Am stram gram

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Ams tram gram)
Aller à : navigation, rechercher

Am stram gram (ou ams tram gram ou bien amstramgram) sont les premiers mots d'une comptine enfantine :

Am, stram, gram,
Pic et pic et colégram,
Bour et bour et ratatam,
Am, stram, gram.

On peut aussi la trouver sous cette forme :

Am, stram, gram,
Pic et pic et colégram,
Bour et bour et ratatam,
Am, stram, gram pic dam.


On peut aussi parfois ajouter les paroles suivantes à la fin de la comptine pour changer le processus de sélection et le faire apparaître moins déterminé.

Mais comme le Roi [et la reine]
ne le veut(veulent) pas,
ça ne sera pas toi !

Origine[modifier | modifier le code]

Cette comptine dont les mots n'ont aucun sens (ni aucune graphie exacte) en français, est la déformation phonétique d'une ancienne comptine allemande. Comme de nombreuses comptines, elle commence par l'énumération première "Un, deux, trois," soit "Eins, zwei, drei" en allemand contemporain.

La traduction de la comptine germanique donne à peu près ceci (on remarquera la ressemblance phonétique entre Reiter (cavalier en allemand) et rata dans ratatam) [1]:

Une, deux, trois,
Vole, vole, hanneton,
Cours, cours, cavalier,
Une, deux, trois.

Une autre interprétation l'apparente à la persistance d'une incantation chamanique d'origine nordique en vigueur dans les veillées funèbres chez les Francs. Elle permettrait la possession de l'officiante par l'esprit loup. Les paroles originales auraient été :

Emstrang Gram
Bigà bigà ic calle Gram
Bure bure ic raede tan
Emstrang Gram

ce qui se traduirait par :

Toujours fort Grain
Viens donc viens, j'appelle Grain,
Surviens car je mande au brin,
Toujours fort Grain.
À manger ! (Mos- incantation finale)

Le brin (tan) étant la baguette des sorts, et Grain le « Grain de la Lune », le loup céleste. A rapprocher de Ysengrin, le nom du loup dans le roman de Renart.

Variantes[modifier | modifier le code]

En Provence :

In sin grin
Pique pique colégrin
Bourre bourre lacagrin
Mouscrin

En Belgique (en langue Wallonne) :

Èn, swey, drey
Pike et pike et comedeye
Bôre et bôre et ratatam
Mousse, tram

En Grèce :

As tra dam
Piki piki ram
Pouri pouri ram
A stram dam

Au Brésil :

Uni Duni Te
Salame mingue
O sorvete colore
O escolhido foi você

En Roumanie :

An tan te
Dize mane pe
Dize mane compane
An tan te

A la Réunion :

Plouf
Inetikèt
Mari-bonbèt
Kani-kanèt
Trik

En anglais :

Eennie Meenie Miney Moe
Catch a tiger by the toe
If he hollers let him go
Eennie Meenie Miney Moe[2]

En Espagnol du Mexique:

De tin marín de do pingüé
Cúcara mácara títere fué
Yo no fuí, fué teté
Pégale, pégale que ella mera fué.

En Italien

Ambarabà Ciccì Coccò
Tre civette sul comò
Che facevano l'amore
Con la figlia del dottore
Il dottore si ammalò
Ambarabà Ciccì Coccò.

En Hébreu

אן דן דינו
סוף על הקטינו
סוף על הקטי קטון
אליק בליק בום
en den dino
sof al hakatino
sof ak hakati katon
elik belik bom

En Arabe Algérie

chadi madi kalli rassi
neddi hadi wella hadi
Fatima bent Ennabi
شادي مادي قالي راسي
ندي هذي ولا هذي
فاطمة بنت النبي

D'autres[modifier | modifier le code]

En 1987 la chanteuse Claudia Phillips sort une chanson nommée "quel souci Montaigne et la boétie" qui contient plusieurs fois "Am et Am et Amstramgram, pic et pic et colégram, bour et bour et ratatam, Am et Am et Amstramgram, bour et bour et ratatam".

La chanteuse Mylène Farmer a fait une chanson qui s'appelle L'Âme-Stram-Gram qui comprend les lignes de cette comptine.

L'album Le Québec est mort, vive le Québec ! du groupe québécois Loco Locass comprend des variantes de cette comptine : on retrouve « Iniminimanimo » dans la chanson [Wi] puis « Amstramgram, pic et pic et colégram » dans la chanson La trahison des marchands.

La conteuse Dominique Gaillot-Monville crée, en 1995, la compagnie Amstramgram et propose des spectacles de contes, des formations de conteurs et des animations pédagogique contes.

En 2013, 1789 les Amants de la Bastille propose dans son Intégrale la chanson collégiale "Pic et Pic", rappelant ce célèbre air. Par ailleurs, on peut entendre lors du dernier refrain "Pic et pic et amstramgram...".

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Ifrah, Histoire universelle des chiffres, Robert Laffont, Collection Bouquins, Paris, 1994.
  • Jean-Pierre Poly, « Am stram gram... la chevauchée des chamanes », dans L'Histoire no 305, 29 décembre 2005, p. 60.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Ifrah, Histoire universelles des chiffres : l'intelligence des hommes racontée par les nombres et le calcul, vol. 1, France Loisir,‎ 1995, 1042 p. (ISBN 2-7242-8461-5), p. 518
  2. Iona Opie and Peter Opie, The Oxford Dictionary of Nursery Rhymes (Oxford: Oxford University Press, 1951, 2nd edn., 1997), pp. 156-8.