Amas du Boulet

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Amas du Boulet
1E 0657-56
Photo de Chandra (télescope spatial)
Photo de Chandra (télescope spatial)
Données d’observation
(Époque J2000.0)
Constellation Carène
Ascension droite (α) 6h 58m 37.9s
Déclinaison (δ) -55° 57′ 00″
Distance 3,35 al
Magnitude apparente (V) ?
Caractéristiques physiques
Type d'objet Amas de galaxies
Masse M
Dimensions al
(? pc)
Magnitude absolue ?
Couleur (B-V) ?
Découverte
Découvreur(s) Markevitch, Clowe, Gonzalez, Bradac[1]
Date 2004
Liste des amas de galaxies
Contours d'isodensité placés sur la photographie du télescope Hubble.

L’amas 1E 0657-56 aussi appelé amas du Boulet (en anglais : Bullet cluster) est le résultat de la collision de deux amas de galaxies[2]. Cette collision a dégagé l'énergie la plus puissante de l'univers depuis le Big Bang. Amas du Boulet se trouve dans la constellation de la Carène.

Histoire et matière sombre[modifier | modifier le code]

Les études de l'amas du Boulet, débutées en août 2006, ont constitué l'une des preuves les plus solides à ce jour dans la confirmation de l'existence de matière sombre[3]. Les principales composantes de cet amas, que sont les étoiles, les gaz et l'hypothétique matière sombre, se comportent différemment durant la collision : on peut ainsi les étudier séparément[4].

Les étoiles de ces galaxies, observables en lumière visible, n'ont pas été beaucoup affectées lors de la collision et la plupart n'ont été que ralenties gravitationnellement. Les gaz chauds, dont on observe le rayonnement X, constituent l'essentiel de la masse « ordinaire » (c'est-à-dire baryonique) de l'amas. Ils interagissent, ce qui a pour effet leur ralentissement, bien plus rapide que celui des étoiles. On détecta indirectement la masse restante, attribuée à la matière sombre, par effet de lentille gravitationnelle sur les objets situés derrière. Les théories qui n'incluent pas de matière sombre, comme notamment la théorie MOND, ne prédisent qu'un effet de lentille dû à la matière baryonique, observée aux rayons X. La force bien supérieure de l'effet de lentille, qui par ailleurs est plus intense en dehors des régions de grande densité gazeuse, indique que l'essentiel de la masse se trouve sous forme non-baryonique, c'est-à-dire que l'amas du Boulet est principalement composé de matière sombre. Cette hypothèse est en accord avec les simulations numériques.

L'amas du Boulet est par ailleurs l'un des amas de galaxies les plus chauds connus. Observé depuis la Terre, la collision s'est produite il y a 150 millions d'années, provoquant une onde de choc, qu'on aperçoit près d'un côté de l'amas. Cela a échauffé les gaz de l'amas autour de 70 millions de degrés Celsius en bordure et 100 millions au centre, projetés à une vitesse de l'ordre de 9,6 millions de kilomètres par heure[5],[6],[7]. En toute rigueur, l'amas du Boulet se rapporte au plus petit des deux amas en collision, qui traverse l'autre de part en part.

L'amas du Boulet constitue l'un des meilleurs appuis à l'existence de la matière sombre[8] et ne peut être expliqué par les seules équations de la théorie MOND[9],[10].

Des résultats assez intéressants ont été révélés par le satellite Chandra, qui permettent de mesurer la vitesse du déplacement des gaz (environ 4500 km/s dans certaines zones). De plus, la distribution de matière sombre correspond aux ensembles galactiques, mais ne coïncide pas avec la distribution de gaz. Cela, complété par d'autres observations, permet de déduire des informations sur la section efficace des interactions de la matière sombre avec elle-même[11].

La vitesse de l'amas n'est pas surprenante et peut être expliquée correctement avec le modèle Lambda-CDM[12].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (Théorie émise par Maxim Markevitch, Doug Clowe, Anthony Gonzalez, Marusa Bradac de Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics en 2004, NASA/CXC/CfA/)
  2. Ce n'est pas un amas ouvert ni un amas stellaire, qu'on appelle parfois à tort « amas galactiques ».
  3. (en) « Direct constraints on the dark matter self-interaction cross-section from the merging galaxy cluster 1E 0657-56 »
  4. (en) Harvard : animation de la collision, montrant les distributions de matière sombre et ordinaire qui se séparent.
  5. (en) Photos et descriptions, Harvard.
  6. (en) Spaceimages.com
  7. (en) « The dynamical status of the cluster of galaxies 1E0657-56 »
  8. (en) « Dark Matter and the Bullet Cluster ».
  9. (en) Harvard.edu
  10. Pour expliquer la formation de l'amas, la théorie MOND a dû admettre l'existence de matière sombre, même en quantité plus faible. En particulier, celle-ci serait constituée de neutrinos.
  11. (en) » Recent and Future Observations in the X-ray and Gamma-ray Bands ».
  12. (en) « How Rare is the Bullet Cluster ? ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]