modifier | modifier le code]

Précurseurs[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, les militants libertaires associaient souvent leur combat à un retour à la nature ou à un mode de vie plus sain, loin des méfaits de la civilisation industrielle. Élisée Reclus a ainsi mené très tôt des combats contre les industries polluantes et la dégradation de la nature tout en dénonçant le mythe de la nature infinie véhiculé par les catholiques.[réf. nécessaire]

Pensée[modifier | modifier le code]

L'écologie libertaire considère que les écovillages ne dépassant pas plus d'une centaine de personnes, sont un environnement plus propice à la vie humaine que les grands centres urbains de la société industrielle. La forme d'organisation politique associée est principalement la fédération de communes libres, de communautés libertaires.

Les écologistes libertaires rejettent le principe anthropocentrique selon lequel l'humanité doit être considérée comme supérieure au reste de la nature. Ils affirment au contraire que l'organisation sociale doit se faire en harmonie avec les forces naturelles et non contre elles.

L'écologie libertaire se situe au croisement des courants suivants : primitivisme, décroissance, féminisme libertaire (et plus particulièrement l'écoféminisme), démocratie « bio-régionale », pacifisme, sécessionnisme et des communautés intentionnelles.

Un des ouvrages principaux de l'écologie libertaire est Ishmaël de Daniel Quinn.

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Philippe Borrel, Les insurgés de la Terre, Arte France, 2010, 54 min, voir en ligne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anarchisme et Écologie : le vert et le noir, L'En Dehors, 21 décembre 2004.
  2. Anarchisme vert et anarchisme classique, L'En Dehors, 21 novembre 2004, Traduction d'un des textes fondateurs de « Green Anarchy ».
  3. Robert Redeker, Quelle est la couleur de l'écologie politique ?, Le Banquet, 1999, texte intégral
  4. Noël Nel, Pour un nouveau socialisme, L'Harmattan, 2010, (ISBN 978-2-296-13282-5), page 277.