Amis

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Spectacle Ami au Village de la culture aborigène de Formose à Taiwan

Les Amis (chinois : 阿美) sont des Aborigènes de Taïwan vivant dans l’est et le sud de l’île. Ils parlent l'amis, une langue du sous-groupe formosan des langues austronésiennes. Bien qu’ils soient principalement connus sous ce nom popularisé par les Japonais ayant occupé Taïwan de 1895 à 1945, leur véritable nom est Pangcah (邦查), « les nôtres ». Amis, qui signifie « nord », est le nom donné aux groupes descendus vers le sud par les Puyumas ou le groupe Falangaw[1]. Ils semblent liés génétiquement aux Philippins[2],[3]. Ils forment le plus grand des 14 groupes aborigènes officiellement reconnus par la République de Chine (Taïwan), constituant plus du tiers de l’ensemble ; en 2000, ils étaient 146 999 sur un peu plus de 460 000.

On les divise en cinq groupes selon leur lieu d’implantation :

  • Le groupe du nord, sur les plaines de Chihlai et Hualien
  • Le groupe du centre, sur la côte ouest
  • Le groupe de la côte, sur la côte est
  • Le groupe Falangaw, entre les plaines de Chengkong et de Taitung
  • Le groupe Hengchun, sur la péninsule de Hengchun

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Leur mode de vie traditionnel se déroulait dans des villages de 500 à 1000 habitants situés à (Hualien), Taitung et Pingtung, le plus souvent dans les plaines (plaine côtière Est et plaine s'étendant entre les chaînes centrale et côtière), et reposait essentiellement sur la pêche en mer et en rivière, l’agriculture et l’élevage (porcs surtout, ainsi que poulets et buffles). On les trouve depuis la seconde moitié du XXe siècle également dans des communautés en périphérie des grandes métropoles (Taipei, Kaohsiung, Taichung) où ils viennent chercher du travail en groupe, surtout dans le bâtiment. Un exemple est la communauté Sanguang (三光社區 Sanguang shequ) de Hsichih (汐止). Certains sont devenus sportifs ou chanteurs.

Les hommes étaient répartis par classes d’âge possédant chacune un nom particulier. Cette répartition déterminait celle du travail, chaque classe se voyant affecter des tâches spécifiques auxquelles participaient si besoin les épouses. Les garçons célibataires vivaient à partir de 13 ans et jusqu’au mariage avec ceux de leur groupe. L’ensemble des groupes masculins mené par un chef élu décidait des grandes affaires de la tribu, mais les familles étaient matrilinéaires, l’héritage se transmettant en priorité aux filles. Après le mariage, le gendre devait travailler pendant un ou deux ans pour la famille de sa femme. Cette famille habitait dans une maison de forme longue (loma) en bois et bambou, recouverte d’un toit en feuilles et roseaux, pouvant abriter une vingtaine de personnes. Le foyer (parod) en était le cœur. Les habitations devaient être refaites tous les 10 ans environ. À proximité immédiate se trouvaient les granges, nombreuses pour les riches, et les abris destinés aux animaux. Les Amis semblent avoir été le peuple aborigène possédant le sens de la propriété le plus marqué. Des pierres enterrées à 1 m. de profondeur environ marquaient les limites des terrains familiaux, et des palissades celles des territoires des différentes tribus. Les disputes territoriales donnaient parfois lieu à des combats.

Les femmes étaient responsables de la fabrication de la poterie à la spatule et au couteau. Le costume traditionnel se composait de vêtements brodés : une jupe souvent noire portée sur des jambières et un haut à manches en général rouge pour les femmes, un haut à manches ou un gilet, une jupe et des jambières ou un pantalon pour les hommes ; des coiffes ornées de plumes ou de fleurs complétaient les costumes d'apparat[4].

Comme les danses, les chants jouaient un rôle important. Chaque groupe masculin avait ainsi le sien propre. Un chant Ami (Chant de boisson des anciens) interprété par Difang (Kuo Ying-nan 郭英男) et sa femme Igay (Kuo Hsiu-chu 郭秀珠) fut intégré dans Return to Innocence du groupe Enigma (album The Cross of Changes), l’un des thèmes des Jeux olympiques d’Atlanta (1996)[5].

Les Amis enterraient leurs morts derrière la maison dans des tombes peu profondes entourées d’une palissade circulaire. On ne devait pas les entretenir, mais les laisser disparaître naturellement.

Ils se considéraient tous comme issus du même couple primordial frère-sœur, constitué après une inondation. Ils croyaient en de nombreux dieux (kawas) qui devaient chacun être prié tourné vers un point précis. Ils pratiquaient l’oniromancie, l'ornithomancie et la divination par le bambou. Ils sont au XXe siècle en majorité protestants et plus rarement catholiques, mais l’influence des traditions n’a pas entièrement disparu. On constate également une influence de la religion populaire chinoise et du tenrikyo introduit par les Japonais.

Les plus grandes célébrations encore observées sont la Fête des récoltes (de juillet à septembre selon les tribus), rebaptisée Kang sia sai (Action de Grâce (Thanksgiving)) en taïwanais par les prêtres chrétiens, et la Fête de la pêche. Les périodes exceptionnelles (célébrations, enterrements) s’achèvent par le rite du paklag, pêche et consommation du poisson pris, qui symbolise le retour à la vie normale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Banzoku Chosa Hokokusho (Survey Reports on the Savages, 1913-1918, Taipei. vol.8, p.4)
  2. plbi-03-08-05 1..11
  3. http://hpgl.stanford.edu/publications/AJHG_2001_v68_p432.pdf
  4. Fête des récoltes
  5. Leur voix fut enregistrée à leur insu lors du passage de leur troupe à Paris en 1988 ; comme aucun crédit n'avait été donné, Magic Stone, la société produisant leurs disques, a obtenu à l’amiable que leur nom soit cité sur les impressions suivantes et qu’une somme destinée à la conservation du patrimoine musical Ami soit versée par EMI

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