Amsatou Sow Sidibé

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Amsatou Sow Sidibé en janvier 2012

Amsatou Sow Sidibé, née le 14 octobre 1953 à Dakar, est une universitaire et une femme politique sénégalaise.

Première femme sénégalaise agrégée en sciences juridiques et politiques, elle est femme de paix et de dialogue. Son leadership avéré a fait d’elle la première femme candidate à l’élection présidentielle de son pays en 2012. Première femme membre de l'Observatoire national des élections (ONEL). Elle est  auteur de nombreuses publications.Titulaire d'un doctorat obtenu à l'Université Paris II en 1987[1], elle est professeur agrégée titulaire de la chaire de Droit privé à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (2003). Membre actif de la société civile pendant plusieurs années. C'est en 2010 qu'elle fait véritablement son entrée en politique en créant son propre parti politique Convergence des acteurs pour la Défense des Valeurs Républicaines (CAR LENEEN (Rupture).Elle est l'un des candidats en lice pour l'élection présidentielle sénégalaise de 2012[2]. Sous la bannière de son propre parti politique CAR LENEEN. Lors du second tour de la présidentielle de 2012, son parti s'allie au Benno Bokk Yakkar pour soutenir une candidature unique, celle de l'Alliance pour la République (APR) du président Macky Sall. Professeur Amsatou Sow Sidibé est Ministre Conseiller du Président de la République chargé des Droits humains et de la Paix.

L’éminente universitaire[modifier | modifier le code]

Après l’école primaire à Berthe Maubert, Amsatou Sow Sidibé a fréquenté le Lycée John-Fitzgerald-Kennedy avant d’être orientée à la faculté des Sciences juridiques et économiques de l’université de Dakar. La licence ès sciences juridiques obtenue, elle se rend en France, à l’Université de Paris II Panthéon Sorbonne, où elle a soutenu avec brio sa thèse de Doctorat d’État en Droit, primée par l’Université de Paris II et publiée à la L.G.D.J Paris.

Amsatou Sow Sidibé a réussi au concours d’agrégation du Conseil africain et malgache pour l'enseignement supérieur (CAMES) en 1993, et est devenue professeur titulaire des Universités en 2003. Elle capitalise trente-trois années de carrière universitaire au cours desquelles elle a formé des générations d’étudiants et de hauts cadres sénégalais, africains et d’ailleurs.

La femme de paix[modifier | modifier le code]

Amsatou Sow Sidibé, nominée du projet « 1 000 femmes » Prix Nobel de la paix en 2005, est une militante infatigable de la Paix. Médiatrice, elle est membre du groupe des Intellectuels africains pour la paix en Afrique, et  a contribué à la recherche de la paix dans son pays et en République de Côte d’Ivoire.

Consciente que le processus de paix en Casamance se poursuivra avec l’implication totale de tous, mais en particulier des femmes, elle a crée un Espace Dialogue Vérité et Réconciliation (EDVR) pour la paix définitive en Casamance.

Le dialogue politique fait partie de ses principaux centres d’intérêt.

La juriste et droits-de-l'hommiste[modifier | modifier le code]

Amsatou Sow Sidibé est un fervent défenseur des droits humains ainsi qu’en témoigne l’Académicien Jean-Christophe Rufin, ancien Ambassadeur de France. Celui-ci, au moment de lui remettre l’insigne de Chevalier de la Légion d’honneur française disait :

« Le Professeur Amsatou Sow Sidibé… appartient à une catégorie de juristes qui ouvrent de nouveaux horizons pour le droit, défrichent de nouveaux champs, forgent de nouveaux outils appliqués à la réalité mouvante des sociétés en évolution. La juriste a milité longtemps dans l’action humanitaire et a évolué dans le droit international humanitaire. Le Professeur Amsatou Sow Sidibé appartient à l’armée pacifique des découvreurs. Son terrain n’a pas été la guerre mais un autre sujet négligé : le droit des femmes et des enfants. Elle met clairement en lumière la question des mutilations génitales, celles des femmes face à la violence, celle des femmes dans les conflits et le rôle positif des femmes dans la promotion de la parité. Le Professeur Amsatou Sow Sidibé est une juriste habituée au combat pour la restauration des droits humains et de la paix sociale »

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Tout comme dans « SOS Droit à l’Éducation » pour le droit fondamental à l’éducation, elle a sauvé, avec ses collègues membres de l’association, l’école sénégalaise à maintes reprises

La femme politique[modifier | modifier le code]

La vie associative commence chez elle à l’adolescence où elle a fréquenté les Âmes vaillantes et cœurs vaillants. Étudiante, elle est déléguée de classe et orientée vers les idées humanistes. Très active dans la société civile depuis des décennies, son entrée en politique est le prolongement et la conséquence normale de son long combat. Le mouvement politique dénommé « Convergence des acteurs pour la défense des valeurs républicaines » (CAR Leneen), créé en mai 2010, est un espace ouvert et attentif aux préoccupations de toutes les couches sociales de notre pays. C’est donc un cadre de veille, d’alerte, de réflexion, d’échanges et d’actions visant à susciter un sursaut salutaire pour le Sénégal. Le Pr Amsatou Sow Sidibe fait partie des « héroïnes du quotidien ».

La gardienne des droits des femmes et des enfants[modifier | modifier le code]

Experte, membre de la délégation gouvernementale à la conférence mondiale des femmes de Beijing en 1995, Professeur Amsatou Sow Sidibé est la présidente du Réseau africain des femmes travailleuses (RAFET). Spécialiste du droit des personnes et de la famille, elle a défendu avec courage le Code de la famille menacé à un moment donné d’être brûlé, pour aujourd'hui réclamer une réforme du droit de la famille pour une meilleure promotion des droits des femmes et des enfants. Le Pr Amsatou Sow Sidibé a contribué de façon inlassable à la promotion de la parité, de la santé de la reproduction des femmes, à la lutte contre les violences dont elles sont victimes, donnant ainsi de la valeur au rôle de la femme dans le développement. Pour le Pr Amsatou Sow Sidibé, le Sénégal et l’Afrique doivent évoluer vers une citoyenneté protégée avec la femme comme épine dorsale de la société.

Nominations et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Directrice de l’Institut des Droits de l’Homme et de la Paix (IDHP) (2003/2013)
  • Directrice des Études de l’IDHP (1993/2003)
  • Vice- Doyen de la Faculté des Sciences juridiques et politiques de l'UCAD (2001)
  • Docteur d’État ès Sciences Juridiques (1987)
  • Diplômée de l'Académie de droit international de La Haye (1988)
  • Certifiée de Droit et Économie des Pays d'Afrique à l'Université de Paris I, Sorbonne (1978)
  • 1re Femme sénégalaise agrégée en droit (1993)
  • 1re Femme Présidente du Jury d'agrégation en 2005 (CAMES)
  • Nominée du projet « mille femmes » Prix Nobel de la paix en 2005
  • 1re Vice-présidente de la Fédération des juristes africaines en 1995
  • 1re Coordinatrice du Réseau « Genre, Droits, Citoyenneté » de l' AUF (2004-2006)
  • 1re Femme membre de l'Observatoire national des élections (ONEL) au Sénégal (1998-2000)
  • Commandeur de l'Ordre du Mérite du Sénégal (1998)
  • Chevalier de l'Ordre national du Tchad (2005)
  • Lauréate de l'Université de Paris II (Prix de thèse de Doctorat d’État, 1988)
  • Chevalier de la Légion d'honneur française (2009).

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Le pluralisme juridique en Afrique (L'exemple du droit successoral sénégalais), LGDJ-Paris, 1991
  • Droit civil sénégalais, introduction à l’étude du droit, droit des personnes et de la famille (2014)
  • « François Mitterrand, Démocratie et Droits de l'Homme en Afrique (in actes du colloque de Dakar-Mitterrand et l'Afrique), Dakar, 1999, p. 107
  • « Le droit à l'épreuve du VIH » in Psychopathologie africaine, Vol. XXXI - n° 2 - 2001-2002, page 19U218
  • « Pourquoi une loi sur la parité au Sénégal ? in Le Soleil, 23 mars 2007
  • « L'évolution de l'autorité dans les familles sénégalaises », Revue Afrique Juridique et Politique, volume 2, numéro 1, janvier-juin 2003, pages 125 à 170
  • « Genre, inégalités et religion ». Actes du premier colloque inter-Réseaux du programme thématique Aspects de l'État de Droit et Démocratie. Sous la responsabilité scientifique de Amsatou Sow Sidibé, Paris, Éditions des Archives Contemporaines - AUF, 2007, 459 p.
  • « La Protection pénale des femmes contre les violences : Quelle politique criminelle ? » dans Nouvelles questions féministes, vol. 28 (2), 2009
  • La douleur et le droit : cas des mutilations pratiquées sur les femmes au Sénégal. (P.U.F., 1997, p. 353 et suiv.)
  • L'adoption au Sénégal et en Afrique Francophone (in Revue internationale de droit comparé, 1993, n° 1, pp. 129 et suiv.)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Pluralisme juridique en droit sénégalais des successions ab intestat, 1987 [1]
  2. « L’intégralité de l’arrêt du Conseil constitutionnel du 27 janvier 2012 » : Publication de la liste des candidats à l’élection du président de la République du 26 février 2012, Rewmi [2]

Liens externes[modifier | modifier le code]