Amorrites

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le peuple amorrite. Pour la langue amorrite, voir Amorrite.

Les Amorrites sont un peuple sémite apparu au Proche-Orient vers le milieu du IIIe millénaire av. J.‑C. Ils apparaissent dans les textes sumériens sous la dénomination de mar.tu, et en akkadien sous le nom d'amurrû.

Origines[modifier | modifier le code]

Les Amorrites sont selon toute vraisemblance originaires de la Péninsule arabe, ils ont immigré vers la région du Jebel Bisri, en Syrie méridionale, d'où ils commencent à migrer vers le milieu du IIIe millénaire av. J.C., peut-être pour des raisons de changement climatique, et se répandent en Syrie, puis vers la Mésopotamie.

Des « rois de Martu » sont cités dans des textes d'Ebla (XXIVe siècle av. J.-C.) et de la période d'Akkad (XXIIIe siècle av. J.-C.). Les Amorrites deviennent à la période suivante de sérieux adversaires des souverains d'Ur, puisqu'ils commencent alors à migrer en grand nombre vers la Mésopotamie. Ils agissent en bandes de pillards semi-nomades qui menacent le sud mésopotamien. Pour les arrêter, le roi Shoulgi construit un mur entre le Tigre et l'Euphrate, mais celui-ci ne suffira pas à arrêter les groupes amorrites, qui plongent le royaume d'Ur dans le chaos vers la fin du XXIe siècle av. J.-C. Même s'il revient aux Élamites de porter le coup de grâce à celui-ci, ce sont finalement les Amorrites qui s'imposent au début du XXe siècle av. J.-C., et plusieurs dynasties amorrites s'installent dans les plus grandes cités du Proche-Orient : Larsa, Isin, Uruk, Babylone, Eshnunna, Ekallatum, Alep, Mari, Qatna, pour les principales.

La période des dynasties amorrites[modifier | modifier le code]

La période qui s'étend de 2000 à 1595 est d'ailleurs parfois nommée « Période amorrite ». Elle est marquée par de nombreuses rivalités entre les différents royaumes amorrites, bien connues par les archives retrouvées sur le site de Mari. Après la domination de Isin, puis de Larsa au sud mésopotamien, et celle du royaume de Yamkhad (Alep), face à son rival Qatna, puis la domination éphémère du roi Samsî-Addu, originaire d'Ekallatum, ce sont finalement le Yamkhad à l'ouest et Babylone (sous le règne d'Hammourabi) à l'est qui se partagent le Proche-Orient dans la seconde moitié du XVIIIe siècle av. J.-C. après avoir dominé successivement tous leurs adversaires. Mais ils ne savent pas assurer leur hégémonie, et le XVIIe siècle av. J.-C. verra leur affaiblissement, et l'éclatement de ces deux ensembles, qui seront finalement éliminés par des raids lancés par le roi hittite Mursili Ier autour de 1600. Après cela, les royaumes amorrites sont supplantés par l'établissement de nouveaux ensembles dirigés par de nouvelles ethnies, les Hittites, les Kassites et surtout les Hourrites.

Aspects culturels[modifier | modifier le code]

Les Amorrites, peuple semi-nomade, fonctionnaient à la base selon un système tribal. Celui-ci perdure même après l'établissement des royautés amorrites fortement marquées par la tradition mésopotamienne. Les rois amorrites avaient une forte conscience de leur appartenance à un même ensemble, et certaines familles royales, originaires d'une même « maison », conservaient des liens très forts, comme celles de Babylone et d'Ekallâtum. Ils avaient une même conception de la royauté, et des relations diplomatiques, qui sont alors très intenses du fait de la fragmentation de l'espace proche-oriental en royaumes de même puissance. Par ailleurs, certaines tribus amorrites avaient conservé un mode de vie semi-nomade et collaboraient avec les dynasties établies. On peut citer le rôle des Benjaminites et des Bensimalites dans le royaume de Mari.

Les principales divinités du Proche-Orient amorrite étaient Addu/Adad, dieu de l'Orage, Dagan, divinité agraire syrienne, et d'autres divinités du panthéon mésopotamien, comme Enlil, Ea, Shamash, Sîn et Ishtar. Un dieu nommé Amurru (dieu) (Martu en sumérien) a bénéficié d'un culte important à cette même période. Il personnifiait les populations amorrites.

Langue[modifier | modifier le code]

La langue amorrite est mal connue, car aucun texte écrit en amorrite n'a été retrouvé, l'écriture se faisant alors exclusivement en akkadien. L'amorrite est seulement connu par l'onomastique et certains termes repris en akkadien. Cette langue appartenait au groupe nord-ouest des langues sémitiques.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • D.Charpin, D.O. Edzard, M. Stol, Mesopotamien : die altbabylonische Zeit, Academic Press Fribourg ou Vandenhoeck & Ruprecht, OBO 160-4, 2004
  • D. Charpin, Hammu-rabi de Babylone, PUF, 2003 (ISBN 2-13-053963-7)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]