An Lushan

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Ān Lùshān (chinois simplifié : 安禄山 ; chinois traditionnel : 安祿山, 703 - 757) est un général, de père sogdien et de mère turque, au service de l'empereur chinois Xuanzong de la dynastie Tang. Général de l'armée Tang, il progresse au sein de la hiérarchie impériale dans les années 740, jusqu'à devenir gouverneur militaire de Pinglu, à laquelle s'ajoutent Fanyang (745) puis Hedong (751)[1]. Les membres de son clan sont en parallèle nommés à la tête des deux provinces frontalières voisines, tant et si bien qu'à partir de 752 selon Stephen Owen « toute la frontière septentrionale depuis les Ordos jusqu'à la Manchourie est tenue par les Ans »[2].

Il continue à profiter des faveurs impériales après le décès du ministre Li Linfu en 753, allant jusqu'à être adopté par Yang Guifei, la puissante favorite de l'Empereur qui pour l'occasion habille le quinquagénaire comme un nouveau né[1]. L'Empereur, pour sa part, le nomme Duc puis Prince, des titres jusqu'alors réservé aux individus de sang impérial. En 754, il se voit attribué la direction des haras impériaux du Gansu: il devient de facto l'homme le plus puissant de Chine.

Les relations avec le ministre en chef Yang Guozhong se dégradent cependant. Lorsqu'en 754 An retourne à son poste dans le Hebei, Yang en profite pour éliminer la plupart de ses soutiens à la Cour et commence à répandre des rumeurs de rébellion à son sujet. De fait, après avoir ignoré plusieurs convocations An Lushan refuse directement, en 755, d'obéir à un envoyé impérial: le conflit est alors ouvert[1].

Cette Révolte d'An Lushan, comme elle sera connue, met l'empire à feu et à sang: à la tête de ses troupes, il prend d'abord Luoyang puis, ayant défait le gros des troupes loyalistes en 756, il marche sur Chang'an tandis que l'empereur s'enfuit vers le Sichuan. An Lushan se proclame alors empereur et fonde la dynastie Yan (ou Grand Yan (大燕), du nom de la région du Nord-Est où ses soutiens sont les plus nombreux).

Il est assassiné en 757 par son propre fils, et sa dynastie s'éteindra en 763.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) John Keay, China: A History, Londres, Harper Press,‎ (ISBN 978-0-00-722178-3), pp.274-276
  2. (en)Stephen Owen, "Poetry in the Chinese tradition" in Ropp, Heritage of China, pp.293-308.