Ammestre

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L'ammestre Carl Spielmann (1564-1631) et son épouse Anna Scheid (Musée historique de Strasbourg)

L'ammestre ou ammeistre est le titre strasbourgeois qui correspond à la fonction d'échevin, c'est-à-dire à un magistrat municipal occupant une fonction de représentation. L'étymologie courante fait correspondre ce mot à une contraction du terme germanique ambahtmeister, amt (fonction) et meister (maître)[1]. Ce terme a pu ultérieurement désigner le maire de Strasbourg[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Entre les XIIIe et XVIIe siècles, la ville de Strasbourg est gouvernée par trois conseils et un ammestre. L’ensemble est appelé «le Magistrat», avec un singulier collectif marqué par une majuscule à ce mot[3]. Cette organisation permettaient aux grandes familles patriciennes strasbourgeoises de détenir les pouvoirs, selon un système oligarchique.

Le gouvernement de la ville de Strasbourg[modifier | modifier le code]

Avec des variantes et des ajouts, le système municipal strasbourgeois est organisée avec trois pôles de pouvoir, depuis le XIIIe siècle, jusqu'à la Révolution française :

Un exécutif[modifier | modifier le code]

Un pouvoir exécutif composé d'un ammestre bourgeois et de quatre stettmestres nobles, élus pour un an.

Trois conseils[modifier | modifier le code]

  • Le Conseil des XIII (Rat der Dreizehnte) veille sur les affaires diplomatiques et militaires. Il est composé de douze membres et présidé par l'ammestre ;
  • Le Conseil des XV (Fünfzehnte) s'occupe des questions relatives à la justice et aux finances ;
  • Le Conseil des XXI (Grosser Rat) ou « Grand Conseil », n'avait pas de mandat spécifique. Il comportait parfois plus de 21 membres, certains étant soit convoqués occasionnellement, ou requis comme suppléants pour compléter, le cas échéant, les autres conseils.

Les corporations[modifier | modifier le code]

En bas du système, on trouve les vingt corporations des métiers, qui élisaient 300 échevins d'où étaient issus les Conseils.

Stabilisation[modifier | modifier le code]

Cérémonie du Schwörtag (vers 1785, Musée historique de Strasbourg)

Définitivement établie dans tous ses rouages en 1482, la Constitution Urbaine allait subsister sans changement jusqu'en 1789 et sera solennellement lue, au début de chaque année, à l'ensemble des bourgeois lors de la cérémonie de prestation de serment du Schwörtag.

Liste des ammestres de Strasbourg[modifier | modifier le code]

Pour la liste complète, voir l'article : Liste des ammestres de Strasbourg.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Greissler, La classe politique dirigeante à Strasbourg : 1650-1750, Strasbourg, Le Quai,‎ 1987, 302 p. (ISBN 2-903548-03-X, présentation en ligne) (texte remanié d'une thèse de science politique)
  • François Igersheim (et al.), « Ammeister, Ammannmeister, Amtmeister », in Dictionnaire historique des institutions de l'Alsace du Moyen Âge à 1815, fascicule 1, Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, Strasbourg, 2010 (ISBN 9782857591016)
  • Eugène Müller, Le Magistrat de la ville de Strasbourg de 1674 à 1790, Strasbourg, Chez Salomon,‎ 1862, 270 p. (lire en ligne)