Amenhotep fils de Hapou

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Amenhotep fils de Hapou, Musée de Louxor

Amenhotep fils de Hapou (de Hapou, ayant donné apis en grec : « taureau ») ou Huy, parfois appelé Aménophis en grec ancien (« uni à Amon » ou « Amon est satisfait »), est un architecte, scribe, militaire et sage égyptien mort au XIVe siècle av. J.-C., courtisan du pharaon d'Amenhotep III.

On lui doit notamment l'érection des colosses de Memnon. Sa réputation posthume en fait l'un des grands savants égyptiens aux côtés d'Imothep aux côtés duquel il est honoré pendant plusieurs siècles comme bienfaiteur et guérisseur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Statue d'Amenhotep, Musée égyptien du Caire

Amenhotep - également appelé Huy - est né au XVe siècle av. J.-C., peut-être vers 1460 av. notre ère, dans la ville d'Athribis dans le delta du Nil[1]. Talentueux, attaché au culte de Thot[2] - le dieu de la sagesse et de l'écriture[3] -, il est choisi pour servir au palais en tant que scribe royal pour les affaires militaires[1], peut-être même comme commandant militaire[4]. Cette carrière lui permet de se rapprocher d'Amenhotep III[2] qui le nomme comme intendant auprès de sa fille Satamon, ainsi qu'à divers fonctions importantes comme celle de scribe royal à la tête des recrues[3] puis de « Chef de tous les travaux du Roi »[3].

À ce poste, il est entre autres chargé du creusement des canaux ou encore d'ériger les deux statues gigantesques connues sous le nom de « colosses de Memnon » situées à l'entrée du temple funéraire - aujourd'hui disparu - d'Amenhotep III sur la rive occidentale de Thèbes. On lui doit également une partie du temple de Soleb.

La tradition, qui lui attribue également la rédaction de livres de magie[2], en retient un homme d'une grande sagesse, s'étant fait une excellente réputation durant son existence. Il est, avec Imhotep, le grand savant de l'antiquité égyptienne. Il aurait en outre fait le lien entre la chimie à caractère profane, par exemple dans l'art de la céramique, et les bâtiments consacrés, des temples et des tombeaux, de l'Ancien Empire[pas clair].

Il meurt vraisemblablement à un âge avancé, vers 1380 av. l'ère commune[1].

Culte et représentations[modifier | modifier le code]

Couvercle du sarcophage d'Amenhotep fils de Hapou, Musée du Louvre

Un temple-tombeau[5] lui est érigé à Deir el-Bahari, à l'ouest de Thèbes[6] près du site de Karnak - à l'arrière du temple consacré à son souverain Amenothep III[1] - où il figure aux côtés d'Hathor et d'Imothep[2]. On y a retrouvé, en 1935, une fresque traduite par Alexandre Varille et Clément Robichon[7].

De multiples statues sont érigées en son honneur[2]. Bien qu'il n'ait pas à proprement parler été divinisé[2], il est néanmoins l'objet d'un culte et de dévotions populaires dans la région de Thèbes où la population l'invoque sous le nom d'« Amenhotep le sage » comme bienfaiteur et guérisseur, régulièrement associé à Imothep et honoré à ses côtés comme son « frère »[6]. Sa propre mère est associée au culte de la déesse Seshat, déesse de l'écriture et des mathématiques[3].

Les prêtres de la XXIe dynastie, probablement à cause de la consécration de son nom à Amon, lui attribuent des origines divines[1]. Le souvenir de sa mémoire semble se prolonger jusqu'à la période ptolémaïque, où il est parfois associé au dieu grec Asklépios[3] et on trouve encore un Hymne à Amenhotep, fils de Hapou au temple de Ptah à Karnak datant de la période romaine[6].

Amenhotep est généralement représenté sous forme d'un scribe accroupi, un papyrus sur les genoux[2], avec de long cheveux ondulés au lieu de l'habituelle perruque[1]. Une statue, qui accueille le visiteur au musée du Caire, le représente sous les traits d'un homme âgé accompagnée d'une inscription mentionnat qu'il atteint l'âge de quatre-vingts ans espère parvenir à l'« âge vénérable de cent dix ans »[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (en) Margaret Bunson, Encyclopedia of Ancient Egypt, Fact on File,‎ , p. 31
  2. a, b, c, d, e, f et g (en) Charles Russell Coulter et Patricia Turner, Encyclopedia of Ancient Deities, Routledge,‎ , p. 44
  3. a, b, c, d, e et f (en) Abeer El-Shahawy et Farid S. Atiya, The Egyptian Museum in Cairo, American University in Cairo Press,‎ , p. 185
  4. Alexandre Varille, Inscriptions concernant l'architects Amenhotep, fils de Hapou, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale,‎ , p. 60
  5. Agnès Cabrol, Les voies processionnelles de Thèbes, Peeters,‎ , p. 557
  6. a, b et c (en) Miriam Lichtheim, Ancient Egyptian Literature, vol. III : The Late Period, University of California Press,‎ , p. 104
  7. Reproduction du fragment de la stèle Amenhotep fils de Hapou

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Recherche académique[modifier | modifier le code]

  • (en) Jose M. Galan, « Amenhotep son of Hapu as Intermediary between the People and God », dans Z. Hawass (ed.), Egyptology at the Dawn of the Twenty-first Century : Proceedings of the Eigth International Congress of Egyptologists, vol. 2, American Univiversity in Cairo Press,‎ (lire en ligne), p. 221-229
  • Hourig Sourouzian, « La statue d’Amenhotep fils de Hapou, âgé, un chef d’œuvre de la XVIIIe dynastie », MDAIK, no 47,‎ , p. 341-355
  • Alexandre Varille, Inscriptions concernant l'architects Amenhotep, fils de Hapou, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale,‎
  • Le temple du scribe royal Amenhotep fils de Hapou, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale,‎

Essais et fictions[modifier | modifier le code]

  • (en) Blake A. Willey, Amenhotep, Son of Hapu : A Tale of Egypt, PublishAmerica,‎
  • Joseph Davidovits, La Bible avait raison, Paris, Jean-Cyrille Godefroy,‎ (ISBN 2865531821)