Amos Gitaï

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Amos Gitaï

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Amos Gitaï en 2011

Naissance 11 octobre 1950
Haïfa
Drapeau d'Israël Israël
Nationalité Drapeau d’Israël israélienne
Profession Réalisateur
Films notables Kadosh,
Kippour,
Kedma

Amos Gitai est le cinéaste israélien le plus célèbre au monde, avec des rétrospectives majeures de son travail notamment au Centre Pompidou Paris, au Museum of Modern Art (MoMA) New-York, au Lincoln Center New-York, au British Film Institute Londres. Son œuvre comprend à ce jour plus de 40 films, fictions et documentaires. Entre 1999 and 2011, sept de ses films ont été présentés en compétition officielle au Festival de Cannes et à la Mostra de Venise. Gitai a travaillé avec notamment Juliette Binoche, Jeanne Moreau, Natalie Portman, Yael Abecassis, Samuel Fuller, Hanna Schygulla, Annoe Lennox ou encore Barbara Hendricks, Lea Seydoux, Valeria Bruni Tedeschi, Simon et Markus Stockhausen, Henri Alekan, Renato Berta, Nurith Aviv, Eric Gautier, entre autres.

Sommaire

Biographie [modifier]

Amos Gitai et Jeanne Moreau, tournage de Plus Tard tu comprendras, 2008

Né d'un père architecte du Bauhaus, il commence des études d'architecture. Lorsque la guerre du Kippour éclate, il doit interrompre ses études pour participer au conflit au sein d'une unité de secours par hélicoptère. Au cours de ses missions, il utilise une caméra Super-8. À l'issue de la guerre, il s'engage dans une carrière de cinéaste et commence à réaliser des documentaires.[1].

À ce jour, début 2010, l’œuvre du cinéaste Amos Gitai compte plus de 80 titres, réalisés en 38 ans. Davantage encore que la fécondité et la longévité, c’est la diversité des films qui frappe en considérant l’ensemble de son travail – travail dans lequel il faudrait encore inclure installations vidéo, mises en scène de théâtre et livres. Diversité extrême : ces films sont de formats et de natures très variés (longs et courts métrages, fictions et documentaires, travaux expérimentaux, réalisations pour la télévision, tournés dans son pays, Israël, ou partout dans le monde…). Mais diversité à laquelle fait contrepoids une extrême cohérence. Au fil des années, des voyages, des combats, des exils, des rencontres, Amos Gitai n’aura cessé de changer. Il aura changé en traçant sans cesse des lignes de force reliant ses réalisations, en articulant et en réarticulant entre elles des œuvres qui, dans leur miroitement, ne cessent de se répondre, de se faire écho, de réexplorer différemment les territoires et les questionnements traversés, physiquement et imaginairement.

Le seul possible principe de cohérence au sein d’une telle production : Amos Gitai lui-même. Auteur à part entière, c’est par la multiplicité des traductions qu’il est capable de donner de son itinéraire personnel qu’il peut être aussi créatif, sans se perdre ni se disperser. On ne prétendra pas ici répondre à la question, trop vaste et sans doute insoluble, qui est Amos Gitai ? On se contentera de donner quelques traits significatifs de sa personnalité, au regard de l’ensemble de son œuvre.

Il est né en Israël, fils d’un architecte du Bauhaus, Munio Weinraub, ayant fui le nazisme en 1933, et d’une intellectuelle et enseignante, Efratia Gitai, spécialiste non religieuse des textes bibliques, née en ISRAEL au début du XXe siècle. Héritage du sionisme des origines et de l’intelligentsia Mitteleuropa, toile de fond marquée par les idées socialistes des pionniers de l’État juif et par la quête savante et esthétique. Il est né en 1950, soit la première génération des enfants d’après la fondation de l’État d’Israël, une génération qui sera aussi formée par les grands mouvements de la jeunesse contestataire des années soixante et, en tant qu’Israélien, en étant confronté à deux guerres, celle des Six Jours (juin 1967) et celle de Kippour (octobre 1973) et à la montée en puissance de la résistance palestinienne à l’occupation israélienne. Étudiant sur ce haut lieu de la contre-culture que fut le campus de Berkeley en Californie à la fin des années soixante-dix, adolescent engagé et critique contre la politique de son pays, jeune soldat envoyé sur le théâtre des opérations dans le Golan en 1973, Amos Gitai aura vécu personnellement ces expériences décisives. Auxquelles il faut ajouter sa formation et sa vocation première d’architecte, formation et vocation dont les traces ne cesseront de se retrouver dans ses films.

C’est d’ailleurs par un film consacré à la reconstruction d’une maison que débute l’œuvre de cinéaste professionnel d’Amos Gitai : House (1980) est un documentaire qui parvient, sur le lieu unique d’un chantier dans une petite rue de Jérusalem, à mettre à jour avec vigueur et sensibilité un très grand nombre de ce qui fait vivre, rêver et souffrir Israéliens et Palestiniens. Il est aussi significatif que ce film sera aussitôt interdit en Israël, marquant durablement la relation conflictuelle du cinéaste avec les autorités de son pays, relation bientôt envenimée par la controverse suscitée par son film Journal de campagne réalisé avant et pendant l’invasion du Liban en 1982, et se traduisant par un long exil en France (1983-1993). House est encore exemplaire en ce que le film est le point de départ d’un schéma qui lui deviendra habituel, celui de la conception d’ensemble de réalisations en trilogies poursuivant et reformulant les mêmes recherches et interrogations. House (1980), Une maison à Jérusalem (1998) et News from Home, News from House (2006) constitueront les trois volets de cette trilogie documentaire, genre dont relèvent aussi les trois Wadi (1981, 1991, 2001), la trilogie sur les pratiques politico-militaires israéliennes (Journal de campagne, 1982 ; Donnons une chance à la paix, 1994 ; L’Arène du meurtre, 1996), celle sur les procédures du capitalisme mondial (Ananas, 1983 ; Bangkok-Bahrein/Travail à vendre, 1984 ; Orange, 1998) ou celle sur les résurgences de l’extrême-droite européenne (Dans la vallée de la Wupper, 1993 ; Au nom du Duce/Naples-Rome, 1994 ; Queen Mary ‘87, 1995). Mais aussi les trilogies de fiction, trilogie de l’exil (Esther, 1985 ; Berlin Jérusalem, 1989 ; Golem, l’esprit de l’exil, 1991), trilogie des villes (Devarim, 1995 ; Yom Yom, 1998 ; Kadosh, 1999), trilogie des événements historiques décisifs pour Israël (Kippour, 2000 ; Eden, 2001 ; Kedma, 2002), trilogie des frontières (Terre promise, 2004 ; Free Zone, 2005 ; Désengagement, 2007)… Cette énumération n’est pas exhaustive : l’œuvre de Gitai s’appuie aussi sur des réalisations plus brèves, esquisses et carnets de notes filmés, ou sur des digressions ou approfondissements. Elle peut aussi procéder par reconfigurations : avant de devenir le troisième volet de la trilogie de l’exil, Golem, l’esprit de l’exil a d’abord été une composante de la trilogie du Golem, avec Naissance d’un Golem : carnet de notes (1990) et Le Jardin pétrifié (1993). Mais de manière générale, ce parcours traduit à la fois l’importance du sens de la construction, des structures dramatiques, thématiques et formelles, et la constance dans les interrogations – il arrive que dix ans séparent deux volets d’une trilogie.

Il faut y ajouter une recherche inlassable sur les moyens esthétiques, recherche qui s’ancre dans les usages expérimentaux de la caméra dès l’adolescence, passera par la stylisation affirmée des premières fictions sous l’influence revendiquée de Brecht et de l’expressionnisme, comme par la recherche de dispositifs de filmage adaptés à des projets particuliers. Une des figures de style les plus volontiers employées par Amos Gitai est le plan séquence, la durée longue de l’enregistrement servant à de multiples usages jamais limités à la séduction visuelle, mais toujours en recherche d’effets de sens. Artiste engagé, Gitai est, dans le même mouvement un grand styliste, inventeur de structures dramatiques inattendues, exemplairement le dédoublement asymétrique de Berlin Jérusalem, les blocs spatiaux d’Alila ou temporels de Plus tard, tu comprendras (2008), la fluidité déstabilisante de Terre promise, les surimpressions critiques de L’Arène du meurtre et de Free Zone, jusqu’au récit brusquement cassé en deux de Désengagement (2007).

House est sans conteste un tournant dans l’histoire de Gitai. C’est pour faire exister ce film malgré la censure et pour poursuivre dans cette voie qu’il venait de commencer, qu’il dit qu’à ce moment « j’ai décidé de devenir cinéaste » (in Exils et territoires, le cinéma d’Amos Gitai, entretiens avec Serge Toubiana). À ces éléments biographiques (les origines familiales, la génération à laquelle il appartient, les études d’architecture, la réalisation de House et ses effets), il faut encore en ajouter un autre : l’expérience vécue durant la guerre de Kippour, lorsque l’hélicoptère d’évacuation sanitaire dans lequel il se trouvait a été frappé par un missile syrien et qu’il a frôlé la mort le jour de ses 23 ans.

Ce traumatisme violent et ce sentiment de vie victorieuse inspireront plus ou moins explicitement toute son œuvre à venir. L’événement lui-même est au centre d’une série de courts métrages expérimentaux et de documentaires, avant de trouver la grande forme du film Kippour qui, en 2000, consacre définitivement la stature du cinéaste Amos Gitai après son accueil triomphal au Festival de Cannes.

Radicale et bouleversante, l’évocation de cette expérience intime et commune servie par un sens plastique impressionnant est exemplaire de l’art d’Amos Gitai. Le film marque aussi le début de la collaboration, ininterrompue depuis, du cinéaste avec la scénariste Marie-José Sanselme. Cinéaste israélien et citoyen du monde, Amos Gitai réside à Haïfa et à Paris mais vit et travaille dans le monde entier. Son œuvre, aujourd’hui celle d’un des cinéastes les plus respectés sur la scène internationale, ne cesse d’explorer de nouvelles voies narratives et stylistiques, toujours en relation avec la réalité contemporaine, même lorsque le récit fait détour par le passé historique ou mythologique.

Filmographie [modifier]

Longs métrages [modifier]

Alila, by Amos Gitai, 2003
Amos Gitai avec Hana Laszlo et Natalie Portman sur l'ensemble des Free Zone, 2005

Courts métrages [modifier]

Documentaires [modifier]

  • 1980 : Bayit
  • 1980 : In Search of Identity
  • 1981 : American Mythologies
  • 1981 : Wadi
  • 1981 : Journal de campagne
  • 1984 : Ananas
  • 1984 : Bankok Bahrain
  • 1984 : Regan: Image for Sale
  • 1984 : Yoman Sadeh (Journal de campagne)
  • 1987 : Brand New Day
  • 1991 : Wadi
  • 1994 : Te'atron Hahaim (Théâtre pour la vie)
  • 1994 : The Neo-Fascist Trilogy: I. In the Valley of the Wupper (Dans la vallée de la Wupper )
  • 1994 : The Neo-Fascist Trilogy: II. In the Name of the Duce
  • 1994 : The Neo-Fascist Trilogy: III. Queen Mary
  • 1996 : Zirat Ha'Rezach
  • 1996 : Milim
  • 1997 : War and Peace in Vesoul
  • 1998 : A House in Jerusalem
  • 1998 : Tapuz
  • 1998 : Zion, Auto-Emancipation
  • 2001 : Wadi Grand Canyon 2001
  • 2005 : News from Home / News from House
  • 2012 : Lullaby to my Father

Expositions, performances [modifier]

  • Correspondence, Efrati Gitai – Letters, Museum of Art, Ein Harod, Israel, 2011
  • Traces - Munio Gitai – Weinraub, Museum of Art, Ein Harod, Israel, 2011
  • Traces, an installation at the Palais de Tokyo, Paris, 2011[1]
  • Lullaby for my father, a video presentation in Kibbutz Kfar Masaryk, Israel, 2010
  • The War of the Sons of Light Against the Sons of Darkness, (with Jeanne Moreau), Festival d'Avignon, France, 2009
  • Traces - Evento, Bordeaux, 2009
  • Munio Weinraub / Amos Gitai - Architecture und Film in Israel, Pinakothek der Moderne, ArchitekturMuseum, Munich, 2008-2009[2]
  • Munio Weinraub / Amos Gitai - Architecture and Film in Israel, Tel Aviv Museum, Tel Aviv Museum of Art 2008-2009
  • Amos Gitai: Non-Fiction, MoMA (Museum of Modern Art) New York, 2008[3]
  • Exhibition in memory of his father Munia Gitai – Weinraub - Amos Gitai, Olivier Cinqualbre and Lionel Richard, Centre Pompidou, Paris 2006
  • Public Housing - long video presentation screens, Ein Harod Museum, Herzliya Museum, Saitama Museum of Modern Art, Saitama, Japan, 2000
  • Open Shen Zen - Performance, Helena Rubinstein Pavilion, Tel - Aviv 1998
  • Exhibition in memory to his father - Munio Gitai – Weinraub, Jerusalem Museum, Israel, 1994

Bibliographie [modifier]

  • Notices d’autorité : Système universitaire de documentation • Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
  • Amos Gitai, Correspondance, Paris, Éditions Gallimard, 2010 (ISBN 978-2070776795) 
  • Jean-Michel Frodon, Amos Gitai et Marie-José Sanselme, Amos Gitai : Genèses, Paris, Éditions Gallimard, 2009 (ISBN 978-2070771417), p. 396 
  • Ariel Schweitzer, « Terre maintes fois promise », in Trafic, n° 53, Paris, printemps 2005.
  • Ariel Schweitzer, « Une maison déconstruite à Jérusalem », in VertigO (n° hors série : La maison au cinéma), octobre 2003.
  • Ariel Schweitzer, « Esther ou le Pourim-Shpil d’Amos Gitaï », in Trafic, n° 40, 2001.
  • Efratia Gitai – letters, Yediot books, Israel, 2011
  • Efratia Gitai, Correspondanc (1929–1994), Gallimard, Paris, 2010
  • Genèses, Jean-Michel Frodon, Amos Gitai, Marie-José Sanselme, Gallimard, Paris, 2009
  • Monte Carmelo, Amos Gitai, Bompiani, Milano, 2004
  • Parcours, Amos Gitai, Centre Pompidou, Paris, 2003
  • Mont Carmel, Amos Gitai, Gallimard, 2003
  • Munio Gitai Weinraub, Bauhaus architect in Israel, Richard Ingersoll, Electa, Milano, 1994
  • The War of the Sons of Light Against the Sons of Darkness, Amos Gitai, Mazzotta, Milano, 1993
  • Cinema di Amos Gitai: Frontiere e territori (Il), Serge Toubiana, Bruno Mondadori, Torino, 2006
  • Amos Gitai: News from Home, Walther König, Köln, 2006
  • The Cinema of Amos Gitai,Serge Toubiana, Baptiste Piégay, Lincoln Center / Cahiers du cinéma, Paris, 2005
  • Amos Gitai, Serge Toubiana, Mostra internacional de cinema / Cosac Naify, São Paulo, 2004
  • Exilios y territories, el cine de Amos Gitai, Serge Toubiana, Baptiste Piégay, Semana Internacional de Cine, Valladolid, 2004
  • Exils et territoires: le cinéma d'Amos Gitai, Serge Toubiana, Baptiste Piégay, Arte Editions / Cahiers du cinéma, Paris, 2003
  • Amos Gitai, Cinema, Politics, Aesthetics,Irma Klein, KM, Tel Aviv, 2003
  • Amos Gitai, Cinema forza di pace, Edited by Daniela Turco, Le Mani, Genova, 2002
  • The Films of Amos Gitai, a Montage, Edited by Paul Willemen,, BFI Publishing, London, 1993
  • Amos Gitai, Edited by Alberto Farassino, Mostra Internazionale Riminicinema, Rimini, 1989

Télévision [modifier]

Théâtre [modifier]

Installation [modifier]

Prix et distinctions [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. (en) Amos Gitai exhibit on father opens in Paris - Haaretz Daily Newspaper | Israel News, Haaretz.com. Consulté le 2011-08-01
  2. (en) Architekturmuseum der TU München [Exhibitions], Architekturmuseum.de. Consulté le 2011-08-01
  3. (en) MoMA | MoMA Presents: Amos Gitai's News from Home/News from House, Google.co.il. Consulté le 2011-08-01

Liens externes [modifier]

euh ok leonie